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Denier Toussaint 2019 extérieur

La Vie des Diocèses - émission de KTO du 24 juin 2019

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  • L'Eglise et l'arme nucléaire - Synthèse de Mgr Antoine de Romanet

L'Eglise et l'arme nucléaire - Synthèse de Mgr Antoine de Romanet

nuclear threat

L’arme nucléaire en 2019 :

évolutions stratégiques, militaires, diplomatiques,

juridiques et morales.

Quelle parole pour l’Église catholique aujourd’hui ?

 

 

SYNTHÈSE EN 24 POINTS

 

« Si vous mettez l’arme nucléaire hors-la-loi,

 seuls les hors-la-loi utiliseront l’arme nucléaire »

 

  • Avec la mise en œuvre de l’énergie atomique sous forme d’armes de guerre, l’humanité est entrée dans un « nouvel âge », terrifiant : désormais l’homme a pénétré l’intime de la matière/masse/énergie et tient entre ses mains la capacité de décider de la « fin du monde ».
  • Il faut un important investissement personnel pour sortir de tensions clivantes entre les « pour » et les « contre » le nucléaire militaire: le sujet n’est ni d’être « pour » ni d’être « contre », mais de partir du réel pour tenter d’avancer concrètement vers un monde de justice, de confiance et de paix. Le coeur du sujet est que la rationalité de la dissuasion tient au fait qu’elle « contient » la violence, au double sens du terme, c’est-à-dire qu’elle est cette stratégie qui intériorise une violence absolue pour la limiter absolument, c’est-à-dire pour en interdire l’emploi. La question du nucléaire a tout à gagner à être intégrée dans une approche structurée, transversale et globale prenant en compte la complexité et la volatilité des réalités géopolitiques contemporaines.
  • L’arme nucléaire comme acculant l’humanité à réaliser son unité face à la menace : face à la violence désormais infinie, l’humanité prend conscience d’elle-même et de son unité ; elle a tout entière la responsabilité de sa vie et de sa mort ; elle est unie. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, peut-être l’entrée dans l’âge atomique marque-t-elle aussi l’entrée par la face négative dans une histoire réellement universelle, c’est-à-dire une histoire où l’humanité peut se poser comme sujet responsable d’elle-même et de son avenir.
  • La question est celle du chemin, qui est d’abord un chemin moral et spirituel de conversion et de désarmement des cœurs : il convient de ne pas s’égarer dans des considérations techniques ou stratégiques qui peuvent masquer le vrai sujet, celui des mécanismes de régulation, de négociation, de dialogue et de confiance sur un mode « gagnant-gagnant », et donc d’abord et avant tout celui de la conversion des âmes ! Le nucléaire n’est qu’une question secondaire de la question militaire qui est elle-même secondaire de la question politique et vient occulter la question de fond de la paix et de la justice. Est-il satisfaisant qu’une grande partie de l’humanité fasse reposer sa sécurité sur un moyen de destruction massive ? Est-il moral de cibler des civils pour préserver la paix ? Non, en aucune manière ! C’est une réalité dont on doit chercher les voies de sortie !
  • La question n’est donc pas de se focaliser uniquement sur une fin idéale : avec le rejet de l’emploi de la force en toutes circonstances et l’interdiction immédiate et unilatérale des armes nucléaires, le risque serait de renoncer à accompagner une véritable réflexion éthique sur les moyens de transformer dès à présent l’ordre mondial et à influer sur le cours de l’histoire, ou, pour le dire autrement, de fixer un horizon sans se préoccuper du chemin permettant d’y conduire de façon concrète. Il s’agit d’avoir la capacité non pas de diviser mais d’unir la communauté internationale et l’ensemble des parties concernées en vue d’une participation active à la construction d’une vision de long terme de sécurité et de paix.
  • La question n’est pas tant celle du bien ou du mal que celle du « moindre mal » : Jean-Paul II avait, en 1982, (AG de l’ONU), appelé à « affronter les problèmes avec réalisme et honnêteté » et souligné que, dans les conditions d’alors, « une dissuasion basée sur l’équilibre, non certes comme une fin en soi mais comme une étape sur la voie d’un désarmement progressif », pouvait « encore être jugée comme moralement acceptable ». Les évêques de France, le 8/11/1983, écrivaient dans un document intitulé « Gagner la paix » : « affronté à un choix entre deux maux quasiment imparables, la capitulation ou la contre-menace… on choisit le moindre, sans prétendre en faire un bien ! ». « En politique étrangère, ce n’est jamais la lutte entre le bien et le mal, écrivait Raymond Aron, c’est toujours la lutte entre le préférable contre le détestable».
  • On ne peut se contenter d’une logique binaire : il est à peu près clair pour tous qu’un désarmement nucléaire unilatéral serait un chemin dangereux exposant aux menaces les plus radicales. On ne peut faire l’impasse d’une réflexion sur la nature, démocratique ou non, des États. Sinon la réalisation de l’ambition morale de certains reviendrait à ne laisser les armes nucléaires qu’aux dictatures. En face de la bombe atomique, considérée tout simplement comme le problème de l’existence de l’humanité, il n’y a qu’un seul autre problème qui ait la même valeur : le danger de la domination totalitaire… avec sa structure terroriste qui abolit toute liberté et toute dignité humaine. Là, on perd l’existence ; ici, on perd l’existence digne d’être vécue.
  • Le TIAN (Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires) a l’immense mérite de faire sortir d’une sorte de tranquillité illusoire un sujet qui ne peut laisser personne en repos ! A bien des égards, l’Église catholique ne pouvait pas se positionner autrement qu’elle ne l’a fait, en assumant une position prophétique essentielle. Pour autant, on peut avoir signé le TIAN et avoir des réserves à son sujet. On peut prendre en compte ses limites et ses ambiguïtés pour avancer de façon d’autant plus déterminée vers le but que tous partagent d’un monde exempt d’armes nucléaires.
  • Le TIAN est une illustration d’une thèse centrale de Max Weber : la distinction entre l’éthique de la conviction qui défend une croyance doctrinale sans se soucier des conséquences et donne la priorité aux intentions sur les résultats, par opposition à l’éthique de la responsabilité, qu’il favorisait, et qui prend en compte les conséquences dans l’évaluation morale en donnant la priorité aux résultats sur les intentions. Toute l’histoire des relations internationales l’illustre : “Le désarmement nucléaire ne se décrète pas, il se construit”, et cela en tenant compte du contexte stratégique.
  • La question n’est pas tant l’outil que l’esprit : un certain nombre de fondamentaux exprimés par le Pape François dans Evangelii Gaudium (n° 223 à 236) offrent un cadre de réflexion particulièrement inspirant :

+ Le temps est supérieur à l’espace : il faut entrer dans une intelligence historique, en vue de « créer les conditions d’un possible désarmement ». Il faut voir les choses dans un temps long, en terme de processus. Il s’agit d’entrer dans une démarche prophétique et d’ouvrir un chemin.

+ L’unité prévaut sur le conflit : c’est également un axe central de « Laudato Si » : tout est lié ! La question de fond est celle de la paix indissociable de la justice.

+ La réalité est plus importante que l’idée : d’où l’importance décisive de considérer l’évolution de la situation stratégique/géopolitique et des moyens de défense. Il ne s’agit pas de formuler des pétitions de principe mais de dégager un chemin concret et réaliste à partir de ce qui « est ».

+ Le tout est supérieur à la partie. Il s’agit de considérer la question de manière holistique, sans détacher artificiellement le « nucléaire » de l’ensemble du réel militaire, politique, économique, diplomatique, culturel des peuples et de leur histoire.

Ces quatre principes peuvent nous aider à situer une parole d’Église à sa juste place, qui n’est pas celle d’une ONG militante mais celle d’une démarche prophétique ouvrant un chemin pour tous. Il s’agit de n’être ni naïf ni angélique : qui mieux que l’Église connaît la faiblesse du cœur de l’homme, la réalité de la tentation de puissance tapie à l’intime de la nature humaine ?

  • Il s’agit de partir de ce qui est : le péché, la bombe, les hommes, les États-Nations, les logiques de puissance, le système international tel qu’il est, pour avancer et se convertir. Il ne s’agit pas de condamner ou de justifier le nucléaire militaire et la dissuasion : ils sont là, comme expression du péché des hommes dans leur volonté de puissance et de domination, avec un total cynisme politique de certains États imposant leur hégémonie, en ne voyant que leurs propres intérêts dans une logique de pur rapport de force. Il ne s’agit pas de se focaliser sur la situation de péché in abstracto, il s’agit d’offrir un chemin de conversion, de lumière, d’espérance… Il s’agit de savoir comment on progresse vers un monde plus sûr, plus juste, plus confiant, plus fraternel ! C’est toute la démarche du Pape François : on part de la réalité et on avance vers le bien… Il faut détester le péché et aimer le pécheur… Il est stérile de condamner et ensuite de ne pas accompagner pas à pas sur le chemin qui donne plus de justice, de paix et de sécurité.
  • La réalité du cycle géopolitique de 2019 est celui d’une phase de réarmement général : modernisation et renouvellement des capacités nucléaires et des vecteurs, prolifération (Iran et Corée du Nord au moins), révision des doctrines nucléaires avec un retour vers les armes tactiques. Cela s’accompagne du passage de la domination de deux blocs à une multiplicité d’acteurs, d’intérêts et de tensions, avec une fragilisation des structures étatiques au profit d’acteurs non-étatiques et une tendance croissante à ignorer les principes les plus fondamentaux du droit international et à l’effacement du rôle des Nations Unies.
  • Le nucléaire dont nous parlons est déjà dépassé par « l’extension du domaine de la menace » (intelligence artificielle, homme augmenté, biotechnologies…)
  • + la distinction entre armes conventionnelles et armes nucléaires est dans les faits de plus en plus poreuse
  • + le désarmement s’est toujours fait par le progrès technologique ! Un jour, le nucléaire tel que nous le connaissons sera dépassé.
  • + l’éthique court derrière la technique qui ne cesse d’évoluer : elle a toujours un temps de retard… Tout ce qui est techniquement possible se fait à un moment ou à un autre.
  • + Il faut considérer que les vraies menaces sont aussi dans le domaine du bactériologique et du chimique : si la Première Guerre mondiale (1914-1918) a fait 10 millions de morts, la grippe espagnole (1917-1919) a causé 50 millions de morts…
  • + dans le domaine du cyber, il est possible de paralyser un pays et de tuer des millions de personnes (plus de services publics, d’hôpitaux, d’électricité…). On peut également manipuler les opinions publiques et mettre en danger la démocratie.
  • + le risque vient dès à présent de l’espace avec les fusées hyper-véloces, le contrôle/destruction de satellites, le contrôle/destruction des moyens de communication et de contrôle.
  • le but à atteindre, c’est la paix et la sécurité dans la justice : la question n’est pas tant de supprimer le nucléaire que de s’interroger sur l’après nucléaire – Le monde sans arme nucléaire ne serait pas « le même sans la bombe », mais un monde totalement différent. Avec la modification d’un seul élément on assiste au bouleversement de tous les éléments, et comme il s’agit ici d’une clef de voûte, c’est la voute même qui risque de s’effondrer dans son ensemble. Comme on ne « dés-inventera pas la bombe », on peut imaginer qu’un monde « dénucléarisé » serait plus instable que jamais, une bonne dizaine de pays ayant alors le doigt sur la gâchette, prêts à « refaire » des armes nucléaires : le premier qui aurait reconstitué des armes nucléaires les utiliserait soit pour contraindre, soit à titre préventif… Ce serait un monde électrique.
  • La question est humaine avant d’être technique : rôle de la « géopolitique des émotions, des sentiments, de la confiance ». Rôle de l’honneur, de la puissance, de la revanche, de l’humiliation… Se comprendre soi-même et comprendre l’autre… Le nucléaire n’est ni la cause ni la solution à tout ! La vraie question est celle de la paix. Il faut élever le débat, l’élargir, le mettre à la bonne dimension du « tout est lié ». Il s’agit de partir d’une analyse rationnelle de nature politique, géo-politique, militaire, économique, technologique, diplomatique, juridique, scientifique, historique, culturelle… La seule possibilité pour construire la paix, c’est le dialogue entre les pays. La vraie garantie de la paix et de la sécurité internationale, c’est l’accès de tous, en particulier des plus pauvres, au développement et à la protection des droits fondamentaux des plus faibles, comme l’a énoncé avec force Paul VI dans l’aencyclique Populorum Progressio: « Le développement est le nouveau nom de la paix ». Tout est inter-connecté : le désarmement nucléaire est étroitement lié au « développement humain intégral » et à « l’écologie intégrale ».
  • Il convient d’entrer dans une approche générale du rôle des traités dans l’établissement de la paix : les traités sont efficaces dès lors qu’ils entérinent des équilibres et non lorsqu’ils visent à réduire des déséquilibres. Ainsi le travail de fond consiste à œuvrer pour la réduction des tensions réelles et non à les dissimuler derrière des traités contraignants dont l’histoire montre qu’ils n’ont d’autre force que celle de la chose écrite. Le désarmement est fruit de la détente et non pas cause de la détente. Seules les puissances nucléaires peuvent négocier entre elles le désarmement : il s’agit de désarmer à « sécurité égale », et ce ne peut être le fait que des États dotés.
  • Il n’y a pas de gouvernance internationale autre que celle qui résulte de la coopération entre les États-Nations : les relations internationales ont toujours été de l’ordre du désordre, pas du chaos ! Un « ordre » serait peut-être pire que tout, car « aux mains de qui »?  Nous n’aurions alors plus « des armées » mais « une police » ! Ce sont les États-Nations qui sont les mieux outillés pour gérer les désordres et réguler les mouvements, en dégageant des principes universels de dignité/transcendance : de la nature humaine et de la fraternité, de la justice et de l’équité, du respect de la planète et des ressources que nous avons en partage…
  • Le combat pour la paix doit monter des populations vers leurs dirigeants : coopération réelle et complète, construction d’une authentique société internationale, engagement libre d’une humanité responsable de sa vie et de sa mort, qui fait l’expérience de sa finitude… Il faut engager les États-Nations à construire ensemble un monde du « Bien commun » où celui-ci se révèle être plus que la simple addition des intérêts strictement nationaux, un monde fondé sur la justice et le droit… C’est une véritable révolution morale qui doit s’opérer pour passer de l’affrontement des orgueils et des egos à une paix des cœurs enracinée dans une transformation morale, intellectuelle et politique qui ne peut passer que par une authentique démocratie. La paix vient de l’unité.
  • Le nucléaire accule l’humanité à une conversion morale et à une nouvelle approche des relations internationales : c’est à la construction d’un nouvel ordre international que l’humanité doit s’attacher de la manière la plus essentielle. Toutes les grandes questions les plus contemporaines : la démographie, l’eau, l’air, les ressources naturelles, le climat, la biodiversité… ne connaissent pas les frontières politiques et les États-Nations, pas plus que les logiques d’empire… Tout est lié comme jamais, et la dimension nucléaire participe de cet ensemble. On ne peut l’extraire comme un sujet « à part » alors qu’il s’agit d’un sujet totalement « intégré » à l’ensemble des questions les plus essentielles de l’humanité.
  • Nous pouvons appeler de nos vœux une approche globale sur un certain nombre d’objectifs de moyen et de long terme :
  • + le développement d’un climat de confiance entre les États, en déployant toutes les mesures capables de faire baisser les tensions et les menaces ;
  • + des négociations concernant l’accès équitable pour tous aux ressources vitales pour les populations et l’économie : l’eau, l’énergie, les matières premières…
  • + le respect par les États de leurs engagements internationaux, le développement du droit international et la recherche de politiques actives de stabilité équitable ;
  • + des politiques volontaristes de développement et de solidarité de nature à réduire les inégalités et la misère ;
  • + la recherche de méthodes ayant pour but la réduction, puis l’élimination de tous les armements, avec des mesures volontairement acceptées de contrôle par tous les États, y compris les plus grands ; ainsi que des mesures de contrôle efficace du commerce des armes.
  • L’histoire de l’Union européenne indique un chemin : par la mise en place de procédures politiques et d’un droit accepté et reconnu collectivement ainsi que par la négociation permanente des intérêts concurrents ; de tels mécanismes peuvent fournir une alternative stable à la confrontation armée. Il convient de multiplier les partenariats associant de multiples intervenants en vue du bien commun à un niveau global, en articulant au mieux solidarité et subsidiarité, tant il est vrai qu’une paix authentique provient de l’unité.
  • La réalité est que nous avons actuellement neuf états dotés de l’arme nucléaire : cinq officiellement et quatre dans les faits. Et, d’une certaine manière, on constate « une bombe par religion » : la bombe catholique à Paris ; la bombe anglicane à Londres; la bombe protestante évangélique à Washington; la bombe orthodoxe à Moscou ; la bombe juive à Tel Aviv; la bombe sunnite à Islamabad, la bombe hindoue à New Delhi ; la bombe confucéenne à Pékin et à Pyongyang, en attendant peut-être un jour la bombe chiite à Téhéran... Il y a certainement quelque chose à penser sur le registre d’un dialogue inter-religieux. Parlons ensemble, car nous portons tous dans le cœur le désir du meilleur ; nous voulons tous le bien, le vrai, le beau, le juste, nous voulons la fécondité, l’épanouissement, le respect de l’autre. En allant chacun au plus profond de nous-mêmes, nous partageons les valeurs les plus essentielles. Quelle avancée cela serait si nous pouvions établir un authentique dialogue. Le fait est que l’Église catholique romaine est la seule à être par nature dans une dimension absolument transnationale. Elle peut être ici motrice pour aider chacun à sortir de la culture nationale qui tend très vite à engluer toutes choses, à commencer par la réalité religieuse. Il s’agit de raisonner plus large, plus loin, plus haut que le simple cadre des États-Nations. Cela peut être une matrice essentielle pour tous les hommes de bonne volonté.

 

  • Un puissant mouvement inter-religieux serait ici particulièrement bienvenu et fécond : à l’initiative du Saint-Siège, il serait heureux d’initier un dialogue œcuménique sur ce sujet entre catholiques, protestants et orthodoxes, et de déployer celui-ci avec les juifs, les musulmans et les sagesses orientales. Cela aurait un poids considérable en termes culturel et religieux, ouvrant à une prise de conscience planétaire de la gravité du sujet ! Tous doivent se prendre par la main pour enclencher une dynamique de désarmement et de coopération universelle. Si nous en sommes incapables dans nos dimensions religieuses, comment voulons-nous y exhorter les autorités politiques de nos pays ? Si nous ne montrons pas la voie en ouvrant un dialogue sincère et fraternel au nom des valeurs qui habitent nos consciences et que nous partageons largement en terme de respect de l’humanité en général et de respect de chaque personne humaine en particulier, qui le fera ?

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Saint du Jour

Nominis

7 décembre 2019

Tous les saints du jour
  • Saint Ambroise de Milan - Evêque et Docteur de l'Église (✝ 397)
    Cet avocat célèbre avait une si grande personnalité qu'il devint gouverneur de la province de Milan. Il découvre alors Jésus-Christ. Il n'est encore que catéchumène lorsque, de passage dans sa ville, il est élu évêque par acclamation du peuple. Il est alors immédiatement baptisé, ordonné prêtre, consacré évêque en peu de temps. Saint Ambroise est un véritable évêque, soucieux de la rectitude de la foi et de la paix sociale. Ses relations avec les empereurs successifs (qui favorisent tantôt les catholiques, tantôt les hérétiques ariens) sont mouvementées. En 390, l'empereur Théodose fait massacrer toute une partie de la population de Thessalonique pour arrêter des émeutes. Pour cette raison, saint Ambroise lui refusera l'accès de son église à Milan, exigeant qu'il se soumette d'abord à la pénitence publique de l'Église. L'empereur, subjugué, obéit et, après des mois de pénitence, Théodose ne communie plus dans le sanctuaire avec les prêtres (selon le privilège impérial), mais au milieu des laïcs.Saint Augustin doit, en partie à saint Ambroise, sa conversion, car il épiait ses sermons en cachette, écoutait sa pensée, admirait la parole de ce grand orateur. Saint Ambroise avait un grand souci de belles liturgies. Il introduisit dans l'Église latine l'usage grec de chanter des hymnes qui étaient à la fois des prières, des actions de grâce et des résumés du dogme. Il en composa plusieurs que nous chantons encore aujourd'hui "Aeterne rerum Conditor" - "Dieu créateur de toutes choses".  Illustration: Saint Ambroise de Milan, mosaïque du Ve siècle dans la Basilique de Milan (Institut des Sources Chrétiennes)Patron des apiculteurs, il est parfois représenté avec une ruche en paille tressée.C'est évidemment d'abord à la sagesse et à l'autorité de l'administrateur, sans doute aussi à son sens pédagogique (il fut "l'inventeur" du chant populaire liturgique pour aider à la prière et à la mémorisation des vérités de foi) que se réfère le corps administratif et technique des armées en choisissant saint Ambroise comme saint protecteur. (Diocèse aux Armées françaises)Un portrait de saint Ambroise de Milan.Celui qui est considéré comme un des plus grands Pères de l'Église (339-397) fut initié aux études bibliques par Origène. "Il a transposé dans le contexte culturel latin -a expliqué le Pape- la méditation de l'Ecriture, inaugurant en occident la Lectio Divina, qui inspira sa prédication et son œuvre, toute orientée sur l'écoute" de la Parole divine.Il enseigna tout d'abord aux catéchumènes "l'art de vivre bien afin d'être bien préparés aux grands mystères christiques". Sa prédication partant "de la lecture des Livres sacrés pour vivre en conformité à la Révélation"."Il est évident -a précisé le Saint-Père- que le témoignage personnel du prédicateur et son exemple pour la communauté conditionnent l'efficacité de sa démarche. C'est pourquoi le mode de vie et la réalité de la Parole vécue sont déterminants".Puis Benoît XVI a rappelé le témoignage de saint Augustin dont la conversion fut le fruit des "belles homélies" d'Ambroise entendues à Milan, mais aussi "du témoignage qu'il donnait et de celui de l'Église milanaise qui ne faisaient qu'un en priant et chantant d'une seule voix". L'Évêque d'Hippone raconte également sa surprise de voir Ambroise lire mentalement en privé les Écritures, "alors qu'à l'époque leur lecture devait être faite à voix haute afin d'en faciliter la compréhension".Dans ce mode de lecture, a souligné le Pape, "où le cœur s'efforce de comprendre la Parole de Dieu, on entrevoit la méthode catéchistique de saint Ambroise. Complètement assimilée, l'Écriture suggère les contenus à diffuser en vue de la conservation des cœurs... De fait, la catéchèse est inséparable du témoignage de vie"."Qui éduque dans la foi ne saurait courir le risque de sembler un acteur interprétant un rôle". Le prédicateur doit, "à l'exemple de Jean, appuyer sa tête sur le cœur de son maître, adoptant son mode de pensée, de parler et d'agir".Ambroise de Milan mourut la nuit du Vendredi Saint les bras en croix, "exprimant dans cette attitude sa participation mystique à la mort et à la résurrection du Seigneur. Ce fut là son ultime catéchèse". Sans paroles et dans le silence des gestes il continua de témoigner.Source: VIS 071024 (390) le 24 octobre 2007, Benoît XVI durant l'audience générale.Le 7 décembre, mémoire de saint Ambroise, évêque de Milan et docteur de l'Église. Il s'endormit dans le Seigneur le 4 avril 397 dans la nuit sainte de Pâques, mais on l'honore principalement en ce jour, où, encore catéchumène, il fut, en 374, appelé à gouverner ce siège célèbre, alors qu'il exerçait la fonction de préfet de la cité. Vrai pasteur et docteur des fidèles, il mit la plus grande énergie à exercer la charité envers tous, à défendre la liberté de l'Église et à enseigner la doctrine de la vraie foi contre les ariens et enseigna au peuple la piété par ses commentaires de la Bible et les hymnes qu'il composa.

Les lectures du jour

Messe

(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2019
  • Première lecture : « Le Seigneur te fera grâce. Dès qu’il t’aura entendu, il te répondra » (Is 30, 19-21.23-26)

    Lecture du livre du prophète Isaïe

    Ainsi parle le Seigneur, le Dieu saint d’Israël :
    Peuple de Sion,
    toi qui habites Jérusalem,
    tu ne pleureras jamais plus.
    À l’appel de ton cri, le Seigneur te fera grâce.
    Dès qu’il t’aura entendu, il te répondra.
    Le Seigneur te donnera du pain dans la détresse,
    et de l’eau dans l’épreuve.
    Celui qui t’instruit ne se dérobera plus
    et tes yeux le verront.
    Tes oreilles entendront derrière toi une parole :
    « Voici le chemin, prends-le ! »,
    et cela, que tu ailles à droite ou à gauche.
    Le Seigneur te donnera la pluie
    pour la semence que tu auras jetée en terre,
    et le pain que produira la terre
    sera riche et nourrissant.
    Ton bétail ira paître, ce jour-là,
    sur de vastes pâturages.
    Les bœufs et les ânes qui travaillent dans les champs
    mangeront un fourrage salé,
    étalé avec la pelle et la fourche.
    Sur toute haute montagne, sur toute colline élevée
    couleront des ruisseaux,
    au jour du grand massacre,
    quand tomberont les tours de défense.
    La lune brillera comme le soleil,
    le soleil brillera sept fois plus,
    – autant que sept jours de lumière –
    le jour où le Seigneur pansera les plaies de son peuple
    et guérira ses meurtrissures.

    – Parole du Seigneur.

  • Psaume (146 (147A), 1-2, 3-4, 5-6)

    Refrain psalmique : (Is 30, 18)

    Heureux tous ceux qui attendent le Seigneur !

    ou : Alléluia !

    Il est bon de fêter notre Dieu,
    il est beau de chanter sa louange !
    Le Seigneur rebâtit Jérusalem,
    il rassemble les déportés d’Israël.

    Il guérit les cœurs brisés
    et soigne leurs blessures.
    Il compte le nombre des étoiles,
    il donne à chacune un nom.

    Il est grand, il est fort, notre Maître :
    nul n’a mesuré son intelligence.
    Le Seigneur élève les humbles
    et rabaisse jusqu’à terre les impies.

  • Évangile : « Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion » (Mt 9, 35 – 10, 1.5a.6-8)

    Acclamation : (Is 33, 22)

    Alléluia, Alléluia. Le Seigneur est notre juge, il nous donne des lois, le Seigneur est notre roi : c’est lui qui nous sauve. Alléluia.

    Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
    Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages,
    enseignant dans leurs synagogues,
    proclamant l’Évangile du Royaume
    et guérissant toute maladie et toute infirmité.
    Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles
    parce qu’elles étaient désemparées et abattues
    comme des brebis sans berger.
    Il dit alors à ses disciples :
    « La moisson est abondante,
    mais les ouvriers sont peu nombreux.
    Priez donc le maître de la moisson
    d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »
    Alors Jésus appela ses douze disciples
    et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs
    et de guérir toute maladie et toute infirmité.
    Ces douze, Jésus les envoya en mission
    avec les instructions suivantes :
    « Allez vers les brebis perdues de la maison d’Israël.
    Sur votre route,
    proclamez que le royaume des Cieux est tout proche.
    Guérissez les malades, ressuscitez les morts,
    purifiez les lépreux, expulsez les démons.
    Vous avez reçu gratuitement :
    donnez gratuitement. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.