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L'Eglise et l'arme nucléaire - Réflexions de Mgr Antoine de Romanet

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La Vie des Diocèses - émission de KTO du 24 juin 2019

Homélie pour la messe d’accueil - Vendredi 24 mai 2013

A ceux qui invoquent la loi, Jésus propose la foi.

Face à l’expérience humaine qui souligne les défaillances et propose des compromis, face à la sagesse de la Loi biblique qui suppose l’inégalité et autorise le divorce,

face à notre histoire affective peut être douloureuse ou encore à faire,

Jésus propose le regard de la foi.

Quel est-il ? Pourquoi est-il nouveau ? En quoi nous rend-il différent ?

1. L’expérience humaine nous partage un regard de sagesse humaine. Sur la question du mariage, nous constatons une chose : l’homme est faible ; il peine à garder la même femme. C’est un fait solidement validé aujourd’hui. Et nos militaires n’échappent pas à cette difficulté. Les missions lointaines, la vie conjugale fragmentée, les fatigues et les tensions fabriquent des séparations. Il y a là un réalisme presque universel conforté par des sagesses religieuses. Ainsi la Loi mosaïque autorise un acte de répudiation, elle permet le divorce. Le bon sens préside à cette manière de voir et de faire.

Il faut savoir engranger dans nos discours chrétiens ce monde mêlé de bien et de mal, mélangé de courage et de faiblesse. Il faut éviter de proposer une vérité splendide mais irréaliste. Ainsi l’Ancien Testament montre l’homme avec les guerres, les drames, les limites. Et la loi de Moïse est une canalisation de ces énergies pétries de bien et de mal. Ainsi la loi du Talion, œil pour œil et dent pour dent, vise à contenir le mouvement de la vengeance. Laissée à elle-même, la violence devient démesurée. De même la loi sur le mariage canalise les divorces, elle les règlemente. L’homme ne peut faire n’importe quoi. En cela, elle est juste.

Si nous chrétiens, nous négligeons ce réalisme, on nous accusera d’être dans les rêves. On nous reprochera de ne pas avoir les pieds sur terre. On nous critiquera de nous couper du monde réel. On nous dira que notre parole n’a pas de force et qu’elle ne mord pas sur l’expérience quotidienne. Ainsi, en matière de mariage, on nous pourfendra avec des statistiques d’échec, de divorce, de rupture. Et le monde nous jettera à la figure le manque de miséricorde : « l’Eglise est sans pitié en refusant de marier les personnes divorcées. »

Le Christ ne fait pas mine d’ignorer cette faiblesse humaine. Il répond d’abord aux pharisiens : « c’est en raison de votre endurcissement qu’il a formulé cette loi. » Il sait mieux que quiconque nos faiblesses, nos trahisons, nos difficultés à franchir la barrière de la durée. Et pourtant, il nous propose autre chose. Mais comment pouvons aller plus loin que cette prudence pleine de réalisme ?

2. La révélation divine nous dévoile le monde de la grâce. Après avoir noté la dureté de nos cœurs, le Christ ajoute :« ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. » Il nous ouvre les yeux sur un autre élément. Cet élément, jusque là, n’avait pas été pris en compte : Dieu s’engage à nos côtés. C’est Lui qui unit l’homme et la femme. La foi nous fait voir les choses dans une autre lumière qui complète nos expériences. Il ne suffit pas de dire la faiblesse de l’homme. Il faut aussi voir la richesse de Dieu. Sans négliger la dureté de l’homme, la foi montre aussi l’absolu, la conversion possible et l’engagement de Dieu. A propos du mariage, la foi désigne le lien indissoluble entre l’homme et la femme, irréversible comme l’est l’amour de Dieu pour chacun de nous. Imaginons que nous cheminions dans une forêt, de nuit. A peine discernons-nous la piste. Les arbres autour apparaissent sombres, plein de maléfices et de dangers. Et puis, au terme de la nuit, le jour vient. Le sentier n’a pas changé mais le regard s’élargit. La lumière révèle la beauté des arbres et les angoisses des ténèbres s’éloignent pour le charme de la futaie.

Ces deux visions s’opposent-elles ? Faut-il choisir entre les deux ou, comme le Christ nous y invite, tenir l’une et l’autre ? Soyons réalistes et croyants !

La raison, fruit de notre expérience, nous dit qu’il est inhumain de marier l’homme et la femme de façon indissoluble. Mais la raison et l’expérience regardent seulement la dureté du cœur. Le mal saute aux yeux, nous le savons. Et c’est vrai que l’Evangile parle aussi des cœurs de pierres. C’est vrai que l’Eglise prolonge ce discours en parlant du péché originel, des péchés, de la convoitise en l’homme. A ne regarder que cela, il faudrait permettre à l’homme et la femme de divorcer. Le monde a les yeux fixés sur le mal et il presse l’Eglise d’abandonner son mariage indissoluble. A regarder sa tragique faiblesse, l’homme ne peut pas avoir confiance en l’autre et en lui-même.

Mais la foi, fruit de la révélation, nous fait aspirer à une fidélité totale. Parce que la foi regarde aussi l’extraordinaire grâce en l’homme. Elle n’exclue pas sa faiblesse mais elle voit aussi sa richesse. La foi lit dans l’homme sa capacité à réagir au don gratuit de Dieu. La foi nous permet d’atteindre le projet de Dieu sur l’homme, souvent caché par les échecs. Elle illumine les dons divins qui l’emportent sur nos misères. Bref, la foi englobe tout et elle pousse l’homme à avoir confiance en l’autre et en lui-même.

La foi n’est donc pas une forme d’inconscience. La foi n’est pas un rêve pour poète. La foi est réaliste mais elle voit plus loin que l’échec. Elle voit les immenses capacités que nos prudences négligent. Elle connaît les possibles rebonds, les résiliences ouvertes. Elle n’enferme jamais l’homme dans son impasse mais elle éclaire toujours l’issue nouvelle. Elle est source d’enthousiasme pour ce qui paraît impossible à l’homme. Ce qui impossible pour l’homme sans Dieu est possible pour Dieu dans l’homme.

Foi et raison. Les deux ailes de l’esprit se combinent pour nous aider à vivre en grand sans vivre au-dessus de ses moyens. Pour vivre haut sans avoir le vertige. Pour vivre loin sans avoir la nostalgie. Apprenons à regarder l’homme, le mariage, avec le regard de la raison et celui de la foi. Ne marchons pas dans ce monde comme si Dieu n’existait pas, comme si nous n’avions pas la foi. La foi nous a ouvert les yeux. Gardons-les ouverts.

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Saint du Jour

Nominis

3 juin 2020

Tous les saints du jour
  • Saint Kevin - Abbé de Glendalough (✝ 618)
    Kelvin, Kelvyn ou CaoimhínChez les irlandais, il ne le cède en popularité qu'à saint Patrick. Il fonda dans un site admirable le célèbre monastère de Glendalough, près de Dublin. Ceux qui s'y rendaient sept fois en pèlerinage gagnaient autant d'indulgences que s'ils faisaient le pèlerinage des sept basiliques romaines. En anglais:- Paroisse Saint-Kevin de Glendalough, archidiocèse de Dublin- Site de la commune de Glendalough, Monastic CityÀ Glendalough en Irlande, l'an 622, saint Kévin ou Coemgen, abbé, qui fonda un monastère, où il fut le père et le chef d'un grand nombre de moines.
  • Saints Martyrs de l'Ouganda - Charles Lwanga et ses 21 compagnons (✝ 1886)
    Charles Lwanga, mort le 3 Juin 1886 Laïc - Converti par les Pères Blancs, Charles Lwanga, serviteur du roi Mwanga d'Ouganda, fut baptisé en novembre 1885 et brûlé vif au mois de juin de l'année suivante, à Namuyongo.voir aussi saint Charles Lwanda. Martyr du Groupe des 22 martyrs de l'Ouganda Les martyrs (+1885, +1886, +1887) - les 22 martyrs de l'Ouganda. Martyrs de la persécution du roi Mwanga de 1885 à 1887 durant laquelle périrent une centaine de jeunes chrétiens, catholiques et anglicans. A cause de la prière et de la chasteté, ils périrent dans d'atroces supplices, dont celui du feu. Marchant à la mort Kizito (13 ans) demandait à son aîné, Charles Lwanga: «Donne-moi la main: j'aurai moins peur». Tous les deux ont été proclamés patrons de la jeunesse africaine. Un autre, arrivant au lieu du supplice, déclara : «C'est ici que nous verrons Jésus!».- Béatifiés par la brève de Benoît XV le 6 juin 1920 (en italien), canonisés par Paul VI, le 18 octobre 1964 à Rome.- Album de la canonisation des 22 martyrs de l'Ouganda le 18 octobre 1964 - site des Pères Blancs.- Lors de son voyage apostolique en Afrique, devant une foule immense, le Pape François a honoré les martyrs de l'Ouganda, 28 novembre 2015.Mémoire des saints Charles Lwanga et ses douze compagnons: les saints Mbaga Tuzindé, Bruno Serunkerma, Jacques Buzabaliawo, Kizito, Ambroise Kibuka, Mgagga, Gyavira, Achille Kiwanuka, Adolphe Ludigo Mkasa, Mukasa Kiriwawanvu, Anatole Kiriggwajjo; Luc Banabakintu, martyrs en Ouganda l'an 1886. Âgés entre quatorze et trente ans, ils faisaient partie du groupe des pages ou de la garde du roi Mwanga. Néophytes et fermement attachés à la foi catholique, ils refusèrent de se soumettre aux désirs impurs du roi et furent soit égorgés par l'épée, soit jetés au feu sur la colline Nemugongo. Avec eux sont commémorés neuf autres: les saints Joseph Mukasa Balikuddembe, Denis Sebuggwawo, André Kaggwa, Pontien Ngondwe, Athanase Bazzekuketta, Gonzague Gonza, Matthias Kalemba, Noé Mawaggali, Jean-Marie Muzei. qui subirent le martyre dans la même persécution, à des jours différents, entre 1885 et 1889.