Chers amis,
Quelle joie de nous retrouver ce matin encore à Lourdes pour cet événement unique au monde ou plus de 40 nations, avec ses uniformes, viennent ensemble prier pour la paix. Rappelons-nous les origines du Pèlerinage Militaire International, le drame absolu de la Seconde Guerre mondiale. Cette rupture dans l’histoire de l’humanité, où certains ont voulu éliminer un peuple entier pour le témoignage qu’il porte et cette réalité de l’arme atomique, qui en a pour une part, résulter.
Nous venons de vivre des années de paix, tout à fait exceptionnelles, qui sont une sorte de parenthèse dans l’histoire de l’humanité. Et voilà que nous sentons que cet ordre, issu de la fin de la Seconde Guerre mondiale, est plus que jamais remis en question. Nous sentons que ce n’est plus la force de la loi, mais la loi de la force, que certains cherchent à imposer. Nous sentons combien une forme d’idolâtrie du pouvoir, de la puissance, se répand en une forme d’idéologie mortifère. Et voici qu’ici, à Lourdes, nous venons témoigner que tout en accueillant pleinement l’histoire, l’héritage, la culture de chacun de nos peuples et de chacune de nos nations, dont nos uniformes sont une expression magnifique, quelque chose, quelqu’un est en surplomb, Notre Créateur, le Christ ressuscité et cette réalité de la fraternité qui est le ciment même de notre humanité.
Quelle grâce de venir ensemble redire à la face du monde entier que cette fraternité reçue est le fondement absolu de ce que nous avons à vivre, de ce que nous avons à construire. Je salue d’une manière toute particulière la délégation allemande avec laquelle l’histoire nous a donné de construire ce Pèlerinage Militaire International. Je salue la mémoire du cardinal Saliège qui en 1942, le premier, s’est insurgé contre ce qu’il y avait alors d’inhumain sur notre sol, lui qui a été fait compagnon de la libération et juste parmi les justes, et qui nous dit combien chacun d’entre nous sommes invités à écouter notre conscience et à nous élever, quel que soit les circonstances contre tout ce qui bafoue la réalité de l’âme humaine, la beauté de la création, l’admirable que porte le visage de chacun de nos frères.
Mes amis, quelle joie, quel honneur de vous saluer chacun de toute vos provenances et de toutes vos responsabilités, de saluer M. le préfet du département qui nous dit combien nous sommes accompagnés par les plus hautes autorités de l’état, de saluer le Général Métayer, officier général de zone de défense, qui nous accompagne d’une manière décisive dans l’organisation de cet événement, de saluer chacun d’entre vous et le Pèlerinage que vous allez faire en venant jusqu’ici. De saluer très particulièrement les malades et les blessés qui sont ici, à nos côtés et qui nous disent le prix de la guerre, le prix des souffrances, le prix de l’engagement vis-à-vis desquelles nous ne pouvons que nous incliner avec humilité et avec respect.
Oui, la guerre est toujours un drame, un drame de faire, de sang, de larmes. Un drame qui vient percuter les plus pauvres et les plus petits, et quelle noblesse que la condition militaire où en maîtrisant la force, elle est là pour préserver de la violence, préserver les plus pauvres et les plus démunis.
Mes amis, devant cette réalité, quelle joie d’accueillir cette délégation de la garde suisse qui nous dit la présence et la sollicitude du Saint Siège, ainsi que le père Cerchietti qui est ici, représentant la congrégation des Evêques qui accompagne les aumôneries militaires et les diocèses aux armées depuis plus de 30 ans dans un service admirable. C’est le pape Léon qui a commencé son pontificat en évoquant la paix désarmée et désarmante. Qui y a-t-il de plus beau que cette garde suisse qui inaugure l’ensemble de nos délégations et de nos drapeaux, et qui vient nous redire que dans la réalité de chacune de nos personnalités, il est une réalité qui nous surplombe à jamais, cette réalité spirituelle que Lourdes vient incarner de manière exceptionnelle.
Mes amis, alors que le monde vit plus que jamais dans la crainte des affrontements armés, des rapports de force et des rapports de domination, là où les intérêts matériels tendent à prendre le pas sur les considérations humaines. Merveille que notre rassemblement qui vient dire qu’au cœur de notre monde, au cœur de chacune de nos vies et de chacune de nos consciences, il y a quelque chose de plus grand et de plus fort que nous voulons construire ensemble, cette fraternité essentielle dont Lourdes est la manifestation la plus emblématique.
D’une certaine manière, notre PMI prépare la visite du Saint Père qui aura lieu ici à la fin du mois de septembre. Puisse ces journées du PMI être pour chacun d’entre nous, pour chacune de nos délégations, pour chacun de nos pays et pour le monde entier un témoignage magnifique, inspirant, prophétique de ce que l’armée porte de meilleur dans son cœur, la défense des valeurs les plus belles, de liberté et de dignité de chaque homme, de tout homme, de tous les hommes, tous aimés du Seigneur et tous attendu par Lui dans son éternité de lumière.
Bon PMI, que ce soit pour chacun d’entre nous, sous le soleil de Dieu, une occasion de conversion et d’avancer ensemble dans la fraternité, dans la justice et dans la paix.
