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Homélie devant la 27ème Brigade d’Infanterie de Montagne - 14 juin 2019

Homélie de Mgr Antoine de Romanet, Evêque aux Armées
Devant les Troupes de la 27ème Brigade d’Infanterie de Montagne
Le vendredi 14 juin 2019 à Grenoble

 

Quelle joie de fêter ensemble cette fête de Saint Bernard de Menthon, le Saint des troupes de montagne, et de se remettre au cœur son magnifique idéal, toujours hissé vers plus haut, vers le meilleur, vers les sommets, jusqu’à risquer sa vie pour la défense de ses frères.
A la suite de Saint Bernard de Menthon, votre Saint patron, vous êtes invités à déployer trois vertus essentielles :
- L’esprit de pauvreté et d’humilité, une des vertus majeures de l’existence et tout particulièrement dans les armées. Humilité face au chef ; humilité face à soi-même et ses limites ; humilité face à ses hommes ; humilité face aux adversaires ; humilité face à la nature et à la montagne.
- L’esprit de fraternité, ce magnifique esprit de cordée qui fait que l’on se sait vitalement solidaires des uns des autres.
- L’esprit d’abnégation en acceptant d’engager sa vie pour en sauver une autre.

Les troupes de montagne développent magnifiquement au quotidien ces excellences morales. Tant dans leur entraînement et leur endurance que dans leur capacité d’adaptation. Ainsi ses qualités se sont-elles exercées avec grandeur au Mali, en Irak, en Afghanistan ou au Kosovo. Leur degré d’exigence requiert de puiser en soi d’importantes ressources. Saint Bernard peut se révéler ici d’une aide déterminante, lui qui nous indique le chemin de la prière, des cimes et surtout de la montée vers le Seigneur, l’unique essentiel qui habite au plus profond de nous-même. Ce lieu de la rencontre avec le Seigneur, c’est d’abord l’intime de notre cœur dans la vérité de notre existence.

Le passage de Matthieu 25 que nous venons d’entendre a bouleversé et converti d’innombrables chrétiens depuis 2000 ans. Il nous révèle de manière admirable au-delà des envolées de paroles et des volutes de mots toute l’authenticité de nos vies face à notre prochain. Celui qui nous est donné pour frère et dont nous faisons notre prochain. Matthieu témoigne que le Seigneur est venu sauver tous les hommes, ceux qui le connaissent comme ceux qui ne le connaissent pas et que l’essentiel se joue dans l’objectivation concrète de notre quotidien.

La suite du texte qui n’a pas été lue ici délivre un écho retentissant au passage précédent : « Allez-vous-en, maudits, dans le feu éternel, car j’avais faim et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais en prison, et vous ne m’avez pas visité. »

Jésus ne reproche pas aux réprouvés d’avoir pillé, menti, trafiqué ou tout autre acte délictueux, - « le juste pèche 7 fois par jour » -…. il leur reproche de n’avoir rien fait : « nada », « nothing », « rien ». Le vide…. Là réside le péché : en l’absence d’amour, de vérité, de justice, de bienveillance, l’absence, le vide encore et toujours…. Saisissant constat qui nous oblige à réaliser que dans nos existences, l’essentiel de ce que nous appelons péché est de l’ordre de l’omission.

Au début de cette eucharistie, nous avons proclamé ensemble comme nous en avons peut-être trop souvent l’habitude, de mémoire, : « Je confesse à Dieu tout puissant, je reconnais devant mes frères que j’ai péché, en pensée, en parole, par action et par omission… » Mais ne présumons-nous par « en pensée », ça ne se voit pas, ça ne s’entend pas, personne n’est au courant ? Par « en parole », nous sommes assez polis et maîtrisés ? Avons-nous dit des horreurs aujourd’hui, probablement pas ! « Par action », nous sommes plutôt bien élevés et pourrions dire, au moins à ce stade de la journée : « je n’ai pas tué, je n’ai pas volé… » « Moi, m’sieur je n’ai rien fait ! »

Pourtant, telles sont justement les questions à se poser : Qu’as-tu fait pour ton frère ? Quel est le poids d’amour de ma vie ? Comment concrètement suis-je allé à la rencontre de mon prochain ? Voilà qui nous sonde de la plus belle manière, nous qui connaissons le Christ. Nous qui entendons l’Évangile et savons combien le Christ se donne à nous en chacune de nos rencontres à travers chacun de nos frères. « Celui qui dit qu’il aime Dieu, et qui n’aime pas son frère, est un menteur » nous dit Saint Jean.

Merveille de la bonté de Dieu qui nous offre ces paroles fortes afin de nous ressaisir. Nous inviter à la conversion. Nous libérer d’une fascination qui pourrait être morbide face au côté sombre de notre être. À bien des égards, le péché n’a rigoureusement aucun intérêt si ce n’est de nous empêcher de faire le bien que Dieu attend de nous. Telle est la réalité cruciale de notre existence : comment puis-je la remplir pleinement de cette attention à l’autre, de cette attention au frère ? Un discernement qui doit d’abord se mesurer à l’aune de nos cœurs.

Merveille de la tendresse de Dieu qui nous accorde jour après jour de pouvoir relire notre quotidien pour y distinguer les moments plus particuliers, non pas où a percé le mal parce qu’encore une fois je n’ai ni tué ni volé, mais où n’a pas été accompli le bien pour lequel nous étions attendus. Afin d’accueillir cet amour que le Seigneur me porte et m’interroger sur la manière dont je le déploie et le diffuse autour de moi. Afin de lui en rendre grâce car Dieu me le livre en pure gratuité. Afin de bien comprendre que la vie éternelle que le Seigneur veut me confier relève de cette absolue gratuité qui est l’autre nom de la grâce.

Monter vers les sommets, telle est la magnifique aventure des troupes de montagne : entrer dans la contemplation de ces réalités majestueuses qui nous dépassent, nous emportent, nous élèvent. Nous extraient des abîmes aussi. Et surtout permettent très simplement de nous laisser être aimés par le Seigneur. De réaliser de manière bouleversante que le don de Dieu, - l’extraordinaire don de Dieu qui nous offre de partager sa vie pour toujours -, ne sera jamais obtenu par nos petits neurones, nos petits bras ou nos petites vertus mais dans l’accueil d’un don gratuit.
Or pour accueillir ce don gratuit, il me faut moi-même devenir un être de gratuité. C’est ce que nous exprimerons en disant dans quelques instants la prière du « Notre Père » « pardonne nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ».
Prétendre accueillir le pardon de Dieu suppose que nous soyons nous-mêmes des êtres de pardon et de miséricorde. Et quelle joie au sommet de la montagne de réaliser que le plus essentiel de ma vie, - celle de mes proches, de mon conjoint, de mes enfants, de mes parents, l’air que je respire, l’eau que je bois, le soleil qui m’éclaire est don gracieux de Dieu. Mais je ne peux le recevoir que si mon cœur se sculpte sur celui de Dieu, que si je deviens moi-même ce don de gratuité au quotidien. Dans un élan de décentrement qui crée en l’autre mon prochain et me concède le bonheur dans le don qui m’est accordé de l’avoir pour frère.

Tout cela, les Troupes de montagne le vivent librement dans l’exigence et la grandeur des missions qui sont les leurs, sachant combien Saint Bernard de Menthon s’est consacré à son prochain dans l’accueil gratuit et inconditionnel de chacun. Comme au Grand-Saint-Bernard, cet admirable hospice, votre Saint Patron nous invite à sa suite à faire toujours de votre cœur un lieu d’accueil gratuit, total et inconditionnel pour nos frères. Parce qu’en chacun d’eux, c’est le Christ lui-même qui doit habiter nos coeurs, pour aujourd’hui et pour toujours.

Au nom du père du fils et du Saint Esprit. Amen.

Mots-clés: Evêque aux Armées, grenoble, antoine de romanet, homélie, troupe de montagnes, 27ème Brigade d’Infanterie de Montagne

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Saint du Jour

Nominis

4 août 2020

Tous les saints du jour Nominis
  • Saint Jean-Marie Vianney - Curé d'Ars (✝ 1859)
    Jean-Marie Vianney a grandi en pleine période de troubles révolutionnaires, c'est à dire aussi de persécution religieuse. Ainsi, Jean-Marie recevra sa première communion dans la clandestinité. Le jeune campagnard, qui n'a jamais fréquenté l'école, voudrait devenir prêtre mais son père est réticent. A vingt ans, il commence ses premières études, mais il est si peu doué pour les études que le séminaire de Lyon, où il a fini par entrer, décide de le renvoyer. Il parvient quand même à se présenter à l'ordination sacerdotale à Grenoble(*). Après un premier ministère à Ecully, il est nommé curé dans une petite paroisse de 230 habitants: Ars, à 40 km de Lyon. Il y restera jusqu'à sa mort. Sa bonté, la joie dont il rayonne, ses longues heures de prière devant le Saint-Sacrement, impressionnent peu à peu ses paroissiens. Pour écouter, réconforter et apaiser chacun, il reste jusqu'à seize ou dix huit heures par jour au confessionnal. Pendant les dernières années de sa vie, jusqu'à 100.000 pèlerins viendront chaque année pour entendre une parole de réconfort et de paix de la part de ce curé ignorant de tout, mais non pas du cœur des hommes ni de celui de Dieu. Complètement donné à sa tâche pastorale, épuisé, il aura ce mot vers la fin de sa vie: «Qu'il fait bon de mourir quand on a vécu sur la croix». Il est exaucé le 4 août 1859 quand il meurt à l'âge de 74 ans.Illustration: Statue du Curé d'Ars dans l'église Saint-Jean-Marie-Vianney à Rennes (*) En 1815, la chapelle du Grand séminaire, à deux pas de la cathédrale, accueille l'ordination du curé d'Ars, fait patron de tous les curés du monde par Pie X en 1905. (diocèse de Grenoble)- Béatifié le 8 janvier 1905, il est déclaré la même année, "patron des prêtres de France". Canonisé en 1925 par Pie XI, il sera proclamé en 1929 "patron de tous les Curés de l'univers" (Sanctuaire d'Ars) En 2009, année sacerdotale et célébration des 150 ans de sa mort.- Jubilé 2009 à Ars: «Je te montrerai le chemin du Ciel»- Pour le 150e anniversaire du décès du curé d'Ars, le sanctuaire d'Ars organisa les 3 et 4 août 2009 deux jours de festivités tournées autour du saint curé.- Le cardinal Barbarin a publié un décret élevant la mémoire liturgique du saint curé d'Ars, célébrée le 4 août, au rang de fête à l'intérieur du diocèse de Lyon. C'est une manière d'honorer de façon particulière saint Jean-Marie Vianney, que le pape Benoît XVI donne comme saint patron à tous les prêtres du monde, à l'occasion du 150e anniversaire de sa mort.- 2009-2010: une année sacerdotale.- Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859) Confesseur exceptionnel, le Curé d'Ars a consacré l'essentiel de son ministère à guider les cœurs des pénitents sur le chemin de la conversion.Figures de sainteté - site de l'Eglise catholique en France- Un grand témoin spirituel Saint Jean-Marie Vianney, curé d'Ars, par Mgr Dupleix.Mémoire de saint Jean-Marie Vianney, prêtre. Curé de la paroisse d'Ars, au diocèse de Belley, pendant plus de quarante ans, jusqu'à sa mort en 1859, il accomplit son ministère d'une manière admirable par sa prédication, sa prière continue et son exemple de pénitence. Chaque jour, il catéchisait enfants et adultes, réconciliait les pénitents, et une telle charité, puisée dans la sainte Eucharistie comme à sa source, resplendissait en lui qu'on venait de loin rechercher ses conseils, et qu'il conduisit à Dieu, avec sagesse, un grand nombre de personnes.