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La Vie des Diocèses - émission de KTO du 24 juin 2019

  • Pape et évêques
  • Le Cardinal Luçon : une autorité morale rémoise durant la "Grande Guerre" (1842-1930)

Le Cardinal Luçon : une autorité morale rémoise durant la "Grande Guerre" (1842-1930)

 cardinal-lucon-1extrait du site du diocèse de Reims (www.catholique-reims.cef.fr)

Celui qui allait devenir le cardinal Luçon, Archevêque de Reims, est né le 28 octobre 1842 à Maulévrier, à proximité de Cholet. Le 23 Décembre 1865, Louis Joseph Luçon est ordonné prêtre par Mgr Angebault dans la cathédrale d’Angers. En 1873, Mgr Freppel évêque d’Angers, (successeur de Mgr Angebault), ayant remarqué les qualités de Louis Joseph Luçon, modeste vicaire, l’envoya à St Louis des Français à Rome au titre de chapelain étudiant pour parfaire sa formation théologique. Le 9 novembre 1887 il fut nommé, malgré lui, évêque de Belley. Il fut sacré évêque par Mgr Freppel, dans l’église Notre Dame de Cholet, le 8 février 1888. Il prit pour emblème l’agneau pascal (en référence peut-être à la paroisse St Jean de Maulévrier, sa terre natale) et pour devise ces deux mots : "in fide et lenitate, dans la foi et la douceur". Cette devise correspondait tout à fait à son caractère et à son ministère d’évêque.

cardinal-lucon-2C’est le pape Pie X qui le pressentit pour remplacer le cardinal Langénieux à Reims. Le 21 février 1906 il fut nommé Archevêque de Reims et le 25 février il assistait le pape dans la cérémonie du sacre de quatorze évêques français nommés pour la première fois directement par le Souverain Pontife. Le 5 avril 1906, les habitants de Reims voit arriver un nouvel archevêque, le chapeau à la main, le sourire aux lèvres, qui multipliait avec simplicité ses saluts à ses diocésains : il conquit du premier abord, une popularité qui devait s’accroître au fil des années et qui se transforma en un « véritable culte d’amour filial et de religieuse vénération. » Il reçut le titre de cardinal le 18 décembre 1907. L’année 1914 est une épreuve pour Reims et le cardinal : la ville est envahie et occupée par l’armée allemande. Reims, c’est tout un symbole pour la France : la naissance de la nation française avec le baptême de Clovis et de tout son entourage, avec plus tard les sacres de ses successeurs. L’envahisseur a bien compris la portée symbolique de la ville pour la France et va s’en prendre sauvagement a son symbole le plus important : SA CATHEDRALE. Le 25 Mars 1918, les autorités militaires contraignent le cardinal Luçon à quitter Reims. Un crève-cœur pour celui qui a choisi de vivre au milieu de ses paroissiens malgré les bombardements et la promiscuité. L’Archevêque est un homme bon qui visite les familles en difficulté, réconforte les blessés et suit l’évolution des fronts. Chaque vendredi il accomplit un chemin de croix dans sa cathédrale dévastée par l’incendie de 1914 et les bombes qui, depuis quatre ans s’abattent sur la ville. C’est sa manière de prendre sur ses épaules le martyre de la cité.

L’autorité du cardinal Luçon est reconnue par l’État. Aussi le président de la République Raymond Poincaré est venu lui remettre la croix de chevalier de la Légion d’honneur, le 17 Juin 1917. Jean Giraudoux qui dirige les Œuvres Françaises au quai d’Orsay le qualifie de "grande voix française". Il est une figure de l’Eglise de France, à la tête de la province ecclésiastique qui traverse le front et est confronté à toutes les réalités de ce conflit interminable. De fait, les diocèses d’Amiens, de Beauvais, de Soissons, de Châlons-sur-Marne sont au cœur des régions dévastées. Doyen des cardinaux français, il co-préside avec le cardinal Amette, Archevêque de Paris, la présidence d’honneur du Comité Catholique de propagande à l’étranger, dont la mission est de décrire la réalité des souffrances endurées dans l’Hexagone auprès des catholiques de l’étranger et notamment des Américains.

cathedrale-reims-1918Après l’armistice de 1918, il se consacra à la gestion de son diocèse et surtout à la restauration de la cathédrale. Il participa à la recherche de financements, notamment auprès des Américains avec la visite du président des États-Unis le 26 janvier 1919, ainsi que de nombreuses autres personnalités françaises et étrangères. Il meurt le 28 Mai 1930 et ses obsèques, le mardi 3 Juin en la Cathédrale de Reims en cours de restauration, seront grandioses. Elles rassemblent beaucoup de monde, en particulier le Maréchal Pétain et André Maginot, ministre de la guerre. Il repose dans le caveau des archevêques sous le maître-autel de la Cathédrale de Reims. Dans l’église Saint-Louis de Reims (quartier Maison-Blanche), une chapelle lui y est consacrée. Sources : Association Cardinal Luçon - Hervé Chaubaud

Une lettre du Cardinal LUCON au recteur de l’Institut Catholique de Paris (extrait du bulletin de l’Institut catholique de Paris 1915, p215-217 sur www. gallica.bnf.fr)
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