EPINAL (Vosges) : rue Abbé FRIESENHAUSER

(extrait de :  Jean Bossu – Chronique des rues d’Epinal – édition  Jeune Chambre économique d'Epinal et de sa région, 1976 ;  transmis par abbé P. Carillon)

Epinal rue Abbé FRIESENHAUSER

Quand on demande aux Spinaliens ce qu’était l’abbé Friesenhauser, la plupart répondent : «il est mort au champ d’honneur». C’est en effet ce qui est écrit sur la plaque de rue.

Henri-Marie-Joseph Friesenhauser était né à Epinal le 4 janvier 1876. Son père était comptable. Sa mère était une demoiselle L’Ecrivain, parente d’un libraire spinalien.
Ordonné prêtre en 1900, vicaire à Pouxeux, il passa trois mois plus tard, le 29 juin 1900, au service de la paroisse St-Maurice d’Epinal. Il se fit vite remarquer par sa piété et ses qualités d’administrateur. En 1901, il organisait le pèlerinage de Lourdes et en 1907 devenait secrétaire du bureau diocésain des Œuvres.

Il exerça une grande influence sur la jeunesse catholique de cette époque (….) M. Pierre Gillet, ancien directeur de l’hebdomadaire « la plaine des Vosges » sabordée en juin 1940 a bien voulu égrener quelques souvenirs vécus : « J’ai connu de très près l’abbé Friesenhauser quand il était avant-guerre, aumônier de l’Union Vosgienne de la F.G.S.P. (l’actuelle F.S.C.F.), et aumônier de « La Jeanne d’Arc » d’Epinal. Ce cher aumônier était dévoué aux œuvres de jeunesse, avec un allant du tonnerre que nous admirions sans réserve et qui faisait de lui pour nous un grand ami très écouté. J’avais pu mieux apprécier ses nombreuses qualités d’éducateur et de dirigeant des jeunes que nous étions alors, en allant avec lui, sous sa houlette, à Rome, prendre part à un concours de gymnastique, qui groupait, cour Saint-Damase, au Vatican, les meilleures sociétés sportives des patronages de France, en 1907 ou 1908…

(…) Mais revenons à l’abbé Friesenhauser :

Dès les premiers jours de la grande guerre, il partait avec les chasseurs du 21è B.C.P.

Devenu aumônier divisionnaire, il fut de tous les combats : au col du Hantz, à St Blaise, à Plaine, au Donon, à la bataille de la Marne, aux combats de l’Artois, à Verdun, dans la Somme. Il eut sa première citation à l’ordre de la division le 26 mai 1915, rédigée en ces termes : « Aumônier de l’ambulance 7/21, M. l’abbé Friesenhauser a accompagné le 21è bataillon de Chasseurs à pied au combat où il a fait preuve, pendant plusieurs jours, d’un dévouement héroïque et du mépris du danger le plus absolu, apportant aux blessés le secours de son ministère jusque sur la ligne de feu sous un violent bombardement de l’artillerie ennemie ».

Il fut cité une seconde fois à l’ordre de l’armée le 26 avril 1916 : « Aumônier militaire détaché au …R.I. (le nom du régiment n’était pas donné)  depuis son arrivée au corps et particulièrement pendant les rudes journées du 9 au 17 mars 1916 pendant des bombardements très violents, n’a cessé de parcourir les tranchées de première ligne, encourageant les uns, consolant les autres, soignant les blessés et s’efforçant par d’heureuses paroles de réconforter tous ceux qu’il rencontrait. A été un admirable exemple d’abnégation et de dévouement ».  Il eut encore une citation à l’ordre du grand quartier général le 21 septembre 1916, dont nous n’avons pas retrouvé le texte. Il fut décoré de la croix de guerre et de la Légion d’Honneur.

Cet homme courageux s’était donc prodigué auprès de ses camarades de combats, sous les déluges de feu…La mort ne lui faisait certes point peur. Il y était prêt à tout instant.

Le 20 juin 1917, au soir, après avoir été visité ses camarades alors sur le front de l’Aisne, il était revenu au poste de commandement et lisait tranquillement son bréviaire.

Tout à coup, un obus de 77 éclata près de lui, le blessant gravement au côté droit de l’abdomen, à la hanche droite (une blessure affreuse), à la cuisse, à la jambe, au pied, au bras droit.

Le médecin major, venu lui prodiguer ses soins, hocha la tête. Un aumônier militaire, l’abbé Henry, courut à son chevet : « Bonjour Père Henry, lui murmura-t-il, je vais mourir, donnez-moi l’absolution et l’extrême-onction ». Puis il ajouta le mot qui revenait souvent sur les lèvres des mourants : « Pauvre maman ».

Il fut inhumé dans un petit village du Soissonnais, accompagné au champ du repos par quatre de ses compatriotes, les abbés Touvenot, Pierrat, Poiro et Emile Rocmor. Un prêtre professeur, l’abbé Le Galloudec, et son colonel, dirent quelques mots. Il eut une citation posthume à l’ordre de l’armée le 18 juillet 1919.

C’est en 1921 que la ville d’Epinal donna son nom à une rue d’Epinal.

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