Arnaud Beltrame, soldat pour la Vie

 

Arnaud BeltrameUn soldat, par définition, est prêt au sacrifice suprême. Vous ne pouvez lui demander d’engager sa vie qu’à la lumière d’une transcendance.

S’il est un mot qui revient en boucle depuis l’annonce de la mort du Lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, c’est celui de sacrifice. S’il est un hommage, c’est sous les termes de héros, d’admiration, de respect, d’exemple, de générosité, d’engagement, de service, de sens de l’autre…

Son geste étonne, détonne, interpelle. Son geste renvoie aux questions les plus fondamentales de la vie et de la mort pour chacun d’entre nous. Qu’est ce qui mérite de donner sa vie ? Qu’est ce qui justifie de s’exposer à la mort ? Quel sens ? Quelle transcendance ?

Arnaud Beltrame était un militaire et un chrétien au plus profond de son être. Baptisé dans une famille non pratiquante, il découvre la foi il y a une dizaine d’année, lors d’un pèlerinage à Sainte-Anne-d’Auray, il fait sa première communion à l’âge de 34 ans, et s’engage à la suite du Christ tel saint Paul, avec l’amour brûlant d’un cœur qui a rencontré le cœur de son Seigneur.

Arnaud Beltrame venait de faire bénir sa maison. Il était dimanche dernier, comme chaque dimanche, à l’Abbaye de Lagrasse pour célébrer le Christ ressuscité, et il s’apprêtait à célébrer le 9 juin prochain son mariage religieux avec Marielle. Nous pensons à sa famille, à son épouse, à ses collègues, à ses amis. C’était un chrétien, explicitement, sereinement.

Arnaud Beltrame n’est pas la seule victime de la tragédie de ce 23 mars, et nos pensées et notre prière rejoignent également chacune des victimes et chacune de leurs familles et de leurs proches. Chaque mort est unique. Chaque mort est bouleversante.

Mais la mort d’Arnaud Beltrame a ceci d’exceptionnel que pour un chrétien ce sacrifice renvoie à celui du Christ, médiateur entre Dieu son Père et nous les hommes, prenant sur lui le péché du monde pour le salut de tous, affrontant la mort pour la réfléchir en source de lumière et de vie. Et quelle source extraordinaire d’Espérance dans le meilleur de l’homme nous est ici octroyée au milieu des ténèbres, face à une tragique volonté d’anéantir.

Arnaud Beltrame s’est présenté en médiateur, il a fait don de sa vie en se substituant à un otage. Il a sauvé des vies en offrant la sienne. Ceci ne peut se comprendre que dans une dimension de surplomb, de transcendance, de vie éternelle, qui pour un chrétien a le visage du Christ en croix offert pour que le monde ait la vie : « Nul n’a de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis », « Ma vie nul ne la prend mais c’est moi qui la donne ».

A la suite du Christ et de tant d’autres, Saint Maximilien Kolbe, abîmé dans la détresse et la déshumanisation la plus folle d’Auschwitz a révélé avant lui l’exemple du don de sa vie. Il a transfiguré l’agonie de ceux qu’il est venu rejoindre - en se substituant à un père de famille - jusqu’à une mort cruelle d’épuisement et de faim, ne cessant de prier et d’intercéder pour que la paix règne dans les cœurs en une offrande consentie : il fut une lumière dans la nuit, une étoile qui éclaire à jamais l’humanité jusque dans ses plus sombres replis.

Pour les chrétiens, la semaine sainte qui s’ouvre ce 24 mars au soir par les Vêpres des Rameaux est éclairée par le sacrifice et la mort d’un homme habité par le Christ. Un geste d’offrande, de don, de paix, d’humanité, de dépassement.

Arnaud Beltrame a fait vendredi avec le sacrifice de sa vie descendre un rayon du ciel sur la terre. Et il a élevé le monde, en semence d’éternité.

+ Antoine de Romanet
Evêque aux Armées françaises

Mots-clés: soldats, héros, admiration, exemple, Saint Maximilien Kolbe

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  • Bienheureuse Charlotte - et ses compagnes, Carmélites de Compiègne, martyres (✝ 1794)
    Anne Marie Madeleine Françoise Thouret, en religion Sœur Charlotte de la Résurrection est née en 1715 à Mouy dans le diocèse de Beauvais. Lorsqu'éclate la Révolution française, en 1789, la communauté du Carmel de Compiègne compte 21 religieuses. 18 monteront sur l'échafaud. Conformément au décret du 13 février 1790 qui supprime les Ordres religieux contemplatifs, chaque carmélite est invitée à déclarer si son intention est de sortir de son monastère. Toutes affirment "vouloir vivre et mourir dans cette sainte maison." En 1792, la Mère prieure leur propose "un acte de consécration par lequel la communauté s'offrirait en holocauste pour que la paix divine, que le Fils de Dieu était venu apporter au monde, fut rendue à l'Église et à l'État." Le 14 septembre 1792, elles sont expulsées de leur couvent. Chaque jour, elles prononcent l'acte d'offrande. Le 23 juin 1794, au temps de la Grande Terreur, elles sont arrêtées. Jugées et condamnées à mort le 17 juillet, elles sont guillotinées le soir même, sur la place de Nation à Paris. Leurs corps furent enterrés au cimetière de Picpus dans une fosse commune, où ils se trouvent encore dans le jardin des religieuses. Carmélites de Compiègne.À Paris, en 1794, les bienheureuses Thérèse de Saint-Augustin (Marie-Madeleine-Claudine Lidoine) et quinze compagnes: les bienheureuses Marie-Anne-Françoise Brideau (Sœur Saint-Louis), Marie-Anne Piedcourt (Sœur de Jésus Crucifié), Anne-Marie-Madeleine Thouret (Sœur Charlotte de la Résurrection), Marie-Claudie-Cyprienne Brard (Sœur Euphrasie de l’Immaculée-Conception), Marie-Gabrielle de Croissy (Sœur Henriette de Jésus), Marie-Anne Hanisset (Sœur Thérèse du Cœur de Marie), Marie-Gabrielle Trézelle (Sœur Thérèse de Saint-Ignace), Rose Chrétien de Neufville (Sœur Julie-Louise de Jésus), Annette Pelras (Sœur Marie-Henriette de la Providence), Marie-Geneviève Meunier (Sœur Constance), Angélique Roussel (Sœur Marie du Saint-Esprit), Marie Dufour (Sœur Sainte-Marthe), Élisabeth-Julie Vérolot (Sœur Saint-François), Catherine et Thérèse Soiron (sœurs converses), vierges, carmélites de Compiègne et martyres. Sous la Révolution française, elles furent condamnées à mort parce qu’elles avaient conservé fidèlement la vie religieuse et, avant de monter à l’échafaud, elles renouvelèrent leur profession de foi baptismale et leurs vœux religieux.