Soutenez-nous !

 

Denier Toussaint 2019 extérieur

L'Eglise et l'arme nucléaire - Réflexions de Mgr Antoine de Romanet

nuclear threat

La Vie des Diocèses - émission de KTO du 24 juin 2019

Homélie pour la messe de l’initiation chrétienne - Samedi 25 mai 2013

Il y a du nouveau dans l’air.

Malgré le temps pluvieux, nous gardons le souvenir de ces moments chauds et printaniers où la sève monte. Sans que nous la voyions, nous la sentons à travers les parfums de la nature puis les premiers bourgeons. Il en est ainsi ce matin : de la sève nouvelle tire l’Eglise vers le Ciel sans l’arracher à la terre. Des grâces nouvelles vont pousser à l’air libre les feuilles puis les fruits.

Nous le vivons ce matin. Ce qui était au fond du cœur, caché dans les racines, sous la terre et le manteau de l’hiver, va maintenant prendre forme et s’exposer au grand vent. Ce qui était tapis au fond du cœur, mal identifié puis reconnu enfin énoncé ; ce qui était comme une pâte, pure mais sans forme, une sorte de courant souterrain, de lumière visible sans soleil vu, tout cela devient sacrement du baptême, de la confirmation, de l’Eucharistie. Le fonds chrétien prend la forme chrétienne et la nouveauté percute le monde.

Il y a de la nouveauté dans l’air. L’Evangile nous le rappelle : « celui qui n’accueille pas le Royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. » (Marc 10, 15) « A la manière d’un enfant » signifie que l’Esprit nous remet dans la nouveauté de l’enfance. Devant un sage docteur, Jésus insiste : « A moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. » (Jn 3, 5) Pour chacun de ceux qui vont être baptisés ou confirmés mais aussi pour tous ceux qui s’ouvrent à la grâce, Dieu propose la nouveauté fantastique de l’enfance. Davantage encore : Dieu offre l’extraordinaire nouveauté de la naissance.

Naître, c’est passé d’un état à un autre. C’est passé d’un milieu à un autre, du sein maternel à l’air libre. Nous n’avons pas le souvenir du moment où nous sommes sortis de notre mère. Mais imaginons-nous nous réveillant un matin sans savoir où nous sommes et découvrant un paysage absolument inconnu. Comme si durant notre sommeil, un inconnu nous avait transportés là. Nous irions étonnés à chaque endroit, découvrant un monde entièrement nouveau, les yeux écarquillés, les sens dilatés, l’esprit complètement renouvelé. Un peu comme lors d’un voyage dépaysant mais en bien plus fort encore. C’est à cette nouveauté là que nous sommes appelés.

« Il y a urgence à penser à neuf, à apporter du neuf, à créer du neuf, à pétrir la vie avec le levain nouveau de la justice et de la sainteté. (1 Cor 5, 8). » (Pape François, « Seul l’amour nous sauvera », éd. Parole et Silence, 2013, p.98) Et le futur pape, alors Cardinal archevêque de Buenos Aires, ajoute : « Franchir le seuil de la foi comprend une conversion permanente de nos attitudes, de notre manière et de notre style de vie : reformuler et non pas mettre des rustines ou du vernis, mettre la forme nouvelle qu’imprime Jésus-Christ à tout ce qui est touché par sa main et son évangile de vie, avoir le courage de faire quelque chose de nouveau pour la société et pour l’Eglise. Car « celui qui est dans le Christ est une créature nouvelle. »(2 Cor5, 17-21) » (ibid. p.99) Notre pape est hanté par cette nouveauté, par cette nouvelle évangélisation. Lui-même introduit un style nouveau jusqu’au Vatican.

Nouveaux baptisés et confirmés, aidez-nous ! Aidez l’Eglise à injecter cette nouveauté en elle-même et dans le monde. Peut être que, nous chrétiens de longue date, nous sommes trop habitués à nos manières de penser et de faire. Nous ne voyons plus comment faire autrement parce que nos yeux sont usés, parce que nos cœurs sont encroûtés, parce que nos mains sont fatiguées.

2. La nouveauté de la grâce. Pourtant, nous avons en nous ou autour de nous l’expérience de véritables rebonds. Nous connaissons tous des résiliences formidables. Nous savons que la nouveauté de la vie humaine ne se laisse pas ternir par les ans. Cette nouveauté de la vie agit comme le scribe de l’évangile qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. Sans fidélité au passé, la vie s’interrompt. Mais sans foi dans le futur, elle tourne en rond.

Que dire alors de la nouveauté de la grâce, de la nouveauté de la vie chrétienne introduite par les sacrements ? Ecoutons encore le pape François : « Rendre tout nouveau… Jésus a le pouvoir, avec la force de son Esprit, de rénover le cœur. Nous devons avoir confiance en cela… Jésus ne t’oblige pas à être chrétien. Mais si tu dis que tu es chrétien, tu dois croire que Jésus à toute la force. Il est le seul qui a la force de rénover le monde, de rénover ta vie, de rénover ta famille, de rénover tous les hommes. » (ibid. p.120)

  1. ? Par la conversion et les sacrements.

La conversion a pu jaillir il y a déjà longtemps : à la manière d’une idée fixe jamais abandonnée mais laissée en jachère sans qu’on la cultive ; elle a pu aussi émerger subitement à la façon dont le soleil se lève à l’équateur, tout d’un coup. Peu importe aujourd’hui le rythme de la sève. Elle est là et elle cherche à produire du feuillage et du fruit. Les sacrements de l’initiation, baptême, confirmation, Eucharistie, donne à la sève de monter, de faire bourgeonner l’arbre.

Le baptême permet à la grâce de s’épanouir en feuillage pour donner ombre et réconfort. Il guide la grâce en nous pour offrir une force de salut, pour répandre l’évangile autour de nous. Telle est la fonction du baptisé : porter par la présence, la parole et le témoignage, l’annonce percutante de Dieu.

Ensuite, la confirmation permet à la grâce de se concentrer en fruits visibles et savoureux. Je me souviens de ses arbres à kiwis qui poussent autour de mon abbaye. Plantés, ils mettaient plusieurs années à produire du fruit. Ainsi la confirmation conduit à se donner aux autres tout en mourant à soi-même. Elle nous porte au sacrifice, à cette longue passion qui donne leur vraie fécondité aux saints.

Enfin l’Eucharistie maintient le soleil en nous et sur nous : source et sommet de notre vie chrétienne, elle est force d’entretien de la grâce, elle la renouvelle et lui donne de grandir par palier. Ce qu’est le soleil aux plantes, l’Eucharistie l’est au chrétien.

Soyons fidèles : revenons souvent à notre cœur et à nos actions. Alors le monde changera.

Imprimer E-mail

Saint du Jour

Nominis

4 août 2020

Tous les saints du jour Nominis
  • Saint Jean-Marie Vianney - Curé d'Ars (✝ 1859)
    Jean-Marie Vianney a grandi en pleine période de troubles révolutionnaires, c'est à dire aussi de persécution religieuse. Ainsi, Jean-Marie recevra sa première communion dans la clandestinité. Le jeune campagnard, qui n'a jamais fréquenté l'école, voudrait devenir prêtre mais son père est réticent. A vingt ans, il commence ses premières études, mais il est si peu doué pour les études que le séminaire de Lyon, où il a fini par entrer, décide de le renvoyer. Il parvient quand même à se présenter à l'ordination sacerdotale à Grenoble(*). Après un premier ministère à Ecully, il est nommé curé dans une petite paroisse de 230 habitants: Ars, à 40 km de Lyon. Il y restera jusqu'à sa mort. Sa bonté, la joie dont il rayonne, ses longues heures de prière devant le Saint-Sacrement, impressionnent peu à peu ses paroissiens. Pour écouter, réconforter et apaiser chacun, il reste jusqu'à seize ou dix huit heures par jour au confessionnal. Pendant les dernières années de sa vie, jusqu'à 100.000 pèlerins viendront chaque année pour entendre une parole de réconfort et de paix de la part de ce curé ignorant de tout, mais non pas du cœur des hommes ni de celui de Dieu. Complètement donné à sa tâche pastorale, épuisé, il aura ce mot vers la fin de sa vie: «Qu'il fait bon de mourir quand on a vécu sur la croix». Il est exaucé le 4 août 1859 quand il meurt à l'âge de 74 ans.Illustration: Statue du Curé d'Ars dans l'église Saint-Jean-Marie-Vianney à Rennes (*) En 1815, la chapelle du Grand séminaire, à deux pas de la cathédrale, accueille l'ordination du curé d'Ars, fait patron de tous les curés du monde par Pie X en 1905. (diocèse de Grenoble)- Béatifié le 8 janvier 1905, il est déclaré la même année, "patron des prêtres de France". Canonisé en 1925 par Pie XI, il sera proclamé en 1929 "patron de tous les Curés de l'univers" (Sanctuaire d'Ars) En 2009, année sacerdotale et célébration des 150 ans de sa mort.- Jubilé 2009 à Ars: «Je te montrerai le chemin du Ciel»- Pour le 150e anniversaire du décès du curé d'Ars, le sanctuaire d'Ars organisa les 3 et 4 août 2009 deux jours de festivités tournées autour du saint curé.- Le cardinal Barbarin a publié un décret élevant la mémoire liturgique du saint curé d'Ars, célébrée le 4 août, au rang de fête à l'intérieur du diocèse de Lyon. C'est une manière d'honorer de façon particulière saint Jean-Marie Vianney, que le pape Benoît XVI donne comme saint patron à tous les prêtres du monde, à l'occasion du 150e anniversaire de sa mort.- 2009-2010: une année sacerdotale.- Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859) Confesseur exceptionnel, le Curé d'Ars a consacré l'essentiel de son ministère à guider les cœurs des pénitents sur le chemin de la conversion.Figures de sainteté - site de l'Eglise catholique en France- Un grand témoin spirituel Saint Jean-Marie Vianney, curé d'Ars, par Mgr Dupleix.Mémoire de saint Jean-Marie Vianney, prêtre. Curé de la paroisse d'Ars, au diocèse de Belley, pendant plus de quarante ans, jusqu'à sa mort en 1859, il accomplit son ministère d'une manière admirable par sa prédication, sa prière continue et son exemple de pénitence. Chaque jour, il catéchisait enfants et adultes, réconciliait les pénitents, et une telle charité, puisée dans la sainte Eucharistie comme à sa source, resplendissait en lui qu'on venait de loin rechercher ses conseils, et qu'il conduisit à Dieu, avec sagesse, un grand nombre de personnes.