La Messe au Camp

carte-postale-grande-guerre028(chanson de Théodore Botrel, sur l’air de La Messe en Mer,  publiée  dans « Le prêtre aux armées » n° 8 du 1er juin 1915)

- Mais comment fera-t-on, sergent,
dans le camp,
Mais comment fera-t-on, sergent ?
Pour nous dire la messe ?
- Demain, dimanche, huit coups tapant,
je tiendrai ma promesse.

 

- Un curé, vous croyez, sergent,
dans le camp,
un curé, vous croyez, sergent,
en trouver un, peut-être ?
- Ne sait-on pas au régiment
Que moi-même suis prêtre ?

- Sans nappe et sans autel, sergent,
dans le camp,
Sans nappe et sans autel, sergent,
Comment allons-nous faire ?
- Sur une caiss’ d’approvisionnement,
Un’ bâch’ fera l’affaire.

- Mais la saint’ Table, alors, sergent,
dans le camp,
Mais la saint’ Table, alors sergent,
En plein air sera mise ?
- Vive le plein air quand l’All’mand
Bombarde les églises !

- Mais comment prévenir, sergent,
dans le camp,
Mais comment prévenir, sergent,
Que le Bon Dieu s’approche ?
- Pour sonner le bon ralliement
Le clairon vaut la cloche.

- Mais, pour l’Elévation, sergent,
dans le camp,
Mais, pour l’Elévation, sergent,
Où trouver la clochette ?
- Le « soixant’quinze », au bon moment,
Servira de sonnette !

- A ce moment, pas vrai, sergent,
dans le camp,
A ce moment chacun, sergent,
S’incline vers la terre ?
- Le front devant Dieu se courbant
Se r’dress’ mieux à la guerre !

- Nous n’avons pas d’orgue, sergent,
dans le camp,
Nous n’avons pas d’orgue, sergent,
Et cela nous tracasse,
- Pour orgue on aura le bon vent
Qui souffle de l’Alsace !

- Nous demand’rons à Dieu, sergent,
dans le camp,
Nous demand’rons à Dieu, sergent,
La fin de nos souffrances.
- Ne lui demandez, mes enfants,
Que l’honneur de la France !

Théodore Botrel

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