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« Ayons une approche qui intègre les réalités militaires et politiques » – Interview de Mgr Antoine de Romanet dans Le Monde – 23/11/2019

Les évêques français ont pris position en 1983, à la suite de Jean Paul II en 1982, considérant comme « moralement acceptable » l’existence de la dissuasion nucléaire, « en l’état actuel des relations internationales ». Une question se pose : les changements géostratégiques doivent-ils conduire à reconsidérer les choses ?

Antoine de Romanet prône le pragmatisme en matière de dissuasion, dans un contexte de montée des tensions. Propos recueillis par Cécile Chambraud publié le 22 novembre 2019.

Sous-Marin Nucléaire Lanceur d'Engins
Sous-Marin Nucléaire Lanceur d’Engins

Antoine de Romanet, 57 ans, est évêque aux armées depuis deux ans. A la tête de ce diocèse non territorial, il dirige l’aumônerie militaire catholique, composée de quelque deux cents-vingt aumôniers. Nommé par le pape après consultation du gouvernement, l’évêque aux armées est placé auprès de l’état-major des armées.

Les évêques français ne se sont pas exprimés sur la dissuasion depuis 1983. Sont-ils à l’unisson de leur pays où le nucléaire militaire fait peu débat ?

Ils ont pris position en 1983, à la suite de Jean Paul II en 1982, considérant comme « moralement acceptable » l’existence de la dissuasion nucléaire, « en l’état actuel des relations internationales ». Une question se pose : les changements géostratégiques doivent-ils conduire à reconsidérer les choses ? En 1993, les évêques américains avaient répondu oui. Après la chute de l’Union soviétique, ils avaient constaté que les puissances nucléaires n’avançaient pas vers le désarmement. Ils avaient donc retiré leur acceptation morale, strictement conditionnée, de la dissuasion. Avec le recul, on peut juger cette position un peu limitée. L’histoire des cinquante dernières années nous apprend que les cartes sont rebattues tous les dix ans – on l’a vu avec l’Afghanistan, le 11-Septembre, l’Irak… Qui sait ce qui se passera dans dix, vingt, trente ans ?

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