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Histoire du Pèlerinage Militaire International

Un événement fondateur en 1944 à la grotte. Cet événement est rapporté dans la presse toulousaine du 13 décembre 1944 : la présence à la grotte le même jour de militaires des Forces françaises de l’Intérieur et de soldats soviétiques. Le journal de la grotte du 17 décembre 1944 relaie l’information et livre des détails sur cette singulière présence : la messe du dimanche 10 décembre à la basilique du Rosaire est célébrée en présence de Mgr Saliège, archevêque de Toulouse. L’assemblée réunit 120 blessés des derniers combats, ainsi que des autorités militaires françaises et des représentants des armées alliées. Une cérémonie a même eu lieu auparavant aux monuments aux morts avec la participation officielle d’autorités civiles. Parmi les prêtres qui accompagnent l’archevêque de Toulouse, le père André Besombes, vicaire à la paroisse Saint Exupère de Toulouse et aumônier militaire. 80 militaires de la garnison de Toulouse l’ont suivi.

C’est précisément au retour de ce pèlerinage régional que l’archevêque de Toulouse demande au père Besombes d’organiser le rassemblement de militaires à Lourdes. Ce dernier organise la première rencontre du 22 au 24 septembre 1945. Une tâche à laquelle il se dévouera avec zèle. Tant et si bien que le pèlerinage deviendra national en 1947 avec l’accord du nouveau directeur de l’aumônerie militaire, le père Jean Badre. En 1947, on note la participation discrète au pèlerinage militaire du père Ludwig Steger, prêtre du diocèse de Rottenburg (Allemagne), soldat, prisonnier de guerre depuis 1944 au camp des Sables, près de Toulouse. Il avait noué une solide amitié avec le père Besombes qui venait régulièrement visiter les prisonniers de guerre. C’est de cette amitié que naîtra la volonté de faire de ce pèlerinage un grand rassemblement. À ses débuts, le pèlerinage militaire à Lourdes s’inscrit dans une perspective de réconciliation franco-allemande.

En 1956, avec la création de la nouvelle Armée allemande se met en place l’aumônerie militaire de ce pays. Les relations entre les deux aumôneries catholiques française et allemande se multiplient. Très vite est perçue l’importance que revêtirait un rassemblement des armées étrangères à la grotte ; ces armées qui il n’y a pas si longtemps se combattaient. En 1958, l’aumônerie catholique des armées françaises décide de l’élargir aux autres Nations désireuses de promouvoir la réconciliation et la paix. Le 6 février 1958, à Fontainebleau les aumôniers de Belgique, du Canada, de Grande-Bretagne, d’Hollande, d’Italie, du Luxembourg, du Portugal, des États-Unis et de France décident des modalités de participation au premier Pèlerinage Militaire International, qui se tiendra du vendredi 13 juin au lundi 16 juin 1958. Ce premier (PMI) rassemble 40.000 pèlerins issus de 11 pays. Il œuvre depuis pour la fraternité des peuples, la spiritualité des armées et l’accompagnement des blessés. Cette réunion de Fontainebleau peut être considérée comme l’ancêtre de la Conférence Internationale Préparatoire (CIP) qui se réunit chaque année au mois d’octobre dans l’un des états membres afin de décider des orientations et des modalités du prochain PMI.

Rappelons enfin que ce premier rassemblement pour la « réconciliation des Peuples du monde » (discours du maréchal Juin au camp militaire) précédera la grande rencontre les 14 et 15 septembre 1958 entre le général de Gaulle et le chancelier allemand Konrad Adenauer  qui scellera politiquement la réconciliation entre les deux pays. Quel est le lien ?