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Messe de l’Initiation Chrétienne - Samedi 12 mai 2012

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Cardinal Marc Ouellet
Préfet de la Congrégation pour les Evêques

CINQUANTE-QUATRIÈME
P
ÈLERINAGE MILITAIRE INTERNATIONAL
Lourdes, samedi 12 mai 2012

Homélie

   Messe de l’Initiation Chrétienne

 

St Paul aux Colossiens 3, 9-17

Psaume 26

St Jean 3, 1-6

 

                                                          

 

Les textes liturgiques que nous venons d’entendre éclairent bien le sens du Baptême et de la Confirmation que vont recevoir les 30 néophytes et les 74 confirmands, qui participeront ensuite pleinement à l’Eucharistie. Les 30 catéchumènes sont arrivés à la dernière étape de leur initiation chrétienne : par le baptême, ils sont identifiés au Christ pour vivre de sa vie filiale; par la confirmation, ils reçoivent le don de l’Esprit Saint pour témoigner du Christ ; par l’Eucharistie, ils participent au sacrifice de la Nouvelle Alliance et reçoivent pour la première fois le Corps et le sang du Christ en signe d’alliance avec lui. Ces trois sacrements constituent l’Initiation chrétienne. Le mystère de l’Initiation chrétienne est trop riche pour qu’une seule célébration, même si elle a lieu à Lourdes et dans le cadre impressionnant de ce pèlerinage militaire international, puisse suffire à en dévoiler toutes les richesses. Chers amis néophytes, vous aurez, comme nous y invitait la messe du 2ème dimanche de Pâques, à découvrir peu à peu « quel baptême vous a purifiés, quel Esprit vous a fait renaître et quel sang vous a rachetés ». Aujourd’hui, je voudrais seulement souligner combien ces trois sacrements de l’Initiation chrétienne nous associent à la vie trinitaire. C’est au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, que vous serez baptisés tout à l’heure. Un chrétien est d’abord quelqu’un qui croit en Dieu et qui vit au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, quelqu’un qui appartient à la Sainte Trinité. Mais ce sont les trois sacrements, chacun à un titre particulier, qui nous permettent d’entrer dans cette réalité nouvelle, dans la vie même de Dieu qui est Père, Fils et Saint-Esprit, en établissant une relation singulière avec chacune des trois personnes divines.

 

L’évangile de St Jean nous a rapporté le conversation nocturne du Christ avec Nicodème. Retenons d’abord cette affirmation du Christ : « En vérité, je te le dis, à moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. ». Jésus fait passer Nicodème des réalités visibles aux réalités invisibles. Chacun de nous est né d’un père et d’une mère, cette naissance est le point de départ de toute notre existence. Nicodème pense à cette réalité naturelle. Or Jésus lui révèle une autre naissance, la naissance spirituelle, qui ne vient pas de l’union conjugale mais de la Parole de Dieu. Il lui révèle le mystère du baptême comme nouvelle naissance à la vie divine et comme entrée dans le Royaume de Dieu. L’évènement du baptême est constitué par une Parole prononcée sur une personne par un ministre au nom de Dieu, une Parole créatrice qui transforme un pauvre pécheur en enfant bien-aimé du Père. Pour entrer dans le Royaume de Dieu, pour participer à la vie même de Dieu, l’homme doit naître de nouveau, non pas selon les lois de la chair, mais selon l’Esprit. Le baptême fait de vous des enfants de Dieu. Par le baptême, par cette naissance de l’eau et de l’Esprit, le Père vous adopte pour ses enfants et transforme votre existence en une histoire d’amour entre lui et vous. Il vous donne à son Fils bien-aimé, pour que vous puissiez réaliser avec Lui votre vocation personnelle. De même qu’au baptême de Jésus dans le Jourdain qui préfigurait le baptême chrétien, c’est d’abord le Père qui se révèle, de même en tout baptême chrétien le Père révèle son amour en nous incorporant au Christ.

 

L’onction du saint-chrême qui marque les nouveaux baptisés et les confirmands signifie le don de l’Esprit-Saint. L’Esprit va accomplir en eux ce qu’il a réalisé dans les Apôtres le jour de la Pentecôte. Il vient comme une force transfigurante qui donne l’amour et le courage pour témoigner du Christ.

 

L’Eucharistie couronne finalement toute l’initiation chrétienne car celle-ci atteint sa plénitude dans la communion des nouveaux baptisés et confirmés au Corps et au Sang du Christ, vrai Pain du Ciel que nous donne le Père. Mais si l’Eucharistie achève l’initiation chrétienne, elle en est aussi le perpétuel renouvellement. Chaque fois que nous participons au repas du Seigneur, nous devenons davantage ce que nous recevons. La foi nous fait grandir. Nous devenons des membres vivants de la famille de Dieu, l’Eglise.

 

Le chrétien baptisé, confirmé, eucharistié, n’est pas seul dans sa relation au Père, au Fils et à l’Esprit. Il est membre d’un peuple de frères. Par le baptême et la confirmation, Dieu fait de vous ses enfants bien-aimés, mais il vous donne aussi une mère, l’Eglise, avec laquelle nous grandissons spirituellement pour marcher dans la voie de la sainteté. L’Eglise baptise et ce sacrement lui donne des enfants, des chrétiens. Ce sacrement vous intègre dans un peuple, vous rend participants à la vie ecclésiale et nous donne des frères et des sœurs à aimer, pour « être un dans le Christ », car comme le rappelait saint Paul dans la première lecture : « il n’y a plus de Grec et de Juif, d’Israëlite et de païen, il n’y a plus de barbare, de sauvage, d’esclave, d’homme libre ; il n’y a que le Christ : en tous, il est tout ». Dans l’Eglise, il n’y a plus de frontières ; nous sommes un unique peuple solidaire, composé de multiples groupes aux cultures, aux sensibilités et aux modes d’action variés, en communion avec le Saint-Père et les évêques, pasteurs du troupeau. Cette unité est signe de richesse et de vitalité. Ayant entendu le même appel, faisant partie du même corps ecclésial, partageant avec tous ses membres la même et unique espérance, vous trouvez dans cette solidarité une force.

 

Cette unité s’exprime le plus clairement dans l’Eucharistie, sacrement de l’unité et de la charité. Don du Père, accomplissant jusqu’au bout la volonté du Père, Jésus se livre et se donne en nourriture et boisson ; l’eau vive qu’il donne pour que nous ayons la vie en abondance. Celui ou celle qui est invité à la vie chrétienne et qui s’engage par les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’Eucharistie appartient désormais à la communauté ecclésiale et son premier témoignage comme chrétien est la fidélité à la messe dominicale. Tenir son poste comme chrétien, c’est ne pas déserter l’assemblée quand le Seigneur nous convoque, de dimanche en dimanche, pour refaire nos forces et mieux le servir au quotidien. Notre foi en Dieu s’exprime par notre appartenance à l’Eglise à travers la pratique sacramentelle, en particulier la confession et l’Eucharistie. La messe nous fait communier au Corps du Christ ressuscité et nous fortifie en nous unissant les uns aux autres dans la foi et l’amour. Notre foi en Dieu et notre appartenance à l’Eglise se nourrissent de la communion fréquente au Corps du Christ ressuscité.

 

Cependant, le baptême, la confirmation et l’Eucharistie n’éloignent pas du monde, car nous, chrétiens, partageons les joies et les souffrances du monde d’aujourd’hui, et nous apportons notre contribution à la communauté humaine, en particulier pour vous au service de la paix. Le Seigneur nous appelle à remplir notre mission là où nous sommes, car « le poste que Dieu nous a assigné est si beau qu’il ne nous est pas permis de le déserter » (Lettre à Diognète). Entendons encore l’exhortation de saint Paul : « Quoi que vous puissiez dire ou faire, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus, rendant par lui grâces au Dieu Père ! ».

 

Chers jeunes, par l’eau du baptême, vous allez devenirs enfants du Père et membres de l’Eglise. Par l’onction de la confirmation, vous serez invités à participer pleinement à la mission ecclésiale. L’Eglise se réjouit avec vous, mais compte aussi sur vous . Et que Notre-Dame de Lourdes, qui vit en plénitude au cœur de Dieu où elle intercède pour nous, vous accompagne et vous protège. Amen !

 

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Homélie - Unis dans l’amour et la fidélité - Messe internationale du 54ème PMI

blason-cardinal-ouellet 

Cardinal Marc Ouellet
Préfet de la Congrégation pour les Evêques

CINQUANTE-QUATRIÈME
P
ÈLERINAGE MILITAIRE INTERNATIONAL
Dimanche 13 mai 2012

                                                           Homélie

Unis dans l’amour et la fidélité

«Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés.  Demeurez en mon amour ”

 

Chers amis, chers frères et sœurs,

 

Cette admirable page de l’Evangile de saint Jean est un hymne à l’amour. Le mot « aimer », « amour », « ami », y est répété 11 fois. Ce sont les dernières confidences de Jésus, son testament, à quelques heures de sa Passion et de sa mort sur la Croix. L’enseignement de Jésus ne fait qu’un avec sa propre Personne. Tout ce qu’il dit du mystère de Dieu, de l’amour de Dieu pour nous, du prix de nos destinées, vient de sa propre relation filiale avec le Père. «Tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître ».  En ce passage de l’Evangile de saint Jean, Jésus nous donne à connaître ce qui constitue son secret : sa communion totale, sans ombre, sans réserve avec Dieu son Père. Parce qu’il est le Fils unique, né de Dieu de toute éternité, Jésus vit constamment devant son Père, recevant de lui tout ce qu’il est, tenant de lui toutes ses paroles. Ce texte est pour nous éblouissant. Pendant toute sa vie publique et jusqu’à la Croix, le Christ n’a cessé de chercher à faire la volonté de son Père, de rendre honneur à son Père, de nous révéler le vrai visage du Père.

  

            Cette révélation culmine dans la connaissance d’un Dieu qui est amour. « Dieu est amour » nous redisait saint Jean dans la deuxième lecture. Cela signifie que Dieu nous aime, il nous le dit par Jésus, il nous le manifeste par Jésus qui est mort pour nous. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». N’oublions jamais jusqu’où le Christ nous a aimés. Jusqu’à mourir sur une croix ! L’extrême de l’amour, c’est la croix glorieuse. Mais l’expression « Dieu est Amour » en saint Jean signifie encore davantage. Il n’est pas amour seulement parce qu’il nous aime, il est Amour en Lui-même. Il est Père, Fils et Saint-Esprit. Dieu nous aime et veut nous introduire dans cette communion d’amour qui règne entre le Père et le Fils dans l’Esprit-Saint. Le Père aime le Fils, le Fils aime le Père, et ils partagent la joie de leur amour avec le Saint Esprit d’Amour. Cet amour invisible s’est fait chair en Jésus de Nazareth. Le mystère d’amour divin est devenu visible, repérable : il a fait battre un cœur d’homme, Jésus-Christ : « Le Père m’a aimé ». En Jésus, le mouvement d’amour trinitaire commence à se répandre sur l’humanité.

 

            Nous avons donc à accueillir cet amour de Dieu, à y demeurer fidèle et à y répondre en aimant comme le Christ nous a aimés. Le grand fleuve de l’amour divin ne s’arrête pas. Il faut que les hommes, en étant « aimés » de Dieu, deviennent eux-mêmes « amour » à l’image de son amour. « Comme le Père m’a aimé, je vous ai aimés… ». « Comme je vous aimés, aimez-vous les uns les autres ». Long apprentissage, qui ne peut pas se faire en dehors de l’obéissance à son commandement et en dehors de l’amour ! « Celui qui a mes commandements et qui les garde, dit le Seigneur, voilà celui qui m’aime ». L’amour de Dieu nous veut donc attentif, d’abord, à tout ce qui peut en nous développer le sens de Dieu, le sens du primat de Dieu. Aux premiers siècles, les disciples de Jésus ne se distinguaient pas uniquement par leur amour fraternel. Il y avait – et cela impressionnait beaucoup autour d’eux – leurs mœurs et le courage qu’ils manifestaient pour se défendre contre le paganisme décadent. Dans ce refus aussi on pouvait voir l’originalité chrétienne. « Nous portons dans notre corps l’agonie de Jésus, écrit saint Paul aux Corinthiens, afin que la vie de Jésus soit elle aussi manifestée dans notre existence mortelle » (2 Co 4, 10-11). Le Christ ne peut transparaître à travers ses disciples, faire d’eux des témoins de l’amour de Dieu, des témoins de la vie nouvelle en Dieu, que s’ils portent, dans leur chair et dans leur esprit, son amour crucifié. Seule l’humble soumission à ce commandement nouveau, à cette loi d’amour – même si elle est opposée à toutes les formes de l’égoïsme - nous apprend peu à peu qu’elle est une loi de liberté.

            La fidélité est une des caractéristiques de l’amour de Dieu. Dieu est fidèle, redit avec émerveillement toute la Bible. Son amour pour nous est fidèle. Et Jésus est le témoin fidèle de cet amour. Je voudrais avec vous réfléchir à divers aspects de la fidélité:

-  la fidélité est la dignité de l'homme,

-  la fidélité est le signe de l’amour.

 

1) La fidélité est l'honneur de l'homme : Vous ne vous y trompez pas: un homme inconstant, infidèle à sa parole, n'a pas votre estime. Le soldat infidèle a sa mission sera appelé lâche, le citoyen infidèle à sa patrie, un traître, le croyant infidèle à sa foi, un apostat. La fidélité est aux yeux de tous la noblesse de l'homme. Et particulièrement celle des soldats. Le soldat met son honneur à tenir ferme, à son poste, dans une fidélité qui peut aller jusqu'à la mort. Dans toutes les armées du monde, on garde la mémoire de tel ou tel combat, où, submergée par le nombre des attaquants, une petite troupe a tenu bon jusqu'au dernier. La fierté de notre Garde Suisse, au Vatican, est ce jour de mai 1527, où, dans Rome envahie par les troupes impériales, la petite troupe de la Garde Suisse s'est fait tuer pour protéger la vie du pape Clément VII. Oui, la fidélité est une haute valeur humaine.

2) La fidélité est la preuve de l'amour. Elle est la plus authentique preuve du véritable amour. “Si vous m'aimez, dit Jésus, vous garderez mes commandements... Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole”. Le véritable amour n'est jamais une flambée passagère, un feu de paille. Il se prouve dans la durée, dans la fidélité. Il n'est pas facile à l'homme de dominer le temps, mais c'est ainsi qu'il prouve la vérité et la profondeur de son amour. Souvent des vieux époux, chargés d'années, en portent témoignage devant de jeunes amoureux: “ Nous nous aimons toujours, comme au premier jour". En réalité, bien mieux encore, car la fidélité n'est pas une pure répétition, c'est 1'amour vivant. Le temps use les vieilles pierres inertes, il détruit les choses mortes, mais il enracine toujours plus profondément les grands arbres vivants. La fidélité, dans l'amitié, dans 1'amour humain, dans les engagements de la vie chrétienne, dans la foi, c'est toujours d’approfondir, d’épanouir davantage...

Mais comment peut-on vivre la fidélité, direz-vous, dans un monde où tout change si vite. Nous avons l'impression d'être emportés par des courants plus forts que nous. Les techniques, les modes, se succèdent. Aucun de nous n'est assuré de l'avenir. N'est-ce pas alors impossible, et même naïf, irresponsable, de promettre la fidélité ? C'est vrai: tous, nous avons au cœur cette inquiétude. Mais celle-ci doit nous aider à ne pas oublier l'essentiel : nous ne sommes pas seuls. La fidélité ne se vit pas tout seul. Elle ne consiste pas à se durcir en affirmant que l'on ne changera jamais. Elle s’appuie sur la grâce du Christ et la prière de l’Eglise. Elle compte sur l’intercession de Marie, Mère de Dieu et Mère de l’Eglise.

Votre fidélité s'approfondira donc de découverte en découverte, si vous la vivez aux côtés du Christ, au rythme de sa marche. Car il marche auprès de nous, il nous guide quand il fait nuit, et peut être nous porte-t-il lorsque nous sommes épuisés. Lui, il est fidèle, et notre fidélité, à nous, c'est de répondre à la sienne.

Chers amis, vous qui remplissez une mission de “service”, de service militaire, et vous qui avez choisi d'y consacrer votre vie, vous sentez tous que la fidélité, parfois difficile, est une haute preuve de la dignité de l'homme, et qu'elle est le signe authentique du véritable amour. “ Si vous aimez, vous serez fidèles”... Et vous saurez vivre cette fidélité dans la confiance humble du cœur à cœur. Fidélité d'une amitié qui ne lâche pas dans les moments difficiles. Fidélité au Dieu éternellement fidèle, à Jésus-Christ, le Témoin fidèle, qui sera pour toujours le modèle, le témoin, le garant et la source inépuisable de nos fidélités.

« Voici mon commandement : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ».   Amen.

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Intervention de S.E. le Cardinal Marc Ouellet, Préfet de la Congrégation pour les Évêques - 54 PMI Samedi 12 mai

CINQUANTE-QUATRIÈME
P
ÈLERINAGE MILITAIRE INTERNATIONAL

Lourdes, 12 mai 2012


« L’APPORT SPÉCIFIQUE DES AUMONERIES MILITAIRES

DANS LA RECHERCHE DE LA PAIX ENTRE LES NATIONS »

S.E. le Cardinal Marc Ouellet, Préfet de la Congrégation pour les Évêques

Je tiens d’abord à exprimer mes salutations respectueuses aux Ordinaires Militaires et aux Délégués présents, aux Officiers généraux et aux Membres de gouvernements des différents pays qui participent à ce Pèlerinage; je salue, en particulier, S.E. Monseigneur Luc Ravel, Évêque aux Armées françaises, ainsi que tous ses collaborateurs, à commencer par le directeur du Pèlerinage Militaire International, et le remercie de m'avoir invité et offert l’occasion d’exposer un sujet d'une grande actualité et d’une importance croissante.

L’aumônerie militaire est au service des militaires. C’est la raison d’être de l’Ordinariat Militaire, d’un Diocèse aux armées.

Comme l'a souligné le Bienheureux Pape Jean-Paul II, l'Église « a toujours voulu offrir avec un zèle louable et proportionné [...] la prise en charge spirituelle des soldats »[1], en effet, poursuit Jean-Paul II : les militaires « constituent une catégorie sociale particulière »[2] , « en raison des conditions particulières de leur vie [...] ils ont besoin d'un soin pastoral concret et spécifique »[3]. Ces déclarations ont une double signification, individuelle et communautaire. D'une part, chaque militaire, en tant que baptisé, en raison de son état de vie, a besoin d'un soutien spécifique. D'autre part, le militaire, est membre d'une Église particulière, l'Église de l’Ordinariat Militaire, composée (en plus d'une hiérarchie ecclésiastique) par le « peuple chrétien militaire », c’est-à-dire les militaires et les employés des forces armées; leurs familles et le personnel de service; les élèves des écoles militaires, les patients et les employés des hôpitaux et des maisons de repos militaires ainsi que tous les fidèles, qu'ils soient ou non membres d'un institut religieux, qui exercent une activité de façon stable à la demande ou avec le consentement de l'Ordinaire Militaire[4].

Il en résulte que l'assistance spirituelle des militaires, pour être concrète et précise, doit être adaptée au statut du militaire, qui, avant d'être un membre d'une catégorie socio-professionnelle, celle de l’armée, est membre d'une communauté familiale et ecclésiale, mais qu’elle doit tenir compte aussi de l’évolution du rôle des militaires dans le contexte actuel.

Évolution du rôle des militaires dans le contexte contemporain

Nous assistons, dans le monde contemporain, à une évolution du rôle des militaires, toujours plus engagés dans des opérations humanitaires et dans des missions de paix qui suivent la guerre (les missions dites de maintien de la paix et de consolidation de la paix dans le langage juridique international). Les militaires sont appelés à devenir des « artisans de paix » (Mt 5:12), "des ministres de la sécurité et la liberté des peuples"[5], tel que l’enseigne le Concile Vatican II, et ils sont perçus de cette façon par la société civile. Le vaste point de vue du Compendium de la Doctrine Sociale de l'Église se résume en ces termes: «Toute personne qui sert dans l'armée est effectivement appelé à défendre le bien, la vérité et la justice dans le monde"[6].

De 1948 à 2012, il y a eu 66 missions de paix sous les auspices de l'Organisation des Nations Unies dans toutes les régions du monde ou dans les pays traversés par de graves conflits et des tensions de nature politique, culturelle ou religieuse (Il y en a plus de 16 actuellement). Dans ce contexte, le VIème Congrès des Ordinaires Militaires a réaffirmé que le militaire chrétien, en particulier, est appelé à se distinguer « non seulement par l'intégrité de sa vie et l'accueil inconditionnel de tous, mais aussi pour la clarté des raisons morales qui l'inspirent dans sa profession "[7].

Quel apport des aumôneries militaires dans ce contexte ?

Les aumôneries militaires ont pour mission d’apporter aux militaires une assistance spirituelle concrète et spécifique. Cette spécificité est motivée par l'état de vie et par le service rendu par le militaire, appelé à être artisan de paix, mais plus encore par le sens que la paix revêt pour le chrétien. Le militaire chrétien, en effet, est appelé non seulement à prévenir, gérer ou mettre fin à un conflit, mais aussi à contribuer à la réconciliation et à la construction d'un ordre fondé sur la vérité, la justice, l'amour et la liberté, selon la magistrale définition de paix laissée par le Bienheureux Jean XXIII dans l’Encyclique Pacem in Terris (n°18 et suivants). Le militaire chrétien en mission est appelé à être témoin de l'Évangile dans des situations difficiles et parfois dramatiques, et à donner de l'espoir aux plus faibles et à ceux qui sont sans défense; il est également appelé à coopérer à l'édification du Corps du Christ au sein de la réalité militaire même, comme ferment apostolique et missionnaire, tel que prescrit par la Constitution Apostolique Spirituali militum curae (n° IX).

Sur ces bases se révèlent d'une importance fondamentale l'évangélisation et la catéchèse des militaires. La pastorale militaire doit promouvoir la charité et la dignité humaine, l’unité de la famille humaine et la paix. Comme le faisait remarquer le Bienheureux Jean Paul II, lors du Jubilé de l'armée et des forces de police en 2000, aux militaires : « convient le rôle de sentinelle, qui regarde loin pour éviter le danger et promouvoir en tout lieu la justice et la paix » (n ° 2).

Enfin, puisque les missions de paix sont principalement de nature internationale et qu’elles offrent en conséquence au militaire catholique l'opportunité d'interagir avec des militaires et des civils de différentes religions, devraient être cultivés, en cohérence avec le Magistère, un esprit œcuménique envers les chrétiens des autres confessions, et un esprit de dialogue avec les fidèles des autres religions.

Les missions à l’étranger, mais aussi les temps de formation peuvent être des périodes de stress et les aumôneries sont un point de référence pour les soldats, les plus jeunes surtout, en particulier pour ceux qui se sentent seuls et ceux qui sont besoin de soutien. Par ailleurs, une attention particulière doit être accordée à la prise en charge spirituelle de la famille du soldat, appelée à soutenir humainement et spirituellement le militaire en sa mission.

Cette proximité et cet accompagnement que les aumôneries militaires apportent pendant la formation et à l’étranger ne sont jamais perdus. Les jeunes soldats reviendront à la maison, dans leur famille ou au travail avec une meilleure appréciation des valeurs spirituelles qui contribuent au bien de la société.

   La formation du militaire au droit humanitaire

Comme cela a été réaffirmé lors du VIème Congrès des Ordinaires Militaires à Rome, la formation du militaire au droit international humanitaire apparait, aujourd’hui, toujours plus nécessaire. Comme l'a souligné à plusieurs reprises le Saint-Père Benoît XVI dans son Message pour la célébration de la XXXIXème Journée mondiale de la paix : « le droit humanitaire doit être considéré parmi les expressions les plus heureuses et les plus efficaces des exigences qui émanent de la vérité de la paix » (n ° 7). Le droit humanitaire, en fait, est animé par la noble intention d'affirmer la dignité humaine et la solidarité entre les partis adverses, et de « réduire l'ampleur de la guerre »[8]. Le christianisme, avec son patrimoine humain et spirituel, et avec le témoignage de prêtres et de fidèles laïcs qui se sont consacrés au cours des siècles à l’assistance matérielle et spirituelle des militaires, a joué un rôle central dans la genèse et le développement du droit humanitaire.

Le Saint-Siège soutient le développement du droit humanitaire, depuis ses débuts, et en plus d’avoir reconnu tous les instruments en vigueur, il a adopté un engagement spécial pour la promotion et la formation au droit humanitaire. En particulier, la Congrégation pour les Évêques, conjointement avec le Conseil Pontifical pour la Justice et la Paix, a organisé à cet effet, trois Cours Internationaux pour la formation des Aumôniers militaires.

Dans le monde d’aujourd’hui, le droit humanitaire est aussi confronté à des questions très complexes, tellement complexes qu’elles poussent à mettre en doute sa propre adhésion à la réalité et son application concrète: il suffit de mentionner la guerre globale contre le terrorisme, le nombre croissant de conflits locaux, avec leurs graves implications internationales; l’avancée des concepts de guerre asymétrique et de guerre préventive, la mise en place de la Cour Pénale Internationale, l'utilisation d'armes de plus en plus sophistiquées et meurtrières. Cependant, malgré l’exigence d'une amélioration toujours grande de ce droit, comme l'a souligné le Saint-Père Benoît XVI dans le Message pour la célébration de la XXXIXème Journée mondiale de la Paix (n ° 7), il faut réaffirmer les principes et les fondements et l'application correcte du droit humanitaire, de façon à ce que puisse grandir toujours plus « la vérité de la paix », même au milieu des situations de guerre et de conflit.

On comprend, par conséquent, l'importance aujourd'hui de la formation du militaire au droit humanitaire, considérée par l'Église dans les Ordinariats Militaires comme une étape préliminaire et un élément essentiel de l'évangélisation même du militaire.[9] L'histoire montre clairement la voie à suivre autant que possible; l'Église de l’Ordinariat Militaire, en effet, se propose d'accorder une attention intelligente, prudente et respectueuse à la culture militaire, aux méthodes et aux systèmes d'enseignements, aux principes et contenus s’inspirant de la doctrine et de la pratique militaire; cela afin d'intégrer avec les principes de la religion Catholique la formation des forces armées.

Conclusion

Dans la perspective chrétienne, la paix représente une valeur qui doit être poursuivie dans tous les domaines de la vie humaine, privée et publique, elle est un droit fondamental de chaque personne et de chaque peuple. En fait, elle constitue, le don et le message de Jésus-Christ, venu apporter la paix (cf. Jn 14, 27), et la mission de l'Église, laquelle est, dans le Christ, « sacrement, c’est-à-dire, un signe et un instrument de la paix dans le monde et pour le monde »[10]. Toutefois, comme il est indiqué par le Concile Vatican II, la guerre n’est pas éradiquée de la condition humaine; une circonstance qui justifie l'existence, dans les États, des forces armées, dont l'action doit être mise au service de la paix[11].

Dans ce contexte, les missions de paix assument un rôle particulier grâce auxquelles on cherche à consolider ou à rétablir la paix à la suite d’un conflit armé; missions dans lesquelles le militaire est appelé à être artisan de paix. C’est particulièrement en ces missions que le militaire chrétien doit témoigner de l'Évangile de la vie et de la solidarité.

Le Saint-Père Benoît XVI à l'occasion de l'Audience accordée aux participants au VIème Congrès International des Ordinaires Militaires (22 Octobre 2011), a rappelé: "La vie militaire d'un chrétien doit être mise en relation avec le premier et le plus grand des commandements, celui de l'amour de Dieu et du prochain, parce que le militaire chrétien est appelée à réaliser une synthèse à travers laquelle il est possible d'être aussi militaire par amour, en accomplissant le « ministerium pacis inter arma ». Le Pape a conclu en disant: « Les raisons pastorales qui sont la base de l'Ordinariat Militaire sont de grande actualités. L'œuvre d'évangélisation dans le monde militaire exige une croissante responsabilisation, de sorte que dans ce contexte, elle soit une annonce toujours nouvelle, convaincue et joyeuse de Jésus-Christ, seul espoir de vie et de paix pour l’humanité ».



1 Jean-Paul II, Const. ap. Spirituali militum curae, part introductive.

2 Ibidem

3 Ibidem

4 Cf. Jean-Paul II, Const. ap. Spirituali militum curae, n° I et X.

[5] Concile Vatican II, Const. past. Gaudium et spes, n°79.

[6] CONSEIL PONTIFICAL « JUSTICE ET PAIX », Compendium de la Doctrine Sociale de l'Église, n.502

7 Église Ordinariat Militaire, n°45.

[8]Concile Vatican II, Const. past. Gaudium et spes, n°79.

[9]Cf. Église Ordinariat Militaire,n. 8.

[10] Cf. Église Ordinariat Militaire,n°9.

[11] Cf. Concile Vatican II, Const. past. Gaudium et spes, n°79

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Participer à la chorale du PMI à Lourdes

chorale-pmi-53La Chorale internationale du PMI dirigée par l'aumônier Samuel Marquet cherche des choristes.

Les pèlerins qui font déjà partie d'une chorale sont invités à participer à la chorale internationale à Lourdes. Ils pourront ainsi contribuer tout spécialement aux célébrations internationales.
Deux répétitions sont programmées:

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Bénédiction du pape Benoît XVI- 54ème PMI

Bénédiction du pape Benoît XVI
aux pèlerins du 54ème Pèlerinage Militaire International

 

Le Saint-Père a chargé le cardinal Secrétaire d’Etat d’adresser en son nom le message suivant aux participants du 54ème PMI :

Sa Sainteté le Pape Benoît XVI exprime son union dans la prière à chacun des pèlerins rassemblés à Lourdes à l’occasion du 54ème pèlerinage militaire international. A tous, il souhaite de trouver en Marie, qui offre ici son plus beau sourire, la source de l’espérance et de l’amour en Dieu. Il dit à tous, sa joie de savoir ce pèlerinage placé sous la présidence de monsieur le Cardinal Marc Ouellet.

Chers pèlerins militaires venus de plusieurs continents, vous voici rassemblés, à Lourdes près de la grotte de Massabielle. Le thème de ce cinquante-quatrième pèlerinage militaire vous invite à mettre la Vierge Marie au cœur de votre vie quotidienne : « Je vous salue Marie, Reine de la Paix ». Vous êtes venus en ce lieu où Marie, la Vierge Immaculée, est apparue ; demandez-lui de vous apprendre les mots de la prière. Bernadette, en présence de la belle dame, a récité son chapelet, cette prière merveilleuse de simplicité et de profondeur. Je vous invite à prier et à méditer le Rosaire, seul, en groupe ou en famille. La récitation du chapelet peut être un moment idéal de retrouvailles lorsque la famille est séparée par l’absence d’un de ses membres parti en mission ou en opérations extérieures. Sachez vous donner des heures de rendez-vous pour vous retrouver dans la prière. Marie, reine de la Paix, saura vous conduire vers le Prince de la Paix ; elle vous aidera et vous soutiendra. Elle saura orienter votre cœur vers la volonté de Dieu et vous aider dans vos efforts de réconciliation. Elle affermira vos efforts pour construire une Paix solide et durable.

Confiant à la protection de Notre-Dame de Lourdes et à l’intercession de sainte Bernadette tous les participants au pèlerinage et leurs familles, particulièrement les blessés, les malades et els hospitaliers de Notre-Dame des Armées, les familles endeuillées par les conflits, ainsi que les nouveaux baptisés et confirmés de ces jours, le Saint-Père leur accorde de grand cœur une affectueuse Bénédiction Apostolique.

 

Cardinal Tarcisio Bertone
Secrétaire d’Etat de Sa Sainteté

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Communiqué de presse du 54ème PMI

Le 54ème Pèlerinage Militaire International
se déroulera à Lourdes les 11, 12 et 13 mai 2012

  

54-pmi-communique13 000 pèlerins militaires, civils de la Défense et leurs familles sont attendus 

Plus de trente pays sont représentés par une délégation composée de militaires de tous grades, accompagnés d’un aumônier national et parfois d’une musique militaire

 

Trois jours festifs dans les rues de Lourdes, marqués par une intense prière pour la paix dans les Sanctuaires

 

 

Le cardinal Marc Ouellet présidera la messe internationale dimanche 13 mai 2012

 Le dossier de presse joint vous détaille les activités de cette 54ème édition 

Une conférence de presse en présence de Mgr Luc Ravel, évêque aux armées françaises, président du Pèlerinage Militaire International, aura lieu vendredi 11 mai à Lourdes à 11h45 à l’hémicycle sainte Bernadette à Lourdes

 

 
Edith-Noëlle Carbonneaux
service communication
diocèse aux armées françaises
20bis, rue Notre-Dame des champs - 75006 Paris
 
http://www.dioceseauxarmees.catholique.fr
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01 53 63 06 18 - 06 83 31 70 47

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Pays participant au 54ème Pèlerinage Militaire International

PAYS DRAPEAU  
Allemagne allemagne 819
Autriche autriche 417
Belgique belgique 137
Bénin benin 5
Bosnie-Herzegovine bosnie 42
Burkina-Faso   1
Canada canada 62
Cameroun cameroun  
Congo-Brazzaville congo 65
Corée coree du sud 21
Côte d'Ivoire cote d ivoire 58
Croatie croatie 1020
Espagne espagne 278
Etats-Unis etats_unis 220
France france  3843
Grande Bretagne royaume_uni 255
Hongrie hongrie 98
Irlande irlande 250
Italie italie 2687
Lettonie  lettonie 2
Lituanie lituanie 41
Luxembourg luxembourg 64
Madagascar madagascar 40
Monaco monaco 29
Pays-Bas pays_bas 170
Pologne pologne 244
Portugal portugal 120
République Tchèque republique_tcheque 112
Saint-Siège vatican  
Slovaquie slovaquie 176
Slovénie slovenie 22
Suisse suisse 120
Ukraine ukraine 70
     
Total Inscriptions   11 488 

 

  FRANCE
aumônerie régionale effectifs
Lyon  917
Metz  500
Rennes  718
IDF  573
Bordeaux  653
A Lourdes   482
total

 3843

 

CAMP MILITAIRE
PAYS EFFECTIF
   
Etrangers 725
France 641
   

Filles logées
à la Cité St Pierre

 119

 TOTAL GENERAL

1485

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Saint du Jour

Nominis

25 juin 2019

Tous les saints du jour
  • Saint Prosper d'Aquitaine - Théologien laïc (✝ v. 460)
    Tout ce qu'on sait de sa vie c'est qu'il naquit en Aquitaine, qu'en 428, il est à Marseille et à partir de 440, qu'il fut rédacteur à la chancellerie pontificale de saint Léon le Grand. Il écrivait très bien et pour faciliter la paix de son ménage heureux, il correspondait en vers avec sa femme: "Relève-moi si je tombe, reprends-toi quand je te signale quelque faute. Qu'il ne nous suffise point d'être un seul corps, soyons aussi une seule âme." Il écrivit une 'Histoire universelle' qui est un résumé de celles d'Eusèbe et de saint Jérôme. Il consacre toute son oeuvre à défendre saint Augustin et, pour ce faire, il composa la doctrine augustinienne de la grâce en 1002 hexamètres. Il imposa silence aux évêques des Gaules qui déblatéraient contre l'évêque d'Hippone et c'est sans doute grâce à saint Prosper qu'Augustin fut reconnu très tôt comme le grand docteur de l'Église d'Occident.Commémoraison de saint Prosper d'Aquitaine. Après une éducation littéraire et philosophique soignée, il mena avec son épouse une vie simple et modeste. Devenu moine à Marseille, il défendit avec force contre les pélagiens la doctrine de saint Augustin sur la grâce de Dieu et le don de persévérance, et servit de secrétaire au pape saint Léon le Grand. Il mourut vers 463.

Les lectures du jour

Messe

(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2019
  • Première lecture : « Qu’il n’y ait pas de querelle entre toi et moi, car nous sommes frères ! » (Gn 13, 2.5-18)

    Lecture du livre de la Genèse

    Abram était extrêmement riche
    en troupeaux, en argent et en or.
    Loth, qui accompagnait Abram,
    avait également du petit et du gros bétail,
    et son propre campement.
    Le pays ne leur permettait pas d’habiter ensemble,
    car leurs biens étaient trop considérables
    pour qu’ils puissent habiter ensemble.
    Il y eut des disputes entre les bergers d’Abram
    et ceux de Loth.
    Les Cananéens et les Perizzites habitaient aussi le pays.
    Abram dit à Loth :
    « Surtout, qu’il n’y ait pas de querelle entre toi et moi,
    entre tes bergers et les miens,
    car nous sommes frères !
    N’as-tu pas tout le pays devant toi ?
    Sépare-toi donc de moi.
    Si tu vas à gauche, j’irai à droite,
    et si tu vas à droite, j’irai à gauche. »
    Loth leva les yeux
    et il vit que toute la région du Jourdain était bien irriguée.
    Avant que le Seigneur détruisît Sodome et Gomorrhe,
    elle était comme le jardin du Seigneur,
    comme le pays d’Égypte, quand on arrive au delta du Nil.
    Loth choisit pour lui toute la région du Jourdain
    et il partit vers l’est.
    C’est ainsi qu’ils se séparèrent.
    Abram habita dans le pays de Canaan,
    et Loth habita dans les villes de la région du Jourdain ;
    il poussa ses campements jusqu’à Sodome.
    Les gens de Sodome se conduisaient mal,
    et ils péchaient gravement contre le Seigneur.

    Après le départ de Loth, le Seigneur dit à Abram :
    « Lève les yeux et regarde, de l’endroit où tu es,
    vers le nord et le midi, vers l’orient et l’occident.
    Tout le pays que tu vois, je te le donnerai,
    à toi et à ta descendance, pour toujours.
    Je rendrai nombreuse ta descendance,
    autant que la poussière de la terre :
    si l’on pouvait compter les grains de poussière,
    on pourrait compter tes descendants !
    Lève-toi ! Parcours le pays en long et en large :
    c’est à toi que je vais le donner. »
    Abram déplaça son campement
    et alla s’établir aux chênes de Mambré, près d’Hébron ;
    et là, il bâtit un autel au Seigneur.

    – Parole du Seigneur.

  • Psaume (14 (15), 2-3a, 3bc- 4ab, 4d-5)

    Refrain psalmique : (14, 1a)

    Seigneur, qui séjournera sous ta tente ?

    Celui qui se conduit parfaitement,
    qui agit avec justice
    et dit la vérité selon son cœur.
    Il met un frein à sa langue.

    Il ne fait pas de tort à son frère
    et n’outrage pas son prochain.
    À ses yeux, le réprouvé est méprisable
    mais il honore les fidèles du Seigneur.

    Il ne reprend pas sa parole.
    Il prête son argent sans intérêt,
    n’accepte rien qui nuise à l’innocent.
    Qui fait ainsi demeure inébranlable.

  • Évangile : Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux » (Mt 7, 6.12-14)

    Acclamation : (Jn 8, 12)

    Alléluia. Alléluia.
    Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
    Celui qui me suit aura la lumière de la vie.
    Alléluia.

    Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples :
    « Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré ;
    ne jetez pas vos perles aux pourceaux,
    de peur qu’ils ne les piétinent,
    puis se retournent pour vous déchirer.

    Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous,
    faites-le pour eux, vous aussi :
    voilà ce que disent la Loi et les Prophètes.

    Entrez par la porte étroite.
    Elle est grande, la porte,
    il est large, le chemin
    qui conduit à la perdition ;
    et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent.
    Mais elle est étroite, la porte,
    il est resserré, le chemin
    qui conduit à la vie ;
    et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.