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Denier Toussaint 2019 extérieur

L'Eglise et l'arme nucléaire - Réflexions de Mgr Antoine de Romanet

nuclear threat

La Vie des Diocèses - émission de KTO du 24 juin 2019

  • diocese
  • Message du saint Père à Nagasaki le 24 novembre 2019

Message du saint Père à Nagasaki le 24 novembre 2019

Pape françois en Papamobile en Corée

Chers frères et sœurs, ce lieu nous rend davantage conscients de la souffrance et de l'horreur que nous les êtres humains nous sommes capables de nous infliger. La croix bombardée et la statue de Notre-Dame, récemment découvertes dans la cathédrale de Nagasaki, nous rappellent une fois de plus l'horreur indescriptible vécue dans leur propre chair par les victimes et leurs familles.

L'une des plus profondes aspirations du cœur humain, c'est le désir de paix et de stabilité. La possession des armes nucléaires et d'autres armes de destruction massive n'est pas la réponse la plus appropriée à ce désir. Bien au contraire, elle semble le mettre continuellement à l'épreuve. Notre monde vit la perverse dichotomie de vouloir défendre et garantir la stabilité et la paix sur la base d'une fausse sécurité soutenue par une mentalité de crainte et de méfiance qui finit par envenimer les relations entre les peuples et empêcher tout dialogue possible.

La paix et la stabilité internationales sont incompatibles avec toute tentative de compter sur la peur de la destruction réciproque ou sur une menace d'anéantissement total ; elles ne sont possibles qu'à partir d'une éthique globale de solidarité et de coopération au service d'un avenir façonné par l'interdépendance et la coresponsabilité au sein de toute la famille humaine d'aujourd'hui et de demain.

Ici, dans cette ville qui est témoin des conséquences humanitaires et environnementales catastrophiques d'une attaque nucléaire, les tentatives d'élever la voix contre la course aux armements seront toujours peu de choses. Celle-ci gaspille de précieuses ressources qui pourraient, au contraire, être utilisées au bénéfice du développement intégral des peuples et pour la protection de l'environnement naturel. Dans le monde d'aujourd'hui, où des millions d'enfants et de familles vivent dans des conditions inhumaines, l'argent dépensé et les fortunes gagnées dans la fabrication, la modernisation, l'entretien et la vente d'armes toujours plus destructrices sont un outrage continuel qui crie vers le ciel.

Un monde en paix, libre des armes nucléaires, est l'aspiration de millions d'hommes et de femmes partout. Transformer cet idéal en réalité demande la participation de tous : individus, communautés religieuses, société civile, Etats dotés d'armes nucléaires et ceux qui n'en possèdent pas, secteurs militaires et privés, et organisations internationales. Notre réponse à la menace des armes nucléaires doit être collective et concertée, sur la base de la construction, ardue mais constante, d'une confiance mutuelle qui brise la dynamique de méfiance qui prévaut actuellement. En 1963, le saint Pape Jean XXIII, dans l'Encyclique Pacem in terris, lançant lui aussi un appel pour l'interdiction des armes atomiques (cf. n. 60), affirmait qu'une paix internationale vraie et constante ne peut se fonder sur l'équilibre des forces militaires, mais uniquement sur la confiance réciproque (cf. n. 61).

Il faut rompre la dynamique de méfiance qui prévaut actuellement et qui fait courir le risque d'arriver au démantèlement de l'architecture internationale de contrôle des armes. Nous assistons à une érosion du multilatéralisme d'autant plus grave si l'on considère le développement des nouvelles technologies des armes ; cette approche semble plutôt absurde dans le contexte actuel marqué par l'interconnexion, et constitue une situation qui exige une attention urgente et un engagement de la part de tous les leaders.

L'Eglise catholique, pour sa part, est irrévocablement engagée dans la décision de promouvoir la paix entre les peuples et les nations : c'est un devoir auquel elle se sent obligée devant Dieu comme devant tous les hommes et femmes de cette terre. Nous ne pourrons jamais nous lasser d'œuvrer et de soutenir avec une insistance persistante les principaux instruments juridiques internationaux de désarmement et de non-prolifération nucléaire, y compris le Traité sur l'interdiction des armes nucléaires. En juillet passé, les évêques du Japon ont lancé un appel pour l'abolition des armes nucléaires, et, tous les mois d'août, l'Eglise japonaise organise une rencontre de prières de dix jours pour la paix. Que la prière, la recherche infatigable de la promotion d'accords, l'insistance sur le dialogue, soient les ''armes'' dans lesquelles nous mettons notre confiance, et aussi la source d'inspiration des efforts pour construire un monde de justice et de solidarité qui apporte de réelles garanties pour la paix.

Convaincu qu'un monde sans armes nucléaires est possible et nécessaire, je demande aux leaders politiques de ne pas oublier que ces armes ne nous défendent pas des menaces contre la sécurité nationale et internationale de notre temps. Il faut considérer l'impact catastrophique de leur usage du point de vue humanitaire et environnemental, en renonçant au renforcement d'un climat de crainte, de méfiance et d'hostilité, créé par des doctrines nucléaires. L'état actuel de notre planète exige, pour sa part, une réflexion sérieuse sur la manière dont toutes ces ressources pourraient être utilisées, en référence à la complexe et difficile application de l'Agenda 2030 pour le Développement Durable, et atteindre ainsi des objectifs comme le développement humain intégral. C'est ce que suggérait le saint Pape Paul VI déjà en 1964, lorsque qu'il a proposé d'aider les plus déshérités à travers un Fond Mondial, alimenté par une partie des dépenses militaires (cf. Discours aux journalistes, Bombay, 4 décembre 1964 ; Lett. enc. Populorum progressio, 26 mars 1967, n. 51).

Pour toutes ces raisons, il devient crucial de créer des instruments qui assurent la confiance et le développement mutuel, et de compter sur des leaders qui soient à la hauteur des circonstances. C'est par ailleurs une tâche qui nous interpelle et nous concerne tous. Personne ne peut être indifférent face à la souffrance de millions d'hommes et de femmes qui continuent aujourd'hui à interpeller notre conscience ; personne ne peut rester sourd face au cri du frère blessé qui appelle ; personne ne peut fermer les yeux face aux ruines d'une culture incapable de dialogue.

Unissons-nous dans la prière, tous les jours, pour la conversion des consciences et pour le triomphe d'une culture de la vie, de la réconciliation et de la fraternité. Une fraternité qui sache reconnaître et garantir les différences dans la recherche d'un destin commun.

Je sais que certaines personnes ici présentes ne sont pas catholiques, mais je suis sûr que nous pouvons tous faire nôtre la prière pour la paix attribuée à Saint François d'Assise :

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix, là où il y a la haine, que j'apporte l'amour, là où il y a l'offense, que j'apporte le pardon, là où il y a le doute, que j'apporte la foi, là où il y a le désespoir, que j'apporte l'espérance, là où il y a les ténèbres, que j'apporte la lumière, là où il y a la tristesse, que j'apporte la joie.

En ce lieu de mémoire, qui nous émeut et ne peut nous laisser indifférents, il est encore plus riche de sens de nous confier à Dieu, pour qu'il nous enseigne à être des instruments efficaces de paix et à veiller aussi à ne pas commettre les mêmes erreurs du passé.

Puissiez-vous, vous-mêmes et vos familles ainsi que la nation tout entière, expérimenter les bienfaits de la prospérité et de l'harmonie sociale !

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Saint du Jour

Nominis

4 avril 2020

Tous les saints du jour
  • Saint Isidore de Séville - Docteur de l'Église - Évêque et confesseur (✝ 636)
    Son père Severianus avait dû fuir Carthagène devant les Wisigoths qui, non contents d'être des barbares(*), avaient adopté l'hérésie arienne et persécutaient les catholiques. Il se réfugia à Séville. Ses quatre enfants deviendront des saints : Léandre, Florentine, Fulgence et Isidore. A la mort de ses parents, Isidore est encore bien jeune, mais son frère ainé, saint Léandre, devenu évêque de Séville, l'élève comme un fils. Isidore se nourrit, se gave, des livres dont regorge la bibliothèque fraternelle. En 599, à la mort de Léandre, Isidore lui succède comme évêque de Séville. Il présidera des conciles et travaillera à la conversion des Goths à la vraie foi. Son "Histoire des Goths" nous est très utile car, sans elle, nous ne saurions presque rien des Goths et des Vandales. Tout en gouvernant avec un grand dévouement son diocèse, il écrit sans relâche. Toutes les richesses de la culture classique qui ont enchanté sa jeunesse, il les sent menacées par les invasions barbares. Or ce sont des trésors qui peuvent être utiles pour une meilleure compréhension des Écritures. Il rédige donc de très nombreux ouvrages, dont le plus connu "les Étymologies" (de l'origine des choses) est une encyclopédie qui transmettra aux siècles suivants l'essentiel de la culture antique. C'est à lui, avant les Arabes, que l'Occident doit sa connaissance d'Aristote. Ce sera une des bases des études en Occident jusqu'à l'époque de la Renaissance. Il occupera le siège épiscopal de Séville durant quarante ans, y fonda de grands collèges et influença les conseils royaux. On le considère aussi comme l'un des initiateurs de la liturgie mozarabe. Il meurt dans sa cathédrale, étendu sur le sol, tout en continuant de parler à l'assistance.(*) au sens étymologique du terme, c'est à dire parlant une autre langue que le grec.- Le 18 juin 2008, Benoît XVI a consacré la catéchèse de l'audience générale à Isidore de Séville (560-636), défini en 653 par le concile de Tolède comme "la gloire de l'Église catholique": L'enseignement de saint Isidore de Séville sur les relations entre vie active et vie contemplative.- Un saint pour internet: Saint Isidore de Séville - portail des jeunes de l'Eglise catholiqueMémoire de saint Isidore, évêque et docteur de l'Église. Disciple de son frère saint Léandre, il lui succéda sur le siège de Séville en Espagne, écrivit beaucoup d'ouvrages d'érudition, convoqua et dirigea de nombreux conciles et se livra avec sagesse au zèle de la foi catholique et à l'observance de la discipline ecclésiastique. Il mourut à Séville en 636.

Les lectures du jour

Messe

(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2020
  • Première lecture : « J’en ferai une seule nation » (Ez 37, 21-28)

    Lecture du livre du prophète Ézékiel

    Ainsi parle le Seigneur Dieu :
    « Je vais prendre les fils d’Israël
    parmi les nations où ils sont allés.
    Je les rassemblerai de partout
    et les ramènerai sur leur terre.
              J’en ferai une seule nation
    dans le pays, sur les montagnes d’Israël.
    Ils n’auront tous qu’un seul roi ;
    ils ne formeront plus deux nations ;
    ils ne seront plus divisés en deux royaumes.
              Ils ne se rendront plus impurs
    avec leurs idoles immondes et leurs horreurs,
    avec toutes leurs révoltes.
    Je les sauverai en les retirant de tous les lieux où ils habitent
    et où ils ont péché,
    je les purifierai.
    Alors ils seront mon peuple,
    et moi je serai leur Dieu.
              Mon serviteur David régnera sur eux ;
    ils n’auront tous qu’un seul berger ;
    ils marcheront selon mes ordonnances,
    ils garderont mes décrets et les mettront en pratique. 
             Ils habiteront le pays que j’ai donné à mon serviteur Jacob,
    le pays que leurs pères ont habité.
    Ils l’habiteront, eux-mêmes et leurs fils,
    et les fils de leurs fils pour toujours.
    David, mon serviteur, sera leur prince pour toujours.
              Je conclurai avec eux une alliance de paix,
    une alliance éternelle.
    Je les rétablirai, je les multiplierai,
    je mettrai mon sanctuaire au milieu d’eux pour toujours.
              Ma demeure sera chez eux,
    je serai leur Dieu et ils seront mon peuple.
              Alors les nations sauront que Je suis le Seigneur,
    celui qui sanctifie Israël,
    lorsque mon sanctuaire sera au milieu d’eux pour toujours. »

                            – Parole du Seigneur.

  • Cantique (Jr 31, 10, 11,-12ab, 13)

    Refrain psalmique : (cf. Jr 31, 10d)

    Le Seigneur nous garde,                        
    comme un berger son troupeau.

    Écoutez, nations, la parole du Seigneur !
    Annoncez dans les îles lointaines :
    « Celui qui dispersa Israël le rassemble,
    il le garde, comme un berger son troupeau.

    Le Seigneur a libéré Jacob,
    l’a racheté des mains d’un plus fort.
    Ils viennent, criant de joie, sur les hauteurs de Sion :
    ils affluent vers les biens du Seigneur.

    La jeune fille se réjouit, elle danse ;
    jeunes gens, vieilles gens, tous ensemble !
    Je change leur deuil en joie,
    les réjouis, les console après la peine. »

  • Évangile : « Afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11, 45-57)

    Acclamation : (Ez 18, 31)

    Ta parole, Seigneur, est vérité,
    et ta loi, délivrance.

    Rejetez tous les crimes que vous avez commis,              
    faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau.
    Ta parole, Seigneur, est vérité,
    et ta loi, délivrance.

    Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

    En ce temps-là,
    quand Lazare fut sorti du tombeau,
              beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie
    et avaient donc vu ce que Jésus avait fait,
    crurent en lui.
              Mais quelques-uns allèrent trouver les pharisiens
    pour leur raconter ce qu’il avait fait.
              Les grands prêtres et les pharisiens
    réunirent donc le Conseil suprême ;
    ils disaient :
    « Qu’allons-nous faire ?
    Cet homme accomplit un grand nombre de signes.
                       Si nous le laissons faire,
    tout le monde va croire en lui,
    et les Romains viendront détruire notre Lieu saint
    et notre nation. »
              Alors, l’un d’entre eux, Caïphe,
    qui était grand prêtre cette année-là,
    leur dit :
    « Vous n’y comprenez rien 
              vous ne voyez pas quel est votre intérêt :
    il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple,
    et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. »
              Ce qu’il disait là ne venait pas de lui-même ;
    mais, étant grand prêtre cette année-là,
    il prophétisa
    que Jésus allait mourir pour la nation ;
              et ce n’était pas seulement pour la nation,
    c’était afin de rassembler dans l’unité
    les enfants de Dieu dispersés.

              À partir de ce jour-là,
    ils décidèrent de le tuer.
              C’est pourquoi Jésus ne se déplaçait plus ouvertement
    parmi les Juifs ;
    il partit pour la région proche du désert,
    dans la ville d’Éphraïm
    où il séjourna avec ses disciples.
              Or, la Pâque juive était proche,
    et beaucoup montèrent de la campagne à Jérusalem
    pour se purifier avant la Pâque.
              Ils cherchaient Jésus
    et, dans le Temple, ils se disaient entre eux :
    « Qu’en pensez-vous ?
    Il ne viendra sûrement pas à la fête ! »
              Les grands prêtres et les pharisiens avaient donné des ordres :
    quiconque saurait où il était devait le dénoncer,
    pour qu’on puisse l’arrêter.

                            – Acclamons la Parole de Dieu.