• Prytanée national militaire

Église Saint-Louis du Prytanée national militaire

Eglise Prytanee national militaire 1Lorsque le roi Henri IV, par lettres patentes envoyées de Rouen le 2 septembre 1603, signe l’édit de rappel de la Société de Jésus dans le royaume de France, il permet aux Jésuites de s’installer en sa maison de La Flèche en Anjou qu’avait fait bâtir, en 1540, son aïeule paternelle Françoise d’Alençon.

En offrant aux Jésuites son château fléchois, Henri IV fonde le Collège royal Henri-le-Grand destiné à « accueillir la jeunesse, la rendre amoureuse des sciences, de l’honneur et de la vertu…pour être tant plus capable de servir au public ».

Inscrite dans le contexte d’une politique d’apaisement prônée par le roi, cette fondation devait confirmer la fidélité au catholicisme des souverains français.

Eglise Prytanee national militaire 2Le collège, édifié dans la première moitié du siècle, se compose d’une série de trois cours principales qu’encadrent deux cours d’importance moindre affectées aux services de l’établissement. L’ensemble est dominé par la masse imposante de l’église Saint-Louis qui, selon la volonté même du roi, devait devenir le lieu de repos de son cœur et celui de son épouse après leur mort.

Si la construction de l’église ne relève pas d’un style officiel, elle dut néanmoins se conformer aux usages de la Compagnie, le modo nostro, caractérisé par le parti architectural simple adopté à l’image du modèle italien de l’église romaine du Gesù : espace large et homogène qu’amplifie un éclairage généreux diffusé par les verres blancs des fenêtres sur les parements de tuffeau.

A son achèvement, l’édifice a de quoi étonner les contemporains et susciter leur admiration. Pièce maîtresse du dispositif pédagogique que les Jésuites mettent en place dans leur stratégie de Collèges, l’aménagement intérieur de l’église n’est pas en reste : il est le reflet des préoccupations de l’époque qu’avaient soulignées les conclusions du Concile de Trente.

Un édifice de la Réforme catholique 

Eglise Prytanee national militaire 3L’église Saint-Louis[1] constitue l’un des fleurons de l’architecture de la Société de Jésus en France. C'est l'édifice le plus important de tous les bâtiments du collège.

Située dans la partie méridionale de la cour de Sébastopol, elle sépare l'ancienne cour des Classes de l'actuelle rue du Collège. Sa haute toiture est soutenue par une gigantesque charpente que surmonte un clocher appelé "Tour de bois".

Eglise Prytanee national militaire 4Sur la rue du Collège, au bas de la nef, les Jésuites avaient fait installer un portail cintré portant, dans sa partie haute, le sigle I.H.S.[2], emblème de la Compagnie de Jésus, et dont les vantaux étaient ornés du pélican et du phénix.

Eglise Prytanee national militaire 5L'église est précédée, à l'ouest, par un vestibule[3] qui, ouvert sur la rue du Collège, constituait, il y a peu encore, comme au XVIIe siècle, l'accès ordinaire des élèves vers les cours.

Eglise Prytanee national militaire 6Les Jésuites firent commencer les travaux de construction en 1607 sur les plans établis, semble-t-il, par Louis Métezeau, architecte du roi. Étienne Martellange reprend le chantier en 1612. A son arrivée à La Flèche il dresse un état des lieux qu’il consigne dans un mémoire conservé aujourd’hui dans les archives de la Compagnie de Jésus à Rome et intitulé « Mémoire des quelques fautes les plus remarquables faîtes aux bâtiments du Collège royal de La Flèche ». Selon Martellange, on n’a pas du tout respecté les procédures de construction conformes au « modo nostro » en vigueur au sein de la Compagnie depuis le siècle précédent.

Eglise Prytanee national militaire 7Mais Martellange intervient trop tard puisqu’il arrive au moment où la charpente commençe à s’implanter au-dessus de l’arase des murs ; l’essentiel des bâtiments était déjà construit, ce qui n’a permis en réalité que de procéder à des modifications très partielles. La plus importante, néanmoins, concerne la saillie du transept qui n’était pas prévue initialement et qui entraîna d’ailleurs, une démolition partielle du chœur pour rendre à cet édifice un plan en véritable croix latine tel que tout édifice religieux devait respecter.

D’autres modifications portent moins à conséquence comme l’aménagement d’une crypte sous le sanctuaire pour ensevelir les morts dans l’église même. C’est manifestement Martellange, lors de ses premiers passages à La Flèche, en 1612-1614, qui désigne et amorce la réalisation du clocher, qu’il appelle dans ses textes « la tour de pierre » par opposition aux lanternons qui coiffent la charpente de l’édifice, et qui ne sera donc élevé que plus tard au XVIIIe siècle.

Eglise Prytanee national militaire 8D’autres critiques malheureusement ne pourront être totalement gommées de cette architecture en cours d’élévation, notamment l’absence de façade occidentale, c’est-à-dire de véritable parvis. En fait Martellange essaye de corriger cette absence en créant deux portes richement ornées, l’une ouvrant sur un vestibule qu’on appelle « porte latine » et l’autre qui permet d’accéder directement depuis la première travée de la nef.

Le gros œuvre de la construction sera achevé en 1621. D'importantes cérémonies y sont organisées en 1622 pour la canonisation d’Ignace de Loyola et de François Xavier. L'église est consacrée sous le vocable de Saint-Louis en 1637 par Monseigneur de Rueil, évêque du diocèse d’Angers.         

 

[1] Elle est classée en totalité parmi les monuments historiques le 5 août 1919.

[2] En latin : Iesus Hominum Salvator, c'est-à-dire : Jésus Sauveur des Hommes.

[3] Ce vestibule conserve aujourd’hui dans son côté nord un tableau : Le Martyre des Macchabées, attribué à un certain Bonar (ou Bonnart). Ce serait un tableau que les Jésuites auraient fait venir de Rome en 1715. Classé parmi les monuments historiques le 15 janvier 2001, il a été entièrement restauré en 2011 à l’initiative de l’association Les Amis de l’église Saint-Louis du Prytanée.

Présentation complète téléchargeable (présentation, description, décoration intérieure, l'orgue et sa tribune, Les missions d’évangélisation en Nouvelle-France)

Projet de « restitution » des « images » du grand retable de Pierre Corbineau

Les Amis de l’église Saint-Louis du Prytanée National Militaire

 

Mots-clés: national, militaire, prytanée, eglise, patrimoine, collège royal

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