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La vertu d’espérance

En ce temps d’une crise sanitaire inédite et sans précédent, nous sommes invités, peut-être, plus que jamais, en ce temps du carême, à méditer sur cette vertu essentielle et si nécessaire de l’Espérance.

Je vous invite pour cela à relire la première lettre de l’apôtre saint Pierre qui contient ce message extraordinaire, celui de nous faire sentir, à quel point le Seigneur est toujours à nos côtés et ne nous abandonne jamais, en particulier, dans les moments les plus délicats et les plus difficiles de notre vie.

Le secret de ce message contenu dans cette lettre et qui est venu bouleverser l’histoire de l’humanité, c’est l’événement de Pâques, événement qui nous fait percevoir toute la lumière et toute la joie qui jaillissent de la mort et de la résurrection du Christ.

Oui, le Christ est ressuscité ! Le chrétien doit se rappeler sans cesse cette bonne nouvelle, cette vérité qui est le cœur même de sa foi. Car si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi dira saint Paul (1 Co 15,13-14) ; nous sommes invités à nous rappeler que Jésus est vivant au milieu de nous, qu’il demeure en chacun de nous depuis le jour de notre baptême. C’est de cette espérance dont nous devons rendre compte à un monde qui doute et qui cherche la vérité. (1 P 3, 16)

Cette espérance n’est pas une idée abstraite, un sentiment mais une personne : Jésus Christ.

Elle nous donne de marcher, d’avancer vers Lui, vers cette rencontre définitive, l’éternité promise, la vie éternelle.

Comment définir cette vertu théologale de l’Espérance dont nous avons une idée si vague et qui peut apparaître si mystérieuse et si discrète ? Elle est cette vertu de marche, elle est comme un élan nécessaire dans nos volontés d’hommes et de femmes quand nous atteignons nos limites, quand nous ne pouvons plus. Elle va plus loin que tout puisqu’elle est le moment où Dieu entre en scène.

L’Espérance, parce que Dieu peut tout, nous mène là où nous n’envisagerions pas d’aller par nous-mêmes parce que nous n’en avons pas la force. L’Espérance est cette vie, cette vie même de Jésus ressuscité d’entre les morts qui nous accompagnent vers cet héritage céleste conservé dans les cieux. Charles Péguy dira d’elle, qu’elle est une petite fille de rien du tout entre la foi et la charité et qu’elle est la plus difficile.

« La foi voit ce qui est dans le temps et l’éternité ; l’Espérance voit ce qui n’est pas encore et qui sera. Elle aime ce qui n’est pas encore et qui sera dans le futur du temps et de l’éternité. » (Charles Péguy, Le Porche du mystère de la deuxième vertu, 1912)

Voilà l’Espérance, cette vertu dont nous devons vivre chaque jour parce qu’elle oriente nos pas, nos vies vers ce que nous ne voyons pas encore et qui se dévoile petit à petit sous nos yeux.

Terminons notre méditation par l’acte d’Espérance : « Mon Dieu, j’espère avec une ferme confiance que tu me donneras par les mérites de Jésus Christ le ciel et les grâces pour le mériter, parce que tu es infiniment bon pour nous, tout puissant et fidèle dans tes promesses ».

 

Padré Bertrand Lorentz, aumônier militaire