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L'Eglise et l'arme nucléaire - Réflexions de Mgr Antoine de Romanet

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La Vie des Diocèses - émission de KTO du 24 juin 2019

Homélie 11 novembre - Antoine de Romanet - évêque aux armées françaises

chapelle Ecole Militaire 11112018Frères et sœurs, « la paix soit avec vous » ! En ce dimanche 11 novembre nous commémorons le centenaire de la fin de la première guerre mondiale. Avec ses alliés, notre pays a gagné cette guerre en 1918. Mais quel fut le prix de cette victoire ? Et quelles furent ses conséquences ? Lorsqu'en août 1914 la guerre éclate entre la France et l’Allemagne, le Maréchal Lyautey s'éclame avec force : « quel suicide » ! Nous le savons, tant de morts, tant de drames, tant de destructions, tant de souffrances indicibles des peuples et des personnes !
 
La guerre accompagne, hélas, l’humanité depuis toujours. Mais 1914-1918 fut la Première Guerre mondiale, c’est à dire, au sens premier du terme, ce fut la première fois que l’humanité se mis ainsi en guerre de façon mondiale. Ce fut une tuerie de masse, un déluge de fer et de feu, un enfer de boue et de sang. Sur le terrain, au plus près des hommes, se trouvaient des « soldats de Dieu », des aumôniers militaires admirables. Ils témoignaient de leur foi, de cette certitude que Dieu aime tous les hommes, des deux côtés du front. Il s’est agit, au delà du drame des combats, de refuser toute haine et toute bestialité. Il s’est agit de reconnaître que français ou allemands, ennemis ou alliés, tous étaient enfants de Dieu, avec leur famille, leur histoire, leur dignité. Ce fut un combat spirituel de chaque jour que de reconnaître, au cœur des tranchés et de leurs atrocités, la pleine humanité de celui qui me fait face.

Frères et sœurs, « la paix soit avec vous ». Le message porté par l’Eglise à la suite du Christ est celui de la paix dans toute sa splendeur et sa profondeur. Par ces mots débute et s’achève chaque célébration eucharistique présidée par l’évêque : de « la paix soit avec vous » à « allez dans la paix du Christ », il s’agit de recevoir la paix du Seigneur pour la partager à ses frères.

La paix est sans cesse à construire en notre monde. Cette paix ne doit pas être une petite paix étriquée ou une paix au rabais qui ne serait qu’une absence de guerre. Il ne s’agit pas de la victoire des forts sur les faibles, d’une paix ignorant ou écrasant le frère. Il ne s’agit pas de la continuation de la guerre par d’autres moyens. Il ne s’agit pas, non plus, de la paix silencieuse des cimetières. La paix que nous inspire l’Evangile, c’est la paix du Christ, fruit de la justice et de la charité. Il s’agit de cette paix qui vient du cœur pour rejoindre le cœur du frère. Il n’y a pas de paix sans justice. Il n’y a pas de justice sans paix. Il n’y a pas de paix et de justice sans pardon. Le pardon ne s’oppose en rien à la justice, le pardon s’oppose à la rancune et à la vengeance. Or 1914 fut à bien des égards la revanche de 1870. Et 1939 fut par bien des aspects une revanche de 1918. Dramatique et mortifère cycle de la violence...

Or ce que dit le Seigneur, c’est la paix pour son peuple. Et ce que nous dit Saint Martin de Tours que nous fêtons en ce 11 novembre, lui qui partagea en deux son manteau avec un pauvre transi de froid, c’est combien charité, justice et paix marchent d’un même pas.

Nous sommes ici au cœur d’un combat spirituel. Avec le Christ, nous pouvons proclamer notre certitude que le mal n’a pas le dernier mot. Pour autant, la tentation permanente des nations et des hommes est bien celle de la puissance, de l’orgueil et de la domination. Cette tentation de vouloir s’emparer du monde comme si il m’appartenait en propre. Et le comble de cette tentation est bien de vouloir mettre Dieu au service de ma puissance. Lorsque l’homme se gonfle lui-même au point d’annexer Dieu pour le réduire à ses propres intérêts, il en arrive à défigurer Dieu de la manière la plus terrible. En revanche, lorsque l’homme se tourne vers Dieu pour prier pour la paix, pour la justice, pour le pardon, il ouvre son coeur à la puissance de salut qui vient du Seigneur.

C’est cette prière qui peut déployer la fraternité la plus authentique entre tous les membres de la famille humaine. Comment ne pas penser ici aux drames des conflits et des guerres les plus actuelles, aux femmes et aux hommes, aux enfants et aux vieillards, aux plus pauvres qui sont toujours les premières victimes, à tous ceux qui aujourd'hui encore sont mis à morts, blessés, persécutés, déportés... Comment ne pas penser aux millions de femmes et d’hommes qui aujourd'hui, à nos côtés, manquent encore de tout ? Comment ne pas voir les perversions introduites dans la conduite humaine par ce mépris, cette négation de l’homme. Ces violences et ces injustice crient vers Dieu, elles crient vers notre monde, elles crient vers chacun de nos cœurs.

Il nous faut réaliser combien aucune victoire militaire ne mettra fin à ces tentations et à ces combats. L’adversaire n’est pas en face de nous ni en dehors de nous. C’est de la conversion de nos cœurs dont il est ici question de la manière la plus radicale.

Prier pour la paix c’est ouvrir son cœur à la puissance rénovatrice de Dieu qui peut déployer la solidarité entre les membres de la famille humaine, malgré les longs épisodes de divisions et de luttes. Prier pour la paix signifie prier pour la justice, la liberté, et le pardon. La prière pour la paix a une dimension fondamentalement inter-religieuse : le sentiment religieux authentique aux cœur de l’homme est une source inépuisable de respect et d’harmonie entre les peuples : bien plus, en lui réside le principal antidote contre la violence et les conflits. Il s’agit de prier Dieu de faire de nous des instruments de paix.

Puisse cette commémoration du 11 novembre 1918 bien marquer ce qu’on voulu et espéré les artisans de cette libération, qui nous ont donné de retrouver l’honneur avec la liberté. Ce matin, puisse le souvenir de tous ceux qui ont donné leur vie héroïquement dans les tranchées et l’anonymat des combats, puisse le souvenir de toutes les victimes, des héros connus ou inconnus, puisse ce souvenir résonner comme un appel à la conscience des nations et de tout homme pour signifier les vrais enjeux de notre temps et leur pleine dimension spirituelle.

 « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix.
Là où est la haine que je mette l’amour.
 Là où est l’offense que je mette le pardon.
 Là où est la discorde que je mette l’union »
Seigneur fais de moi un instrument de ta paix, par la charité, la justice et la pardon.

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Saint du Jour

Nominis

11 août 2020

Tous les saints du jour Nominis
  • Sainte Claire d'Assise - fondatrice des Clarisses (✝ 1253)
    Il n'est pas possible de séparer l'histoire de sainte Claire de celle de saint François d'Assise. Née à Assise, elle a 11 à 12 ans de moins que lui. Elle est de famille noble et lui fils de marchand. Au moment de la 'commune' d'Assise vers 1200, soulèvement violent contre le pouvoir féodal, auquel participe saint François, les parents de Claire quittent la ville par sécurité et se réfugient à Pérouse, la ville rivale. Ils ne reviendront à Assise que 5 à 6 ans plus tard. Claire ne commence à connaître saint François que vers 1210, quand celui-ci, déjà converti à la vie évangélique, se met à prêcher dans Assise. Elle est séduite par lui et par cette vie pauvre toute donnée au Christ. Elle cherche donc à rencontrer François par l'intermédiaire de son cousin Rufin qui fait partie du groupe des frères. Ensemble, ils mettent au point son changement de vie. Le soir des Rameaux 1212, elle quitte la demeure paternelle et rejoint saint François à la Portioncule. Elle a 18 ans et se consacre à Dieu pour toujours. L'opposition de sa famille n'y pourra rien. Rapidement d'autres jeunes filles se joignent à Claire, dont sa sœur Agnès, sa maman Ortolana et son autre sœur Béatrice. La vie des 'Pauvres Dames' prospère rapidement et d'autres monastères doivent être fondés. Le Pape Innocent III leur accorde 'le privilège de pauvreté'. Mais après la mort de saint François, les papes interviendront pour aménager la vie matérielle des Clarisses et leur permettre une relative sécurité. Claire refuse de toutes ses forces. Elle veut la pauvreté totale et la simplicité franciscaine. En 1252, le pape Innocent IV rend visite aux Sœurs, accepte leur Règle de vie et la bulle d'approbation arrive le 9 août 1253. Claire meurt le 11 août tenant la bulle dans ses mains dans la paix et la joie.La communauté des clarisses de Cormontreuil (Reims) vous propose de découvrir Claire d'Assise par sa vie en 10 épisodes.- méditation sur les symboles dans la vie et les écrits de sainte Claire d'Assise, vidéo de la WebTV de la CEF.Le 15 septembre 2010, Benoît XVI a consacré sa catéchèse à Claire d'Assise (1193-1253), une des saintes les plus aimées dans l'Église. Son témoignage "montre ce que l'Église doit aux femmes courageuses et remplies de foi, capables de donner une forte impulsion à sa rénovation". Puis il a rappelé qu'elle naquit dans une famille aristocratique, qui décida de la marier à un bon parti. Mais à dix huit ans, Claire et son amie Bonne quittèrent leurs foyers et décidèrent de suivre le Christ en entrant dans la communauté de la Portioncule. C'est François qui l'y accueillit, lui tailla les cheveux et la revêtit d'un grossier vêtement de pénitence. Dès lors fut elle une vierge, épouse du Christ, humble et pauvre, totalement consacrée au Seigneur".Dès le début de sa vie religieuse, a ensuite rappelé le Pape, "Claire trouva en François un maître avec ses enseignements, et plus encore un ami fraternel. Cette amitié fut considérable car, lorsque deux âmes pures brûlent ensemble du même amour de Dieu, elles trouvent dans l'amitié un encouragement à la perfection. L'amitié est l'un des sentiments les plus nobles et élevés que la grâce divine purifie et transfigure". L'évêque Jacques de Vitry, qui connut les débuts du mouvement franciscain, a rapporté que la pauvreté radicale, liée à la confiance absolue en la Providence, était caractéristique de sa spiritualité, et que Claire y était très sensible. C'est pourquoi elle obtint du Pape "le Privilegium Paupertatis, confirmant que Claire et ses compagnes du couvent de San Damiano ne pourraient jamais posséder de biens fonciers. "Ce fut une exception totale au droit canonique de l'époque, accordée par les autorités ecclésiastiques devant les fruits de sainteté évangélique produits par le mode de vie de la sainte et de ses sœurs".Ce point, a-t-il ajouté, "montre combien au Moyen Âge le rôle de la femme était important. D'ailleurs, Claire fut la première femme de l'histoire de l'Église à rédiger une règle qui fut soumise à l'approbation papale, par laquelle elle voulut que le charisme de saint François fut conservé dans toutes les communautés féminines s'inspirant de leur exemple". A San Damiano, elle "pratiqua les vertus héroïques qui devraient distinguer tous les chrétiens, l'humilité, la piété, la pénitence et la charité. Sa réputation de sainteté et les prodiges opérés grâce à elle conduisirent Alexandre IV à canoniser Claire en 1255, à peine deux ans après sa mort". Ses filles spirituelles, les clarisses, poursuivent dans la prière une œuvre inappréciable au sein de l'Église.(source: VIS 20100915 430)Pie XII, Lettre Apostolique (en forme brève) proclamant Ste Claire Patronne Céleste de la Télévision (21 août 1958)- Sainte Claire est présente sur les vitraux de plusieurs églises du diocèse d'Autun.Mémoire de sainte Claire, vierge. Première plante des pauvres Dames de l'Ordre des Mineurs, elle suivit saint François d'Assise et mena au couvent de Saint-Damien une vie très austère, mais riche d’œuvres de charité et de piété. Aimant par-dessus tout la pauvreté, elle n'accepta jamais de s'en écarter, pas même dans l'extrême indigence ou dans la maladie. Elle mourut à Assise en 1253.
  • Sainte Suzanne - martyre romaine
    Martyre romaine des premiers siècles, la légende la dit belle et savante. L'empereur Dioclétien la voulait pour épouse du futur empereur Maximien. Lorsqu'elle révéla qu'elle était chrétienne, les deux officiers chargés de l'amener au palais impérial se convertirent. Ils furent tous trois décapités.Un 11 août du IVe ou Ve siècle, était consacrée, à Rome, près des Thermes de Dioclétien, une basilique fondée par le prêtre Gaïus, qui sera dédiée à sainte Suzanne, laquelle serait une martyre romaine ensevelie à Coazzo, près de Rome. À Rome, commémoraison de sainte Suzanne. Sous son nom, célébré dans les fastes antiques comme celui d'une martyre, fut dédiée à Dieu, au VIe siècle, la basilique du titre de Gaius, près des thermes de Dioclétien.