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Messe de Requiem pour Charles Pasqua Homélie par Mgr Luc Ravel

mgr luc ravel obseques charles pasquaVendredi 3 juillet 2015 - Saint Louis des Invalides

La vocation chrétienne de l’homme politique

Les nombreux témoins de Charles Pasqua exprimeront mieux que je ne saurais le faire, la densité de sa vie familiale, amicale, professionnelle et politique. Dans le cadre de cette liturgie pour le croyant qu’il était, le baptisé qu’il fut et le chrétien qu’il est de façon éternelle, je souhaite méditer sur la vocation chrétienne d’un homme politique.

1. Au commencement

Si vocation d’un homme signifie appel par un autre, nous parlons bien d’un non-choix accepté d’évidence, d’un commencement involontaire mais totalement consenti. Nous décrivons une sorte de brusquerie des faits dans une vie tranquille. De quoi s’agit-il ?

Il y a des hommes qui, tout jeunes encore, croisent la France, la France en douleur souvent, la France en marche néanmoins. A cet instant précis, certains lui tournent le dos et poursuivent leur chemin de solitude. Mais d’autres lui emboîtent le pas. Ils inscrivent alors, et pour toujours, leur destin dans celui de leur Patrie. Autour d’eux, avec eux, un peuple de résistants s’élance vers un idéal inspiré. De ce premier choc, de ce premier choix non-choisi s’écoule une vie alimentée par un feu : ce feu scintille comme un enthousiasme inconditionné pour la Cité. Cette rencontre d’un homme et de sa patrie fait de cet homme, pourtant en tous points semblable aux autres, un homme différent, un homme politique.

Qu’est-ce qu’un homme politique sinon un homme marqué par sa Patrie comme un bœuf poinçonné par son maître, comme un Socrate habité par son daïmon ? Ce sceau de la France sur un homme fait de lui un homme à taille politique. Nous le reconnaissons évidemment chez Charles Pasqua.

2. La forme spirituelle de l’homme politique

La vie adhérente à cette empreinte réclame ensuite qu’on en discerne l’aspect général. Y-a-t-il une forme spirituelle particulière à l’homme politique ? Ou encore, pour le dire avec l’évangile choisi (Jn 14, 1 à 6), s’il n’y a qu’un chemin, le Christ, il y a de nombreuses demeures dans la maison du Père. Quelle demeure divine abrite l’homme politique ?

Revenons à la Source, l’Evangile.

Quand le Christ fonde la laïcité, il distingue Dieu et César. « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Il distingue précisément pour n’amoindrir ni l’autorité de César ni celle de Dieu. Il n’érige pas l’empire de César en diminuant celui de Dieu. Il n’établit pas le Règne de Dieu sur les ruines de celui de César. La mésestime du pouvoir politique n’a aucun fondement biblique. Celle du pouvoir divin, non plus d’ailleurs ! Jésus différencie pour ne pas éliminer. A côté de l’autorité divine, il désigne donc l’autorité du politique. Il nous les fait voir côte à côte, distinctement. Ce que nous devons rendre à César, c’est ce qui porte la marque de César, l’impôt. Ce que nous devons rendre à Dieu, c’est ce qui porte la marque de Dieu, l’homme. L’homme se doit à Dieu mais il doit l’impôt à César. Le politique et le religieux articulent ainsi leurs puissances respectives pour l’avenir de l’homme sur la terre jusqu’au Ciel.

A partir de cette parole inouïe, nous pouvons esquisser la forme spirituelle de l’homme politique. Et il y a urgence à le faire car « nous avons besoin d’une politique aux vues larges » réclame le Pape François (Laudato si’ 197) «Qu’en est-il de la politique ? » interroge-t-il. « Rappelons le principe de subsidiarité qui donne la liberté au développement des capacités présentes à tous les niveaux, mais qui exige en même temps plus de responsabilité pour le bien commun de la part de celui qui détient plus de pouvoir. » (Laudato si’ 196) Un surcroît de responsabilité pour le bien commun caractérise l’homme au pouvoir politique. Dans cette responsabilité pour le bien de tous, il trouve sa raison d’être et son appel d’amour : « L’amour, fait de petits gestes d’attention mutuelle, est aussi civil et politique, et il se manifeste dans toutes les actions qui essaient de construire un monde meilleur. L’amour de la société et l’engagement pour le bien commun sont une forme excellente de charité… Celui qui reconnaît l’appel de Dieu à agir de concert avec les autres dans ces dynamiques sociales doit se rappeler que cela fait partie de sa spiritualité, que c’est un exercice de la charité, et que, de cette façon, il mûrit et il se sanctifie. » (Laudato Si’ 231)

Si la forme spirituelle de l’homme politique n’est rien d’autre que cet amour responsable  pour le bien commun à tous, d’où tire-t-elle sa force ? On connaît les engagements extérieurs d’un homme politique, ses revers, ses succès, ses amers, ses fidélités et, souvent, ses traversées du désert. Mais connaît-on son âme ? D’où vient sa force, d’où tire-t-elle son énergie ?

3. La force spirituelle de l’homme politique

La forme extérieure d’un homme politique tire sa force d’une flamme intérieure. Inscrite par la rencontre initiale, elle va jusque dans ces fibres inconnues de l’homme lui-même. Ce feu plonge dans cette caverne mystérieuse, un creux obscur mais profondément humain, où l’intelligence froide devient un instinct chaud, une palpitation d’intuitions inspirées, une houle montante de sève neuve. Là où Dieu nous conduit par mode d’instinct, disait saint Thomas d’Aquin.

Cette force intime de l’homme politique nous importe plus encore que l’exercice public de ses engagements. Elle unifie par le dedans, abonde en sérénité, multiplie les amitiés, transcende les échecs, les trahisons, les victoires elles-mêmes.  Rappelons la phrase inaugurale du pontificat de Benoît XVI : « Les déserts extérieurs se multiplient dans notre monde, parce que les déserts intérieurs sont devenus très grands. » L’action directe ne vaut en vérité que par la profondeur de l’impulsion qui la fait naître. (Dis-moi la profondeur de ta vie intérieure, je te dirai la grandeur de ton action extérieure.)

Peut-on approcher d’un peu plus près cette poussée intérieure née de la rencontre avec la France ? Peut-on en esquisser le charme particulier par rapport aux autres appels d’amour ?

La force d’âme d’un homme politique est mesurée par son enracinement. Je reprends, bien entendu, le titre d’une œuvre de Simone Weil. S’il y a peu ou pas de racines ou si elles sont plantées en mauvaise terre, alors notre homme politique succombe au maléfice risible du pouvoir. Il ne porte plus dans son cœur l’amour de miséricorde attendrie pour sa Patrie dont Simone Weil nous dit que seul il est pur, seul il demeure, seul il rejoint le cœur du Christ pleurant sur sa Ville, Jérusalem. Je la cite :

« Mais si les sentiments du genre cornélien n'animent pas notre patriotisme, on peut demander quel mobile les remplacera. Il y en a un, non moins énergique, absolument pur, et répondant complètement aux circonstances actuelles. C'est la compassion pour la patrie. Il y a un répondant glorieux. Jeanne d'Arc disait qu'elle avait pitié du royaume de France… Qu'on ne pense pas que la compassion pour la patrie n'enferme pas d'énergie guerrière. Elle a animé les Carthaginois à un des exploits les plus prodigieux de l'histoire. » (Enracinement p. 114)

Il me semble que cette compassion pour la Patrie ne s’improvise pas. Elle naît d’un long amour pour ces terres fragiles mais gonflées de vitamines que sont la famille, le peuple, pour Charles la Corse, la Patrie. Elle fleurit sur cette tenace adhérence à ces glaises superposées.

Convaincu, par une foi d’évidence, que nous sommes dans  les mains de Dieu et que nous y sommes pour une vie qui s’étire dans l’éternité, Charles Pasqua n’avait pas l’ombre d’un doute sur ces terres terrestres. Elles formaient à ses yeux les prémices palpables de l’unique Terre, la vraie Patrie céleste où s’achève la route.

Un aumônier me rapportait ceci, qui résume tout. Le 9 juin dernier, ici en cette église des soldats, participant à la cérémonie d’adieux d’un ancien SAS qui avait sauté sur la Bretagne dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, Charles Pasqua avait chanté à pleins poumons le Salve Regina en corse. Ce chant en corse à la Vierge, Reine et Mère de miséricorde, nous l’entendrons tout à l’heure. Il assemblera nos cœurs pour clore notre action de grâce.

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Saint du Jour

Nominis

3 août 2020

Tous les saints du jour Nominis
  • Sainte Lydie - Commerçante en pourpre convertie par Saint Paul (I siècle)
    Elle venait de la Grèce d'Asie et s'était installée à Philippes, port de la mer Egée pour son commerce de tissu et de pourpre. C'est là qu'elle rencontra saint Paul et saint Luc (Actes des Apôtres 16. 11). Ils vinrent habiter chez elle "Si vous voulez bien me considérer comme une servante de Dieu, descendez chez moi."Les Églises d'Orient fêtent cette païenne qui professait la foi juive et qui fut convertie au Christ par saint Paul lors de son passage à Philippes en Macédoine. Elle l'accueillit avec ses compagnons Silas et Luc (Actes 16. 11 à 15). Elle dut mourir vers 50-55, puisque Paul écrivant aux chrétiens de Philippes ne la mentionne pas dans sa lettre.Au 20 mai, commémoraison de sainte Lydie, la marchande de pourpre de Thyatire, qui, à Philippes de Macédoine, fut la première dans cette ville à croire à l'Évangile, après la prédication de l'Apôtre saint Paul.
  • Sainte Salomé la Myrophore - épouse de Zébédée et mère des apôtres Jacques et Jean (I siècle)
    Epouse de Zébédée, un des patrons pêcheurs de Bethsaïde, mère des apôtres Jacques et Jean, elle était de celles «qui suivaient Jésus et le servaient». Elle avait mis en avant ses deux fils pour qu'ils soient de chaque côté du Messie (Matthieu 20. 17 à 28) aux meilleures places dans le Royaume. Au jour de la Passion, elle était au pied de la Croix. Elle fut aussi de celles qui achetèrent des aromates pour embaumer le corps du Christ et qui le dimanche matin de Pâques trouvèrent le tombeau vide. Elle cherchait peut-être la meilleure place pour ses enfants, quelle mère n'en ferait pas autant? mais elle sut aussi venir à l'aube du matin de Pâques, alors que ses enfants n'y étaient point, et c'était pour Jésus. Illustration: Les Saintes Femmes (les Myrophores) se rendent au Sépulcre pour embaumer le corps du Christ - Abbaye Saint-Pierre de Mozat ou Mozac (Auvergne)Le culte des Saintes Maries Jacobé et Salomé est confirmé, en Provence, entre autres témoignages, par le concours de nombreux fidèles en l'église des Saintes Maries de la Mer, où des grâces abondantes ont été obtenues par leur patronage.Elles furent parmi les femmes qui accompagnaient Jésus au cours de sa vie apostolique et lui venaient en aide par leurs biens matériels.Marie Jacobé était mère de Jacques le Mineur, de José et peut-être de Simon le Zélote et de Jude.Salomé était mère de Jean et de Jacques le Majeur.Fidèles, avec Marie et Marie-Madeleine, au temps de la Passion, elles vinrent au sépulcre, le matin de Pâques, où un ange leur déclara que Jésus est vivant. Elles furent ainsi les premiers témoins de la Résurrection. (source: Les Saints du diocèse de Nîmes)