Soutenez-nous !

 

Denier Toussaint 2019 extérieur

L'Eglise et l'arme nucléaire - Réflexions de Mgr Antoine de Romanet

nuclear threat

La Vie des Diocèses - émission de KTO du 24 juin 2019

  • diocese
  • Le pape à Nagasaki et Hiroshima : un discernement prophétique des signes des temps – Mgr Antoine de Romanet - 26/11/2019

Le pape à Nagasaki et Hiroshima : un discernement prophétique des signes des temps – Mgr Antoine de Romanet - 26/11/2019

Tour de Babel

Le cri prophétique que vient de lancer le Saint-Père dans son message du 24 novembre sur les armes nucléaires nous offre un discernement providentiel des signes des temps, avec en toile de fond Hiroshima et Nagasaki, la souffrance et l'horreur indescriptible des victimes et de leurs familles.

Au commencement, « Dieu vit tout ce qu'il avait fait, c'était très bon » (Genèse 1,31). Mais par sa désobéissance, « voilà que l'homme est devenu l'un de nous, pour connaître le bien et le mal » (Genèse 3,22). Caïn et Abel illustrent l'intensité du combat spirituel. Le Seigneur met Caïn en garde : « Le péché n'est-il pas à la porte, une bête tapie qui te convoite, pourras-tu le dominer ? » (Genèse 4, 7). Peu après, « Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua. Le Seigneur dit à Caïn : « Où est ton frère Abel ? ». Il répondit : « Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ? » (Genèse 4,8-9).

Cette question tourmente depuis lors la conscience de l'humanité, et notre génération avec acuité. Désormais l'homme a pénétré l'intime de la matière et dispose des moyens de sa destruction totale. Comme au chapitre six de la Genèse, c'est l'existence même de la création qui est compromise : « A cause des hommes, la terre est remplie de violence. Et bien, je vais les détruire et la terre avec eux » (Gn 6,13). En dépit de l'alliance établie avec Noé (Gn 9,17), la volonté de toute-puissance des hommes demeure : « Allons ! bâtissons-nous une ville, avec une tour dont le sommet soit dans les cieux » (Gn 11,4). Alors le Seigneur intervint : « Embrouillons leur langue », et il « les dispersa sur toute la surface de la terre » (Gn 11,7-8).

Sommes-nous à l'époque de Babel ? Ou sommes-nous plutôt à celle de Jonas ? Allons-nous, comme les habitants puis le roi de Ninive, entreprendre un jeûne et nous détourner de nos conduites mauvaises pour ne pas périr (Jon 3,1-10) ?

Notre humanité, dont les instruments de puissance, de domination et de destruction n'ont jamais été aussi impressionnants, prend conscience aujourd'hui de l'unité de son destin. « Cette génération mauvaise et adultère réclame un signe, mais, en fait de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas », dit Jésus à ses contemporains (Mt 16,4). Hiroshima et Nagasaki ne sont-ils pas les signes pour notre génération d'un bouleversant appel à une conversion radicale ?

Les signes des temps, c'est la prise de conscience d'une paix si nécessaire et si fragile. La paix peut s'entendre comme l'absence de guerre, sous forme de menace de violence réciproque. Une paix instable de crainte et de méfiance qui est celle que dénonce le pape avec vigueur. A la suite du Christ, le pape est apôtre de la paix, une paix bâtie sur la coopération et la confiance, empreinte de justice, de fraternité, de solidarité, de dialogue...

En discernant les signes des temps, le pape évoque une « troisième guerre mondiale par morceaux » : un cycle géopolitique de réarmement général massif, le passage de la domination de deux blocs à une multiplicité d'acteurs, d'intérêts et de tensions...

Les signes des temps, ce sont aussi ces innovations qui déploient de nouvelles menaces : biotechnologiques, bactériologiques, chimiques, spatiales, cyberattaques, ... Le sujet n'est plus celui de la seule « arme nucléaire » mais celui de toutes les « armes de destruction massive non discriminantes ». Ajoutons de surcroît qu'avant d'être technique, la question cruciale est celle de la conversion des cœurs.

Les signes des temps, c'est encore, avec « Laudato Si' », la façon dont « tout est lié ». La démographie, l'air, l'eau, les ressources naturelles, le climat, la bio-diversité... ne connaissent pas les frontières politiques, les États-nations et leurs systèmes d'armes. Toute la famille humaine est désormais en danger. « Un monde de paix demande la participation de tous ». 

Les signes des temps sont aussi les cris des pauvres et de la terre qui montent vers le ciel, autant d'injustices et de situations indignes. Le pape l'écrit : « Non à une économie de l'exclusion », « une telle économie tue » (Evangelii Gaudium 53) ; « Non à la nouvelle idolâtrie de l'argent » « qui conduit à la négation du primat de l'être humain » ( EG 55-57) ; « Non à la disparité sociale qui engendre tôt ou tard une violence que la course aux armements ne résout ni résoudra jamais » (EG 60). A Nagasaki, le pape souligne que « dans le monde d'aujourd'hui, où des millions d'enfants et de familles vivent dans des conditions inhumaines, l'argent dépensé et les fortunes gagnées dans la fabrication, la modernisation, l'entretien et la vente d'armes toujours plus destructrices sont un outrage continuel qui crie vers le ciel », alors que ces ressources pourraient être utilisées « au bénéfice du développement intégral des peuples et pour la protection de l'environnement naturel ».

Le pape formule aujourd'hui deux propositions essentielles :

La première est celle du renforcement de l'architecture internationale de contrôle des armes : « Nous ne pourrons jamais nous lasser d'œuvrer et de soutenir avec une insistance persistante les principaux instruments juridiques internationaux de désarmement et de non-prolifération nucléaire (= TNP, ndlr), y compris le Traité sur l'interdiction des armes nucléaires (= TIAN, ndlr)». Le pape relie ainsi clairement le TIAN au TNP. Il invite « à la prière » et à « la recherche infatigable de la promotion d'accords ». Cela prendra du temps, ce « temps qui est supérieur à l'espace » (EG 222) et sans lequel rien de durable ne se construit. Ici comme partout, « la réalité est plus importante que l'idée » (EG 231), et « l'unité prévaut sur le conflit » (EG 226), d'où l'importance d'un chemin concret et réaliste à partir de ce qui « est ». Cela ne peut s'accomplir que de manière générale, concertée et contrôlée. Et comme « le tout est supérieur à la partie » (EG 234), il s'agit de considérer la question dans sa globalité sans séparer « le nucléaire » des questions politiques, géostratégiques, diplomatiques, scientifiques, culturelles... des peuples et de leurs histoires. Le modèle du polyèdre convie à une approche complète des référentiels de puissance, très différents selon les pays et les civilisations.

Il faut aller au-delà des États-nations pour construire ensemble un monde du « Bien commun » qui se révèle être plus que la simple addition des intérêts strictement nationaux. Il faut dépasser les rapports de force et d'intérêts, et promouvoir une organisation internationale qui constitue une authentique instance de négociations.

Un puissant dialogue interreligieux serait ici primordial. Initier un dialogue œcuménique entre catholiques, orthodoxes et réformés, puis le prolonger avec juifs et musulmans, ainsi qu'avec les hommes de bonne volonté de toutes traditions philosophiques ou humanistes permettrait de diminuer les tensions et de contribuer à la détente.

Le deuxième point fondamental souligné par le pape, dans un bouleversant appel à la conversion, renvoie à notre capacité d'habiter en fils et en frères notre planète. C'est un appel à une écologie intégrale. En langage chrétien, il intime de passer du chaos du péché à l'ordre de justice de la charité, en faisant de l'autre notre prochain. En langage universel, il signifie que notre avenir repose sur notre aptitude à vivre fraternellement et solidairement l'immense défi de notre destin commun qui transcende, sans les nier, les frontières et les réalités politiques.

« Suis-je le gardien de mon frère ? ». Cette interrogation qui résonne depuis l'aube de l'humanité est autant celle de la vie que de l'éternité de chacun et de tous. La question des armes nucléaires convoque notre génération à y répondre de la façon la plus essentielle.

Imprimer E-mail

Saint du Jour

Nominis

22 janvier 2020

Tous les saints du jour
  • Saint Vincent - Diacre de Saragosse, martyr à Valence (✝ 304)
    (avec son frère saint Oronce et saint Victor)La vie du patron des vignerons s'est tellement améliorée au cours des temps qu'il est difficile de démêler l'histoire de la légende. Trois faits sont historiques: il était diacre; il sut dominer les plus cruels supplices et, malgré ses souffrances, il chantait, riait et répondait avec humour aux humeurs de son tortionnaire, au point que saint Augustin dira de lui: "A travers cette ténacité, on discerne la puissance de Dieu." "Vincent, diacre de Saragosse, fut mis à mort à Valence (Espagne) avec son évêque Valère en 304 ou 305, après avoir subi la torture. Comme Laurent de Rome, Vincent offre le modèle accompli du service dans l'Église: ministre de l'évêque pour l'offrande du sacrifice et le gouvernement de la communauté, le diacre doit l'accompagner aussi à l'heure suprême du témoignage. Son culte, très répandu dans les pays de vignobles, le fut également à Viviers, où la Cathédrale lui fut dédiée dès le VIe siècle. Vincent signifie 'vainqueur', et la liturgie joue volontiers sur le sens de son nom." (Saint Vincent, diacre et martyr - Titulaire de la cathédrale et patron du diocèse - Église catholique en Ardèche) "Au cours des années 304 et 305, plus d'un millier de chrétiens périront en Espagne sous la torture. Le martyre de Vincent a été rapporté très tôt par le poète Prudence (348-v.415) dans son ouvrage 'La couronne des martyrs'. Son culte s'étendait à la totalité de l'empire romain dès l'époque de saint Augustin (354-430). L'iconographie le représente, en habit de diacre portant l'évangéliaire (proclamé par lui au cours de la messe) et la palme du martyre. Il est encadré de deux ceps de vigne portant des grappes de raisins." (paroisse Saint-Vincent en Narbonnais - Prières à Saint Vincent - Chanson des vignerons pour la fête - site des catholiques de l'Aude)Quant à l'origine de son patronage des vignerons, plusieurs hypothèses sont envisagées.Avec saint Oronce, il fait partie des saints du diocèse de Gap et d'Embrun.Mémoire de saint Vincent, diacre de Sarragosse et martyr. Dans la persécution de Dioclétien, en 304, avec son évêque saint Valère, il fut conduit à Valence, et là, après avoir subi la prison, la faim, le chevalet, des plaques brûlantes, il s'envola au ciel, vainqueur, pour recevoir la couronne du martyre.

Les lectures du jour

Messe

(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2020
  • Première lecture : « David triompha du Philistin avec une fronde et un caillou » (1 S 17, 32-33.37.40-51)

    Lecture du premier livre de Samuel

    En ces jours-là,
    le Philistin Goliath venait tous les jours défier l’armée d’Israël.
        David dit à Saül :
    « Que personne ne perde courage à cause de ce Philistin.
    Moi, ton serviteur, j’irai me battre avec lui. »
        Saül répondit à David :
    « Tu ne peux pas marcher contre ce Philistin pour lutter avec lui,
    car tu n’es qu’un enfant,
    et lui, c’est un homme de guerre depuis sa jeunesse. »
        David insista :
    « Le Seigneur, qui m’a délivré des griffes du lion et de l’ours,
    me délivrera des mains de ce Philistin. »
    Alors Saül lui dit :
    « Va, et que le Seigneur soit avec toi ! »
        David prit en main son bâton,
    il se choisit dans le torrent cinq cailloux bien lisses
    et les mit dans son sac de berger, dans une poche ;
    puis, la fronde à la main, il s’avança vers le Philistin.
        Le Philistin se mit en marche
    et, précédé de son porte-bouclier, approcha de David.
        Lorsqu’il le vit, il le regarda avec mépris
    car c’était un jeune garçon ; il était roux et de belle apparence.
        Le Philistin lui dit :
    « Suis-je donc un chien,
    pour que tu viennes contre moi avec un bâton ? »
    Puis il le maudit en invoquant ses dieux.
        Il dit à David :
    « Viens vers moi,
    que je te donne en pâture
    aux oiseaux du ciel et aux bêtes sauvages ! »
        David lui répondit :
    « Tu viens contre moi
    avec épée, lance et javelot,
    mais moi, je viens contre toi
    avec le nom du Seigneur des armées,
    le Dieu des troupes d’Israël que tu as défié.
        Aujourd’hui le Seigneur va te livrer entre mes mains,
    je vais t’abattre, te trancher la tête,
    donner aujourd’hui même les cadavres de l’armée philistine
    aux oiseaux du ciel et aux bêtes de la terre.
    Toute la terre saura qu’il y a un Dieu pour Israël,
        et tous ces gens rassemblés sauront que le Seigneur
    ne donne la victoire ni par l’épée ni par la lance,
    mais que le Seigneur est maître du combat,
    et qu’il vous livre entre nos mains. »
        Goliath s’était dressé, s’était mis en marche
    et s’approchait à la rencontre de David.
    Celui-ci s’élança et courut vers les lignes des ennemis
    à la rencontre du Philistin.
        Il plongea la main dans son sac,
    et en retira un caillou qu’il lança avec sa fronde.
    Il atteignit le Philistin au front,
    le caillou s’y enfonça,
    et Goliath tomba face contre terre.
        Ainsi David triompha du Philistin avec une fronde et un caillou :
    quand il frappa le Philistin et le mit à mort,
    il n’avait pas d’épée à la main.
        Mais David courut ;
    arrivé près du Philistin, il lui prit son épée, qu’il tira du fourreau,
    et le tua en lui coupant la tête.
    Quand les Philistins virent que leur héros était mort,
    ils prirent la fuite.

                – Parole du Seigneur.

  • Psaume (Ps 143 (144), 1, 2, 9-10)

    Refrain psalmique : (Ps 143, 1a)

    Béni soit le Seigneur, mon rocher !

    Béni soit le Seigneur, mon rocher !
    Il exerce mes mains pour le combat,
    il m’entraîne à la bataille.

    Il est mon allié, ma forteresse,
    ma citadelle, celui qui me libère ;
    il est le bouclier qui m’abrite,
    il me donne pouvoir sur mon peuple.

    Pour toi, je chanterai un chant nouveau,
    pour toi, je jouerai sur la harpe à dix cordes,
    pour toi qui donnes aux rois la victoire
    et sauves de l’épée meurtrière David, ton serviteur.

  • Évangile : « Est-il permis, le jour du sabbat, de sauver une vie ou de tuer ? » (Mc 3, 1-6)

    Acclamation : (cf. Mt 4, 23)

    Alléluia. Alléluia.
    Jésus proclamait l’Évangile du Royaume
    et guérissait toute infirmité dans le peuple.
    Alléluia.

    Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

    En ce temps-là,
        Jésus entra dans une synagogue ;
    il y avait là un homme dont la main était atrophiée.
        On observait Jésus pour voir s’il le guérirait le jour du sabbat.
    C’était afin de pouvoir l’accuser.
        Il dit à l’homme qui avait la main atrophiée :
    « Lève-toi, viens au milieu. »
        Et s’adressant aux autres :
    « Est-il permis, le jour du sabbat,
    de faire le bien ou de faire le mal ?
    de sauver une vie ou de tuer ? »
    Mais eux se taisaient.
        Alors, promenant sur eux un regard de colère,
    navré de l’endurcissement de leurs cœurs,
    il dit à l’homme :
    « Étends la main. »
    Il l’étendit, et sa main redevint normale.

        Une fois sortis, les pharisiens se réunirent en conseil
    avec les partisans d’Hérode
    contre Jésus, pour voir comment le faire périr.

                – Acclamons la Parole de Dieu.