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L'Eglise et l'arme nucléaire - Réflexions de Mgr Antoine de Romanet

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La Vie des Diocèses - émission de KTO du 24 juin 2019

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Ste Jeanne d'Arc - Homélie de Mgr Antoine de Romanet

Messe 6 janvier Ecole militaire

À l'occasion de la fête de Sainte Jeanne d'Arc, nous vous proposons de lire ou relire cette homélie de Mgr Antoine de Romanet du 6 janvier 2020 à l'occasion du centenaire de la canonisation de cette femme hors du commun.

Cette messe qui nous réunit, autour de cette année Jeanne d’Arc, est une occasion privilégiée pour prier pour la France, pour remettre en nos cœurs cet Essentiel qui nous engendre et qui nous guide.

 

Cet Essentiel qui nous engendre nous a été déployé dans la première lecture que nous avons entendue : Dieu n’a pas choisi ce qui est puissant aux yeux des hommes, mais ce qui est « faible » et « méprisé », pour lui apporter le salut.

Et, d’une certaine manière, c’est tout le mystère de la Nativité qui se trouve ici déployé : Dieu notre Dieu, Créateur du Ciel et de la terre, n’est pas venu à notre rencontre dans le fracas d’une colonne de gloire, armé de chevaux, harnaché de la manière la plus glorieuse. Il est venu dans la simplicité et le dénuement le plus absolu : cet Enfant de la crèche qui vient frapper à la porte de chacun de nos cœurs.

Voilà qui vient convertir le regard trop humain que nous pouvons porter sur la puissance et sur la gloire. La puissance de Dieu n’est pas celle des hommes ; elle n’est pas celle du fracas des armes. La gloire de Dieu n’est pas de ces petites gloires humaines qui peuvent jalonner une existence. C’est d’un tout autre ordre : c’est de l’ordre de Celui qui se fait proche avec la plus grande intensité 

Si Jeanne d’Arc est à ce point bouleversante, c’est parce que cette bergère de Domrémy était, à l’évidence, humainement parlant, dans une situation de simplicité, pour ne pas dire de pauvreté. Et c’est habitée par plus grand qu’elle-même qu’elle va pouvoir abattre toutes les murailles et les frontières qui pouvaient la séparer du roi, pour l’approcher et lui porter un message décisif. C’est bien dans cette réalité de l’humilité que Dieu vient travailler le cœur de chaque homme et que Dieu vient travailler aussi le cœur d’une nation. Si nos existences sont simplement le déploiement de nos ambitions et de nos conceptions humaines, alors tout ceci finit à la tombe. Si la France, notre pays, n’avait pour seul objectif que de défendre ses intérêts et son pré carré, ses avantages, son histoire au sens matériel et humain strict du terme, alors cela ne pourrait se terminer que dans cette poussière appelée à recouvrir le monde.

C’est bien parce que Jeanne porte en elle-même plus qu’elle-même, c’est bien parce que, dans sa pauvreté de cœur et dans sa simplicité, elle accueille une réalité qui la dépasse totalement, qu’elle va pouvoir conduire son pays à l’impensable et à l’inimaginable à vue humaine pour regagner cette liberté et cette dignité en disciple du Christ. Et c’est bien la première question fondamentale que nous pose Jeanne, pour chacun d’entre nous et pour notre époque : est-ce que ce qui nous habite, pour nous-mêmes, pour notre pays, ce sont nos petits projets humains, ou est-ce que nous nous laissons habiter par l’immense projet de Dieu qui, d’une manière impressionnante, a fait de notre pays un peuple de saints, un terreau spirituel, labouré par des générations et des générations entières de chrétiens, qui, par l’engagement de leur existence, font de notre Hexagone un lieu à nul autre pareil d’intensité spirituelle et de témoignage pour le monde ?

Oui, la France, fille aînée de l’Église, cela traduit une réalité spirituelle décisive, dont Jeanne d’Arc fait partie de la manière la plus forte, de ce pays qui, génération après génération, accueillant plus que lui-même, a pu dans les moments les plus décisifs de son histoire se mobiliser pour que son idéal puisse triompher.

Si la Nativité éclaire la première lecture que nous avons entendue, c’est le mystère de Pâques et de la Croix qui est tout entier porté par l’évangile : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ».

La Croix, c’est ce lieu de retournement fondamental de l’histoire de l’humanité ; la Croix, c’est ce gond de l’histoire où l’humanité, marquée par le péché, marquée par la volonté de puissance et par la volonté de domination qui vient s’abattre sur les épaules du Christ, rencontre le Messie, le Fils bien-aimé du Père, Jésus-Christ, Fils de Dieu, vrai Dieu et vrai homme, qui, dans une dépossession totale de lui-même, se donne totalement à la volonté de Dieu. La Croix, c’est ce lieu de retournement où le NON, l’opposition d’Adam, se tourne en un OUI absolu et éternel, le OUI du Fils bien-aimé, le OUI dans lequel nous sommes invités à rentrer, chacun, personnellement.

Cette Croix, elle est le signe de ces choix décisifs qui sont à faire dans l’histoire de chacune de nos vies et dans l’histoire de notre pays. La Croix, c’est ce moment où, pour gagner l’Essentiel, on accepte de perdre toute autre considération, à commencer par sa propre vie. Et les armées, qui sont habitées par cette réalité du sacrifice suprême, savent mieux que personne ce que signifie engager sa vie pour un idéal qui les dépasse. Nous voyons combien, dans l’existence d’un pays comme dans l’existence de chacune de nos vies, il est des Croix, au sens de choix décisif, qui emportent toute autre considération, qui nous conduisent à tout abandonner pour le Christ, pour l’idéal évangélique qu’il met dans nos cœurs, pour la défense de ce qui nous est le plus cher et le plus essentiel.

Parce que, ne nous y trompons pas et c’est une évidence, ce que nous marquons dans cette mémoire de Jeanne d’Arc, patronne secondaire de la France, ce n’est pas un combat fait du fracas des armes : c’est un combat spirituel. Et si Jeanne a été victorieuse, c’est parce qu’elle s’est laissée habitée par plus grand qu’elle-même ; c’est parce qu’elle a laissé la place à l’Esprit du Seigneur ; c’est parce que c’est au cœur de nos pauvretés que le Seigneur peut réaliser une œuvre immense, parce que nous Lui laissons prendre notre cœur de la manière la plus forte. Jeanne d’Arc nous dit d’une manière bouleversante, pour notre époque, combien nous sommes sans cesse invités à avoir les yeux fixés sur le Christ, combien nous sommes invités à choisir et à rechoisir l’Essentiel de la suite du Christ, par son évangile, jour après jour. Ce que Jeanne d’Arc vient nous dire de la manière la plus essentielle, la plus forte et la plus contemporaine, c’est que c’est dans cette alliance de la confiance et de l’humilité, c’est dans la reconnaissance de notre pauvreté et de notre faiblesse que nous pouvons nous laisser habiter par l’Esprit du Seigneur.

C’est Lui qui est vainqueur en toute chose et pour l’éternité qu’il peut offrir à chacun de nous. C’est lui qui est aussi vainqueur dans une nation, dont les enfants sont rassemblés par l’Unique Essentiel.

Puisse-t-il en être ainsi pour notre pays, pour chacun d’entre nous et pour notre époque, éclairés par Jeanne d’Arc qui ne cesse de nous conduire vers l’Essentiel.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Amen.

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Saint du Jour

Nominis

12 août 2020

Tous les saints du jour Nominis
  • Sainte Jeanne-Françoise de Chantal - Fondatrice de la Visitation (✝ 1641)
    Jeanne Françoise Frémyot était la fille du président du Parlement de Bourgogne. C'était un catholique intransigeant en cette époque des Guerres de Religion. A 20 ans, elle épousa le baron de Chantal qu'elle aima d'un grand amour. Épouse accomplie, pieuse à ses heures, elle était une mère parfaite, mais eut la douleur de perdre en bas âge deux de ses six enfants. A 28 ans, quand le baron est tué d'un accident de chasse, elle se révolte, déteste le malheureux meurtrier malgré lui et, au bord du désespoir, elle s'en remet à un confesseur rigoureux. Quatre ans plus tard, elle entend saint François de Sales prêcher un carême et reconnaît en lui le maître spirituel dont elle a besoin. L'évêque de Genève la libère de ses scrupules. De leur confiance réciproque va naître une grande aventure religieuse et spirituelle. Jeanne-Françoise prend le temps d'établir ses quatre enfants dans la vie et fonde l'Ordre de la Visitation-Sainte-Marie, congrégation destinée aux femmes de santé fragile. Après la mort de saint François de Sales, elle maintiendra intacte cette spiritualité salésienne, surtout la vie intérieure abandonnée à Dieu. Pendant 40 ans, elle souffrira de tentations contre la foi, mais l'amour de Dieu lui suffit, écrivit-elle.Illustration: Sainte Jeanne-Françoise de Chantal, véritable portrait dont l'original, peint en 1936, se trouve à la Visitation de Turin. (source: la Visitation à Moulins)"Ah! disait-elle, si le monde connaissait la douceur d'aimer Dieu, il mourrait d'amour!".Voyageuse infatigable, elle parcourut tous les chemins de France pour veiller à l'édification des nombreux monastères de la Visitation. Elle participera activement à la diffusion des ouvrages de saint François de Sales et, par ses propres écrits, apportera sa contribution à la pensée salésienne. (saints du diocèse d'Annecy)Au martyrologe romain, le 12 août, mémoire de sainte Jeanne-Françoise de Chantal, religieuse. Elle avait été mariée au baron de Chantal et lui donna six enfants qu'elle éleva avec sollicitude. Après la mort de son mari, sous la direction de saint François de Sales, elle entra avec bonheur dans la voie de la perfection et accomplit des œuvres de charité, pour les pauvres surtout et les malades. Elle fonda avec lui l'Ordre de la Visitation, qu'elle dirigea avec sagesse, et mourut à Moulins, le 13 décembre 1641.

Les lectures du jour

Messe

(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2020 AELF
  • Première lecture : « Marque d’une croix au front ceux qui gémissent sur toutes les abominations qu’on commet à Jérusalem » (Ez 9, 1-7 ; 10, 18-22)

    Lecture du livre du prophète Ézékiel

    J’entendis le Seigneur Dieu me crier d’une voix forte :
    « Ils sont tout proches, les châtiments de Jérusalem,
    et chacun tient à la main son arme de mort. »
        Alors six hommes s’avancèrent,
    venant de la porte supérieure,
    celle qui est du côté nord.
    Chacun tenait à la main son arme de destruction.
    Au milieu d’eux, un homme, vêtu de lin,
    portant à la ceinture une écritoire de scribe.
    Ils s’avancèrent, et s’arrêtèrent près de l’autel de bronze.
        La gloire du Dieu d’Israël s’éleva au-dessus des Kéroubim où elle reposait,
    et se dirigea vers le seuil de la maison du Seigneur.
    Alors le Seigneur appela l’homme vêtu de lin,
    portant à la ceinture une écritoire de scribe.
        Il lui dit :
    « Passe à travers la ville, à travers Jérusalem,
    et marque d’une croix au front
    ceux qui gémissent et qui se lamentent
    sur toutes les abominations qu’on y commet. »
        Puis j’entendis le Seigneur dire aux autres :
    « Passez derrière lui à travers la ville, et frappez.
    N’ayez pas un regard de pitié, n’épargnez personne :
        vieillards et jeunes gens,
    jeunes filles, enfants, femmes,
    tuez-les, exterminez-les.
    Mais tous ceux qui sont marqués au front,
    ne les touchez pas.
    Commencez l’extermination par mon sanctuaire. »
    Ils commencèrent donc par les vieillards
    qui adoraient les idoles à l’entrée de la maison du Seigneur.
        Le Seigneur ajouta :
    « Rendez impure cette Maison,
    emplissez les cours de cadavres,
    puis sortez ! »
    Ils sortirent donc et frappèrent à travers la ville.

        La gloire du Seigneur quitta le seuil de la Maison
    et s’arrêta au-dessus des Kéroubim.
        Ceux-ci déployèrent leurs ailes ;
    je les vis partir en s’élevant de terre,
    et les roues avec eux.
    Ils s’arrêtèrent à l’entrée de la porte orientale de la maison du Seigneur ;
    la gloire du Dieu d’Israël était au-dessus d’eux.
        C’étaient les Vivants que j’avais vus
    au-dessous du Dieu d’Israël,
    près du fleuve Kebar,
    et je reconnus que c’étaient des Kéroubim.
        Chacun avait quatre faces et quatre ailes,
    et une forme de mains humaines sous ses ailes.
        Leurs faces étaient semblables
    aux faces que j’avais vues près du fleuve Kebar ;
    tel était leur aspect.
    Chacun allait droit devant lui.

                – Parole du Seigneur.

  • Psaume (Ps 112 (113), 1-2, 3-4, 5-6)

    Refrain psalmique : (Ps 112, 4b)

    La gloire du Seigneur domine les cieux.
    ou
    Alléluia !

    Louez, serviteurs du Seigneur,
    louez le nom du Seigneur !
    Béni soit le nom du Seigneur,
    maintenant et pour les siècles des siècles !

    Du levant au couchant du soleil,
    loué soit le nom du Seigneur !
    Le Seigneur domine tous les peuples,
    sa gloire domine les cieux.

    Qui est semblable au Seigneur notre Dieu ?
    Lui, il siège là-haut.
    Mais il abaisse son regard
    vers le ciel et vers la terre.

  • Évangile : « S’il t’écoute, tu as gagné ton frère » (Mt 18, 15-20)

    Acclamation : (cf. 2 Co 5, 19)

    Alléluia. Alléluia.
    Dans le Christ,
    Dieu réconciliait le monde avec lui :
    il a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation.
    Alléluia.

    Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples :
        « Si ton frère a commis un péché contre toi,
    va lui faire des reproches seul à seul.
    S’il t’écoute, tu as gagné ton frère.
        S’il ne t’écoute pas,
    prends en plus avec toi une ou deux personnes
    afin que toute l’affaire soit réglée
    sur la parole de deux ou trois témoins.
        S’il refuse de les écouter,
    dis-le à l’assemblée de l’Église ;
    s’il refuse encore d’écouter l’Église,
    considère-le comme un païen et un publicain.
        Amen, je vous le dis :
    tout ce que vous aurez lié sur la terre
    sera lié dans le ciel,
    et tout ce que vous aurez délié sur la terre
    sera délié dans le ciel.

        Et pareillement, amen, je vous le dis,
    si deux d’entre vous sur la terre
    se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit,
    ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux.
        En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom,
    je suis là, au milieu d’eux. »

                – Acclamons la Parole de Dieu.