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1915 : L’enlisement de la guerre et la paix impossible

egmil bonus webDans la rubrique BONUS EGMIL septembre 2015

Par Frédéric LE MOAL

Le conflit qui éclate en août 1914 constitue le premier conflit général en Europe depuis le cycle des guerres de la Révolution et de l’Empire (1792-1815). Ces guerres constituaient déjà en leur temps une rupture par rapport à celles de l’Ancien Régime puisqu’elles portaient en elles une radicalisation idéologique. N’opposaient-elles pas un peuple libre à des tyrans ? N’avaient-elles l’ambition de libérer l’humanité encore sous l’oppression monarchique et même de la régénérer ?

Cela dit, la violence de la guerre révolutionnaire laissait à la diplomatie un espace de manœuvre et n’empêcha pas la république française de signer des paix avec ses ennemis. Ajoutons que l’épopée napoléonienne comporte une multitude de paix négociées entre le Premier Empire et ses vaincus. Autrement dit, la paix restait toujours une option et on discutait entre ennemis pour y parvenir. Souvenons-nous des conciliabules secrets entre Jules Favre et Bismarck en 1870 au château de Ferrières en pleine guerre franco-prussienne.

Une telle rencontre, au plus haut niveau de l’Etat, n’a pas d’équivalent pour la Première Guerre mondiale. L’une des caractéristiques du premier conflit mondial réside précisément dans l’absence de toute négociation directe entre les belligérants pour tenter une sortie de guerre négociée, même si de multiples discussions ou sondages très secrets ont quand même eu lieu. On touche ici à l’une des interrogations majeures de cette période : pourquoi la diplomatie s’est-elle révélée incapable de rétablir la paix ? Comme nous allons le voir c’est dans la nature même du conflit que se trouve la réponse. Et l’année 1915 s’avère tout à fait éclairante sur ce point puisqu’elle voit l’enlisement définitif des combats tout en étant porteuse d’une espérance de paix en réalité factice.

L’année des offensives

Comme chacun sait, l’entrée en guerre de 1914 se fait avec la conviction que le conflit serait court, quelques mois pas plus. La paix reviendrait au mieux avec les vendanges, au pire avec Noël. Cette certitude, dont certains se gaussent aujourd’hui, reposaient pourtant sur des fondements solides : la précédente guerre, celle de 1870, s’était arrêtée en janvier, après six mois de combats ; l’économie mondiale ne supporterait pas le poids d’une guerre longue ; le mythe de la guerre napoléonienne et de la bataille décisive (d’Austerlitz à Sedan) interdisaient d’imaginer une guerre immobile. Bref, tout le monde, des acteurs économiques aux diplomates en passant par les responsables politiques et militaires, avait été formé à une guerre courte et bien peu parvenaient à dépasser cet horizon.

            Les grandes opérations de l’été et de l’automne 1914 n’ont pas permis la réalisation des plans militaires qui tous reposaient justement sur une bataille décisive. L’équivalence des forces entraine alors les belligérants dans une guerre de position marquée par le creusement des tranchées. Pourtant – et c’est là un point capital pour notre propos – l’idée qu’on entre dans une guerre longue ne s’impose absolument pas. L’année 1915 doit être, comme l’écrit le général Fayolle dans ses Carnets « l’année de la victoire (1) » donc de la paix. Pourquoi ?

            Tout simplement parce que personne, aussi bien au niveau militaire que politique, ne se résout à l’immobilisation des fronts. Arrêtons-nous sur le cas français. Les armées françaises, après la course à la mer, se sont enterrées de la mer du Nord jusqu’aux Vosges. Or, l’occupation des départements du nord du pays par l’Allemagne autant que l’immobilisme demeurent inacceptables. Il faut y mettre un terme. La percée décisive permettra de l’obtenir et de revenir à une guerre de mouvement, la seule en fin de compte conforme au dogme de la guerre courte. C’est d’autant plus crucial pour le généralissime Joffre qui connaît le chiffre effrayant des pertes et sait ce que la poursuite de la guerre coûterait au pays en termes de sang versé (2) . C’est dans cet état d’esprit qu’il commande les fameuses offensives de 1915, en Artois (mai-juin) puis en Champagne (septembre-octobre).

            L’espoir d’une victoire militaire décisive plane aussi au-dessus de la préparation de la grande opération contre les Dardanelles. On le sait, la marine britannique échoue à forcer les détroits turcs, comme elle échoue à débarquer des troupes à Gallipoli. Pourtant, à l’origine de l’opération se trouve la certitude de pourvoir briser l’Empire ottoman – ce que les Russes soumis à la pression turque dans le Caucase ne cessent de réclamer –, de s’emparer de Constantinople et d’éjecter les Ottomans du conflit. L’opposition de Joffre à cette opération ne doit pas masquer les soutiens dont les opérations périphériques bénéficient auprès de chefs militaires français. C’est le cas du général Franchet d’Espérey qui dès novembre 1914 préconise une attaque dans les Balkans contre l’Autriche-Hongrie qui permettrait de battre la Double Monarchie, d’atteindre l’Allemagne sur son flanc sud et de retrouver la guerre de mouvement (3) .

            Le refus de l’enlisement s’exprime d’une manière très nette dans les efforts redoublés pour faire basculer les neutres. En 1915, deux pays sortent de leur neutralité, l’Italie en mai avec l’Entente et la Bulgarie en octobre avec les Empires centraux. Si l’on s’arrête sur le cas de l’Italie, on remarque la certitude présente chez les Britanniques et les Français que sa participation fera basculer le conflit et y mettra un terme par la défaite de l’Autriche-Hongrie. Le général en chef Cadorna exprime une confiance totale en la victoire que lui apportera la puissante offensive de son armée sur le front de l’Isonzo dès l’été 1915 (4).

Cette première partie de la conférence a été publiée sur EGMIL du mois de septembre.

De l’autre côté de l’Europe en guerre, la mystique de l’offensive se fait aussi sentir. Les Austro-Allemands sont bien décidés à reprendre aux Russes les territoires perdus lors des opérations de 1914. Le général Falkenhayn dote la XIe armée de 12 divisions et d’une puissante artillerie destinées à rompre le front russe (5). Les résultats de l’offensive lancée le 5 mai 1915 en Pologne et en Galicie sont à la hauteur des espérances. Les Russes subissent « la pire catastrophe militaire de la guerre (6) » : les Empires centraux s’emparent de la Pologne avec Varsovie, de la Lituanie avec Vilnius et une partie de la Biélorussie. C’est 15% du territoire russe qui est perdu. Minsk et Kiev sont menacées. A l’inverse, les armées russes remportent le 17 janvier 1915 la victoire de Sarikamis dans le Caucase contre les forces ottomanes, puis continuent leur avancée grâce à l’attaque alliée sur les Dardanelles jugée prioritaire par Constantinople (7). Cette progression signe l’arrêt de mort des Arméniens, accusés de trahison au bénéfice des Russes.

            Enfin, ultime et déterminante victoire des Empires centraux pour l’année 1915, celle imposée à la Serbie à l’automne 1915. Suite à une attaque simultanée des Allemands, des Austro-Hongrois et des Bulgares, l’armée serbe, pourtant victorieuse en 1914, subit une succession de revers dont les conséquences sont graves : le pays est occupé et le gouvernement, accompagné des lambeaux de l’armée et de milliers de civils, s’enfuit à travers les montagnes d’Albanie où ils sont récupérés par la flotte alliée. Afin de sauver l’allié serbe, les Français ont débarqué des troupes en Grèce malgré sa neutralité, dans le port de Salonique, mais elles ne peuvent opérer leur jonction avec des Serbes en déroute (8). L’occupation de la Serbie permet aux Empires centraux de constituer un bloc homogène qui s’étale depuis le Proche-Orient jusqu’à la Baltique.

            L’année 1915 apparaît donc comme celle des grandes batailles et l’espoir de Fayolle d’une fin de la guerre semble bien réaliste. Pourtant le tableau que nous venons de dresser est trompeur. La multiplication des offensives sur l’ensemble des fronts ne conduit pas à la victoire décisive tant espérée, à la rupture définitive du front adverse. Pas plus Joffre en Artois ou en Champagne, que Mackensen en Pologne ou en Serbie, que Cadorna sur l’Isonzo, que Hamilton sur les Dardanelles ou que Ioudenitch dans le Caucase ne parvient à vaincre l’adversaire. Même les Serbes acculés ont refusé de signer une paix séparée et ont préféré la fuite pour reprendre le combat sur le front d’Orient. A la fin de l’année 1915, Fayolle dépité confie à son journal ; « Cette année se termine sans qu’on voit comment finir cette guerre […] Que faire ? Va-t-on reprendre les grandes tueries sous prétexte de percée (9) ? » Le pessimisme, à moins que ce ne soit tout simplement du réalisme, s’impose aussi chez certains responsables politiques, tel Aristide Briand qui arrive au pouvoir en France le 29 octobre 1915 avec la conviction que la guerre durera longtemps.

Les buts de guerre empêchent la fin de la guerre et la prolonge

            Tout cela nous conduit à poser une question capitale : l’enlisement des fronts est-il favorable à la paix ? Une espérance peut-elle naître de l’impossibilité de l’emporter de part et d’autre ? On pourrait le penser car du moment où les belligérants se trouvent dans une situation où l’écrasement militaire de l’ennemi est clairement irréalisable, seule une discussion diplomatique laisse entrevoir une issue. C’est la raison pour laquelle, à la fin de 1914 et au début de 1915, l’Allemagne, bloquée à l’Ouest, effectue des ouvertures en direction des Russes (10). De la même manière, Henry Kissinger pense qu’une paix de compromis était possible au printemps 1915 une fois consommé l’échec des offensives sanglantes (11). Mais plusieurs obstacles se dressent pour invalider un tel scénario.

            Il y a d’abord le chiffre des pertes (près de 500 000 tués du côté français suite aux offensives en Artois et en Champagne), lesquelles rendent difficile l’acceptation d’un arrêt des combats par une opinion publique qui demanderait alors : « A quoi bon ces sacrifices ? » Ensuite, l’autre clé se situe dans les buts de guerre. Les ambitieuses opérations militaires de 1915 sont en effet indissociables de la définition de buts de guerre tout aussi ambitieux, les deux éléments s’autoalimentant. Comme l’écrit Georges-Henri Soutou, « le rejet de la diplomatie pendant la guerre et la notion même d’une paix négociée, véritable rupture d’une tradition politique, correspondait à l’ascension aux extrêmes du conflit lui-même ainsi que des buts de guerre (12). » Dès l’automne 1914, la plupart des belligérants ont fixé leurs objectifs fondés sur des revendications territoriales le plus souvent considérables. Or ces buts de guerre rendent difficile la recherche d’un espace de marchandage autour duquel discuter. En outre, les rêves d’annexion des uns et des autres ne peuvent être réalisés par une paix négociée fondée sur l’absence de vainqueur et sur des compromis. Seule une paix victorieuse, obtenue sur le terrain militaire, par une défaite de l’ennemi, le permettra. Les offensives de 1915 servent aussi à réaliser cet objectif.

On en trouve une preuve dans les ouvertures faites par l’Allemagne en direction de la Russie au printemps 1915, au moment de son offensive victorieuse sur le front oriental. Berlin semble prête à aller loin pour arracher le retrait russe de la guerre (une restitution des territoires polonais conquis) et ainsi reporter ses forces à l’ouest. Le tsar Nicolas II s’y refuse aussi bien par fidélité à l’alliance avec les puissances occidentales que par volonté expansionniste (seule la victoire de l’Entente lui donnera la domination sur les Balkans et Constantinople) (13).

Ce qui nous conduit à une autre question : la paix n’est-elle pas perçue comme dangereuse ? En effet, on s’aperçoit qu’en 1915 la crainte d’une paix négociée alimente l’extension des buts de guerre. Cela apparaît clairement dans le dossier de Constantinople : c’est dans la crainte d’une paix séparée germano-russe qu’il faut chercher l’une des raisons de la bienveillance franco-britannique à propos des considérables ambitions russes sur les Détroits (14) ; ou encore dans la question des revendications serbes : dès la fin de 1914, et plus encore dans les derniers mois de 1915, les Français sont effrayés par les perspectives d’une paix séparée entre la Serbie et les Empires centraux. Afin de conjurer cette menace, Briand se voit contraint de promettre à des Serbes en déroute la satisfaction de leurs ambitions sur la Bosnie-Herzégovine, sur la Croatie et l’Adriatique, une fois la guerre gagnée par les armes (15). Ainsi les Serbes ont-ils donc plus intérêt à une poursuite des hostilités, en pariant sur une victoire, qu’à une négociation avec l’ennemi qui les conduirait à une satellisation. A partir de ce moment, le programme serbe change de nature. L’engrenage conduisant au conflit italo-yougoslave est amorcé.

En réalité, chez l’ensemble des belligérants, revient constamment l’idée que la paix négociée ne peut profiter qu’à l’adversaire au bénéfice d’une victoire incomplète, voire mutilée. En fin de compte, il s’est avéré que négocier la paix reviendrait à perdre. Dès septembre 1914, Berlin explique, pour justifier le refus de pourparlers, qu’une paix négociée n’apporterait ni victoire, ni paix durable (16). En somme, une simple pause.

L’espérance malgré tout ?

La fin de 1915 marque-t-elle la fin de l’espérance ? Jean-Jacques Becker, après avoir étudié les carnets de Fayolle, résume bien la situation en parlant « d’une sorte de désespérance qui ne signifie en aucun cas d’accepter, après tant de sacrifices, une défaite ou une paix de compromis mais une désespérance d’autant plus forte que ceux qui avaient cru à une initiative stratégique victorieuse en Orient savent qu’il n’en sera rien (17). » Certains comprennent que la guerre sera longue ce qui ne les poussent pas pour autant à œuvrer en faveur d’une solution négociée qui relève de la trahison.

La seule voix en faveur de la paix reste celle du pape. Dans les palais apostoliques, on scrute avec attention l’évolution sur les fronts. L’été 1915 correspond à une intensification des efforts de la diplomatie vaticane en faveur d’une paix négociée, la seule valable parce que la seule durable aux yeux de Benoit XV. Les victoires orientales de l’Allemagne laissent penser qu’elle serait prête à faire la paix, comme d’ailleurs les propositions aux Russes le confirment. C’est pourquoi le souverain pontife adresse le 28 juillet 1915 une exhortation apostolique « Aux peuples belligérants et à leurs chefs » pour mettre fin à la boucherie. Elle se heurte au refus des nations et des gouvernements de déposer les armes (18). C’est un échec mais qui ne désespère pas Benoit XV qui continuera, on le sait, ses efforts en 1916 et surtout en 1917.

Ce sur quoi se fracassent le pape et dans l’ensemble l’espérance d’une paix en 1915, en plus de l’enlisement des fronts et des buts de guerre, c’est la nature même du conflit en cours. Les deux camps n’aspirent ni à une paix d’empire qu’ils n’ont pas les moyens d’imposer, ni à une paix de compromis, mais à une paix d’hégémonie de l’un sur l’autre. Or, utiliser la diplomatie comme voie de sortie de la guerre revient à établir une paix de compromis territoriaux, une paix d’équilibre dont aucun des belligérants ne veut. Il est finalement clair que négocier une sortie de guerre par les voies diplomatiques équivaut, pour les acteurs décisionnels de la Grande Guerre, peu ou prou, à une défaite.

Monsieur Frédéric LE MOAL

Monsieur, Docteur en histoire à l’Université Paris IV-Sorbonne, spécialiste des Balkans durant la première guerre mondiale et de l’histoire des relations internationales, vous avez publié en 2006 un livre issu de votre thèse intitulé « La France et l’Italie dans les Balkans, 1914-1919 » pour lequel vous avez obtenu le Prix du Mémorial du Front d’Orient.

Vous êtes professeur au Lycée Militaire de Saint-Cyr l’Ecole ainsi qu’à l’Institut Albert Le Grand à Angers. Vous avez été également professeur au Collège d’enseignement supérieur de l’Armée de Terre (CESAT). 

Je citerai quelques-unes de vos publications :

- La Serbie, du martyre à la victoire 1914-1918. En 2008

- Le front yougoslave pendant la seconde guerre mondiale, Editions Soteca, 2012.

- Et votre dernier ouvrage qui vient tout juste de paraître : Victor Emmanuel III, un roi face à Mussolini, chez Perrin, 2015.

 

1 Cité par Jean-Jacques Becker, « Réflexions sur la guerre en 1915 sur le front occidental (d’après les notes des généraux Fayolle et Haig) in Guerres mondiales et conflits contemporains, 2005/3, n° 219, p.7.
2 Rémy Joffre, Joffre, Paris, Perrin, 2014, p.261.
3 Max Schiavon, Le front d’Orient. Du désastre des Dardanelles à la victoire finale, 1915-1918, Paris, Tallandier, 2014, p.29-30 et 33.
4 John R. Schindler, Isonzo, il massacro dimenticato della Grande Guerra, Gorizia, LEG, 2001.
5 Jean-Paul Bled, L’agonie d’une monarchie. Autriche-Hongrie, 1914-1920, Paris, Tallandier, 2014, p.119.
6 Alexandre Sumpf, La Grande Guerre oubliée. Russie, 1914-1918, Paris, Perrin, 2014, p.54.
7 Ibid., p.55.
8 Frédéric Le Moal, La Serbie du martyre à la victoire, 1914-1918, Saint-Cloud, Editions 14-18, 2008, p.
9 Cité par Jean-Jacques Becker, « Réflexions sur la guerre en 1915 sur le front occidental (d’après les notes des généraux Fayolle et Haig), op. cit., p.13.
10 H. E Goermans, War and punishment : the cause of war termination and the First World War, Princeton, Princeton University Press, 2000, p. 235-236.
11 Henry Kissinger, Diplomatie, Paris, Fayard, 1996, p. 199-200.
12 Georges-Henri Soutou, « La Première Guerre mondiale et l’ordre européen » in Politique étrangère, n°3-4, 2000, p. 844.
13 Georges-Henri Soutou, La grande illusion. Quand la France perdait la paix, 1914-1920, Paris, Tallandier, 2015, p.71.
14 Neilson Keith, Strategy and supply : the Anglo-Russian alliance. 1914-1917, London, G. Allen and Unwin, 1984, p. 77-78.
15 Frédéric Le Moal, La Serbie du martyre à la victoire, op. cit., p.
16 Fritz Fischer, Les buts de guerre de l’Allemagne impériale, Paris, Trévise, 1970, p. 128.
17 Jean-Jacques Becker, « Réflexions sur la guerre en 1915 sur le front occidental (d’après les notes des généraux Fayolle et Haig), op. cit., p.13.
18 Yves Chiron, Benoit XV, Paris, Perrin, 2014, p.170-171.

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