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Homélie à la Cité Saint-Pierre le 23 mai 2008

En l’honneur de sainte Bernadette – à la cité Saint-Pierre

50ème P.M.I.

 

A l’occasion de ce 50ème Pèlerinage Militaire International à Lourdes, qui coïncide avec le 150ème anniversaire des apparitions de Notre-Dame, il est bon et heureux de pouvoir nous tourner vers Bernadette, de réécouter le message qu’elle nous transmet de la part de Marie et d’y trouver matière à conversion et à encouragement sur le chemin de la sainteté, auquel nous sommes tous invités. Aussi, je crois que c’est une excellente initiative de la part des organisateurs de cette messe d’avoir suggéré de la célébrer en l’honneur de sainte Bernadette.

1 - Deux faits de vie marquant dans l'existence de Bernadette

Dans la vie de Bernadette, je vois deux faits qui vont marquer de façon décisive son existence mais aussi la force de son témoignage et de son rayonnement, dont nous bénéficions encore aujourd’hui.

1.2 -      Epreuve et humilité

Très jeune encore, Bernadette va connaître l’épreuve et l’humiliation, en raison de la ruine de sa famille et de la misère qui en résulte, de la suspicion qui fait accuser son père -qu’on jette en prison- d’être un voleur. Bernadette voit très vite sa santé s’altérer ; elle reste illettrée, ne pouvant aller à l’école…

Plus tard, avec les apparitions, les autorités se défieront d’elle, la prenant pour une menteuse ou une illuminée. Dans sa vie religieuse, à Nevers, aucune humiliation ne lui sera épargnée pour éviter, selon la brillante psychopédagogie de l’époque, qu’elle ne soit prise par l’orgueil, ayant vu la sainte Vierge. Lors de ses vœux, on ne lui donne aucun emploi puisque, prétendument, elle n’est bonne à rien. On prétendra la garder par charité … sans compter l’épreuve de la maladie –asthme- qui l’emportera après de longues années de souffrance, à l’âge de 35 ans.

Eh bien, chez Bernadette, ces épreuves, ces humiliations ne vont ni la rendre aigrie ou amère, ni la pousser à se plaindre ou encore à récriminer contre Dieu, qui ne semble pas faire grand-chose pour elle et soulager ses maux. Au contraire, on la voit garder sa sérénité, même devant les injustices ou les manques de confiance dont elle est victime. On la trouve imperturbablement paisible et joyeuse, voire même facétieuse et ne manquant pas d’humour jusque dans ses derniers moments.

Elle trouve sa joie et sa force en Dieu, « Dieu seul » : formule qu’elle adopte comme un axe de vie spirituelle. A Lourdes, Marie la conviait (comme nous aujourd’hui) à ce triple programme : prière, pauvreté, pénitence. Cela peut nous paraître austère. Pour Bernadette et comme de façon évidente, cette invitation conduisait tout droit à l’exultation du Magnificat et aux Béatitudes.

L’épreuve et l’humiliation, la souffrance, qui peut les accompagner, ne l’ont pas écrasée ; elles lui ont fait rencontrer le Christ. Le Christ portant sa croix, mais aussi le Christ ressuscité, sauveur, dans la gloire. Bernadette l’a bien compris : Jésus ne nous épargne pas la croix, mais la porte avec nous : lourde croix, mais heureuse rencontre. Marie à la grotte avait d’ailleurs averti Bernadette qui l’a maintes fois répété : je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l’autre. Pourtant, les arrhes du Royaume nous sont déjà offertes ici-bas. Bernadette ne s’y est pas trompée. Notre prière ici à Lourdes, c’est aussi ouvrir notre cœur à ce chemin spirituel, à cette espérance.

1.2 -      Favorisée de grâces particulières

Quand on parle de sainte Bernadette, on ne peut pas ne pas évoquer Lourdes, la grotte, les apparitions, privilège extraordinaire, disons-nous. Certes. Non seulement, elle voit la sainte Vierge, mais celle-ci lui transmet un message, lui présente une requête ; finalement le sanctuaire est construit, le pèlerinage s’organise, les foules accourent, les guérisons se multiplient, sainte Bernadette est elle-même réputée en avoir opéré. Elle devient « célèbre ». Mille personnes -et non des moindres- veulent la voir, la toucher …

Rien de tout cela -pourtant si étonnant- ne lui « tourne » la tête. Elle reste attachée à un chemin ordinaire, quotidien, de sainteté ; elle sait bien que l’essentiel est de l’ordre de la charité vive, du don de soi -sacrifice spirituel disait saint Pierre-, jour après jour, ce qu’elle s’exerce à faire auprès de ses sœurs, des malades, des pauvres. Ce n’est pas le caractère extraordinaire ou préternaturel d’une expérience spirituelle qui compte, ni même les œuvres puissantes que l’on pourrait accomplir sur cette terre, mais la charité vive, la prière. A cet égard, la fin de sa vie porte un témoignage décisif. Elle renonce même à retourner à Lourdes, comme on lui en fait la proposition. N’est-elle pas dans l’intimité de Marie par la prière, chaque jour, à Nevers ?

En fait, ses biographes le montrent bien, ce ne sont pas les apparitions de Lourdes ou la rencontre avec Marie qui ont fait basculer Bernadette sur un chemin de sainteté. Les axes spirituels majeurs de sa vie étaient déjà établis auparavant selon la fameuse triade : pauvreté, prière, pénitence, mais la rencontre avec Marie à la grotte permit de révéler au monde la fécondité de ce chemin de sainteté qui, d’emblée, nous étonne et parfois nous fait peur. Bien sûr, les apparitions apportent à Bernadette comme une confirmation, une assurance nouvelle et un élan plus fort pour avancer sur ce chemin.

Si, peu nombreux sont ceux qui voient la sainte Vierge, tous, y compris les pauvres et les faibles peuvent avancer vivement sur ce chemin de perfection suivant cette invitation : pauvreté, prière, pénitence et cette vérité nous importe.

2 - Fortifiée par l'Esprit

Quand on relit à grands traits la vie de sainte Bernadette, on ne peut qu’être saisi de constater autant de force morale, de sagesse, de discernement, malgré tant de défaillances de santé, de jeunesse, de manques de formation ou de scolarisation. Saint Paul disait « C’est quand je suis faible que je suis fort »[1] et « je peux tout en celui qui me fortifie »[2]

. Telle est bien la véritable expérience dont témoigne Bernadette, celle d’être vivifiée, fortifiée, par l’Esprit-Saint et par ses dons.

2.1 – Sagesse de ses réponses

Bernadette face aux autorités : les prêtres, le commissaire, le préfet, qui l’interrogent sans ménagement après les apparitions, c’est Jeanne d’Arc face à ses juges. C’est l’Esprit Saint, comme l’avait promis le Christ[3], qui lui suggère ce qu’il convient de dire : sobriété, simplicité déconcertante, bon sens, mais aussi fermeté, constance, loyauté. On retrouve ce même à-propos, ce même discernement chez Bernadette désormais religieuse à Nevers, que ce soit face aux visiteurs et aux curieux, que ce soit vis-à-vis de ses supérieures en maintes occasions, que ce soit plus encore vis-à-vis de ses compagnes, et notamment des plus jeunes auxquelles elle sait adresser une parole d’encouragement ou un conseil toujours juste et pertinent, …  dons de sagesse, de conseil.

2.2 - Force dans les épreuves

Dans les épreuves de sa vie, Bernadette tient bon et garde sa sérénité joyeuse. La force de l’Esprit Saint l’accompagne et la soutient. Elle y reste disponible, il ne lui manquera pas. Dans sa maladie aux crises répétées, malgré la souffrance, on ne la voit pas tomber dans l’angoisse ou la déprime. C’est plutôt elle qui réconfortait les autres et qui minimisait sa peine. Ne croyons pas qu’il y ait en elle comme une force de volonté surhumaine, mais bien plutôt cette confiance et cette proximité vis-à-vis de Dieu.

2.3 - Un témoignage qui touche les cœurs

Longtemps, Bernadette n’a maîtrisé que difficilement le français, longtemps, elle n’a pas été en mesure de s’exprimer par écrit. Toutes ces difficultés à communiquer n’ont cependant pas prévalu : son témoignage, d’emblée, a porté ; il a traversé la France, il a bouleversé le monde, il est venu à bout des plus vives résistances, par exemple celle du curé, l’abbé Peyramale, des hautes autorités civiles, de l’évêque de Tarbes, si profondément ému par Bernadette.

A Nevers, beaucoup s’attendaient à voir apparaître une haute mystique ; elles ont découvert la petite et toute simple Bernadette. Etonnées d’abord, déçues un moment peut-être, bien vite, elles ont découvert un trésor : simplicité, modestie, mais force pour annoncer la vérité, pour souligner les chemins de la charité, pour ouvrir à l’Espérance.

Bernadette, si affligée humainement, finit par drainer des foules à Lourdes, à la grotte, à Nevers ; aujourd’hui encore, elle suscite une dynamique d’évangélisation digne des Actes des Apôtres en faveur des pauvres et des petits à qui le Seigneur veut révéler les mystères du Royaume[4].

Bernadette nous touche parce qu’elle nous rejoint dans ce qui fait nos fragilités et notre espérance secrète. Chacun de nous fait, d’une manière ou d’une autre, l’expérience de la pauvreté, de la misère, de l’humiliation ; chacun de nous espère atteindre la perfection à laquelle Dieu nous invite et, en même temps, doute de pouvoir y parvenir par ses seules forces et dans la vie ordinaire qui est notre lot. Surgit alors Bernadette et son témoignage : l’épreuve et la souffrance perdurent, mais ne sont pas définitives, elles sont des tremplins pour rejoindre le Christ et le suivre de plus près. La sainteté reste un sommet mais se construit dans le quotidien, dans l’ordre de la charité, non des grâces extraordinaires. Sûrement, comme Bernadette, le juste ne manquera pas de la force d’en haut, des dons de l’Esprit-Saint, s’il sait se tourner vers Dieu avec confiance et fidélité. Bernadette nous montre le chemin, plus encore, elle intercède pour nous aujourd’hui, pèlerins de Lourdes. Qu’elle nous guide sur la route de l’Evangile et du Royaume.

Patrick LE GAL

Evêque aux Armées Françaises


[1] 2 Co 12, 10

[2] Ph. 4, 13

[3] Cf. Lc 21,15

[4] Cf. Mt 11, 25-26

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Saint du Jour

Nominis

14 août 2020

Tous les saints du jour Nominis
  • Saint Maximilien Kolbe - Frère mineur, martyr, fondateur de la Milice de l'Immaculée (✝ 1941)
    Il naît à Lodz en Pologne. Il entre à 16 ans chez les Franciscains conventuels de Lvov. En 1917, alors qu'il est encore étudiant, il fonde avec quelques frères "la Milice de l'Immaculée", mouvement marial au service de l'Eglise et du monde. Prêtre en 1918, il enseigne la philosophie et l'histoire. Dès 1922, il fonde un mensuel pour diffuser la pensée de la Milice et, un peu plus tard, il crée un centre de vie religieuse et apostolique appelé "la Cité de l'Immaculée". En 1930, il se rend au Japon où il fonde encore une autre "Cité". Maximilien est très soucieux de la diffusion de la pensée religieuse par les moyens modernes, les medias. Il rentre définitivement en Pologne en 1936.Fait prisonnier en 1939, battu, libéré, puis de nouveau arrêté en février 1941, il est déporté au camp d'Auschwitz en mai. A la suite d'une évasion, dix prisonniers sont condamnés à mourir de faim enfermés dans un bunker. Parmi eux, un père de famille. Maximilien s'offre de mourir à sa place. On lui demande "Qui es-tu ?" - "Prêtre catholique". Il meurt dans le bunker, le dernier après avoir aidé ses compagnons dans la patience, la paix et le réconfort. Le père de famille sera présent au jour de la canonisation du P. Kolbe à Rome.Sur le site Internet du Vatican, 10 octobre 1982, Place Saint-Pierre, canonisation de Massimiliano Maria Kolbe, O.F.M.Conv. (1894-1941) Photo - Biographie [Italien, Polonais] et lire le Discours aux Missionnaires de l'Immaculée - Père Kolbe (19 juin 2000)- vidéo: Vie de Maximimilien Kolbe, prêtre franciscain polonais, fondateur de la milice de Marie Immaculée, qui, en 1941, a donné sa vie à la place d'un père de famille dans le camp d'Auschwitz.Mémoire de saint Maximilien-Marie Kolbe, prêtre franciscain conventuel et martyr. Fondateur de la Milice de Marie immaculée, il fut déporté pendant la seconde guerre mondiale dans différents lieux d'internement, pour finir au camp d'extermination d'Auschwitz, près de Cracovie, où il se livra aux bourreaux à la place d'un codétenu, en 1941, achevant ainsi sa vie d'apostolat comme un sacrifice de charité et un exemple de fidélité à Dieu et aux hommes.