Message de Pâques 2019 de Mgr de Romanet

Pâques : Message de Mgr de Romanet aux aumôniers militaires

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  • Homélie pour les obsèques du Père Michel KOCH

Homélie pour les obsèques du Père Michel KOCH

Père Michel KOCH -  photo © Jean ancien aumônier de la BA 128 MetzJob 19, 1.23-27a
Psaume 129
Jean 15, 1-17

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Pour les homélies de funérailles, il est fortement conseillé de ne pas faire le panégyrique et encore plus, l'hagiographie du défunt. Autrement dit, ne pas le transformer en saint, même si, et nous devons le rappeler ici et aujourd'hui, la sainteté est notre but à tous. Vous savez que si vous voulez devenir quelqu'un de parfait, il vous suffit de mourir pour devenir irréprochable : on ne se souvient que de vos qualités, passant sous le manteau vos défauts.

Une fois n'est pas coutume, je ne vais pas suivre aujourd'hui les prescriptions liturgiques, car prêcher pour les obsèques du Padré Michel Koch, sans parler du personnage, c'est mission impossible...

C'est bien volontairement que je parle de "personnage".

Effectivement, avant de rencontrer Michel, généralement, on l'entendait ... et de loin. Puis venait l'odeur de tabac et enfin on découvrait une espèce d'hurluberlu dont on se demandait : mais qui est ce type ? C'était un peu comme affronter à mains nues (car c'était souvent un affrontement) un peloton voire un escadron de chars Leclerc lancé à l'assaut des plaines de Mourmelon ou des steppes des pays baltes. Et c'était peut-être là un de ses plus grands défauts, même son péché : avec Michel, ça passait ou ça cassait. Et malheureusement, nombreuses sont les personnes avec qui ça a cassé au premier abord.

MAIS.... Mais si on s'accrochait, si on osait affronter la provocation qui était un peu sa marque de fabrique et sa technique d'approche des personnes qu'il rencontrait, quand on osait affronter l'ours sans jouer la mijaurée, alors...

- alors, on découvrait l'homme spirituel qui priait. Comment ne pas parler du Chemin de Croix qu'il a animé à Lourdes durant tant d'années pendant le Pèlerinage Militaire International, et dont sa prédication percutante a profondément marqué des générations de pèlerins.

- alors, on découvrait l'homme sage. L'image que je garderai de lui sera celle de mon premier passage au camp de Bitche, accompagnant des jeunes engagés du 1er RHC de Phalsbourg. Je m'arrête à l'aumônerie pour saluer l'aumônier du camp comme il se doit : la fenêtre de son bureau est grande ouverte ; une pipe se consume dans le cendrier qui, naturellement, déborde. Sur un pupitre d'autel, une bible qu'il consulte. Il est si profondément plongé dans sa lectio qu'il ne m'a pas entendu arriver. C'est sur ce même pupitre, sur ce même bureau, que notre aumônier régional le père Olivier S. a découvert il y a trois jours, un recueil de Bossuet, immense prédicateur et génial orateur du 17ème siècle. Eh oui : Michel lisait Bossuet dans le texte. Ceux qui connaissent, apprécieront.

- alors, on découvrait l'homme étonné et curieux de tout : musique techno et rave party : son immense collection de vinyles l'attend toujours, juste à côté de Bossuet ; proche des motards chrétiens du Pardon de la Madone de Porcaro en Bretagne, passionné de l'Histoire et surtout du vécu militaire : il était devenu un ami du général Bigeard qu'il avait rencontré plusieurs fois.

- alors, on découvrait l'homme qui s'adressait avec le même bagou au général aussi bien qu'au soldat de seconde classe, appelés du contingent ou engagés volontaires d'une armée qu'il a vue devenir professionnelle, de Terre ou de l'Air ; un aumônier qui fustigeait les comportements des officiers chrétiens et de ses confrères << trrradis >>, qu'il jugeait trop timorés au niveau de la foi sans autre forme de procès, jusqu'au moment où il disait : << Tu vois, je me suis trompé : t'es un gars bien tout de même >>.

- et puis enfin, tout au fond, sous ses tenues exotiques dont il nous gratifiait (citons rapidement le treillis/babouche/pieds nus ou encore son inénarrable jogging bleu dont l'AdT a fait bénéficier durant de si longues années les consultants des infirmeries militaires et qu'il revêtait religieusement lors des voyages dans les trains spéciaux vers Lourdes), alors on découvrait sous la voix tonitruante et l'aspect peu engageant, comme un petit enfant ... ; surtout quand il admettait s'être trompé et cela lui arrivait souvent avec beaucoup d'humilité. Son visage se transformait pour vraiment devenir comme celui d'un poupon (un beau bébé tout de même) et il prononçait alors son fameux << aeeeui >>, qui signifiait : << C'est bon ; tu ne t'es pas laissé avoir par ma grande gueule >>.

Pour résumer Michel, il faudrait un savant mélange de Don Camillo, de soeur Marie-Thérèse des Batignolles et puis j'aurais voulu dire de Rambo ou de Terminator, mais ce serait plus juste de dire du général Patton (encore plus que Bigeard), tant il n'en avait rien à faire de ce qu'on pouvait penser ou dire de lui. Ce mélange détonnant autant qu'étonnant, était lié et je n'ai pas peur de la comparaison, par le personnage du Curé d'Ars, car avant tout, n'en déplaise à certains, Michel était un homme de foi, un authentique soldat de Dieu, toute comparaison avec des déséquilibrés existants ou ayant cessé d'exister n'étant bien sûr pas à faire, faut-il le préciser.

C'est justement de cette foi que Michel aurait peut-être aimé que l'on parle plus que de lui aujourd'hui. Mais elle lui était tant chevillée au corps qu'il serait bien présomptueux de différencier les deux. Son amour viscéral pour l'Eglise, sa dévotion au saint pape Jean-Paul II et à son saint Patron, l'archange Michel, sont pour nous autant de points de repère parmi d'autres qu'il nous laisse pour un héritage vivant qui tourne vers Dieu celui qui veut bien l'accepter.

Sur son lit d'hôpital, dont il semblait qu'il allait se lever, arracher les tuyaux et autres câbles qui le maintenaient en vie, tellement son aspect physique n'avait pas changé (bien sûr à l'intérieur ça se passait moins bien), il semblait nous dire qu'il n'allait pas perdre la dernière bataille. L'équipe médicale qui l'a assisté remarquablement, nous avait informés que s'il survivait, jamais il ne pourrait reprendre sa vie d'avant. En fin tacticien, il ne s'est pas laissé prendre au piège tentateur d'une survie qu'il aurait bien eue du mal à accepter, d'une retraite paisible que pourtant il calculait à l'annuité prête. La mort a été pour lui le passage vers la vraie Vie, le saut avec ces paras dont il rêvait de faire partie. C'est ce que nous allons célébrer dans quelques jours, après ce carême que nous vivons actuellement, j'espère, carême qu'il aura donc vécu d'une manière si spéciale, en traversant la Pâques, résurrection de notre Seigneur Jésus. Comme me l'écrivait dernièrement un prêtre dont la mère venait de mourir : << Comme nous sommes heureux d'être de la Sainte Eglise Catholique : quelle plénitude >> devant la mort.

C'est dans cette Vérité, dans cette foi simple en Jésus-Christ Sauveur des Hommes, que nous allons confier Michel à Dieu par la célébration de l'Eucharistie ; Eucharistie qui doit lui paraître bien conventionnelle, tant son approche de la liturgie pouvait être qualifiée ... d'ésotérique, comme me l'a écrit un aumônier. Michel, en serviteur infatigable de l'Evangile dans la Vigne du Seigneur, n'a pas ménagé sa peine tout au long du jour pour buriner la Parole de Dieu avec le ciseau de fer et le poinçon dans le roc et le bronze de nos vies. Demandons à Dieu de l'accueillir dans cette Vérité qu'il n'a eue de cesse de nous annoncer.

Pour conclure, j'aimerai vous transmettre deux choses.

Tout d'abord, Michel, avec sa finesse légendaire et sa manie d'annoncer ses quatre vérités, a blessé des personnes, s'est même brouillé durablement avec certaines. Ne lui en voulez pas. Mieux même : pardonnez-lui. Car, humblement, le petit enfant qui apparaissait parfois en lui, vous demande ce pardon. Si vous n'avez pas pu vous réconcilier avec lui de son vivant terrestre, laissez Dieu notre Père miséricordieux vous réconcilier avec Michel, maintenant qu'il est entré dans la Vie Eternelle. Sans avoir su peut-être l'exprimer, il nous aimait chacun profondément, comme le prêtre qu'il n'a cessé d'être, comme un frère, comme un pécheur tout simplement.

Et puis, enfin, quelque chose qu'il n'a certainement pas eu le temps de vous dire. Entre ces deux séjours à l'hôpital, il était revenu à l'aumônerie. Je l'ai eu au bout du fil pour préparer une visite qu'avec le Père Sylvain S. nous voulions lui faire. Quand nous sommes arrivés à l'aumônerie de Bitche : personne ! Je venais quand même de Belfort... mais je n'ai été surpris qu'à moitié, car ça lui aurait bien ressemblé un peu. En fait, il venait de repartir pour l'hôpital. Dans la conversation téléphonique que nous avions donc eue, il se disait étonné, surpris, par tant de visites reçues à l'hôpital et à l'aumônerie. Il n'osait pas le dire, mais je le sentais dans le ton de sa voix : il était bouleversé, comme s'il ne pouvait pas concevoir d'être le centre de tant de petits gestes, comme cette soupe apportée quotidiennement à l'aumônerie (je ne connais pas cette personne, mais elle se reconnaîtra) ; être le centre de tant d'attentions, lui, la poterie sans valeur dans laquelle Dieu avait placé un trésor pour nous le transmettre. Il disait que pour vous remercier tous, dès que ça irait mieux, il allait << organiser une messe et un repas, parce qu'on était une religion incarnée >>. Alors, de sa part, je vous transmets, pas un grand, mais un gros merci, ça lui correspondra certainement mieux. Et je vous invite à prendre place, non pas à un de ses repas choucroute, mais plus sérieusement et plus dignement au Festin des Noces de l'Agneau que nous allons célébrer à présent en communion avec et pour Michel.

Amen.

Mots-clés: obsèques, homélie, Padré

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Saint du Jour

Nominis

23 avril 2019

Tous les saints du jour
  • Saint Georges - martyr (✝ 303)
    Au IVe siècle, tous les sujets de l'empereur Dioclétien sont instamment invités à offrir des sacrifices aux dieux de l'empire. Cet ordre est tout spécialement appliqué aux militaires, car il est le signe de leur fidélité aux ordres impériaux. A Lydda, en Palestine, un officier, originaire de Cappadoce, refuse. Il est exécuté pour refus d'obéissance. La popularité de son culte sera telle que la piété populaire ne pourra se contenter des maigres données de l'histoire. On le fait couper en morceaux, jeter dans un puits, avaler du plomb fondu, brûler dans un taureau de bronze chauffé à blanc, donner en nourriture à des oiseaux de proie. Chaque fois, saint Georges ressuscite et en profite pour multiplier les miracles. A ces fioritures morbides, s'ajoute au XIe siècle, la légende de la lutte victorieuse de saint Georges contre un dragon malveillant qui symbolise le démon. Ce dont on est sûr, c'est qu'au IVe siècle, l'empereur Constantin lui fait édifier une église à Constantinople. Cent ans après, on en compte une quarantaine en Égypte. On les voit s'élever en Gaule, à Ravenne, en Germanie. En France, 81 localités se sont placées sous sa protection et portent son nom. On ne compte pas avec précision le millier d'églises dont il est le titulaire. Il est le patron céleste de l'Angleterre et de l'Éthiopie. Il figure sur les armoiries de la Russie (écusson de la Moscovie).On a voulu nier son existence. L'absence de précisions ne font pas disparaître la mémoire de ce martyr de Palestine. Les circonstances exceptionnelles de sa mort l'on fait appeler par les chrétiens d'orient "le grand martyr". Son culte s'est très rapidement développé. Il est devenu le saint protecteur de nombreux pays, de l'Angleterre, notamment , et de la Géorgie qui porte son nom.Les croisades contribuèrent à donner au culte de saint Georges un grand éclat, notamment parmi les chevaliers français et anglais. Il était légitime que les cavaliers le choisissent comme saint protecteur. (diocèse aux armées françaises)"La vie et la passion du Saint et glorieux Grand-Martyr Georges le Tropeophore et ses compagnons: Anatole, Protoleon, Athanase et Glykerios"Mémoire de saint Georges, martyr, dont toutes les Églises, de l'Orient à l'Occident, célèbrent depuis l'antiquité le glorieux combat à Diospolis ou Lydda en Palestine.

Les lectures du jour

Messe

(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2019
  • Première lecture : « Convertissez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ » (Ac 2, 36-41)

    Lecture du livre des Actes des Apôtres

    Le jour de la Pentecôte, Pierre disait à la foule :
    « Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude :
    Dieu l’a fait Seigneur et Christ,
    ce Jésus que vous aviez crucifié. »
    Les auditeurs furent touchés au cœur ;
    ils dirent à Pierre et aux autres Apôtres :
    « Frères, que devons-nous faire ? »
    Pierre leur répondit :
    « Convertissez-vous,
    et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ
    pour le pardon de ses péchés ;
    vous recevrez alors le don du Saint-Esprit.
    Car la promesse est pour vous,
    pour vos enfants
    et pour tous ceux qui sont loin,
    aussi nombreux que le Seigneur notre Dieu les appellera. »
    Par bien d’autres paroles encore,
    Pierre les adjurait et les exhortait en disant :
    « Détournez-vous de cette génération tortueuse,
    et vous serez sauvés. »

    Alors, ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre
    furent baptisés.
    Ce jour-là, environ trois mille personnes
    se joignirent à eux.

    – Parole du Seigneur.

  • Psaume (32 (33), 4-5, 18-19, 20.22)

    Refrain psalmique : (cf. 32, 5b)

    Toute la terre, Seigneur,
    est remplie de ton amour.
    ou : Alléluia !

    Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;
    il est fidèle en tout ce qu’il fait.
    Il aime le bon droit et la justice ;
    la terre est remplie de son amour.

    Dieu veille sur ceux qui le craignent,
    qui mettent leur espoir en son amour,
    pour les délivrer de la mort,
    les garder en vie aux jours de famine.

    Nous attendons notre vie du Seigneur :
    il est pour nous un appui, un bouclier.
    Que ton amour, Seigneur, soit sur nous
    comme notre espoir est en toi !

  • Évangile : « “J’ai vu le Seigneur !”, et elle raconta ce qu’il lui avait dit » (Jn 20, 11-18)

    Acclamation : (Ps 117, 24)

    Alléluia. Alléluia.
    Voici le jour que fit le Seigneur,
    qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !
    Alléluia.

    Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

    En ce temps-là,
    Marie Madeleine se tenait près du tombeau,
    au-dehors, tout en pleurs.
    Et en pleurant,
    elle se pencha vers le tombeau.
    Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc,
    assis l’un à la tête et l’autre aux pieds,
    à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus.
    Ils lui demandent :
    « Femme, pourquoi pleures-tu ? »
    Elle leur répond :
    « On a enlevé mon Seigneur,
    et je ne sais pas où on l’a déposé. »
    Ayant dit cela, elle se retourna ;
    elle aperçoit Jésus qui se tenait là,
    mais elle ne savait pas que c’était Jésus.
    Jésus lui dit :
    « Femme, pourquoi pleures-tu ?
    Qui cherches-tu ? »
    Le prenant pour le jardinier, elle lui répond :
    « Si c’est toi qui l’as emporté,
    dis-moi où tu l’as déposé,
    et moi, j’irai le prendre. »
    Jésus lui dit alors :
    « Marie ! »
    S’étant retournée, elle lui dit en hébreu :
    « Rabbouni ! »,
    c’est-à-dire : Maître.
    Jésus reprend :
    « Ne me retiens pas,
    car je ne suis pas encore monté vers le Père.
    Va trouver mes frères pour leur dire
    que je monte vers mon Père et votre Père,
    vers mon Dieu et votre Dieu. »
    Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples :
    « J’ai vu le Seigneur ! »,
    et elle raconta ce qu’il lui avait dit.

    – Acclamons la Parole de Dieu.