Message de Pâques 2019 de Mgr de Romanet

Pâques : Message de Mgr de Romanet aux aumôniers militaires

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  • Il y a un an tombait Arnaud Beltrame : hommage à un héros

Il y a un an tombait Arnaud Beltrame : hommage à un héros

 

DSC 5836 v1FIGAROVOX/TRIBUNE - Arnaud Beltrame est mort il y a un an, à Trèbes, face à un terroriste islamiste, en échangeant sa vie avec celle d'une jeune femme. Le père Bertrand Sartorius lui rend un vibrant hommage et rappelle l'importance de la foi chrétienne dans son geste.

Le père Bertrand Sartorius est aumônier en chef adjoint de gendarmerie à l'aumônerie militaire catholique.

Le 23 mars 2018, un terroriste islamiste se lance dans une course meurtrière à travers la ville de Trèbes (Aude), avant de se retrancher dans l'hypermarché Super U aux portes de la ville. Un lieutenant-colonel de gendarmerie, arrivé parmi les premiers sur place, s'offre en échange d'une jeune femme prise en otage. Quelques heures plus tard, alors que l'assaut est donné, il est retrouvé agonisant aux pieds du terroriste abattu. Malgré les soins qui lui seront prodigués, il mourra au petit matin suivant. Ce lieutenant-colonel s'appelait Arnaud Beltrame.

Cette mort a un retentissement extraordinaire à travers la France et le monde entier. L'opinion nationale et internationale s'enflamme à l'annonce de ce geste héroïque. Les plus hautes autorités de la République Française, les principaux dirigeants du monde entier (Donald Trump, le Pape) lui rendent hommage. Les obsèques religieuses sont célébrées quelques jours plus tard, à la veille des solennités pascales. Un témoin se souvient: «Ce Jeudi saint 29 mars 2018 à 11h, la cérémonie des funérailles dans la cathédrale saint Michel de Carcassonne était impressionnante. Deux évêques, deux ministres d'État, et un héros national...»

Un an après, alors que la fièvre médiatique retombe, la mémoire s'installe: 200 villes ont honoré la mémoire du héros, par exemple en lui dédiant une rue, une place, un square. A la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale (DGGN), une grande fresque orne le mur d'enceinte.

La promotion sortante des Élèves Officiers de la Gendarmerie Nationale (EOGN) le choisit comme parrain de promotion. Et six livres ont été écrits, qui s'interrogent sur les origines d'Arnaud, son chemin humain, intellectuel et spirituel et, in fine, sur le sens profond de cet acte fatal posé dans le Super U. Les amis d'Arnaud, ses anciens camarades de promotion, ceux qui l'ont connu dans les diverses étapes de sa vie militaire n'ont bien souvent pas été surpris de l'attitude d'Arnaud dans cette tragique circonstance.

On évoque sa très probable indignation chevaleresque de l'homme devant une femme menacée. On imagine aussi très bien qu'il ait estimé - sans nul doute à juste titre - être apte à négocier avec le terroriste, le neutraliser, ou offrir une occasion d'intervention favorable aux hommes du GIGN, plus que la jeune otage dont il prenait la place.

Essayons toutefois d'analyser plus loin le geste: Arnaud se livre au terroriste, allant jusqu'à lui abandonner son arme de service - qui sera retournée contre lui - en échange de la liberté de la jeune caissière. À cet instant, il n'abandonne pas tout espoir de survie, sans doute espère-t-il neutraliser le terroriste, soit en le convainquant de se rendre, soit en l'affrontant à mains nues, soit en favorisant l'intervention des hommes du GIGN ; nous ne saurons jamais son plan, s'il en avait un. En tout cas, sa démarche est très différente d'un Maximilien Kolbe qui se laisse enfermer dans le bunker de la mort sans espoir aucun d'en réchapper. Il n'en reste pas moins que ce geste va bien au-delà de ce qu'on aurait pu attendre de tout membre des forces de l'ordre. Un gendarme ou un policier risque certes parfois sa vie en intervention, mais jusqu'à un certain point. Et se placer librement en situation de vulnérabilité extrême devant un terroriste se situe certainement au-delà de ce point. Le ressort ultime du comportement d'Arnaud ne peut donc se trouver dans sa formation de gendarme. Il faut aller chercher plus profondément les moteurs de son action.

Or, force est de constater que, dans les mois qui précèdent sa mort, Arnaud avait parcouru un chemin spirituel considérable, en compagnie (sous l'influence?) de sa fiancée Marielle et sous le regard du père Jean-Baptiste qui les préparait tous les deux au mariage.

Sa redécouverte de la foi chrétienne, qui datait d'une dizaine d'années environ, s'était faite progressivement et n'était certes pas exempte de contradictions. Cependant, sa déclaration d'intention, rédigée en vue de la célébration de son mariage prévue le 9 juin suivant, ne laisse aucun doute quant à la force de sa conviction chrétienne à cette période. Sans doute la parole du Christ «Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis» a-t-elle résonné très fort en lui ce 23 mars.

Laissons pour finir la parole au Général Richard Lizurey, directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN): «Se mettre entre les mains d'un terroriste voulant tuer n'est évidemment dans aucun texte de procédure interne et ne le sera jamais. Les procédures sont faites pour permettre l'efficacité des interventions tout en veillant à la sécurité des militaires. Mais un gendarme prête serment, celui de servir la population, y compris, parfois, s'il le faut, au péril de sa propre vie. Arnaud Beltrame n'a pas appliqué des procédures ; il a fait mieux: il a respecté son serment. Et ce faisant, il a sauvé une vie, sans doute même plusieurs». (Préface à Jacques Duplessy et Benoît Leprince, Arnaud Beltrame. Le héros dont la France avait besoin, Paris, Editions de l'Observatoire, 2018, p. 12).

SARTORIUS Bertrand, lefigaro.fr, publié le 22/03/2019

Mots-clés: diocese aux armees, gendarmerie, Arnaud Beltrame

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Saint du Jour

Nominis

25 avril 2019

Tous les saints du jour
  • Saint Marc - Un des quatre évangélistes (I siècle.)
    Second dans l'ordre des évangiles synoptiques, serait-il l'inventeur du genre évangélique ? C'est possible puisque son livre, en mauvais grec, semé de sémitismes, fut composé très tôt à Rome, selon les données orales de Saint Pierre. Sans doute au plus tard en 70. L'auteur en serait le jeune Jean, surnommé Marc, fils de Marie chez qui la première communauté chrétienne de Jérusalem se réunissait pour prier (Actes 12. 12). Il accompagne Paul et Barnabé dans leur mission à Chypre. Peu après, il refuse de suivre Paul, en partance pour l'Asie Mineure. Il préfère rentrer à Jérusalem. Saint Paul lui en voudra, un moment, de ce lâchage : il préféra se séparer de Barnabé plutôt que de reprendre Marc (Acte 15. 39) Mais Marc se racheta et deviendra le visiteur du vieux prisonnier à Rome. Dans le même temps, saint Pierre le traite comme un fils (1ère lettre de Pierre 5. 13). Certains considèrent que saint Marc aurait été l'évangélisateur de l'Egypte. Ce n'est pas invraisemblable. D'autres affirment que son corps serait désormais à Venise. Après tout, pourquoi pas ? En tous cas, il fut un fidèle secrétaire pour saint Pierre dont il rédigea les "Mémoires", qui sont l'évangile selon saint Marc, à l'intention des Romains.De Jérusalem, il suivit d'abord saint Paul dans ses voyages missionnaires, puis s'attacha aux pas de saint Pierre, qui l'appelait son fils et dont, selon la tradition, il recueillit dans son Évangile la catéchèse aux Romains. Il aurait enfin fondé l'Église d'Alexandrie.

Les lectures du jour

Messe

(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2019
  • Première lecture : « Vous avez tué le Prince de la vie, lui que Dieu a ressuscité d’entre les morts » (Ac 3, 11-26)

    Lecture du livre des Actes des Apôtres

    En ces jours-là,
    l’infirme que Pierre et Jean venaient de guérir
    ne les lâchait plus.
    Tout le peuple accourut vers eux
    au Portique dit de Salomon.
    Les gens étaient stupéfaits.
    Voyant cela, Pierre interpella le peuple :
    « Hommes d’Israël,
    pourquoi vous étonner ?
    Pourquoi fixer les yeux sur nous,
    comme si c’était en vertu de notre puissance personnelle
    ou de notre piété
    que nous lui avons donné de marcher ?
    Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères,
    a glorifié son serviteur Jésus,
    alors que vous, vous l’aviez livré,
    vous l’aviez renié en présence de Pilate
    qui était décidé à le relâcher.
    Vous avez renié le Saint et le Juste,
    et vous avez demandé
    qu’on vous accorde la grâce d’un meurtrier.
    Vous avez tué le Prince de la vie,
    lui que Dieu a ressuscité d’entre les morts,
    nous en sommes témoins.
    Tout repose sur la foi dans le nom de Jésus Christ :
    c’est ce nom lui-même qui vient d’affermir cet homme
    que vous regardez et connaissez ;
    oui, la foi qui vient par Jésus
    l’a rétabli dans son intégrité physique,
    en votre présence à tous.
    D’ailleurs, frères, je sais bien
    que vous avez agi dans l’ignorance, vous et vos chefs.
    Mais Dieu a ainsi accompli ce qu’il avait d’avance annoncé
    par la bouche de tous les prophètes :
    que le Christ, son Messie souffrirait.

    Convertissez-vous et tournez-vous vers Dieu
    pour que vos péchés soient effacés.
    Ainsi viendront les temps de la fraîcheur de la part du Seigneur,
    et il enverra le Christ Jésus
    qui vous est destiné.
    Il faut en effet que le ciel l’accueille
    jusqu’à l’époque où tout sera rétabli,
    comme Dieu l’avait dit par la bouche des saints,
    ceux d’autrefois, ses prophètes.
    Moïse a déclaré :
    Le Seigneur votre Dieu suscitera pour vous,
    du milieu de vos frères, un prophète comme moi :
    vous l’écouterez en tout ce qu’il vous dira.
    Quiconque n’écoutera pas ce prophète
    sera retranché du peuple.

    Ensuite, tous les prophètes
    qui ont parlé depuis Samuel et ses successeurs,
    aussi nombreux furent-ils,
    ont annoncé les jours où nous sommes.
    C’est vous qui êtes les fils des prophètes et de l’Alliance
    que Dieu a conclue avec vos pères,
    quand il disait à Abraham :
    En ta descendance seront bénies
    toutes les familles de la terre.

    C’est pour vous d’abord
    que Dieu a suscité son Serviteur,
    et il l’a envoyé vous bénir,
    pourvu que chacun de vous se détourne de sa méchanceté. »

    – Parole du Seigneur.

  • Psaume (Ps 8, 4-5, 6-7, 8-9)

    Refrain psalmique : (Ps 8, 2)

    Ô Seigneur notre Dieu, qu’il est grand, ton nom,
    par toute la terre ! ou : Alléluia !

    À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts,
    la lune et les étoiles que tu fixas,
    qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui,
    le fils d’un homme, que tu en prennes souci ?

    Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu,
    le couronnant de gloire et d’honneur ;
    tu l’établis sur les œuvres de tes mains,
    tu mets toute chose à ses pieds.

    Les troupeaux de bœufs et de brebis,
    et même les bêtes sauvages,
    les oiseaux du ciel et les poissons de la mer,
    tout ce qui va son chemin dans les eaux.

  • Évangile : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour » (Lc 24, 35-48)

    Acclamation : (Ps 117, 24)

    Alléluia. Alléluia.
    Voici le jour que fit le Seigneur,
    qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !
    Alléluia.

    Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

    En ce temps-là,
    les disciples qui rentraient d’Emmaüs
    racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons
    ce qui s’était passé sur la route,
    et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux
    à la fraction du pain.
    Comme ils en parlaient encore,
    lui-même fut présent au milieu d’eux,
    et leur dit :
    « La paix soit avec vous ! »
    Saisis de frayeur et de crainte,
    ils croyaient voir un esprit.
    Jésus leur dit :
    « Pourquoi êtes-vous bouleversés ?
    Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ?
    Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi !
    Touchez-moi, regardez :
    un esprit n’a pas de chair ni d’os
    comme vous constatez que j’en ai. »
    Après cette parole,
    il leur montra ses mains et ses pieds.
    Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire,
    et restaient saisis d’étonnement.
    Jésus leur dit :
    « Avez-vous ici quelque chose à manger ? »
    Ils lui présentèrent une part de poisson grillé
    qu’il prit et mangea devant eux.
    Puis il leur déclara :
    « Voici les paroles que je vous ai dites
    quand j’étais encore avec vous :
    “Il faut que s’accomplisse
    tout ce qui a été écrit à mon sujet
    dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.” »
    Alors il ouvrit leur intelligence
    à la compréhension des Écritures.
    Il leur dit :
    « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait,
    qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,
    et que la conversion serait proclamée en son nom,
    pour le pardon des péchés,
    à toutes les nations,
    en commençant par Jérusalem.
    À vous d’en être les témoins. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.