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L'Eglise et l'arme nucléaire - Réflexions de Mgr Antoine de Romanet

nuclear threat

La Vie des Diocèses - émission de KTO du 24 juin 2019

Messe à l'intention des victimes du 13 novembre 2015

mgr luc ravel treillisHomélie par Monseigneur Luc Ravel
Dimanche 15 novembre 2015
Eglise Notre-Dame du Val-de-Grâce

Dn 12,1-3 ; Ps 16(15) ; He 10, 11-14,18 ; Mc 13, 24-32

Nous sommes là, d'abord, pour partager une douleur. Les résultats tombent : ce ne sont pas seulement les cent-cinquante morts et les centaines de blessés très graves mais, à travers eux,ce sont aussi des milliers de personnes qui sont immédiatement, directement touchées. Au fur et à mesure, tous, nous apprenons que tel ami, tel neveu, telle nièce, tel cousin, tel camarade est tué ou blessé grave. Ils n'étaient pas censés nous prévenir qu'ils allaient au cinéma, au spectacle, voir une pièce de théâtre. Le choc est puissant : c'est un prix humain extrêmement coûteux. Hier soir, dans la prière, comme vous certainement, je pensais très fort à ces familles qui n'avaient pas encore connaissance exacte des dégâts. Il faudra sûrement encore plusieurs jours pour connaître l'ampleur exact des dégâts humains, sans parler des dégâts psychiques, qui sont de véritables traumatismes de guerre, bien connus dans l'armée, pour toutes ces personnes mêlées à ces actes de guerre qui les ont vus et qui ont  peut-être trempé dans le sang. En particulier, je pense à nos pompiers, à nos policiers qui sont intervenus, avec une rapidité inouïe, sur ces lieux.

Au-delà de ces personnes du premier cercle et du second cercle, ce ne sont pas simplement les militaires et les forces de sécurité qui, aujourd'hui, se sentent  concernés. Nos chefs politiques, le chef de l'état et le chef de gouvernement, ont employé des mots qui me conviennent très bien. Ils ont prononcé un mot de « guerre ». Or, ce mot de « guerre » signifie que ce n'est pas une partie de la société française qui serait visée et victime. Bien sûr, un acte de guerre touche des personnes concrètes pour qui nous prions. C'étaient, en Afghanistan, nos soldats à Kaboul, à Njrab et ailleurs. Aujourd'hui, ce sont encore nos soldats à Barkhane, au Mali, en Jordanie. Aujourd'hui, ce sont des victimes, que nous pourrions appeler « civiles », sur notre territoire. Mais en réalité, derrière ces personnes qui sont des victimes, c'est la France qui est visée, puisque c'est une guerre. Ou alors je ne comprends pas les mots ou alors les mots sont mal employés ce qui, dans les circonstances qui sont les nôtres, ne relèvent pas simplement d'un exercice de grammaire ou d'un exercice littéraire : ce serait grave de mal parler dans des situations pareilles. Nous ne sommes pas philosophes mais nous savons qu’en parlant de guerre, nous disons ceci : ce n'est plus telle ou telle corporation qui est attaquée, comme on a voulu nous le faire croire après les attentats de janvier.  Ce n'était pas la liberté de la presse qui était visée et atteinte. Du reste, ceux qui ont tué ne savaient même pas ce que c'est !  C'était la France, déjà, comme aujourd'hui, puisque c'est une guerre. Et, si c'est la France qui est attaquée, alors c'est une guerre !

Or, la Bible, l'Eglise parlent de la guerre. Nous sommes une religion de la paix, de l'amour mais nous sommes une religion de la paix et de l'amour réels, réalistes. Quand il pleut dehors, il pleut et le chrétien dit : « il pleut » ; quand il fait soleil dehors, le chrétien dit : « il fait soleil ». Nous ne sommes pas comme les idoles, qui ont des oreilles pour entendre et n'entendent pas, des yeux pour voir et qui ne voient pas. Nous ne sommes donc pas la religion de la paix rêvée, de l'amour drogué, c'est-à-dire, qui nous plongeraient dans un monde de songes que, seul, le réveil peut fracasser. Nous sommes la religion de la paix et de l'amour qui parlent, aussi, de la guerre, de la faim, de la maladie, de la violence.

Les textes du jour, que nous n'avons pas changés, parlent de violences cataclysmiques. On nous en fait souvent le reproche. Aujourd'hui, la bien-pensance n'accepte pas la guerre, la réalité de la guerre, le fait que la guerre soit là, terrible, effroyablement douloureuse !

Nous n'avons pas à laisser de côté notre christianisme, au contraire ! Ces prochaines années ou ces prochaines décennies – c'est-à-dire le temps que durera la guerre qui nous est faite – nous avons à devenir plus chrétiens, à laisser de côté nos addictions, par exemple, l'addiction de l'irénisme, de la quiétude qui, pendant soixante-dix ans, a permis de vivre (presque) tranquillement sur notre sol métropolitain,  avec une présence de violence lointaine, éloignée, perçue uniquement par les medias et par les pauvres militaires qui reviennent des théâtres de guerre ! Aujourd'hui, nous avons la tâche de devenir davantage chrétien parce que, dans la Bible, dans la tradition de l'Eglise, nous avons trouvé une paix concrète, un amour réaliste qui parlent de la violence. Qui énoncent, par exemple, ces trois fléaux qui atteignent le monde et la France, que sont, dans le langage apocalyptique, le cheval noir de la guerre, le cheval vert de la peste - des maladies endémiques - et le cheval rouge de la famine. Nous avions cru pouvoir nous exonérer de ces trois fléaux par la technologie et les avancées scientifiques, par la déclaration répétitive, incantatoire des droits de l'homme. Rien n'est moins assuré pour la bible : ce n'est pas la technologie qui sauvera l'homme ! Et, il semble même que ce Christ, qui nous a sauvé et qui vient pour nous sauver encore, reviendra faire son apparition dans la gloire, comme à chaque seconde du temps, au cœur de la violence : non pas après la mise sous tutelle de la violence et de la guerre mais au sein de cette violence qu’il combat par sa mort d’amour.

Voilà, mes amis, le message que je voulais « nous » lancer, ce matin ; les circonstances ne nous pousseront pas à nous opposer au Dieu de l'amour et de la paix comme le font ceux qui trouvent, dans ces actes faits au nom de Dieu, une motivation supplémentaire pour exclure le religieux de la sphère humaine. Tout au contraire, nous, chrétiens, pensons que nous allons trouver confirmation de tout ce que dit la Bible : la violence humaine existe. Nous avons  à la prendre en compte dans des cœurs sauvés par l'Amour, nous allons finir de briser les illusions du progrès et nous allons rentrer dans des démarches où nous allons vivre, autrement, l'amour et la paix. L'homme peut vivre dans des états différents. Il va nous falloir ensemble – ensemble - réapprendre à vivre dans un état de guerre. Nos grands-parents, nos parents même ont appris à vivre en état de guerre. Tout est modifié : le droit, notre façon de vivre, peut-être, de nous déplacer dans le métro ou dans les villes ; tout va être modifié ! C'est une évidence !

Au-delà de la recherche des individus et des réseaux auxquels ils appartenaient, nous savons très bien que ce n'est pas d'avoir « coupé quelques têtes » qui permettra de résoudre la guerre. Mais j'ai confiance. Nous autres, chrétiens, soyons les premiers acteurs de cette façon de vivre en guerre, non pas sous le joug de de la haine et de la violence ou de l'intolérance, mais dans une structure différente qu’elle soit légale, sociale, psychologique mais aussi spirituelle. Au début de la messe, nous avons chanté que nous sommes des hommes libres. Ces prochains mois, nous allons valider, ensemble, notre christianisme. Pouvons-nous vivre libres, aimant, heureux sous le joug de la guerre ?

+Luc RAVEL

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Saint du Jour

Nominis

3 août 2020

Tous les saints du jour Nominis
  • Sainte Lydie - Commerçante en pourpre convertie par Saint Paul (I siècle)
    Elle venait de la Grèce d'Asie et s'était installée à Philippes, port de la mer Egée pour son commerce de tissu et de pourpre. C'est là qu'elle rencontra saint Paul et saint Luc (Actes des Apôtres 16. 11). Ils vinrent habiter chez elle "Si vous voulez bien me considérer comme une servante de Dieu, descendez chez moi."Les Églises d'Orient fêtent cette païenne qui professait la foi juive et qui fut convertie au Christ par saint Paul lors de son passage à Philippes en Macédoine. Elle l'accueillit avec ses compagnons Silas et Luc (Actes 16. 11 à 15). Elle dut mourir vers 50-55, puisque Paul écrivant aux chrétiens de Philippes ne la mentionne pas dans sa lettre.Au 20 mai, commémoraison de sainte Lydie, la marchande de pourpre de Thyatire, qui, à Philippes de Macédoine, fut la première dans cette ville à croire à l'Évangile, après la prédication de l'Apôtre saint Paul.
  • Sainte Salomé la Myrophore - épouse de Zébédée et mère des apôtres Jacques et Jean (I siècle)
    Epouse de Zébédée, un des patrons pêcheurs de Bethsaïde, mère des apôtres Jacques et Jean, elle était de celles «qui suivaient Jésus et le servaient». Elle avait mis en avant ses deux fils pour qu'ils soient de chaque côté du Messie (Matthieu 20. 17 à 28) aux meilleures places dans le Royaume. Au jour de la Passion, elle était au pied de la Croix. Elle fut aussi de celles qui achetèrent des aromates pour embaumer le corps du Christ et qui le dimanche matin de Pâques trouvèrent le tombeau vide. Elle cherchait peut-être la meilleure place pour ses enfants, quelle mère n'en ferait pas autant? mais elle sut aussi venir à l'aube du matin de Pâques, alors que ses enfants n'y étaient point, et c'était pour Jésus. Illustration: Les Saintes Femmes (les Myrophores) se rendent au Sépulcre pour embaumer le corps du Christ - Abbaye Saint-Pierre de Mozat ou Mozac (Auvergne)Le culte des Saintes Maries Jacobé et Salomé est confirmé, en Provence, entre autres témoignages, par le concours de nombreux fidèles en l'église des Saintes Maries de la Mer, où des grâces abondantes ont été obtenues par leur patronage.Elles furent parmi les femmes qui accompagnaient Jésus au cours de sa vie apostolique et lui venaient en aide par leurs biens matériels.Marie Jacobé était mère de Jacques le Mineur, de José et peut-être de Simon le Zélote et de Jude.Salomé était mère de Jean et de Jacques le Majeur.Fidèles, avec Marie et Marie-Madeleine, au temps de la Passion, elles vinrent au sépulcre, le matin de Pâques, où un ange leur déclara que Jésus est vivant. Elles furent ainsi les premiers témoins de la Résurrection. (source: Les Saints du diocèse de Nîmes)