Mot de remerciements de Mgr Antoine de Romanet à la fin de l’ordination épiscopale

Mgr de Romanet credit 2017 DAFCathédrale Notre-Dame de Paris – 10 septembre 2017

Chers amis présents en cette cathédrale,  ou rejoints par la télévision,
« La paix soit avec vous »

La paix du Christ. La paix fruit et signe de la charité et de la justice, celle du cœur, entre les frères, entre les nations, celle si précieuse et si fragile, qu’il nous faut chacun gagner à l’intime de nos âmes et au cœur de notre monde. Et quelle grâce, par le Christ, d’être en paix avec Dieu, avec ses frères et avec soi-même… 

Cet après-midi, dans cette Cathédrale, chacun de vos visages est pour moi source d’action de grâce, de confiance et de paix.

Merci Monsieur le Cardinal. Eminence, depuis près de trente ans vous m’accompagnez de votre sollicitude. Je veux vous dire ici ma filiale reconnaissance et ma respectueuse affection.

Merci Monseigneur le Nonce Apostolique de votre de votre délicatesse au long de ces derniers temps. Veuillez transmettre à Sa Sainteté le Pape François l’expression de ma fidélité et ma reconnaissance pour sa confiance.

Merci aux évêques présents et représentés. Depuis le 28 juin vous m’exprimez un accueil fraternel au sein du corps épiscopal et j’en suis touché. Un merci particulier aux quatre évêques auxiliaires de Paris qui sont des soutiens à l’heure des premiers pas.

Merci à tous les prêtres et diacres présents et représentés. Depuis mon entrée à la Maison Saint Augustin en 1988, vous avez été des frères, des inspirateurs… et je rends grâce pour l’exemple de chacune de vos vies. Un merci particulier à mes frères du G8 qui se reconnaitront, et à l’équipe de Notre-Dame d’Auteuil que je salue.

Merci à toutes les amitiés qui ont marqué le ministère qui m’a été confié depuis 30 ans : auprès des paroisses Notre-Dame de Grâce, Notre-Dame de l’Assomption, Notre-Dame d’Auteuil, Saint Louis de France et Saint Louis des Français… , auprès des lieux de catéchèse et d’aumônerie du Collège de la Sainte Famille au Caire, du lycée Chateaubriand à Rome, du Collège Saint Michel à Bruxelles, du Collège Stanislas, du Lycée Molière et du Lycée Jean-Baptiste Say à Paris, du Lycée Rochambeau à Washington. Vous avez été le sens et la joie de la mission reçue. Vous êtes la Vie. Vous êtes ma Vie.

Merci au Collège des Bernardins et au Séminaire Saint Sulpice de m’avoir fait confiance comme chercheur et enseignant ces dernières années. Merci à l’Académie catholique de France et à l’Académie des Sciences d’Outre-Mer de m’avoir accueilli en leur sein.

Merci à ma famille qui m’a donné la Vie du corps et de l’âme, et un attachement au Christ aussi fort que paisible, aussi serein qu’intense. A l’évidence j’ai tout reçu de mes parents et de mes grands-parents, aux côtés de mes frères et sœurs. C’est pour l’essentiel le « secret du Roi », ce que l’on dit pour mieux se taire, ce que l’on tait pour mieux le dire. Mon Oncle, évêque de Cayenne, co-consécrateur, que je remercie de sa présence et de son exemple, et mon frère, prêtre accompagnateur de cette célébration, à qui tout me relie, disent mieux que tout la grâce reçue au sein d’une famille dont le Christ est le cœur.

Merci à l’Archevêque de Strasbourg, co-consécrateur, qui fut jusqu’à aujourd’hui Administrateur Apostolique du diocèse aux Armées. Merci de cet accueil si chaleureux. Merci de l’œuvre réalisée, à commencer par la Maison saint Louis et la mise en place du séminaire diocésain.

Je veux saluer les aumôniers du Diocèse aux Armées, prêtres, diacres et laïcs. C’est une joie de vous rejoindre, de vous écouter, de vous accompagner, de vous soutenir. Vous êtes le cœur de l’évêque et la prunelle de son œil. Vous êtes le lieu de ma première sollicitude. Avec vous je suis baptisé et pour vous je veux être un Père, plein de bienveillance et de compréhension. Nous avons ensemble à avancer sur le chemin à la suite du Christ. Nous avons ensemble à être heureux et fraternels, pour annoncer au monde le bonheur et le salut qui vient du Seigneur Jésus, lui qui fonde et oriente chacune de nos vies. Je salue aussi les séminaristes du diocèse et leur partage confiance et espérance.

Je salue les aumôniers en chef et représentants des cultes protestant, israélite et musulman. Il nous est donné d’œuvrer ensemble fraternellement pour construire au cœur des Armées de notre pays un espace d’échanges, dans le respect de chacun, pour le meilleur de tous. Nous avons ensemble à affronter avec détermination le propos polémique selon lequel le monothéisme conduirait nécessairement à la violence. La foi en Dieu Trinité éclaire tout pour les chrétiens. La foi chrétienne considère l’excitation de la violence au nom de Dieu comme la corruption maximale. La personne du Christ anéantit de la façon la plus absolue la justification de toute violence. Sur ce point comme sur beaucoup d’autres le dialogue inter-religieux est essentiel. C’est un défi central de notre temps. Et nos Armées sont un lieu majeur de sa mise en œuvre au sein des institutions de la République.

Je salue chaleureusement les autorités civiles et militaires de notre pays présentes cet après-midi. Vous représentez les plus hautes autorités de l’Etat et de l’Armée, et la présence de chacun de vous me touche, et honore notre diocèse. Notre responsabilité est de faire vivre au cœur de notre pays le beau et grand principe de laïcité, cet antique et décisif principe de séparation de l’Eglise et de l’Etat, du politique et du religieux, qui pour les chrétiens trouve sa source dans l’Evangile. Cette séparation fondatrice est le socle même de la liberté religieuse, de la liberté de conscience, et au final de l’idée même de liberté, cette liberté centrale et décisive de notre devise nationale.

Dans notre monde instable et multipolaire, traversé de puissants courants de migrations et qui voit ressurgir des idéologies mortifères, à l’heure ou nos troupes sont présentes sur de nombreux théâtres d’opérations extérieures, en Afrique et au Levant, ainsi qu’au cœur de nos cités par l’opération sentinelle, mes pensées vont vers ces femmes et ces hommes qui engagent leur vie au service de la Patrie.

Qu’est ce qui mérite aujourd’hui de donner sa Vie ? Qu’est ce qui justifie de prendre la Vie de l’autre ? Nos soldats et leur commandement sont au quotidien face à la mort ! Il leur faut réfléchir, dès 20 ans, à la mort qu’ils peuvent donner ou à la mort qu’ils peuvent recevoir. Nos troupes ont du temps pour penser, dans la nuit noire du désert tout autant qu’aux heures de veille de nos centre-ville : la dimension spirituelle vient très vite, de la façon la plus spontanée. Cela se vit aux côtés d’un compagnon d’arme que je n’ai pas choisi et qui ne m’a pas choisi : juif, chrétien, musulman, agnostique  ou athée, je vais être responsable de ta vie et toi de la mienne. Cette expérience de fraternité est un lieu d’exemplarité. Elle appelle d’elle-même la question du sens, du fondement, du spirituel…  Les chefs militaires savent mieux que quiconque la vraie nature de l’homme, et combien son corps et son cœur, son âme et son esprit ne font qu’un dans l’intensité de son engagement et dans le succès de l’action à mener.

Qu’attendre de l’aumônier ? Qu’il soit un donneur de sens, un expert en humanité, et qu’il incarne le Christ. L’aumônier est là dans une présence de gratuité, de rencontre, d’accompagnement… Il s’agit d’éclairer l’homme, d’humaniser la guerre,  d’ouvrir le ciel, et de donner Dieu.

Vous comprendrez combien mes pensées rejoignent ici l’âme de ceux qui ont donné leur vie pour leur pays. Elle rejoint les victimes des guerres, les enfants qui grandissent sans leurs parents morts au combat, les conjoints qui subissent la morsure du veuvage, les familles meurtries par le drame de l’un des leurs… Mes pensées et ma prière rejoignent les blessés au sein des hôpitaux de nos Armées, et tous les Invalides qui portent dans leur chair la marque de l’offrande de leur vie. Ces Invalides vers lesquelles je vais maintenant me rendre puisque la Chapelle des pensionnaires de l’Institution Nationale des Invalides est aussi l’église des soldats, et la Cathédrale de l’évêque aux Armées.

Cet après-midi j’associe à notre célébration de manière plus particulière les pompiers de Paris, les forces de gendarmerie et toutes nos armées venant au secours des victimes des ouragans Irma et José. Nous pensons aux victimes. Sur tous ces fronts de la vie, notre Marine, nos Armées de Terre et de l’Air sont engagées de manière exemplaire.

Mes amis, c’est bien au cœur de ces peines et de ces joies, de ces larmes et de ces fulgurances, avec le sens par excellence du don de soi,  de l’honneur, du service, de la fidélité et de la Patrie, que je viens vous rejoindre. Tout cela c’est la vie. Tout cela pointe de façon exemplaire le sens ultime de nos vies.

Il y a un instant, devant Dieu et devant vous tous, j’ai pris l’engagement de remplir la charge reçue de l’Eglise jusqu’à la mort, avec la grâce de l’Esprit Saint. Je ne connais que trop ma faiblesse, et combien seul le Christ est notre appui. Si je suis heureux de vous rejoindre, c’est pour vivre et partager avec vous la merveille du don de Dieu. Si je suis heureux et confiant, c’est que ma vie comme pour nous tous passe par une mort à moi-même dans l’offrande et la dépossession. Si je suis heureux et empli d’espérance c’est que je suis assuré que par le Christ et la vérité de nos cœurs s’ouvre pour chacun un chemin de lumière et de vie, pour l’éternité.

Je ne pourrai pas vous saluer individuellement au terme de cette célébration, mais je ne peux mieux le faire qu’en vous gardant dans ma prière, et en vous donnant dans un instant, aux côtés du Cardinal Archevêque de Paris, la bénédiction solennelle de cette liturgie. Je vous invite à la recevoir comme une manifestation pour chacun de nous de l’Amour et de la tendresse de Dieu qui nous accompagne à jamais.

Alléluia, Alléluia,
Alléluia, Alléluia,
Alléluia, Alléluia,
Alléluia, Alléluia !

Imprimer E-mail

Saint du Jour

Nominis

Tous les saints du jour
  • Saint Maurice - et ses compagnons de la légion thébéenne (✝ v. 287)
    et ses compagnons, militaires romains martyrisés à Auganuum (Agaune), devenu depuis Saint Maurice du Valais. Dès que Maximien devint empereur d'Occident (286), il décida d'y exterminer les chrétiens. Pour cela il fit venir de Thèbes en Égypte la légion qui s'y trouvait cantonnée. Il n'aurait pu tomber plus mal. Les six mille soldats qui la composaient étaient chrétiens. Ils refusèrent d'exécuter les ordres impériaux. Sur quoi ils furent massacrés jusqu'au dernier. Telle est du moins la légende de la Légion thébaine. Ce qui est vrai sans doute, c'est que le décurion Maurice et plusieurs légionnaires refusèrent de prendre part à une cérémonie païenne. Ce pourquoi ils furent exécutés. Au siècle suivant, une basilique s'élevait à cet endroit.Illustration: Erasmus de Formiae et Saint Maurice par Matthias Grünewald (1517-23), paroisse Notre-Dame de Capelou. - Lors de la persécution de Dioclétien (303-305) à Agaune dans le Valais, des soldats sont torturés et mis à mort pour leur foi. Un siècle et demi plus tard, l'évêque de Lyon, Eucher, rédige les récits de leur martyre d'après des traditions orales. Dès le début du VIIe siècle, saint Maurice est en grande vénération à Vienne et dans le diocèse de Grenoble. A la fin du XIe siècle, il devient le seul titulaire de la cathédrale de Vienne. (saints du diocèse de Grenoble)- Saint Maurice - Patron de nombreuses paroisses ou chapelles, mort pour défendre la foi aux premiers siècles de l'Église dans la région. (saints du diocèse d'Annecy)- Comme l'a figuré le célèbre tableau du Greco consacré au martyr de saint Maurice, la foi intrépide des soldats autour de leurs chefs et de sens moral élevé dans le refus d'un ordre injuste au péril de sa vie. (diocèse aux armées françaises)- "Maurice fut exécuté, au début du règne de l'empereur Maximien (289). Voici la 'légende' tirée du bréviaire de Pamiers: Maximien appelé par Dioclétien à partager son pouvoir impérial se rendit en Gaule. Son armée comprenait une légion appelée thébéenne (habitants de Thèbes) Les soldats étaient valeureux, très croyants; même sous les armes ils n'oublièrent pas les préceptes de l'Évangile. Maximien ordonna de sacrifier aux idoles à Octodorus (dans le Valais de la Suisse du Sud – 20km de Saint-Maurice)." (diocèse de Pamiers)- Au début du VIIIe siècle, introduction du culte des reliques des martyrs de la légion thébaine, saint Maurice et ses compagnons, dans une annexe voûtée de la cathédrale. Officier d'un corps d'auxiliaires de l'armée romaine levés en Égypte et convertis au christianisme, Maurice souffrit le martyre vers 290. Refusant de poursuivre les chrétiens et de sacrifier aux dieux païens, Maurice et ses compagnons furent massacrés sur ordre impérial. (Les grandes heures de la cathédrale Saint-Maurice de Vienne)- Voir aussi l'histoire de ces martyrs sur le site de l'abbaye de Saint Maurice en Suisse.- Saint Candide (statue) est le patron de l'église de Picauville dans le Cotentin.- Le nom de la commune de Saint-Xandre (17138) vient, par déformation, de Saint Candide: Sanctus Scandidus. On trouve écrit dans des textes anciens: st Candé, st Candre, Sanctus Xandrius (1262), Sancedrium (1573). Saint Candide, officier de la légion thébaine (grecque), fut martyrisé avec ses compagnons à la fin du IIIe siècle sur l’ordre de l’empereur Maximin pour avoir refusé de combattre contre des chrétiens. (source: toponymie, commune de Saint-Xandre)À Agaune dans le Valais suisse, vers la fin du IIIe siècle, les saints martryrs Maurice, Exupère, Candide, soldats. Selon le récit de saint Eucher de Lyon, ils furent mis à mort pour le Christ avec leurs compagnons de la légion thébéenne et le vétéran Victor, sous l’empereur Maximilien, illustrant ainsi l’Église par leur glorieuse passion.
  • Saint Silvain - ermite du Ve siècle (5ème s.)
    Un internaute nous dit  'St Silvain est fêté le 22 septembre. La légende l'a souvent assimilé au personnage de Zachée (St Pierre l'aurait envoyé en France, il aurait connu une très longue route). St Silvain est surtout connu pour être un ermite du Vème siècle (dates imprécises) et qui a évangélisé le Berry. Il a fait beaucoup de miracles dans sa vie, et aujourd'hui encore on le prie spécialement pour le "feu de st Silvain" (sorte d'érysipèle) et on lui confie particulièrement les enfants malades. La tête de St Silvain est une relique conservée à Levroux. Le 5ème dimanche après Pâques, il y a la "fête du Chef", pèlerinage en l'honneur de St Silvain à Levroux. On peut trouver le tombeau de St Silvain (les restes des ossements) à Celle près de St Amand dans le diocèse de Bourges. Un pèlerinage a lieu à la chapelle de St Silvain le 3ème dimanche de septembre.'