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La vertu de force

Le catéchisme de l’Église catholique nous enseigne que les vertus sont des dispositions habituelles et fermes à faire le bien. Elles nous aident à nous construire en orientant les forces intérieures que sont les émotions et les passions, les réactions affectives, pour vivre une vie vraiment humaine et chrétienne. Elles nous sont utiles pour acquérir la maîtrise de soi, la joie et la facilité pour vivre une vie moralement bonne.

Parmi ces vertus, il y en a une, qui est une vertu cardinale parce qu’elle s’acquière grâce à la répétition des actes bons, qui s’appelle la FORCE.

Qu’est-ce que la vertu de Force ? C’est la vertu du combat et de la résistance contre l’adversité du mal et tout particulièrement de la grande peur de l’homme qu’est la mort ou, en tout cas, le danger de mort.

Deux aides viennent seconder La Force : la CRAINTE et l’AUDACE.

Avec la crainte, la vertu de Force va nous apprendre à maitriser notre peur du danger et notamment celle de la mort. Est vraiment fort celui qui est capable de regarder la mort en face et de dominer sa crainte pour faire le bien qu’il sait devoir accomplir même au péril de sa vie. La crainte est utile dans la mesure où elle oblige à la prudence.

Mais la crainte sans l’audace, c’est enlever l’héroïcité à la vertu de Force. L’audace répond à un certain goût du danger. Avec l’audace, l’on est quand même capable d’entreprendre malgré un danger très grand parce que le jeu en vaut la chandelle et que le sacrifice qu’il peut exiger n’est pas vain.

Crainte et audace sont finalement comme le bouclier et l’épée qui servent dans un même combat : l’un pour la défense, l’autre pour l’attaque, mais les deux servent la cause de la lutte pour vaincre et s’opposer au mal.

La vertu de Force ne sert-elle que face au danger de mort ? Bien sûr que non, même si elle déploie toute sa capacité dans son acte suprême et évidemment, avec l’aide du Saint Esprit, la vertu de Force maintenue sans défaillance par amour de Jésus-Christ peut nous donner la grâce du martyre qui est son fruit le plus beau. Cependant, il nous faut utiliser la vertu de Force même dans des actes mineurs où la peur est moins vive.

Quels sont les péchés contre la vertu de Force ? Ce sont les excès dans l’utilisation de la crainte et de l’audace. Une crainte excessive qui abandonne le bien conduit à la petitesse de l’âme qu’on appelle la pusillanimité : c’est la porte de la lâcheté. De même que l’audace qui fait prendre des risques imbéciles lorsque le bien à acquérir est plus une affaire de gloire et d’orgueil que la recherche d’un véritable bien n’est plus vertueuse mais vice.

Puisqu’elle est vertu cardinale, la Force articule autour d’elle un ensemble d’autres vertus. En voici quelques-unes : le courage et la fermeté, entreprendre et supporter auxquels saint Thomas d’Aquin rattache les vertus de magnanimité, de magnificence, de patience et de persévérance mais aussi la longanimité et la constance. Autant de vertus à cultiver pour obtenir la Force dans sa perfection.

Alors, bien chers amis, en ces temps de crise dans notre pays tâchons de cultiver un peu, beaucoup, à la folie la vertu de Force.

Padré Benoît Galvan, aumônier militaire