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Clameur de la terre et clameur des pauvres

La démarche synodale autour de l’écologie intégrale mise en place au sein de l’assemblée plénière en Novembre 2018 a vécu sa 5ème et avant-dernière séquence du mardi 2 Novembre au jeudi 4 Novembre 2021 à Lourdes sur le thème « clameur de la terre et clameur des pauvres », en réponse à l’encyclique « Laudato Sí » du pape François au §49.

C’est avec grande joie que nous avons participé à ces trois demi-journées, avec les 120 évêques assistés de leurs invités diocésains. Nous avons écouté avec beaucoup d’intérêt lors de différents ateliers thématiques et de forums, la parole et les initiatives solidaires de personnes en situation de précarité et celles de leurs accompagnateurs du Secours catholique, du réseau Saint Laurent ou de la Société Saint Vincent de Paul…

Il est bon de signaler que cette séquence sur l’écologie intégrale, se déroulait au même moment où les dirigeants mondiaux se réunissaient à la COP 26 à Glasgow. « Nous n’avons pas la prétention de décider quoi que ce soit, mais nous espérons bien nous convertir nous-mêmes » a précisé Mgr De Moulins-Beaufort ».

Au cœur de la séquence, un forum de 8 ateliers présentait une série d’initiatives aux évêques et à leurs invités. Aussi, nous avons pu découvrir plus particulièrement l’engagement du groupe des jardins des Fioretti du diocèse de Pau.

Ce projet soutenu par la paroisse de la Sainte Famille à Pau est mené par 2 jeunes paroissiens qui ont récemment quitté leur position chez Total pour se lancer dans cette aventure.

Pierre Emmanuel Gabe, ingénieur en informatique, avec grande simplicité nous a partagé ce projet passionnant qui nous parle spécialement car il touche de près notre projet de « jardin partagé ». En voici quelques éléments :

-Développer sur un espace réduit les méthodes de la permaculture (maraîchage bio sur sol vivant, concentration des cultures, coopération des différentes espèces, engrais naturels, paillage, économie d’eau, absence de tout produit non naturel) ;

-Faire de ce lieu une vitrine de ce que pourrait être l’agriculture de demain particulièrement dans les zones urbaines ;

-Faire travailler des personnes très éloignées de l’emploi, en particulier des réfugiés irakiens dont la communauté est nombreuse autour de la paroisse, ainsi que des personnes en situation de handicap, afin de mieux les intégrer dans la société ;

-Former les concitoyens à cette technique de maraîchage et leur donner envie de cultiver éthiquement leur propre jardin ;

-Développer une dynamique d’échange et de partage à travers un lieu de convivialité qui accueillera divers évènements dans le but de lutter contre l’isolement et la solitude de certaines personnes ;

-Initier des scolaires au fonctionnement de la nature pour les conduire à l’amour et au respect de la création.

Cet atelier nous a interpelé sur notre processus de conversion écologique et encouragé dans la démarche entreprise tout en nous nourrissant de nouvelles manières de faire ! Même à cette occasion, la dimension du partage était bien présente car nous voilà repartis avec plants de maïs et courges d’autres espèces que les nôtres !

« Clameur de la terre et clameur des pauvres » c’est accepter d’entendre que :

  • Les personnes en précarité sont les premières victimes de la crise écologique ;
  • Les personnes en précarité ont une manière d’être et de vivre qui peuvent nous indiquer des pistes sur une autre façon d’habiter le monde et d’y vivre en frères ;
  • Tout est lié. Puisque tout est lié, c’est la même attitude intérieure qui nourrit notre manière de prendre soin de la création comme de prendre soin de nos frères.

Après « cultiver la terre et se nourrir » (Novembre 2020), « produire et créer, quelles empreintes ? » (mars 2021), nous voilà, touchant le cœur de l’encyclique avec « clameur de la terre et clameur des pauvres », un seul et même cri émanant de la création !

Aussi dans les mois à venir, évêques et délégués diocésains seront invités à réfléchir sur le sens de cette démarche et à recueillir par écrit les fruits de de cette réflexion en commun, a précisé Mgr de Moulins-Beaufort.

Cette session d’automne a été un vrai moment de communion où l’Eglise s’est arrêtée pour écouter, partager, retrouver la proximité avec les plus pauvres afin de leur donner leur vraie place dans l’Eglise. Une démarche de conversion intégrale à laquelle s’engage l’Eglise pour être une Eglise ouverte aux plus pauvres, une Eglise du soin, une Eglise de la fraternité, une Eglise de l’action ! Voilà le défi à relever ! Comment pouvons-nous entrer concrètement dans cette démarche d’écologie intégrale au sein du diocèse aux armées ?

 Aumôniers Marie-Armande et Valence