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75ème anniversaire du Débarquement

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Centenaire de la bataille de Verdun

© Collections BDIC | Le 61e bataillon de chasseurs à pied en route pour Verdun sur la route de Brabant-le-Roi, le 11 mars 1916.21 février 1916-18 décembre 1916

Commencée le 21 février 1916 à 6h00 du matin par un feu d’artillerie allemande formidable, la bataille de Verdun s’achève le 18 décembre 1916  avec un retour à la même ligne de front. Ces 300 jours de combats ininterrompus, d’héroïsme incandescent, de souffrance invraisemblable symbolisent la Grande Guerre tout entière.

« Après des combats sanglants pendant des mois et les plus lourdes pertes françaises et anglaises, le front en France est le même en décembre 1916 qu’en décembre 1915. », affirme un communiqué officiel allemand du 18 décembre 1916.

© Collections BDIC | Le 61e bataillon de chasseurs à pied en route pour Verdun sur la route de Brabant-le-Roi, le 11 mars 1916.21 février 1916-18 décembre 1916

Commencée le 21 février 1916 à 6h00 du matin par un feu d’artillerie allemande formidable, la bataille de Verdun s’achève le 18 décembre 1916  avec un retour à la même ligne de front. Ces 300 jours de combats ininterrompus, d’héroïsme incandescent, de souffrance invraisemblable symbolisent la Grande Guerre tout entière.

« Après des combats sanglants pendant des mois et les plus lourdes pertes françaises et anglaises, le front en France est le même en décembre 1916 qu’en décembre 1915. », affirme un communiqué officiel allemand du 18 décembre 1916.

Que s’était-il passé dans ces mois d’enfer ?

« Nous avons reçu l’ordre de prendre d’assaut la cote 344 près de Verdun et Verdun lui-même. Notre artillerie a déjà commencé depuis 8h00 avec ses plus gros canons des mortiers de 42, de 38 et de 30. Il va y avoir une lutte comme le monde n’en a jamais vu encore… Espérons que notre entreprise va réussir et que Dieu sera avec nous… », écrit un fusilier allemand dans une lettre à sa mère du 21 février à 14h00. (p.63)

L’Abbé Thellier de Poncheville passe les dix mois sur le Champ de bataille de Verdun. Il livre ses carnets publiés en 1919. Relisons en quelques extraits :

« 2 mars. Au petit jour, avant le départ, des messes sont célébrées tout autour de la nef par une trentaine de prêtres soldats, sur quelques planchettes fixées à deux clous…

 

8 mars. J’assiste à la cérémonie des Cendres dans l’église de Dieue (55) qui est froide, triste : il y a peu de monde. Memento quia pulvis es (« souviens-toi que tu es poussière »)… Jamais nos vies n’ont mieux mérité cet avertissement funèbre. Avant que la cendre bénite ne s’efface de nos fronts, peut-être auront nous commencé à retourner en poussière. Un aumônier a été tué hier dans le voisinage. Où serai-je demain ?

 

9 mars. J’aperçois , dans cette lumière pâlotte, les quinze corps couchés côte à côte, sur du foin, comme une troupe au repos, mais les figures sont bouleversées d’épouvante et les vêtements affreusement maculés… resté seul dans les ténèbres, je prie et je songe. Un rayon qui descend par la brèche du toit guide mon regard vers les tristes victimes. Ils sont bien « mes morts » ces soldats membres de ma paroisse militaire, enfants confiés à ma paternité spirituelle. Ils me connaissent à peine. Ai-je eu seulement l’occasion de leur témoigner ma sympathie ? Mon cœur est en deuil cependant comme si nous nous étions aimés… »

Verdun reste sur le front et les morts s’y entassent. Comment ne pas citer la lettre d’Augustin Frémaux, soldat au 41ème RI, tué à la ferme Mormont à côté de Verdun le 3 octobre 1917, il avait 21 ans  :

« Mes chers parents, sur le point de refaire encore une attaque, j’éprouve le besoin de vous écrire à vous que j’ai toujours aimés et à qui j’ai toujours beaucoup pensé… Il y a eu un moment où j’étais un peu découragé, mais maintenant si j’y vais c’est avec calme et entièrement soumis à la volonté de Dieu. Voilà mes chers parents tout ce que j’ai à dire. Je vous dis adieu ainsi qu’à toute notre chère famille. Comme testament je vous donne mon cœur. Votre fils qui vous a toujours aimé et qui vous aime pour l’éternité, simple soldat mort pour Dieu et pour la France. » (Lettre écrite le 27 septembre 1917)

 

Pour Dieu et pour la France, prions et supplions aujourd’hui alors que les morts peuplent à nouveau nos champs de bataille, nos rues et nos maisons.

+ Luc Ravel évêque aux armées

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