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Centenaire 14-18 : fait religieux et foi chrétienne dans la Grande Guerre

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Homélie pour le Major David Lannes

obseques Major David LannesChère famille du Major David Lannes, chers amis,

Au moment où nous accompagnons par les prière de l’Église notre frère, notre camarade David, voulez-vous permettre à un aumônier militaire de poser une question brutale ? Devient-on gendarme, pour mourir un dimanche sur une route de Gironde, percuté par un motocycliste en refus d’obtempérer ? La réponse fuse de vos cœurs et du mien : non ! Et pourtant, c’est bien comme cela qu’est mort votre mari, votre père, notre frère d’armes. Alors pourquoi devient-on gendarme ? Pour devenir un héros ? Bien sûr que non. Alors, pourquoi David Lannes, ce mari aimant, ce père affectueux, ce camarade rempli d’humour et de bienveillance, a-t-il choisi, à la suite de son propre père mort en service lui aussi, de devenir gendarme ?

Pour servir. Pour servir, à cause de cette force intérieure, qui ne dit pas toujours son nom par pudeur. Cette force qui nous pousse à vouloir nous mettre au service de ce qui nous dépasse. Elle a un nom : c’est l’amour de notre pays, de notre patrie, la France pour laquelle nous dépassons notre égoïsme pour la servir au travers de ses enfants, nos concitoyens. Ce service pour le gendarme passe par le respect de la Loi, il devient même un devoir, comme le dit la prière du gendarme : celui d’assurer sur le territoire national la paix, l’ordre et la sécurité, de sauver les vies menacées. Cet amour du pays, ce service sont devenus d’autant plus exigeants pour le gendarme que la société actuelle, vit trop souvent à l’opposé de cet engagement tant elle est marquée par le règne de l’argent roi, de l’individualisme, par les manques de respect, par l’hédonisme et l’égoïsme. Alors, parfois le gendarme lui-même se pose la question du sens de son engagement, et confronté à la mort d’un camarade se met à douter.
C’est qu’il y a là un héroïsme du quotidien dans le service de l’État au sein d’une société fragile et atomisée. Cet héroïsme est mal reconnu. D’abord parce que, pour que les héros soient reconnus, il est nécessaire que les vertus soient le référentiel de la société avec, en tête, la vertu de l’honneur. Nous en sommes loin ! Ensuite, il serait nécessaire que soit clair, pour tous les citoyens, que le soucis du Bien commun dépasse les intérêts individuels ou communautaires. Nous en sommes loin aussi. Enfin, pour que l’héroïsme soit justement reconnu, il exige que la société sorte d’un horizontalisme matérialiste et athée désespérant, pour retrouver le sens de la transcendance, de ce qui élève, de ce qui fait voir grand, beau et vrai ! Cet héroïsme du quotidien, habitait David Lannes. C’est dans cet amour de la Patrie, vécu humblement au quotidien, qu’il a puisé la force d’aller jusqu’au bout de son engagement, comme le dit encore la prière du gendarme : « s’il me faut aller jusqu’au sacrifice de ma fierté, de mon bien-être, de ma vie (..) Seigneur, soutien mon service, ranime mon courage et fortifie ma foi »
David Lannes a voulu être gendarme pour assumer ce service et cet amour de la Patrie. Il l’a vécu, jour après jour, durant sa vie. Cet engagement, héroïque et exigeant, de la quotidienneté du serviteur de la Loi l’a mené jusqu’au sacrifice ultime, qui fait de lui désormais un héros ; et même si la société a du mal à reconnaître cela, notre devoir est de le clamer, et surtout à la suite de son exemple d’être, à notre tour, par respect pour lui, vertueux et courageux dans notre propre service des armes de la France.
Au moment où nous allons lui dire un dernier adieu, nous le confions, par nos prières et nos pensées, ici à l’Église, par l’intercession de sainte Geneviève, au Seigneur Jésus. Puisse David entendre ces paroles du Christ : « Bon et fidèle serviteur entre dans la joie de ton maître ». Amen.

Père Christian Venard – aumônier militaire
Bordeaux, église Saint-Augustin, samedi 10 février 2018

Mots-clés: gendarmerie, Major Lannes , gironde

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  • Sainte Claire de Montefalco - abbesse (✝ 1308)
    Abbesse de l'Ordre des Ermites de Saint Augustin. Élevée très chrétiennement, elle fut très tôt désireuse de se donner à Dieu totalement. Très tôt, elle rejoignit sa sœur dans son couvent et elle ne le quitta plus, marquant ses journées par la prière et de nombreuses austérités. Comme leur communauté était pauvre, elle allait mendier dans les rues, restant parfois des heures sous la pluie, à attendre un geste de charité de la part des passants. Choisie pour être leur supérieure, elle exerça cette charge avec beaucoup d'humilité et une grande attention à la vocation spécifique de chacune des sœurs. Elle connut bien des tentations, mais aussi des moments de rencontres mystiques avec le Seigneur.Illustration: fresque sur une colonne de l'église Sainte-Marie couronnée à Milan (photo: Giovanni Dall'Orto).À Montefalco en Ombrie, l’an 1308, sainte Claire de la Croix, vierge, moniale de l’Ordre des Ermites de Saint-Augustin, qui fut abbesse du monastère de la Sainte-Croix, brûlant d’amour pour la passion du Christ.
  • Saint Dimitrios le Jeune - martyr en Epire (✝ 1808)
    ou Démètre le jeune.Originaire de Samarine en Epire, il parcourait la région en soutenant les populations après l'insurrection manquée contre les Turcs et en prêchant l’Évangile, jusqu’au jour où il fut arrêté. Il connut la torture des roseaux enfilés sous les ongles, puis il fut pendu par les pieds au dessus d'un brasier où brûlaient des bois résineux et enfin, il fut emmuré en laissant seulement la tête sortir à l'air libre, sans boire ni manger, ni pouvoir faire un mouvement. Il mourut après dix jours de cet horrible supplice.

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