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Saint Luc, patron du Service de santé des Armées

Il s’agit d’une des traditions militaire destinée à favoriser notre cohésion. Certaines de ces traditions sont des fêtes d’armes qui célèbrent le souvenir des vertus militaires déployées dans des combats héroïques tels que Camerone, Bazeilles, Sidi-Brahim.

Mais chaque arme a aussi un Saint patron et le nôtre est Saint Luc qui est un évangéliste né au 1er siècle de notre ère, dans le sud de la Turquie actuelle, à Antioche, l’une des capitales économiques et culturelles de l’empire romain. D’ascendance noble, il était l’un de ces nombreux païens cultivés devenus sympathisants de la religion juive. Il excellait dans l’art pictural mais aussi, et c’est pour cela qu’il est notre Saint patron, dans la science médicale de l’époque.

C’est donc en dispensant ses soins aux malades de la région de Thèbes en Béotie qu’il rencontra Paul de Tarse qui deviendra Saint Paul. Celui-ci le convaincra que sa soif d’absolu pourra être satisfaite parmi les disciples de Jésus. Nous sommes alors en 42 après JC sous le règne de l’empereur Claude et Luc devient alors le compagnon de Paul et l’accompagne dans ses voyages missionnaires tout autour de la méditerranée.

En fidèle compagnon, il suivra Paul après son incarcération à Césarée et l’accompagnera jusqu’à son martyr à Rome. Il poursuivra en Grèce son œuvre d’évangélisation jusqu’à sa mort dans la région de Thèbes à l’âge de quatre-vingts ans.

Témoin et acteur de son temps, Luc est l’un des écrivains de la Bible. La tradition chrétienne lui attribue le troisième évangile vers l’an 60 et les Actes des apôtres vers 65. Son style littéraire est reconnu comme l’un des plus vivants.

Mais surtout Luc est un médecin ! En même temps qu’il écrit, il pratique son art au profit des populations déshéritées. Dans une lettre à une communauté qu’il a fondée, l’apôtre Paul le désigne avec beaucoup d’affection comme : « Luc le médecin bien aimé », le décrit aussi comme « un travailleur acharné » et comme « le plus attentionné des médecins ».

Ces caractéristiques pourraient suffire à l’identifier à notre communauté médicale. Et le commandant des écoles que je suis aimerai bien que vous reteniez celle de travailleur acharné.

Mais Luc est aussi le Saint patron des artistes-peintres. Et on retrouve dans sa capacité à dépeindre ses contemporains avec beaucoup de vie, de sympathie et de couleurs, une empathie qui dénote tout autant son approche artistique que le sens de l’observation que vous allez cultiver dans vos études et que le dévouement désintéressé à autrui qui vous a conduit dans cette école.

La parabole du bon samaritain, que seul Saint Luc nous transmet, est ainsi emblématique du respect que tout soignant se doit de manifester aux malades.

Son action, en tant qu’évangéliste et médecin, est déterminante dans un monde antique où la glorification des faibles est une idée novatrice, aux antipodes de la croyance mystique en la vertu de la force véhiculée par les armées et les états.

Saint patron des médecins, Saint Luc sera institué en 1979 Saint patron du Service de santé des armées par le Général d’Armée Lacaze, chef d’état-major des armées, qui disait dans son ordre du jour : « Nos forces ont l’avantage de disposer, à tous les échelons, d’hommes et de femmes dont la vocation est d’assister et de secourir. »

Aujourd’hui est donc une fête pour tout le personnel du Service de santé des armées, mais aussi pour tous ceux qui participent à sa mission de soutien des forces. Au-delà des convictions religieuses de chacun, nous tous qui sommes réunis ici, reconnaissons-nous dans cet homme, symbole d’abnégation et de compassion, qui nous montre la voie à suivre, toujours au service des hommes, en France comme en mission extérieure. “

Médecin général inspecteur Sylvain AUSSET, commandant les Ecoles militaires de santé de Lyon-Bron (ordre du jour de la Saint-Luc 2021, reproduit avec son aimable autorisation)