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Denier Toussaint 2019 extérieur

L'Eglise et l'arme nucléaire - Réflexions de Mgr Antoine de Romanet

nuclear threat

La Vie des Diocèses - émission de KTO du 24 juin 2019

Homélie sur La Foudre - déc 2009

Homélie de Mgr Ravel prononcée le 15 décembre 2009
sur  LA FOUDRE

 

Permettez-moi,

1 De partager mon émotion profonde et joyeuse de me retrouver dans le cœur (ou le sein) de La Foudre, superbe bâtiment de la Marine Nationale, marine dans laquelle servit mon grand-père, ici même, comme officier mécanicien après être descendu des petits villages du haut Var pour commencer comme mousse à Toulon. Merci immense aux amiraux et aux commandants (et à tous les équipages) de leur accueil et merci à tous les amiraux de la Préfecture Maritime et de cette base navale de nous ouvrir leurs portes pour cette célébration de l'Avent.

Je vois dans cet accueil, et je pense parler ici pour tous nos aumôniers du culte catholique, un signe net, fort, extrêmement précis et un vécu paisible de notre laïcité positive, telle que nos Armées peuvent le proposer en exemple à toute la société civile où, parfois, traînent encore … des obscurités d'un autre âge, les relents d'une laïcité étroite, fermée et méprisante. La laïcité ouverte, vécue dans nos Armées, nous réjouit précisément parce qu'elle s'ouvre au fait religieux à travers la reconnaissance et l'intégration de quatre aumôneries distinctes, sans confusion ni amoindrissement des identités propres à chacune d'entre elles. Il y a là, sans conteste possible, l'initiation exemplaire d'un processus de reconnaissance et d'intégration des religions dans notre société laïque française.

Et chaque pas (chaque encablure) dans cette direction appellera une bénédiction nouvelle sur nos bateaux, nos avions, nos régiments, nos escadrons et brigades à condition que le cap soit maintenu avec la précision et la rigueur du monde militaire. Ce cap, nous le décririons ainsi : présence de l'aumônier au sein de nos unités, sans peurs réciproques, avec toutes les spécificités de sa foi et de son culte, et les moyens nécessaires à son action de soutien aux hommes, de conseil au commandement et, espérons-le, de guérison profonde des langueurs humaines.

De me tourner avec une affection fraternelle vers Monseigneur Dominique Rey. Nous sommes au coude à coude à l'Assemblée Plénière des évêques à Lourdes, puisque nos noms se suivent immédiatement ! Cher Monseigneur, je voudrais vous redire ce soir une conviction partagée par nos aumôniers : lorsque Jean-Paul II, en 1986 a transformé l'aumônerie militaire, alors "vicariat aux Armées", en diocèse aux Armées françaises, il n'avait certainement pas en tête de créer ou valoriser une césure entre cette aumônerie aux Armées et les diocèses civils territoriaux. Nous le comprenons au contraire comme l'appel à nouer des liens nouveaux de communion entre frères évêques puis entre nos diocèses. Nous ne pourrons plus voir l'aumônerie militaire comme un conglomérat disparate d'aumôniers "baroudeurs" travaillant isolément pour le compte d'un navire, d'une base ou d'un régiment. Mais nous devons le voir en tant qu'église particulière tissant des liens concrets de communion fraternelle avec les autres églises. Il n'y a pas d'autres voies possibles pour l'avenir du D.A.F. 

     Pourquoi ? Parce que, outre les raisons théologiques que je viens d’évoquer, les conflits d'aujourd'hui et probablement ceux de demain, ne sont plus ceux de 14-18 ou de 39-45. Ils ne sont pas moins durs. Et certains sont déjà d'une très haute intensité et soutenus dans la durée par nos Armées (Afghanistan).

Mais nos conflits, nos opérations, à la différence des guerres anciennes, saisissent le militaire dans des nœuds inextricables, très complexes, où se mêlent le politique, le religieux, l'économique, le psychologique … où la force d'âme du soldat (son courage et sa compétence) et les qualités de ses équipements ne sont que rarement décisifs. Pris dans ces situations singulières, le militaire (et les nations qui le mandatent) ne sait plus très bien où commence la guerre et où elle se termine…

Disons le autrement : le front afghan commence … en France ! Pensons aussi aux U.S.A. Le 11 septembre 2001 est encore dans toutes les mémoires, bien sûr. Mais pensons, aussi et surtout, à ce qu’il y a derrière les actes terroristes toujours possibles chez nous, à la guerre bien plus sournoise de l'opinion publique. Que pense la Nation de telles interventions ? Je ne m'étends pas plus sur ce point. Mais, pour ratifier l'indispensable communion entre le D.A.F. et les églises locales, dans la perspective de l'aumônerie militaire, il y aurait à réfléchir fortement sur cette notion de « front avant et de base arrière » en se demandant si l'opérationnel ne se situe pas aussi dans l'accompagnement des militaires par les diocèses civils qui, à ce que je sache, appartiennent à notre Nation française.

De m'adresser à toutes les familles. Et en particulier aux familles de nos militaires. Ce que avez en vous de force de vie, d'intimité, de chaleur, de paix, d'attentions mutuelles, d'affection partagée, gardez-le comme un trésor, surveillez-le comme "du lait sur le feu". Confortez-le, faites-le grandir, confiez-le dans la prière, à cette grande Dame de l'Avent, à la Vierge toute Sainte aux bras maternels, à Marie.

Ne défaillez pas. Vous aussi, vous avez votre guerre à mener :
contre la séparation,
contre le doute,
contre les peurs,
contre les découragements,
contre la fatigue,
contre les tentations dont l'ennemi revêt ses attaques.

Seuls, nous n'y arriveront pas. Ni aux arrières et ni au front parce que cette guerre là se situe dans le cœur humain.

Et voilà pourquoi nous avons besoin de réentendre le cri du veilleur sur les remparts, le cri de la vigie qui annonce la terre, le cri du prophète qui voit avant les autres. Tous chantent la venue du Sauveur de nos vies, de nos amours.

Alors, je le redis : il vient.
Confiance : son retard même signe son amour car il veut être accueilli.
Il veut être à la fête en nous.
Préparons nos vies : c'est la Vie qui vient.
Disposons nos esprits : c'est la lumière qui frappe.
Armons nos cœurs : c'est l'Amour qui entre.


 + Luc RAVEL

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Propos d'un -pas tout a fait- évêque aux armées

Dimanche 2009

Propos d’un (pas tout à fait) évêque aux armées

A l’heure où j’écris (imprimeur oblige), je ne suis encore qu’une « moitié » d’évêque comme me l’a dit avec gentillesse une amie qui cherchait à comprendre ce que j’étais. Et, de fait, beaucoup hésitent à m’appeler déjà « monseigneur » ou encore « père ». C’est qu’un évêque nommé ou « élu », pour reprendre les termes du droit, sans être encore consacré et installé ne court pas les rues : à peine le reste-t-on quelques semaines ou quelques mois et souvent dans une grande discrétion.

Vous dire que la manière dont on me désigne ou dont on m’appelle a beaucoup d’importance pour moi serait mentir ! Elle ne me vexe pas ni ne m’empêche de dormir. Les noms, du reste, ne valent que par la sincérité  dont ils témoignent et je garde précieusement le nom que mes parents ont choisi, celui qui porte la marque de mon baptême et que mon entrée dans la vie religieuse n’a pas éteint : Luc. Le nom au-dessus de tous noms puisqu’il me va au cœur. Le nom de l’amitié qui soutient tous les autres, ces noms grâce auxquels on me découvre, certes, mais qui disent souvent la fonction plus que l’affection. C’est aussi ce nom que mes frères prêtres prononceront à la prière eucharistique : « … avec le pape Benoît et notre évêque Luc… ».

L’important n’est donc pas la « désignation » avec laquelle chacun doit se sentir à l’aise. Ainsi mes neveux ont bricolé un nom à eux : « monseigneur tonton ». On en comprend l’origine et mes amis « monseigneur père Luc ». On n’abolit pas l’histoire commune du jour au lendemain. Les titres, autant l’avouer de suite, ne me font pas ramper d’orgueil, car l’orgueilleux s’abaisse à la mesure où il cherche à s’élever. Non par vertu mais par nature, je suis assez insensible au paraître pour les autres et aux effusions de flatteries (essayez et vous verrez). Et puis, comme toute chose, on s’habitue aux « Monseigneur » et autres « Excellence », et même aux « Révérendissime Excellence » de nos frères italiens qui seraient certainement ravis de l’entendre parfois  en français : la première fois on se retourne, persuadé qu’on s’adresse à quelqu’un d’autre, et puis, par la suite, on le prend avec bonhomie,  ce qui n’est pas tout à fait de l’humilité, soit dit en passant.

Le nœud, l’élan, la fibre ou la sève du nom, à l’intérieur du mot choisi et prononcé, voilà ce qui crée ou sape la relation. Je me permets sur ce point un rappel : nous sommes la religion du « nom » puisque nos racines sont sémitiques. Beaucoup le savent,  « sémite » vient du mot hébreu « shem » qui signifie le « nom ». Et j’en arrive à ce qui m’émeut et m’habite au cours de ces dernières semaines lorsque ces hésitations langagières me font percevoir les multiples facettes de ce que je suis en train de devenir. Me touchent les appels que je sens au sein de ces sons.

« Père » : j’entends le rester et, davantage encore, le devenir d’une façon nouvelle et plus profonde. Jusque là, derrière ma paternité de prêtre, se tenait toujours celle d’un supérieur, évêque ou père Abbé, à qui je pouvais me référer à titre personnel (on a tous besoin d’une paternité réelle et concrète, y compris les évêques) et à titre de curé, pasteur soigneux d’un troupeau qui lui est confié. Je veux dire qu’en définitive ma responsabilité sur d’autres n’était pas « pleine » : je les portais mais jusqu’à ce point où je pouvais « refiler le bébé », pour prendre une expression familière, le passer à un autre qui me soulageait d’un poids que je ne me sentais plus de porter. Tandis que, désormais, je sens qu’une paternité totale, c'est-à-dire s’exerçant jusqu’au bout et en toutes choses, me revient comme une grâce et un poids. Un poids lorsque le « fils » ou la « fille » est blessé, handicapé ou égaré telle la brebis perdue de l’évangile. Mais aussi une grâce quand on le sent heureux, grandissant dans le Seigneur au rythme pacifié du Bel Amour. Père, j’entends donc l’être, déficient sur bien des points mais confiant dans l’accueil des fils à moi confiés. Après tout, si la paternité guide à sa façon la filiation (« tel père, tel fils » dit le proverbe), la réciproque est aussi fondée : le père ne répond présent qu’à la mesure d’une filiation reconnue et acceptée. Tant que le Père n’est qu’un propriétaire de biens pour son fils, je nous renvoie là à la parabole du fils prodigue (Luc 15), la relation ne peut qu’être économique ou fonctionnelle : « donne-moi tel poste » ; « j’ai besoin d’un logement » etc. Dans ce cas, la logique de la gratuité et de l’affection fond devant celle des droits et devoirs. Au moment où le fils connaît sa vraie faim alors s’ouvre le chemin de la véritable paternité, celle qui donne vit au fils et au Père.

« Monseigneur » : là, je pars de zéro. Je n’ai même pas eu droit à ce titre en me promenant récemment dans les couloirs du Vatican où, pourtant, on ne rechigne pas à le conférer, presque au hasard d’ailleurs,  et surtout quand on a un doute sur la qualité de la personne. Je ne devais pas en imposer assez, la conclusion s’impose… Mais allons au cœur de la question : que peut vouloir dire de nos jours ce titre ronflant  qui détonne sur le fond égalitariste, primaire et dominant que l’on confond systématiquement avec la juste pensée égalitaire et démocratique ? Ne serait-ce pas un des lambeaux fripés d’un passé révolu mais stagnant ainsi qu’un regret ?

Nous n’avons qu’un seul Dieu et Père, un seul Seigneur : le fond monothéiste, noyau dur de notre foi, resurgit à point nommé. Ne l’oublions pas (je me parle à moi-même) : un Seul Seigneur règne sans atteindre notre autonomie, un Seul commande notre obéissance au profit de notre liberté aliénée et « il est juste et bon » de le reconnaître et de le nommer Seigneur de moi-même et de tout ce qui m’appartient, biens matériels et spirituels. Un « Monseigneur » qui renvoie à Celui-là, je l’accepte de grand cœur : l’âne des Rameaux marchait aussi sur les manteaux déposés devant le Christ. Malheur à lui s’il s’était trompé de niveau ! A l’orgueil il aurait surajouté la bêtise et formé ainsi un édifice abracadabrant et passablement dangereux pour les autres. Les titres qui sonnent à ses oreilles vont à Celui qu’il porte et qu’il apporte aux autres. Permettez que je pousse un peu plus loin la réflexion avec trois exhortations à moi-même, le petit âne des Rameaux :

1. N’apporte au frère que ce que tu portes toi-même : cela t’évitera de lui faire porter des fardeaux que tu ne soulèves pas du petit doigt.

2. Arrête de croire que tu ne sers à rien : il n’y a pas d’humilité plus ridicule que celle qui veut se prendre pour du néant au mépris de l’œuvre évidemment divine que je suis.

3. La question ne t’est pas posée de savoir si tu en es digne et pourquoi tu as été choisi mais de savoir si tu avances ou pas, si tu progresses d’un pas tranquille et assuré sous les cris des railleurs ou aux mélodies des chanteurs.

Pour le dire autrement : le pas n’est pas plus long ni plus dur à faire s’il est approuvé par des clameurs d’extase ou réprouvé par des crachats de colère. Mais il devient hésitant voire grotesque quand la petite bête s’intéresse à la rumeur et détourne ainsi son regard de l’essentiel que pourtant elle connaît par le cœur. Et l’essentiel, nous le savons, c’est le chemin.

De ce chemin et du fait que, selon le proverbe chinois, « le plus long des chemins commence par un premier pas », nous parlerons une autre fois. Mais en attendant, dis-moi donc maintenant, patient lecteur de ces quelques lignes, comment vas-tu me nommer à la prochaine rencontre ?

 

 

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Saint du Jour

Nominis

3 août 2020

Tous les saints du jour Nominis
  • Sainte Lydie - Commerçante en pourpre convertie par Saint Paul (I siècle)
    Elle venait de la Grèce d'Asie et s'était installée à Philippes, port de la mer Egée pour son commerce de tissu et de pourpre. C'est là qu'elle rencontra saint Paul et saint Luc (Actes des Apôtres 16. 11). Ils vinrent habiter chez elle "Si vous voulez bien me considérer comme une servante de Dieu, descendez chez moi."Les Églises d'Orient fêtent cette païenne qui professait la foi juive et qui fut convertie au Christ par saint Paul lors de son passage à Philippes en Macédoine. Elle l'accueillit avec ses compagnons Silas et Luc (Actes 16. 11 à 15). Elle dut mourir vers 50-55, puisque Paul écrivant aux chrétiens de Philippes ne la mentionne pas dans sa lettre.Au 20 mai, commémoraison de sainte Lydie, la marchande de pourpre de Thyatire, qui, à Philippes de Macédoine, fut la première dans cette ville à croire à l'Évangile, après la prédication de l'Apôtre saint Paul.
  • Sainte Salomé la Myrophore - épouse de Zébédée et mère des apôtres Jacques et Jean (I siècle)
    Epouse de Zébédée, un des patrons pêcheurs de Bethsaïde, mère des apôtres Jacques et Jean, elle était de celles «qui suivaient Jésus et le servaient». Elle avait mis en avant ses deux fils pour qu'ils soient de chaque côté du Messie (Matthieu 20. 17 à 28) aux meilleures places dans le Royaume. Au jour de la Passion, elle était au pied de la Croix. Elle fut aussi de celles qui achetèrent des aromates pour embaumer le corps du Christ et qui le dimanche matin de Pâques trouvèrent le tombeau vide. Elle cherchait peut-être la meilleure place pour ses enfants, quelle mère n'en ferait pas autant? mais elle sut aussi venir à l'aube du matin de Pâques, alors que ses enfants n'y étaient point, et c'était pour Jésus. Illustration: Les Saintes Femmes (les Myrophores) se rendent au Sépulcre pour embaumer le corps du Christ - Abbaye Saint-Pierre de Mozat ou Mozac (Auvergne)Le culte des Saintes Maries Jacobé et Salomé est confirmé, en Provence, entre autres témoignages, par le concours de nombreux fidèles en l'église des Saintes Maries de la Mer, où des grâces abondantes ont été obtenues par leur patronage.Elles furent parmi les femmes qui accompagnaient Jésus au cours de sa vie apostolique et lui venaient en aide par leurs biens matériels.Marie Jacobé était mère de Jacques le Mineur, de José et peut-être de Simon le Zélote et de Jude.Salomé était mère de Jean et de Jacques le Majeur.Fidèles, avec Marie et Marie-Madeleine, au temps de la Passion, elles vinrent au sépulcre, le matin de Pâques, où un ange leur déclara que Jésus est vivant. Elles furent ainsi les premiers témoins de la Résurrection. (source: Les Saints du diocèse de Nîmes)