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Denier Toussaint 2019 extérieur

L'Eglise et l'arme nucléaire - Réflexions de Mgr Antoine de Romanet

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La Vie des Diocèses - émission de KTO du 24 juin 2019

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  • Message du Saint Père à Hiroshima le 24 novembre 2019

Message du Saint Père à Hiroshima le 24 novembre 2019

Pope Francis in March 2013

« A cause de mes frères et de mes proches, je dirai : “Paix sur toi !” » (Ps 122, 8).

Dieu de Miséricorde et Seigneur de l’histoire, c’est vers toi que nous levons les yeux en ce lieu, carrefour de mort et de vie, de défaite et de renaissance, de souffrance et de pitié.

Ici, dans une lueur d’éclair et de feu, de tant d’hommes et de femmes, de leurs rêves et de leurs espérances, il n’est plus resté qu’ombre et silence. En à peine un instant, tout a été dévoré par un gouffre noir de destruction et de mort. De cet abîme de silence, aujourd’hui encore on continue d’entendre, fort, le cri de ceux qui ne sont plus. Ils venaient de différents endroits, avaient des noms différents, certains d’entre eux parlaient des langues différentes. Tous sont restés unis par un même destin, dans un moment terrible qui a marqué pour toujours, non seulement l’histoire de ce pays, mais aussi le visage de l’humanité.

Je fais mémoire ici de toutes les victimes et je m’incline devant la force et la dignité de ceux qui, ayant survécu à ces premiers moments, ont supporté dans leurs corps, de nombreuses années durant, les souffrances les plus atroces et, dans leur esprit, les germes de la mort qui continuaient à consumer leur énergie vitale.

J’ai senti le devoir de venir en ce lieu en pèlerin de paix, pour rester en prière, en souvenir des victimes innocentes de tant de violence et en portant aussi dans le cœur les suppliques et les aspirations des hommes et des femmes de notre temps, notamment des jeunes, qui désirent la paix, travaillent pour la paix, se sacrifient pour la paix. Je suis venu en ce lieu rempli de mémoire et d’avenir en apportant le cri des pauvres qui sont toujours les victimes les plus dépourvues de la haine et des conflits.

Je voudrais humblement être la voix de ceux dont la voix n’est pas entendue et qui voient avec inquiétude et angoisse les tensions croissantes qui traversent notre époque, les inégalités et les injustices inacceptables qui menacent la coexistence humaine, la grave incapacité de prendre soin de notre maison commune, le recours constant et spasmodique aux armes, comme si celles-ci pouvaient garantir un avenir de paix.

Je désire redire avec conviction que l’utilisation de l’énergie atomique à des fins militaires est aujourd’hui plus que jamais un crime, non seulement contre l’homme et sa dignité, mais aussi contre toute possibilité d’avenir dans notre maison commune. L’utilisation de l’énergie atomique à des fins militaires est immorale de même que la possession des armes atomiques, comme je l’avais déjà dit il y a deux ans. Nous aurons à en répondre. Les nouvelles générations se lèveront en juges de notre défaite si nous contentons de parler de paix sans le traduire concrètement dans les relations entre les peuples de la terre. Comment pouvons-nous parler de paix en construisant de nouvelles et redoutables armes de guerre ? Comment pouvons-nous parler de paix en justifiant certaines actions fallacieuses par des discours de discrimination et de haine ?

Je suis convaincu que la paix n’est pas plus qu’un “bruit de paroles”, si elle n’est pas fondée sur la vérité, si elle n’est pas construite en accord avec la justice, si elle n’est pas vivifiée et achevée dans la charité et si elle n’est pas réalisée dans la liberté (cf. Saint Jean XXIII, Pacem in terris, n. 37).

La construction de la paix dans la vérité et dans la justice signifie reconnaître que sont nombreuses « les différences souvent notables de savoir, de vertus, de capacités intellectuelles et de ressources matérielles qui distinguent les hommes les uns des autres » (Ibid., n. 87), ce qui ne peut jamais justifier la volonté d’imposer aux autres ses intérêts particuliers. Au contraire, tout cela constitue une source de plus grande responsabilité et d’un plus grand respect. De même, les communautés politiques, qui peuvent légitimement différer entre elles en terme de culture ou de développement économique, sont appelées à s’engager à travailler pour le progrès commun, pour le bien de tous (cf. ibid., n. 88).

De fait, si nous cherchons réellement à construire une société plus juste et sûre, nous devons laisser tomber de nos mains les armes : « On ne peut pas aimer avec des armes offensives en main » S. Paul VI, Discours aux Nations Unies, 4 octobre 1965). Quand nous nous livrons à la logique des armes et nous éloignons de la pratique du dialogue, nous oublions tragiquement que les armes, avant même de faire des victimes et des ruines, peuvent provoquer des cauchemars, elles « exigent d’énormes dépenses, arrêtent les projets de solidarité et d’utile travail, elles faussent la psychologie des peuples » (Ibid., n. 5 ) Comment pouvons-nous proposer la paix si nous utilisons l’intimidation de la guerre nucléaire comme recours légitime pour résoudre les conflits ? Puisse cet abîme de souffrance rappeler les limites à ne jamais dépasser ! La véritable paix ne peut être qu’une paix désarmée. De plus : « La paix n’est pas une pure absence de guerre […] elle est sans cesse à construire » (Gaudium et spes, n. 78). C’est le fruit de la justice, du développement de la solidarité, de la sauvegarde de notre maison commune et de la promotion du bien commun, quand on retient les leçons de l’histoire.

Rappeler, marcher ensemble, protéger. Ce sont trois impératifs moraux qui, précisément ici à Hiroshima, prennent un sens encore plus fort et universel, et peuvent ouvrir un chemin de paix. Par conséquent, nous ne pouvons pas permettre que les générations présentes et nouvelles perdent la mémoire de ce qui est arrivé, cette mémoire qui est garantie et encouragement pour construire un avenir plus juste et plus fraternel ; une mémoire à même de s’étendre, capable de réveiller les consciences de tous les hommes et femmes, spécialement de ceux qui aujourd’hui jouent un rôle particulier dans le destin des nations ; une mémoire vivante qui nous aide à dire, de génération en génération : plus jamais !

C’est précisément pour cela que nous sommes appelés à marcher ensemble, avec un regard de compréhension et de pardon, ouvrant l’horizon à l’espérance et apportant un rayon de lumière au milieu des nombreux nuages qui assombrissent le ciel aujourd’hui. Ouvrons-nous à l’espérance, en nous convertissant en instruments de réconciliation et de paix. Cela sera toujours possible si nous sommes capables de nous protéger et de nous reconnaître frères liés par un même destin. Notre monde interconnecté, non seulement par la mondialisation mais aussi, depuis toujours, par une terre commune, appelle, plus qu’en d’autres époques, l’ajournement d’intérêts exclusifs de groupes ou de certains secteurs, pour qu’on parvienne à la grandeur de ceux qui luttent ensemble afin de garantir un avenir commun.

Dans une unique supplication à Dieu ainsi qu’à tous les hommes et femmes de bonne volonté, au nom de toutes les victimes des bombardements et des expérimentations atomiques comme de tous les conflits, du fond du cœur élevons ensemble un cri : plus jamais la guerre, plus jamais le grondement des armes, plus jamais tant de souffrances ! Qu’aujourd’hui, en notre monde, advienne la paix ! Oh Dieu, tu nous l’as promis : « Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s'embrassent ; la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice » (Ps 84, 11-12).

Viens, Seigneur, car se fait tard ! Et là où a surabondé la destruction que puisse aujourd’hui surabonder aussi l’espérance qu’il est possible d’écrire et de réaliser une histoire différente ! Viens, Seigneur, Prince de la paix, fais de nous des instruments et des échos de ta paix !

« A cause de mes frères et de mes proches, je dirai : “Paix sur toi !” » (Ps 122, 8).

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Saint du Jour

Nominis

4 avril 2020

Tous les saints du jour
  • Saint Isidore de Séville - Docteur de l'Église - Évêque et confesseur (✝ 636)
    Son père Severianus avait dû fuir Carthagène devant les Wisigoths qui, non contents d'être des barbares(*), avaient adopté l'hérésie arienne et persécutaient les catholiques. Il se réfugia à Séville. Ses quatre enfants deviendront des saints : Léandre, Florentine, Fulgence et Isidore. A la mort de ses parents, Isidore est encore bien jeune, mais son frère ainé, saint Léandre, devenu évêque de Séville, l'élève comme un fils. Isidore se nourrit, se gave, des livres dont regorge la bibliothèque fraternelle. En 599, à la mort de Léandre, Isidore lui succède comme évêque de Séville. Il présidera des conciles et travaillera à la conversion des Goths à la vraie foi. Son "Histoire des Goths" nous est très utile car, sans elle, nous ne saurions presque rien des Goths et des Vandales. Tout en gouvernant avec un grand dévouement son diocèse, il écrit sans relâche. Toutes les richesses de la culture classique qui ont enchanté sa jeunesse, il les sent menacées par les invasions barbares. Or ce sont des trésors qui peuvent être utiles pour une meilleure compréhension des Écritures. Il rédige donc de très nombreux ouvrages, dont le plus connu "les Étymologies" (de l'origine des choses) est une encyclopédie qui transmettra aux siècles suivants l'essentiel de la culture antique. C'est à lui, avant les Arabes, que l'Occident doit sa connaissance d'Aristote. Ce sera une des bases des études en Occident jusqu'à l'époque de la Renaissance. Il occupera le siège épiscopal de Séville durant quarante ans, y fonda de grands collèges et influença les conseils royaux. On le considère aussi comme l'un des initiateurs de la liturgie mozarabe. Il meurt dans sa cathédrale, étendu sur le sol, tout en continuant de parler à l'assistance.(*) au sens étymologique du terme, c'est à dire parlant une autre langue que le grec.- Le 18 juin 2008, Benoît XVI a consacré la catéchèse de l'audience générale à Isidore de Séville (560-636), défini en 653 par le concile de Tolède comme "la gloire de l'Église catholique": L'enseignement de saint Isidore de Séville sur les relations entre vie active et vie contemplative.- Un saint pour internet: Saint Isidore de Séville - portail des jeunes de l'Eglise catholiqueMémoire de saint Isidore, évêque et docteur de l'Église. Disciple de son frère saint Léandre, il lui succéda sur le siège de Séville en Espagne, écrivit beaucoup d'ouvrages d'érudition, convoqua et dirigea de nombreux conciles et se livra avec sagesse au zèle de la foi catholique et à l'observance de la discipline ecclésiastique. Il mourut à Séville en 636.

Les lectures du jour

Messe

(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2020
  • Première lecture : « Le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable » (Jr 20, 10-13)

    Lecture du livre du prophète Jérémie

    Moi, Jérémie,
              j’entends les calomnies de la foule :
    « Dénoncez-le ! Allons le dénoncer,
    celui-là, l’Épouvante-de-tous-côtés. »
    Tous mes amis guettent mes faux pas, ils disent :
    « Peut-être se laissera-t-il séduire…
    Nous réussirons,
    et nous prendrons sur lui notre revanche ! »
              Mais le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable :
    mes persécuteurs trébucheront, ils ne réussiront pas.
    Leur défaite les couvrira de honte,
    d’une confusion éternelle, inoubliable.

              Seigneur de l’univers, toi qui scrutes l’homme juste,
    toi qui vois les reins et les cœurs,
    fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras,
    car c’est à toi que j’ai remis ma cause.
              Chantez le Seigneur, louez le Seigneur :
    il a délivré le malheureux de la main des méchants.

                            – Parole du Seigneur.

  • Psaume (17 (18), 2-3, 4, 5-6, 7)

    Refrain psalmique : (cf. 17, 7)

    Dans mon angoisse, j’appelai le Seigneur ;
    il entend ma voix.

    Je t’aime, Seigneur, ma force :
    Seigneur, mon roc, ma forteresse,
    Dieu mon libérateur, le rocher qui m’abrite,
    mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire !

    Louange à Dieu !
    Quand je fais appel au Seigneur,
    je suis sauvé de tous mes ennemis.

    Les liens de la mort m’entouraient,
    le torrent fatal m’emportait ;
    des liens infernaux m’étreignaient :
    j’étais pris aux pièges de la mort.

    Dans mon angoisse, j’appelai le Seigneur ;
    vers mon Dieu, je lançai un cri ;
    de son temple il entend ma voix :
    mon cri parvient à ses oreilles.

  • Évangile : « Ils cherchaient à l’arrêter, mais il échappa à leurs mains » (Jn 10, 31-42)

    Acclamation : (cf. Jn 6, 63c.68c)

    Gloire à toi, Seigneur,
    Fils du Dieu vivant !

    Tes paroles, Seigneur,
    sont esprit et elles sont vie ;                          
    tu as les paroles de la vie éternelle.
    Gloire à toi, Seigneur,
    Fils du Dieu vivant !

    Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

    En ce temps-là,
             de nouveau, des Juifs prirent des pierres
    pour lapider Jésus.
              Celui-ci reprit la parole :
    « J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes
    qui viennent du Père.
    Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ? »
              Ils lui répondirent :
    « Ce n’est pas pour une œuvre bonne
    que nous voulons te lapider,
    mais c’est pour un blasphème :
    tu n’es qu’un homme,
    et tu te fais Dieu. »
              Jésus leur répliqua :
    « N’est-il pas écrit dans votre Loi :
    J’ai dit : Vous êtes des dieux ?
                       Elle les appelle donc des dieux,
    ceux à qui la parole de Dieu s’adressait,
    et l’Écriture ne peut pas être abolie.
                      Or, celui que le Père a consacré
    et envoyé dans le monde,
    vous lui dites : “Tu blasphèmes”,
    parce que j’ai dit : “Je suis le Fils de Dieu”.
                       Si je ne fais pas les œuvres de mon Père,
    continuez à ne pas me croire.
                       Mais si je les fais,
    même si vous ne me croyez pas,
    croyez les œuvres.
    Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus,
    que le Père est en moi,
    et moi dans le Père. »
              Eux cherchaient de nouveau à l’arrêter,
    mais il échappa à leurs mains.

              Il repartit de l’autre côté du Jourdain,
    à l’endroit où, au début, Jean baptisait ;
    et il y demeura.
              Beaucoup vinrent à lui en déclarant :
    « Jean n’a pas accompli de signe ;
    mais tout ce que Jean a dit de celui-ci
    était vrai. »
              Et là, beaucoup crurent en lui.

                            – Acclamons la Parole de Dieu.