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Une fresque pour la chapelle Saint-Georges des Ecoles militaires de Saumur

Ce tableau a été peint par Sophie Gendrot en 2021, à la demande de l’Association des Amis de la Chapelle Saint-Georges. Le support est une toile peinte au format horizontal de 1m84 de hauteur sur 2m59 de long, mise sur châssis de bois.

Il y a quelques mois, j’ai été contactée par H. du Gardin, épouse de militaire et décoratrice d’intérieur, chargée de la restauration du bâtiment par l’Association des Amis de la Chapelle Saint-Georges, pour une peinture panoramique.

Peintre en décor, moi-même épouse de militaire, et catholique pratiquante ; étant passée à Saumur au gré des mutations de mon mari, je ne pouvais qu’accepter !
Nous avons travaillé de concert, avec l’aide de l’Abbé Renoul, aumônier militaire, à l’élaboration de cette peinture grand format (1m84 de hauteur sur 2m59 de long). Puis, je me suis mise au travail pendant deux mois et demi.
Ce projet fut une très belle expérience, spirituelle, très exigeante et émouvante. En tant qu’épouse de militaire, je sentais comme une douce complicité avec tous ces personnages, dès que je commençais à les peindre et c’était extraordinaire ! Je suis heureuse d’avoir pu embellir à ma façon la Chapelle et j’espère − c’est un de mes souhaits les plus chers − que tous ceux qui y passeront s’y reconnaîtront !

Marie et l’Enfant Jésus : Au centre du tableau, partageant verticalement en deux parties égales le dessin de base, se trouve Notre-Dame de France, une statue de la Vierge Marie que l’on trouve au Puy-en-Velay. Il s’agit d’un ensemble vivant : Marie debout couronnée d’étoiles, tenant l’Enfant Jésus reposant sur son bras, lui-même bénissant le peuple chrétien de sa main droite.
Dans les souhaits émis par le commanditaire, Marie devait être une « Vierge de miséricorde » (dite aussi protectrice ou tutélaire, « du manteau », ou « de merci »),
une des variantes iconographiques de la peinture chrétienne.
C’est un thème classique de la peinture gothique et byzantine qui signifie la bienveillance et la consolation de la Vierge Marie à l’égard des humbles et des faibles, et il a permis aux peintres médiévaux, puis ceux de la Renaissance, d’exprimer de manière éloquente l’intercession protectrice de la mère du Christ pour les hommes (un point important de mariologie). Représentée symboliquement debout, elle est plus grande que les personnages qui l’entourent, certains tenant les pans de son manteau et d’autres à l’abri dessous, qui semblent ainsi comme placés sous sa protection.
En l’occurrence, trois ajouts ont été faits à ce saint duo. Tout d’abord, le manteau étoilé qui rappelle la couronne de Marie, ensuite le Sacré Cœur de l’Enfant Jésus et enfin celui de Marie. J’ai choisi comme couleurs le rouge pour la tunique et le bleu pour le manteau… Dans l’iconographie traditionnelle, c’est un choix récurrent, tout comme l’inverse et le bleu accompagné du blanc. Le rouge symbolise à la fois la royauté, l’amour et le sacrifice ; quant au bleu, il rappelle le Ciel, la fidélité et la foi. Elle se tient debout sur un promontoire fait de pierre de tuffeau, qui est typique des pays de la Loire et dont les maisons de Saumur sont faites.

Panoramique de Saumur : A gauche de la Sainte Vierge, on trouve un panoramique de Saumur où l’on voit son château si caractéristique et la Loire ; par ailleurs, on distingue sur la droite le clocher de l’église Saint-Pierre.

Jeune prêtre en soutane : Enfin, au premier plan, tenant le pan du manteau − et découvrant ainsi les personnages qui s’y abritent − se tient un jeune prêtre en soutane. Son air doux et souriant symbolise le soutien spirituel qu’il peut apporter aux familles dans les épreuves.

L’OPEX : A droite de Marie, c’est un panoramique d’Opex que l’on peut voir : un paysage du Mali où l’on voit des militaires en action, un engin blindé AMX10RC, un Véhicule Blindé Léger et à l’horizon, on peut distinguer deux hélicoptères.

L’Archange Saint Michel : Saint Michel est dans le ciel au-dessus de la scène, comme s’il accompagnait et protégeait les hommes dans le combat ; quant à son apparence en filigrane, elle fait de lui une créature céleste qui le distingue des autres personnages du tableau.

Le « Padre », l’aumônier militaire : Au premier plan, enfin, et faisant le pendant au jeune prêtre devant Saumur, se trouve un aumônier militaire en treillis avec son étole soulevant l’autre pan du manteau ; il est plus âgé et son visage reflète à la fois la force, l’expérience des opérations et un certain aguerrissement.

Dans le dernier tiers horizontal du tableau, sous le manteau, se trouve un groupe de personnes placées de manière symbolique, partant de la Sainte Vierge par ordre d’importance :
tout d’abord les Saints patrons de la France (tout comme Notre-Dame), puis en descendant peu à peu du promontoire, d’autres saints, puis, tout en bas − sur le sable de bord de Loire où l’on distingue encore l’eau qui s’est retirée − et en premier plan les soldats et les familles, qui pour certains sont inspirés de personnes réelles. En revanche, quelques enfants sont mêlés à tous les personnages saints ou non. Voici leur description de gauche à droite en partant du haut vers le bas :

Jeanne d’Arc : Sainte Jeanne d’Arc, l’oriflamme fleurdelysé au vent qui appelle à l’assaut et encourage les troupes, tandis qu’une petite fille se cache derrière la Pucelle d’Orléans.

Le roi Saint Louis : En tenue de croisé, et l’épée au côté, il invoque le Ciel les bras tendus vers lui.

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus : La sainte tient dans le creux de son bras le crucifix au milieu d’une brassée de roses (symbole des vertus chrétiennes), qu’elle donne à un petit garçon, lequel les offre à Marie ; cette métaphore se lit comme une invitation à se tourner vers Notre Dame.

Saint Georges et le dragon : Traditionnellement représenté en armure comme il se doit, ce saint patron des chevaliers et des cavaliers, terrasse le dragon représentant le mal ; ce dernier est comme cerné par le courage, le sacrifice, l’amour et la foi à travers les sujets qui l’entourent. Derrière lui se tient le Bienheureux Charles de Foucauld, un chapelet à la ceinture.

Le lieutenant de l’Ecole de cavalerie de Saumur : Tout en bas, à gauche, incontournable, on peut voir un lieutenant de la Division d’Application de l’Ecole de Cavalerie de Saumur, qui présente les armes.

Un capitaine Troupes de Marine : C’est un capitaine du 1er RIMa, une Bible dans sa main avant d’aller à la messe.

L’épouse de militaire : Symbolisant toutes les épouses de militaires, elle porte un bébé dans ses bras.

Le légionnaire : C’est un jeune légionnaire malgache tenant respectueusement son képi à la main en présence de Marie.

Les orphelins de guerre : Tous prient leur « Maman du Ciel » à genoux, debout, avec un chapelet, certains se tenant la main ou soutenant. Une des jeunes filles tient un bouquet de bleuets de France dans sa main gauche ; cette fleur symbolise en France la mémoire et la solidarité envers les anciens combattants, les blessés, les veuves et les orphelins.

La plaque commémorative des Cadets de Saumur : Située au centre, c’est un hommage à leur héroïsme durant la Seconde Guerre Mondiale : les « combats de Saumur » sont une série de combats, qui se déroulèrent durant la Défense de la Loire lors de la bataille de France, en juin 1940. Elle voit la défense d’un secteur du fleuve de la Loire par les élèves-officiers de l’école de cavalerie de Saumur, appelés « Cadets ». Pour cette raison, les combats sont également appelés « combats des Cadets de Saumur ». Cette résistance, qualifiée d’héroïque, opposa pendant deux jours près de 2 500 soldats français, sous-équipés et inexpérimentés, à la 1re division de cavalerie de l’armée allemande, alors même que le maréchal Pétain venait d’annoncer la demande d’armistice et d’appeler à cesser le combat. Ce faisant, les cadets de Saumur sont parfois considérés comme les premiers résistants, avec les derniers défenseurs de la ligne Maginot.

Le Poilu de 14-18, emblématique du soldat français héroïque : On trouve également le personnage du Poilu, à qui l’on a adjoint un petit garçon plein d’admiration tenant un petit drapeau français dans l’esprit de Hansi. Puis vient un tankiste, avec à sa droite, une Rochambelle (ambulancière de la 2è DB), puis un blessé de guerre, derrière lequel se tient un médecin militaire. Enfin, faisant le pendant du jeune lieutenant de cavalerie se trouvant à gauche, a été peint un ancien combattant à droite, portrait d’un pensionnaire de l’Institut national des Invalides qui existe bel et bien, ancien du 2è Bataillon de choc.

Sophie Gendrot