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La Vie des Diocèses - émission de KTO du 24 juin 2019

Père RAIMBAULT Joseph, un prêtre brancardier


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Le P. Raimbault, prêtre du diocèse de Bourges, a été brancardier durant  toute la 1
ère guerre mondiale.

A la fin de la guerre des voix d’aumôniers et de soldats, célèbres parfois, ont émis des jugements sur les brancardiers qu’ils considéraient comme « embusqués ». 

Le P. Raimbault a décidé de rendre hommage aux brancardiers à travers un petit livre de poèmes publié en 1958.

A nos braves brancardiers

PREFACE (du livre)

Les BRANCARDIERS (dont le nom indique suffisamment les fonctions : transport de blessés sur brancards), ressortissent au « Service de Santé militaire ». Il y eut, de tout temps, dans nos unités combattantes, des hommes désignés ou volontaires, pour les premiers soins à donner aux blessés et aux malades. Mais on peut dire que l’organisation technique du Service des Brancardiers ne remonte qu’à l’année 1908, où il fut expérimenté, pour la première fois, aux « Grandes manœuvres du Centre » (Bas-Berry et Touraine).

On y distingue en effet, depuis lors, trois sortes de brancardiers :

  1. les brancardiers régimentaires ;
  2. les brancardiers divisionnaires
  3. les brancardiers de Corps d’Armée

-         a) le blessé, ramassé sur le champ de bataille par les musiciens de régiment ou les brancardiers régimentaires proprement dits (et même parfois par des divisionnaires qui viennent renforcer les premiers) était soigné sommairement sur place, au moyen d’un pansement individuel que chaque combattant devait porter sur soi. Puis il était transporté au Poste de secours régimentaire, appelé « nid de blessés », ordinairement à proximité des combattants et d’une source d’eau.
C’était là une première étape accomplie par le blessé. On y procédait donc à un pansement très sommaire, à la pose d’appareils de fortune, pour y arrêter les hémorragies, ou permettre le transfert des membres fracturés.

-         b) Brancardiers divisionnaires
A la sortie des postes de secours, les voitures (ou brouettes-brancards des brancardiers divisionnaires) conduisaient l’homme jusqu’à l’ambulance divisionnaire, ordinairement située à quelques kilomètres de la bataille. On y procédait à un premier  triage des victimes (grands, moyens et petits blessés) et des malades, comme aussi à une révision plus attentive des pansements.

-         c) Brancardiers de corps d’armée
En 1914, le « front » s’étant stabilisé après quelques mois de guerre, dite de « mouvement », le rôle des brancardiers de corps se transforma en de multiples services : confection ou comblement, par exemple, des feuillées à l’usage des troupes : hygiène des cantonnements destinés aux unités de passage à l’arrière des lignes ; entretien des cimetières militaires ; on fit même d’eux des terrassiers et des fossoyeurs, voire des manœuvres agricoles ou des ouvrier d’usine.
Il est clair que l’aviation de bombardement a bouleversé depuis lors toute la technique de la guerre terrestre et marine, et avec elle le service sanitaire proprement dit (transfert et soins des malades et blessés, aumôneries, etc).

Disons un mot de cette dernière.

Aumônerie militaire

Parallèlement aux secours sanitaires prodigués à nos blessés, durant la guerre 1914-18, les secours religieux et moraux leur furent assurés par de zélés et dévoués Aumôniers.

Il y avait un aumônier catholique par Division ; un aumônier catholique, un rabbin, un pasteur protestant par corps d’armée, tous assimilés, au grade de capitaine.
En plus, de nombreux prêtres soldats, volontaires ou désignés par l’autorité religieuse, d’accord avec l’autorité militaire, furent promus aumôniers régimentaires. Tel l’auteur de ces notes au 37è régiment d’artillerie de bourges avec le titre de brigadier-brancardier, aumônier du groupe.
Que conclure de cette courte introduction, sinon que les brancardiers quels qu’ils soient (de corps d’armée, divisionnaires ou régimentaires) loin d’être des « embusqués » comme s’est plu à les désigner la malignité publique, pour ne pas dire la jalousie, sont de vrais combattants, sans autre arme que leur brancard, vivant et mourant au milieu de leurs camarades armés ; et que par conséquent ils ont droit à notre admiration et à notre reconnaissance. D’ailleurs le pourcentage de leurs morts (tués ou décédés de maladie) atteint presque celui des combattants eux-mêmes, 40 à 50 % au lieu de 50 à 60 % pour les premiers.

                                                                 Joseph Raimbault

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(les documents nous ont été remis par Mme Boutard, à qui le P. Raimbault avait dédicacé un exemplaire de son recueil).

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