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Denier Toussaint 2019 extérieur

L'Eglise et l'arme nucléaire - Réflexions de Mgr Antoine de Romanet

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La Vie des Diocèses - émission de KTO du 24 juin 2019

Homélie de Mgr Antoine de Romanet, ordinations sacerdotales 2020

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Cher Maxime, cher Romain, c’est une joie profonde que nous avons dans le cœur, pour vous, avec vous, avec le Seigneur, pour toute l’Église.

Ce que nous vivons, à la lumière de ce texte du Deutéronome que nous venons d’entendre, c’est l’expression du choix de Dieu : le choix que Dieu fait de chacun d’entre nous, et le choix que Dieu fait de vous ce matin, d’une manière toute particulière, ce choix d’une alliance que Dieu veut faire à l’intime de chacun de nos cœurs. Et c’est le choix de Dieu que vous faites, aujourd’hui, dans votre vie, en répondant à l’appel du Seigneur, en accueillant sa grâce, en acceptant pour une part de vous laisser dessaisir de vous-mêmes pour porter une fécondité au-delà de tout ce que vous pourriez imaginer ou envisager.

Nous avons la grâce de vivre votre ordination avec les textes du Sacré Cœur de Jésus, en ce jour où nous fêtons le Cœur immaculé de Marie, et voilà qui nous recentre sur l’essentiel : le sacerdoce, c’est l’Amour du Cœur de Jésus, comme le Curé d’Ars nous le dit en lettres d’or.

Et je voudrais avec vous très simplement reprendre, à la lumière des textes de cette fête du Sacré Cœur de Jésus, les cinq essentiels de toute vie baptismale, qui sont les cinq essentiels de la vie sacerdotale : la vie de prière, la vie fraternelle, la vie de charité, la formation et la mission.

La vie de prière – « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange »

La vie de prière. « Père Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange ». Nous le savons, la vie de prière est au cœur même de la vie sacerdotale. La vie du prêtre, c’est d’abord cela : la rencontre personnelle, de cœur à cœur, avec Jésus. Que ce soit la liturgie des heures, la liturgie eucharistique ou les temps d’oraison. Il s’agit de se mettre dans cette disposition d’écoute et d’accueil de la présence du Seigneur, à l’intime de nos cœurs, de sa Parole qui ne cesse de nous être offerte et qui vient nous féconder.

Et il s’agit, d’abord et avant tout, dans nos vies, de nous laisser être aimés par le Seigneur, tout simplement. Tout vient de Lui, de la manière la plus belle et la plus forte. Et nous ne pouvons entrer dans l’action de grâce, dans l’Eucharistie, qu’en tant que nous nous sommes d’abord laissés toucher et bouleverser par l’Amour incommensurable que le Seigneur porte à chacun de ses enfants et à ses fils de prédilection que sont les prêtres. Prendre le temps, chaque jour, de se laisser toucher et bouleverser par cet Amour du Seigneur, de qui vient toute grâce et de qui vient tout don.

Nous le savons, mais nous avons à le vivre : la fécondité de notre ministère vient de notre enracinement dans le Christ. C’est en tant que le rameau que nous sommes est greffé sur le cep vivant du Christ, que nous pouvons porter des feuilles, des fleurs et des fruits à la mesure de Dieu et non pas à celle de nos petits projets.

Vie de prière, vie fraternelle…

Saint Jean vient nous le redire avec force : « Aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu ». Invitation à la vie fraternelle en Église et avec tous les hommes.

C’est d’abord la fraternité sacerdotale. Et quelle joie de vous voir entourés d’amis prêtres ou diacres futurs prêtres. Mes amis, puissiez-vous cultiver les amitiés sacerdotales ! Puissiez-vous entrer dans ce partage du cœur et de l’esprit ! Puissiez-vous tisser des liens forts qui vous accompagneront toute votre vie ! Nous avons vitalement besoin du soutien les uns des autres ; quand certains tirent, d’autres poussent ; et quand nous sommes en panne, ce sont les autres qui nous portent. Merveille de ces liens qui s’offrent à nous ! Merveille de ce que nous pouvons vivre de la fraternité en Église, d’une fraternité appelée à s’élargir à l’universel, parce que nous sommes tous frères, ayant un même et unique Père. 

Mes amis, cette fraternité c’est l’expression de l’unité à laquelle le Christ ne cesse de nous appeler. Nous le savons : le drame le plus terrible est celui de la division. C’est là où le Malin se déploie avec tout son savoir-faire. Il ne peut rien contre des cœurs qui sont unis. Soyons unis en Église ! Soyons unis avec ceux qui nous sont donnés comme responsables et supérieurs ! Ils ont à exercer cette mission, d’abord et avant tout, dans le service. Cette fraternité, expression de l’unité, elle est le lieu-même de la fécondité de notre apostolat. Nous ne savons que trop combien les divisions entre chrétiens, entre les différentes confessions chrétiennes, sont une blessure. Puissions-nous cultiver, au sein de notre Église catholique romaine et avec tous nos frères chrétiens, cette unité décisive.

 

Vie de prière, vie fraternelle, vie de charité…

« Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu ». La charité : le nom divin de l’Amour. Il s’agit de « co-naître », de « naître avec ». Et nous le savons bien : on ne connaît bien qu’avec le cœur. Il s’agit de faire de l’autre activement mon prochain : c’est le cœur même de l’Évangile. Il s’agit de regarder tout homme avec le regard du Christ.

Il s’agit de se tourner vers les plus pauvres et les plus petits. Mes amis, dans l’exercice de notre sacerdoce, nous ne nous trompons jamais quand nous allons vers les pauvres et les petits de ce monde, qui nous aident à réaliser d’autant plus la vérité de notre propre existence, qui est celle de notre radicale faiblesse et de notre radicale pauvreté. « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout petits ». Ce sont les tout petits qui nous aident à quitter nos postures, à quitter nos apparences, qui viennent frapper directement à la porte de nos cœurs et qui nous aident à être en vérité devant Dieu comme devant chacun d’eux. « Les pauvres sont nos maîtres », disait saint Vincent de Paul.

Il s’agit simplement de suivre le Christ, dans cette humilité radicale que nul ne pourra jamais lui ravir. Cette humilité décisive qui nous donne de réaliser que nous sommes le pauvre sur qui le Christ ne cesse de jeter un regard de bonté et de miséricorde.

 

Vie de prière, vie fraternelle, vie de charité, formation…

Se laisser former sur le Cœur du Christ, doux et humble. Sculpter son cœur sur le Cœur du Christ qui nous est déployé dans les Béatitudes. Entrer dans le regard du Christ sur le monde. La Révélation est faite aux tout petits. Bouleversante parole de saint Thomas d’Aquin nous disant qu’il avait plus appris dans la contemplation du Saint Sacrement que dans tous les livres qu’il avait pu consulter de la bibliothèque de son couvent !

Il s’agit de travailler, de lire, de chercher, de malaxer la Parole de Dieu, de la ruminer au sens le plus beau et le plus fort. Et je vous souhaite, du fond du cœur, de ne cesser d’approfondir votre réflexion théologique et spirituelle, qui est appelée à croître tout au long de votre existence. Vous savez combien l’institution militaire aide tous les hommes qui la constituent à ne cesser de se former, de réfléchir, de progresser. Vous savez combien une carrière militaire sur 30 ans ou 40 ans, ce sont autant d’étapes qui invitent à sauter une marche, qui invitent à aller plus loin, plus haut, plus fort dans la réflexion, dans l’entrée de la complexité de ce que nous sommes et du monde qui nous entoure. C’est cette dynamique que nous sommes invités, nous aussi, à épouser, dans notre ordre, celui de la vie spirituelle et de la suite du Christ.

Vie de prière, vie fraternelle, vie de charité, formation et mission….

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau ». Jésus offre le repos à tout homme, quel que soit son fardeau.

Et c’est ici la place immense du sacrement de la Réconciliation. Dès aujourd’hui, revêtus de la grâce du sacerdoce, Maxime et Romain, vous pourrez offrir à vos frères l’immense grâce du sacrement de la Réconciliation ; prononcer ces paroles sacramentelles par lesquelles le Christ vient nous toucher, vient nous relever, vient nous faire revivre ; permettre à l’espérance de se déployer ; permettre à tout homme d’être libéré d’un passé qui l’accable, pour accueillir la miséricorde du Seigneur et devenir lui-même un être de miséricorde. Y a-t-il paroles plus belles et plus fortes en ce monde que ces paroles de libération, à la suite de chacune des pages de l’Évangile, qui sont remises aux prêtres du Seigneur, envoyés à tous ceux qui peinent sous le poids du fardeau ?

Jésus qui se donne en nourriture. Et voilà que, dans quelques instants, en concélébrant cette célébration eucharistique, unis à votre évêque et à toute l’Église, vous allez pouvoir partager à vos frères le Corps glorieux du Christ ressuscité. Vous allez tenir dans vos mains le cosmos, celui qui est l’alpha et l’oméga, l’origine et le terme de toute chose. C’est l’Alliance éternelle que le Père vient offrir à l’humanité par son Fils, que vous allez rendre présent de la manière la plus bouleversante. C’est le sacrifice du Christ, l’offrande parfaite du Fils à son Père, le OUI éternel qui sauve l’humanité, que vous allez offrir en une réelle présence, à tous les hommes à qui vous êtes envoyés de la manière la plus bouleversante. Nous connaissons ces phrases du Curé d’Ars, nous disant que, si le prêtre réalisait le miracle qui se passe en ses mains, il serait terrassé d’effroi. Dieu vient à nous, dans la simplicité et le dénuement des espèces eucharistiques pour nous dire la folie de son Amour, lui qui se fait chair au cœur de notre chair pour que notre esprit le rejoigne de la manière la plus bouleversante. Jésus qui canalise notre énergie humaine désordonnée pour la rendre féconde.

« Prenez sur vous mon joug »

Et je termine ici avec l’Évangile : « Prenez sur vous mon joug ». Le joug, c’est une pièce de bois recouverte de cuir, que l’on met à l’encolure des animaux de trait pour leur faire tirer une charrette, ou, avec le soc, pour remuer la terre. Et certains pourraient se dire : vous prenez aujourd’hui le joug du Seigneur, joug de l’étole, joug du bréviaire, joug du célibat, joug de l’obéissance ! Il nous faut réaliser à quel point le joug est une invention au moins aussi considérable que la roue. Parce que le joug permet de canaliser l’ensemble de l’énergie de l’animal vers un point d’application précis. Eh bien, dans notre vie spirituelle, c’est exactement de même. Nous sommes tous habités d’innombrables énergies, de désirs, de rêves, de volontés. Mais si ceux-ci ne sont pas canalisés par le Christ, notre existence se répand en une multitude de petits ruissellements qui ne conduisent à rien. Pour que l’énergie de notre existence s’applique à l’unique essentiel de la suite du Christ, nous avons besoin de ce joug qui n’est pas un esclavage, mais qui est une extraordinaire libération qui vient nous décharger de tout ce qui est second pour que nous puissions tracer l’unique sillon essentiel de notre existence.

Maxime et Romain, vous voilà dans un instant ordonnés pour la gloire de Dieu et le salut du monde, vous voilà envoyés à tous ceux qui peinent sous le poids du fardeau.

Soyez des hommes de prière ! Laissez-vous aimer par le Seigneur, jour après jour !

Soyez des hommes de fraternité et d’unité, en Église et dans le monde.

Soyez des hommes de charité, tournés vers les pauvres, que nous sommes tous.

Soyez des hommes en constante formation, assoiffés de la Parole de Dieu.

Soyez des hommes en constante mission, en ne cessant d’offrir le sacrement de la Réconciliation et le sacrement de l’Eucharistie à tous vos frères.

Mes amis, quelle grâce, en cette fête du Sacré Cœur, d’entendre ces Paroles d’exultation de Jésus à son Père ! Ce Père qui révèle aux petits les mystères du Royaume. La grâce ultime, tous autant que nous sommes, c’est de pouvoir nous reconnaître, en vérité, de ces petits et de ces pauvres qui attendent tout du Seigneur et qui pourront recevoir de Lui plus encore : cette éternité de Vie pour qui conforme son cœur à celui du Seigneur Jésus-Christ.

Au nom du Père et du Fils, et du Saint-Esprit.

Amen.

Cathédrale Saint-Louis des Invalides – samedi 20 juin 2020

Messe d’ordination sacerdotale de

Maxime Corpechot et Romain Ghandour

par Mgr Antoine de Romanet,

Évêque aux Armées françaises

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Saint du Jour

Nominis

4 août 2020

Tous les saints du jour Nominis
  • Saint Jean-Marie Vianney - Curé d'Ars (✝ 1859)
    Jean-Marie Vianney a grandi en pleine période de troubles révolutionnaires, c'est à dire aussi de persécution religieuse. Ainsi, Jean-Marie recevra sa première communion dans la clandestinité. Le jeune campagnard, qui n'a jamais fréquenté l'école, voudrait devenir prêtre mais son père est réticent. A vingt ans, il commence ses premières études, mais il est si peu doué pour les études que le séminaire de Lyon, où il a fini par entrer, décide de le renvoyer. Il parvient quand même à se présenter à l'ordination sacerdotale à Grenoble(*). Après un premier ministère à Ecully, il est nommé curé dans une petite paroisse de 230 habitants: Ars, à 40 km de Lyon. Il y restera jusqu'à sa mort. Sa bonté, la joie dont il rayonne, ses longues heures de prière devant le Saint-Sacrement, impressionnent peu à peu ses paroissiens. Pour écouter, réconforter et apaiser chacun, il reste jusqu'à seize ou dix huit heures par jour au confessionnal. Pendant les dernières années de sa vie, jusqu'à 100.000 pèlerins viendront chaque année pour entendre une parole de réconfort et de paix de la part de ce curé ignorant de tout, mais non pas du cœur des hommes ni de celui de Dieu. Complètement donné à sa tâche pastorale, épuisé, il aura ce mot vers la fin de sa vie: «Qu'il fait bon de mourir quand on a vécu sur la croix». Il est exaucé le 4 août 1859 quand il meurt à l'âge de 74 ans.Illustration: Statue du Curé d'Ars dans l'église Saint-Jean-Marie-Vianney à Rennes (*) En 1815, la chapelle du Grand séminaire, à deux pas de la cathédrale, accueille l'ordination du curé d'Ars, fait patron de tous les curés du monde par Pie X en 1905. (diocèse de Grenoble)- Béatifié le 8 janvier 1905, il est déclaré la même année, "patron des prêtres de France". Canonisé en 1925 par Pie XI, il sera proclamé en 1929 "patron de tous les Curés de l'univers" (Sanctuaire d'Ars) En 2009, année sacerdotale et célébration des 150 ans de sa mort.- Jubilé 2009 à Ars: «Je te montrerai le chemin du Ciel»- Pour le 150e anniversaire du décès du curé d'Ars, le sanctuaire d'Ars organisa les 3 et 4 août 2009 deux jours de festivités tournées autour du saint curé.- Le cardinal Barbarin a publié un décret élevant la mémoire liturgique du saint curé d'Ars, célébrée le 4 août, au rang de fête à l'intérieur du diocèse de Lyon. C'est une manière d'honorer de façon particulière saint Jean-Marie Vianney, que le pape Benoît XVI donne comme saint patron à tous les prêtres du monde, à l'occasion du 150e anniversaire de sa mort.- 2009-2010: une année sacerdotale.- Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859) Confesseur exceptionnel, le Curé d'Ars a consacré l'essentiel de son ministère à guider les cœurs des pénitents sur le chemin de la conversion.Figures de sainteté - site de l'Eglise catholique en France- Un grand témoin spirituel Saint Jean-Marie Vianney, curé d'Ars, par Mgr Dupleix.Mémoire de saint Jean-Marie Vianney, prêtre. Curé de la paroisse d'Ars, au diocèse de Belley, pendant plus de quarante ans, jusqu'à sa mort en 1859, il accomplit son ministère d'une manière admirable par sa prédication, sa prière continue et son exemple de pénitence. Chaque jour, il catéchisait enfants et adultes, réconciliait les pénitents, et une telle charité, puisée dans la sainte Eucharistie comme à sa source, resplendissait en lui qu'on venait de loin rechercher ses conseils, et qu'il conduisit à Dieu, avec sagesse, un grand nombre de personnes.