Propositions spirituelles pour suivre le Carême

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Le Carême a débuté, mettons-nous en chemin pour vivre ces 40 jours, grâce à :

Homélie de la Messe internationale du 60ème pèlerinage militaire international (PMI) à Lourdes

messe inter 2018Solennité de la Pentecôte

Mes Amis,

quelle joie et quelle chance extraordinaire de célébrer la Pentecôte dans cette assemblée unique au monde que nous formons, nous qui sommes de toutes langues, de tous peuples, de toutes nations, de toutes cultures ! Quelle grâce que de célébrer ce don de l’Esprit-Saint que Dieu fait à l’humanité !

Je voudrais partir d’une des réalités qui vous est, sans doute, la plus proche aujourd’hui, les uns et les autres : notre smartphone. La plupart d’entre nous, nous avons dans la poche un smartphone qui est une sorte de couteau suisse, avec lequel on fait à peu près tout dans la vie sauf du café. Si vous voulez désespérer un collégien ou un lycéen, vous lui confisquez son smartphone. Si vous voulez désespérer quelqu’un, vous lui coupez sa connexion internet. Ce smartphone qui nous permet d’être en communication avec tous ceux qui nous entourent et avec le monde entier, et qui est une merveille à bien des égards.

Il y a beaucoup mieux que le smartphone : il y a le « smart-homme », l’homme créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, l’homme qui, avec son corps, son âme et son esprit, a toutes les facultés de communication, d’échange, de relations interpersonnelles. La question, c’est celle d’avoir le réseau et c’est celle d’avoir la bonne application. Pour nous tous qui sommes baptisés, quelle chance de savoir que le réseau fondamental, pour les questions les plus essentielles de nos vies, c’est Jésus-Christ ! Et, une fois que j’ai le réseau, je peux utiliser la meilleure application au monde : l’Esprit-Saint. Par notre baptême, nous est donné, à nous les « smart-hommes », tous les hommes de toute la terre de toute la Création, de connaître Jésus-Christ, d’avoir accès au réseau et de communiquer par l’Esprit-Saint.

Cette grâce du baptême, c’est la réalité de l’Esprit-Saint vivant en chacun de nos cœurs. Le baptême donné par Jean-Baptiste, c’était un baptême extérieur : plonger dans l’eau. Le baptême donné par le Christ, c’est un baptême intérieur : c’est le don de l’Esprit-Saint. Il y a un épisode de l’Evangile qui peut nous aider à comprendre cela, c’est les noces de Cana : vous vous souvenez, ces jarres, à l’entrée de la salle des noces, destinées aux purifications rituelles des juifs – se laver, de l’extérieur – et Jésus va utiliser cette eau des purifications rituelles pour la transformer en un vin que j’ingère, qui devient partie intégrante de ce que je suis. Notre baptême, c’est cette naissance, cette renaissance à la vie de Dieu.

A bien des égards, à la fête de la Pentecôte, qui nous réunit, c’est la Nativité en chacun d’entre nous de l’Esprit de Dieu, qui s’offre pour naître dans mon cœur et dans nos vies, Dieu qui se donne à l’intime de chacun d’entre nous.

Voilà que se posent les questions les plus décisives de nos existences, à la vérité beaucoup plus importantes que de savoir quel est notre réseau de communication ou quelles sont les applications que nous utilisons : comment l’Esprit-Saint est-il vivant en moi ? Est-ce que j’ai une communication vivante et authentique ? Autrement dit, est-ce que je suis un rameau sec ou est-ce que je porte du fruit ? Est-ce que je suis froid ou est-ce que je suis brûlant ? Est-ce que je suis dans la lumière ou dans l’obscurité ?

I – Un feu – une vie – une énergie qui se reçoit

Cette communication décisive, l’Esprit-Saint, se reçoit par le Christ. « Bienheureux les pauvres de cœur ! ». L’Esprit-Saint est appelé « Père des pauvres ». Parce que, pour recevoir l’Esprit-Saint, il faut commencer par se mettre à genoux, par l’implorer, par le supplier, réaliser combien nous avons vitalement besoin de cette communication avec le Seigneur. Faute de réseau, nous sommes perdus. Faute de réseau, nous n’avons plus accès, pour nous guider, au GPS – GPS : « guidé par le Seigneur ». Il nous faut recevoir l’Esprit-Saint.

a - un feu - une vie - une énergie qui vient de Dieu et de lui seul

Cet Esprit-Saint est à recevoir, en pure gratuité, de Celui qui a fait le ciel et la terre. Les Actes des Apôtres, que nous venons d’entendre, nous parlent d’un bruit qui vient du ciel. Nous sommes bien dans une dimension de nouvelle Genèse, de nouvelle Création.

b - un feu - une vie - une énergie qui est Dieu lui-même

C’est Dieu lui-même qui se donne.

c - un feu - une vie - une énergie qui s’offre au tout de moi-même

C’est Dieu qui s’offre au tout de moi-même, au tout de ce que je suis, au tout de ma vie, de la manière la plus bouleversante et la plus extraordinaire.

II – Un feu – une vie – une énergie qui transforme

Cet Esprit-Saint, ce feu, cette vie, cette énergie me transforme.

a - un feu - une vie - une énergie qui est celle de Jésus ressuscité

Parce que cette énergie est celle de Jésus ressuscité. Vous le savez : au cœur de l’Eglise, il y a le Christ. Et c’est l’œuvre de l’Esprit du Christ qui habite l’Eglise. Dans un instant, au moment de la prière consécratoire, nous invoquerons l’Esprit-Saint : « Que ce même Esprit-Saint, nous t’en prions, Seigneur, sanctifie ces offrandes ! ». C’est l’Esprit du Seigneur qui est présent et agissant au cœur de l’Eglise et au cœur des sacrements. Nous ne sommes pas les disciples d’un texte, d’une doctrine ou d’une théorie, mais de Jésus-Christ, vivant, au cœur de son Eglise, dans cette puissance de l’Esprit, qui s’offre à nous pour une relation de cœur à cœur, la relation la plus décisive, celle qui nous a donné la vie et celle qui veut nous offrir une vie éternelle, de la manière la plus belle et la plus profonde.

b - un feu - une vie - une énergie qui transforme et purifie

Quelle merveille que cet Esprit, ce feu, qui unit, qui transforme et qui purifie. En Eglise, nous sommes si différents et notre assemblée de ce matin, tous les drapeaux qui nous entourent, le manifestent de la manière la plus explicite. C’est l’Esprit du Seigneur qui nous unit, qui nous donne de former un seul corps, qui nous donne de reconnaître que nous sommes des frères. Et c’est la meilleure application du monde. A la vérité, c’est la seule qui nous permet de vivre en paix, avec nos frères, avec notre Créateur et avec nous-mêmes.

c - un feu - une vie - une énergie qui libère mon cœur de toute loi

Cette application, ce feu, cette énergie libère mon cœur de toute loi. La loi est utile ; elle est pédagogue ; elle fixe un cadre. Mais nous sommes invités à aller beaucoup plus loin : ne pas être dans le « faire » mais dans l’« être ». La loi, c’est l’exosquelette, c’est-à-dire le code de la route, le code disciplinaire, la peur du gendarme – et Dieu sait qu’elle est souvent utile ! L’Esprit-Saint, c’est l’endosquelette, c’est ma colonne vertébrale, c’est ce qui habite mon cœur, c’est ce qui me donne d’accomplir, par moi-même, librement, ce pour quoi je suis fait. Accomplir, par amour, la volonté du Père. « Que ta volonté soit faite ! » par ma vie, par mes mains, par mon cœur, par toute mon existence. Mes Amis, quelle merveille que d’être en relation vivante, de cœur à cœur, avec mon Créateur ! Quelle merveille que d’accueillir toutes les Paroles du Seigneur comme des paroles de vie et de libération, qui épanouissent tout ce que je suis ! L’enjeu, c’est d’entrer dans une relation filiale et c’est l’œuvre de l’Esprit-Saint qui fait de nous des fils. Et ces fruits de l’Esprit sont de l’ordre de l’« être » : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi ». C’est notre être profond qui est habité par le Seigneur et qui rejoint le cœur même du Seigneur.

III – Un feu – une vie – une énergie qui rayonne pour toujours

Ce feu, cette vie, cette énergie rayonne pour toujours.

a - une flamme toujours vivante car toujours nouvelle

Parmi les innombrables souffrances que peut nous causer notre smartphone, il y a le fait d’être à plat, de ne plus avoir de batterie, et vous savez que les batteries durent rarement plus de quelques heures. Aujourd’hui, la vraie charité semble ne pas être tant d’offrir un verre d’eau, mais d’offrir une prise électrique pour recharger son smartphone, étant entendu qu’en principe on a le réseau. Le « smart-homme » a, lui, toujours l’énergie qui lui est donnée par son Créateur. Et cet Esprit qui nous est offert en tant que nous nous connectons à lui, c’est une flamme toujours vivante de l’éternelle jeunesse de Dieu qui nous accompagne jour après jour.

b - une flamme qui réchauffe et qui éclaire

C’est une flamme qui réchauffe et qui éclaire. C’est ce combat entre la chair et l’Esprit, dont nous a parlé saint Paul il y a un instant : « Assouplis ce qui est raide ! Réchauffe ce qui est froid ! Rends droit ce qui est faussé ! ». L’Esprit-Saint, qui est plus fort que toutes nos faiblesses.

c - une flamme qui s’offre pour embraser le monde

Et cette flamme s’offre pour embraser le monde. Hier, dans cette magnifique procession où nous étions 20.000, c’est une même flamme, la flamme du cierge pascal, qui s’est déployée en chacune de nos mains. Merveille de cette flamme qui ne se divise pas, mais qui se multiplie.

Alors, mes Frères, nous comprenons bien l’enjeu : l’enjeu, c’est d’avoir le réseau et la bonne application. Quelle chance merveilleuse, quelle grâce est la nôtre que de connaître Jésus-Christ ! « Nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler ». « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ». Mes Amis, ne nous trompons pas de réseau ! N’allons pas nous fournir chez les marchands de soupe, les marchands de sommeil ou les marchands d’illusions ! Abreuvons-nous à la source du Fils bien-aimé qui nous conduit vers le Père ! Et utilisons la bonne application !

Vous le savez, avec nos smartphones, tout est possible, du meilleur au plus tragique, du plus beau au plus sombre, du plus lumineux au plus ténébreux. Nous avons un choix à faire dans nos existences. Nous avons à faire le choix de Dieu. Nous avons à faire le choix de l’Esprit-Saint. Et c’est au quotidien, par la prière personnelle, par la méditation de l’Ecriture, par l’examen de conscience, par la vie sacramentelle, que nous avons à nous greffer sur l’Esprit du Seigneur pour être alimentés par ce qu’il y a de plus beau et de plus grand en ce monde, pour le vivre, pour le déployer, pour porter du fruit, un fruit de charité, un fruit d’amour, d’espérance, de confiance, de paix pour notre monde et pour chacune de nos vies.

Mes Amis, au cœur de nos existences, il y a le choix de Dieu, le choix que Dieu a fait de chacun d’entre nous, et vous pouvez être assurés que Dieu vous a, chacun, choisi personnellement, que Dieu vous aime d’un amour exclusif, que Dieu vous offre son cœur. Il vous a offert son Fils, il vous offre sa Parole et c’est son Corps glorieux ressuscité qui va nous être offert dans un instant. Ce choix que Dieu fait de chacun d’entre nous vient rencontrer notre liberté. C’est notre dignité et l’enjeu de nos vies que de faire, chacun personnellement, le choix de Dieu, que de faire le choix de nous greffer sur l’Esprit du Seigneur, que de nous engager dans la voie de la lumière, du vrai, du bien, du beau, du juste, en réalisant que c’est dès aujourd’hui notre joie et notre fécondité. Et c’est dès aujourd’hui de ce Royaume que le Père tout aimant veut pour chacun d’entre nous dans son éternité.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Amen.

Mgr Antoine de Romanet
Dimanche 20 mai 2018 – Basilique Saint-Pie X

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Saint du Jour

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18 mars 2019

Tous les saints du jour
  • Saint Cyrille de Jérusalem - évêque de Jérusalem, docteur de l'Église (✝ 387)
    Originaire des environs de Jérusalem, il devint prêtre en 345 puis évêque de Jérusalem en ce IVe siècle troublé par les querelles entre ariens et orthodoxes. Il fut, à trois reprises, chassé de son siège épiscopal par les ariens qui contestaient la pleine divinité du Christ. Il vivra en tout dix-sept années en exil. En 378, il revient enfin définitivement dans Jérusalem déchirée par les divisions. Il prêchera inlassablement pour enfanter un peuple chrétien dans la ville qui connut la Passion du Christ et sa Résurrection. Ce seront ses admirables catéchèses de la nuit pascale pour la formation des nouveaux baptisés. Il le faisait près des deux "grottes mystiques", celle du Tombeau du Christ près du calvaire, et celle du Mont des Oliviers. Elles lui ont valu d'être proclamé docteur de l'Église par Léon XIII.Illustration: Fresque d'une église orthodoxe grecque.Le 27 Juin 2007 Benoît XVI a consacré sa catéchèse à la figure de saint Cyrille de Jérusalem (né vers 315 et mort en 387), qui fut "un évêque de grande culture biblique".Cyrille fut ordonné évêque en 348 par le Métropolite de Césarée de Palestine Acacius, philo arien et qui pensait trouver en lui un allié. Bientôt il fut en conflit avec Acacius et "pas seulement dans le domaine doctrinal mais aussi juridictionnel car Cyrille défendit l'autonomie de son siège par rapport à celui de Césarée". Cela lui valut trois exils en vingt ans et ce n'est qu'en 378, après la mort de l'empereur philo arien Valens, qu'il reprit définitivement possession de son diocèse, où il ramena unité et paix parmi les fidèles. On conserve de Cyrille 24 catéchèses précédées d'une catéchèse introductive."L’œuvre de saint Cyrille constitue une catéchèse systématique et réaliste, consacrée à la renaissance du chrétien par le baptême".Au plan doctrinal, son œuvre établit un "rapport symphonique" entre les deux Testaments, plaçant le Christ au cœur de l'univers". Dans sa catéchèse morale il invite à la transformation des attitudes païennes en une vie nouvelle dans le Christ, tandis que dans sa catéchèse mystagogue il pousse les nouveaux baptisés à découvrir dans les rites...les mystères cachés"."Pour cela -a conclu Benoît XVI- une catéchèse intégrale, qui implique le corps, l'âme et l'esprit, demeure fondamentale pour les chrétiens d'aujourd'hui. Demandons au Seigneur de nous aider à acquérir un christianisme complet qui englobe toute notre vie et fasse de nous des témoins crédibles du Christ, vrai Dieu et vrai homme". Source: VIS 070627 (410)Mémoire de saint Cyrille, évêque de Jérusalem et docteur de l'Église. Il dut souffrir de la part des ariens bien des injures et fut souvent chassé de son siège. Il sut néanmoins exposer admirablement aux fidèles, par ses discours et sa catéchèse, la doctrine orthodoxe, les saintes Écritures et les mystères sacrés. Il mourut en paix, l'an 386.