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L'Eglise et l'arme nucléaire - Réflexions de Mgr Antoine de Romanet

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La Vie des Diocèses - émission de KTO du 24 juin 2019

  • Commémoration 14 18
  • Extraits de lettres adressées à son épouse par Georges CHASSERY, chef de bataillon au 36ème Régiment d'infanterie

Extraits de lettres adressées à son épouse par Georges CHASSERY, chef de bataillon au 36ème Régiment d'infanterie

Extraits de lettres adressées à son épouse par Georges CHASSERY, chef de bataillon au 36ème Régiment d'infanterie, stationné dans les bois de Beaumarais (Chemin des Dames, dans l'Aisne), décédé de ses blessures le 14 juin 1915 à St Pol sur Ternoise.

25 décembre 1914

. Ce matin à 9 heures, j’ai assisté à la messe dans une clairière de la forêt. L’autel, une pauvre petite table, était installé au pied d’un grand chêne. Je regrette de ne pas avoir eu mon appareil à ce moment-là, car c’eût été une photo unique, que ce prêtre en étole d’or disant sa messe au pied d’un chêne, et cette assistance recueillie de soldats se perdant dans les taillis.

21 mars 1915 - Printemps !

Ce matin, j’avais organisé une messe en musique. Dans un bataillon, on trouve tous les éléments voulus. C’était vraiment superbe, un groupe de chanteurs, ma foi très bons, ont fait retentir les échos de la vieille abbaye de chants à la fois guerriers et religieux, et puis un « De Profundis » a été chanté pour les morts du Bataillon. Inutile de te dire que l’église était pleine ! J’ai tellement pris l’habitude d’aller à la messe, que je crois que je continuerai pour l’édification de mes enfants, si Dieu me rend sain et sauf à ma chère petite famille. Ce soir, salut en musique.

16 avril 1915

Je fais construire ma Chapelle dédiée à Jeanne d’Arc. Notre aumônier poilu ne se tient plus de joie à la pensée d’avoir une église-cathédrale de 8 mètres sur 4 avec autel et clocher. Nous allons probablement y mettre l’autel du presbytère de Pontavert et ton étendard complétera la décoration, Quand nous quitterons nos bois, notre cantonnement deviendra certainement un but d’excursion et notre chapelle peut-être un lieu de pèlerinage. Si Dieu me prête vie, et j’ai confiance en lui, car il ne voudra pas me séparer de ma chère femme, alors tous les deux nous viendrons faire un pieux pèlerinage à la Chapelle de Jeanne d’Arc du Beau-Marais, et je te ferai revivre l’époque actuelle qui est toute vibrante des émotions de la guerre, car chaque coin, chaque arbre a presque son histoire.

18 avril 1915

L’Abbé Bornot, notre aumônier poilu, est venu nous dire la messe ce matin. Il a admiré notre chapelle qui commence à prendre une tournure très élégante. Elle est construite tout en clayonnage, et la croix de son clocher s’élève à 6 mètres de haut ! C’est tout à fait le type des chapelles de mission. La cloche sera faite de la douille d’un gros obus de 150, et le battant d’une fusée d’un obus de 105 que les Boches nous ont envoyé ce matin. Il veut absolument baptiser la cloche dimanche en 15 (3 mai) et te demande d’être marraine par procuration ; le parrain sera vraisemblablement le Commandant Voisin. Travaille vite à ton étendard, demande des objets de piété à des personnes pieuses, et envoie-nous le tout avec des dragées pour le dimanche 3 mai.                                                                                                           Les noms des parrain et marraine seront gravés sur une douille de 75 redressée à cet effet. Sur d’autres plaques de cuivre on inscrira les noms des soldats tombés au Champ d’honneur dans nos bois. Tout sera en clayonnage, autel, cadres etc… Ce sera une Chapelle peu banale, qui deviendra certainement un jour un lieu de pèlerinage.

24 avril 1915

Je te remercie bien de faire des démarches pour l’ornementation de ma chapelle qui commence à prendre tournure. L’autel et le tabernacle sont de véritables bijoux de vannerie. Le clocher et la toiture tout couverts de genêts donnent à la chapelle un air à la fois sauvage et recueilli. Dès qu’elle sera terminée, je la prendrai en photo. La Chapelle ne sera inaugurée que le 9 mai, car nous manquons de matériel, ce qui nous retarde un peu.

25 avril 1915

Quand tu recevras cette lettre, j’aurai quitté mes bois pour une destination inconnue. Déjà hier on prévoyait notre départ, aujourd’hui c’est une certitude. Ma pauvre chapelle ! Je suis navré de l’abandonner à la veille de son inauguration ! Néanmoins nous ne la quitterons pas ainsi. Mardi une messe sera dite pour la bénir, et j’emporterai des photographies. Il est donc inutile maintenant de demander des objets pour elle, car il est bien certain que nous ne la reverrons plus

26 avril 1915

Nous préparons fiévreusement notre départ pour l’inconnu.  Ce qui me navre, c’est de voir qu’il faut abandonner notre chapelle presque finie, à la veille d’être inaugurée. Néanmoins, nous avons mis les bouchées doubles, et demain matin à 9h elle sera bénie.  Nous avons pu avoir un oriflamme de Jeanne d’Arc, un Christ. J’ai fait établir un état des morts au Champ d’Honneur. Encadré dans de la vannerie, il commémorera notre passage dans les bois de Beaumarais. J’ai fait placer aussi une plaque commémorative de l’inauguration de la chapelle. L’autel en vannerie est vraiment joli, les vases sont des douilles de 75 et le bénitier un éclat d’obus. Je t’envoie deux photos de la chapelle prises hier au soir. Depuis, elles s’est transformée, elle est complètement couverte en genêts. Demain, on la photographiera de nouveau.

27 avril 1915

Nous avons inauguré notre chapelle ce matin. Certes elle aurait été beaucoup plus jolie si elle avait eu tous les ornements qui lui étaient destinés. Malgré tout elle était très bien avec son autel tout fleuri, son étendard de Jeanne d’Arc et ton cher fanion qui abritait dans ses plis les noms des soldats du 3ème Bataillon tombés au Champ d’Honneur dans les bois de Beaumarais. Nous avions pu mettre un chemin de croix, pris dans la chapelle des Sœurs de Pontavert. Une des stations, la Vème, est traversée par un éclat d’obus. Je t’envoie une photo prise à la sortie de messe d’inauguration.

28 avril 1915

Toujours rien de nouveau au sujet de notre départ. Je ne sais si ma dépêche sera arrivée à temps pour arrêter l’envoi des objets destinés à notre chapelle. Je commence à espérer que s’ils sont partis, ils auront encore le temps de m’arriver avant que nous ayons décampé. J’ai reçu ce matin une ravissante pale faite par Melle Thomas.                                                       Tu pourras dire à Mme Fauvel que c’est le Chemin de Croix de la chapelle des Sœurs qui orne maintenant le Chapelle Jeanne d’Arc qui est édifiée à droite de la route de Pontavert à Craonne, un peu avant que cette route franchisse le ruisseau du moulin Pontay et tourne brusquement vers Craonnelle. J’ai l’intention de laisser dans la chapelle le fanion qui abrite de ses plis les noms de nos soldats tombés au Champ d’Honneur ; il me semble que c’est le sort le plus beau et le plus sacré qui pouvait lui être réservé. Je le couvrirai de baisers avant de le quitter, et un jour, je l’espère, nous pourrons ensemble venir remercier ce fanion sacré de m’avoir rendu à mes chers miens. Demain, l’Abbé Bornot viendra dire la messe dans la chapelle, car mes deux Compagnies rentrées hier de 1ère ligne n’avaient pu assister à l’inauguration faite hier par l’Abbé Girard. Je ne me sens peut-être pas encore un chrétien fervent, mais je suis certainement pris par un mysticisme dont je ne me rends pas parfaitement compte. L'idée de la Bienheureuse Jeanne d'Arc, patronne de ma promotion, me hante souvent l'esprit, enfin je suis dans un état d'âme bizarre que je ne peux guère m'expliquer. Peut-être est-ce la foi qui commence à pénétrer dans mon cœur, j'en serais profondément heureux. Tu ne dois guère comprendre ce que je t'écris, car je ne comprends guère moi-même tous les sentiments bizarres qui m'envahissent. Si je deviens le Chevalier fervent de Jeanne d'Arc, j'espère que tu n'en seras pas jalouse ! Je commence à espérer du reste que les événements vont se développer avec une grande rapidité, pendant le joli mois de Mai. Pauvre Vierge Marie ! Ses jours de fête vont être, je crois, le signal d’un choc formidable de l’Orient à l’Occident ! Puisse ce choc terrible, où des milliers d’hommes se jetteront les uns sur les autres, être le dernier crime de notre triste humanité, et amener la fin de cette guerre qui ne cessera que lorsque les Allemands seront à bout de vies humaines !

29 avril 1915

Ce que je regrette avant tout, c’est que mon départ ait arrêté l’envoi des objets destinés à la chapelle de Jeanne d’Arc, ma patronne, car je crois qu’ils auraient eu le temps d’arriver avant notre départ. Ce matin, l’Abbé Bornot nous a dit la messe, et a prononcé un petit discours très bien senti ; la chapelle était comble ! Peut-être fera-t-on tout de même le baptême de la cloche dimanche, si nous sommes encore là. L’Abbé Bornot est professeur de 3ème dans un établissement religieux.                                                                                                              Je t’avoue que c’est un vrai crève-cœur pour moi que de quitter mes bois et ma chère Chapelle. J’ai pu avoir aujourd’hui un rouleau de pellicules. Je vais pouvoir prendre de nombreuses photos avant de quitter mon heureuse résidence.                                                   Je t’envoie pour les enfants un petit catéchisme du soldat, dédié aux enfants par l’Abbé Bornot ; il est très bien compris, et ne peut que leur être utile.

30 avril 1915

J’ai reçu en même temps des images très jolies de St Georges, St Sébastien etc… et deux Christ venant de Paris, envoyés par tante Marie. Ils sont dès maintenant installés dans la chapelle qui commence déjà à être trop petite                                                                       Tous les soirs quand la nuit est descendue sur la terre, je vais à ma chapelle, j’invoque ma patronne, j’embrasse ton cher étendard, et je me sens alors une force nouvelle pour supporter tous les ennuis inhérents à l’existence actuelle.

3 mai 1915

Il est probable que je n’aurai pas l’occasion de revoir ma chapelle si nous partons d’ici 3 ou 4 jours. Je suis enchanté d’avoir pu l’inaugurer, et j’espère que les prières que j’ai adressées le soir dans la pénombre à mes protecteurs St Georges et Jeanne d’Arc me protégeront et me rendront à mon cher foyer.

10 mai 1915

Tu me demandes ce que tu dois faire des objets religieux pour notre chapelle. Comme je te l’ai déjà dit, tu peux nous les envoyer en mettant en plus de notre adresse celle du Commandant Berthemy du 35ème Territorial, qui se chargera de les faire mettre en place. Aujourd’hui, les vitraux ont été placés, ils font un très joli effet et donnent un excellent éclairage au chœur.

13 mai 1915

Aujourd’hui jour d’Ascension, l’aumônier a apporté la plaque de cuivre commémorative du baptême raté de la cloche. Je t’en ai mis un fac-similé à la 2ème page. La plaque de cuivre est maintenant dans le clocher à côté de la cloche. Plus tard, tu pourras la retrouver quand nous ferons notre voyage de souvenir !

(dessin représentant la plaque, accompagné de la dédicace suivante :

Je sonne pour la prière

Je sonne à l’approche des avions de l’ennemi

Je sonnerai bientôt pour la Victoire et la Paix

Mon parrain est le Commandant Auguste Voisin

Ma Marraine est Mme Suzanne Chassery

Des soldats reconnaissants - Souvenir du 36ème Mai 1915

17 mai 1915

J’ai remis les objets du culte à l’Abbé Bornot . A minuit je suis allé faire une dernière prière dans ma petite chapelle ; j’ai demandé à Dieu, à St Georges et à Jeanne D’Arc de protéger la France, le 36ème, mon bataillon et de me rendre sain et sauf à ton affection.

A sa tante Melle Marie R.  - 2 mai 1915

Ma chère tante,

Je te remercie bien vivement, ainsi qu’A. et H., de votre aimable envoi d’objets religieux qui actuellement décorent ma chapelle de Jeanne d’Arc.

Sais-tu qu’elle est vraiment jolie, ma chapelle ?…. Entièrement tressée en vannerie et recouverte d’un toit de genêts ! Son fin clocher, dont la croix s’élève à 6m.50, va se perdre dans les branches d’un grand chêne et, sous sa robe verte, elle disparaît au milieu des grands bois. La cloche, faite d’une douille de 155, a pour battant une fusée d’obus. Son autel, une merveille de vannerie, son tabernacle en crèche, sa table de communion, tout est vraiment délicieux, et je suis persuadé qu’elle deviendra dans l’avenir un lieu de pèlerinage.

Elève de la promotion de Jeanne d’Arc, ayant pour patron St Georges, j’étais destiné à construire une chapelle militaire, où, sous les plis du cher fanion tricolore fait par Suzanne et Henriette, reposent en paix mes braves soldats tombés au Champ d’Honneur !

Malheureusement le baptême n’a pu avoir lieu comme je le désirais. Il y a aujourd’hui 8 jours, on nous a annoncé que nous partions dans les 3 jours. Que faire avec ma chapelle inachevée ? J’ai demandé à mes pionniers un gros efforts, et le 27 avril, la chapelle était bénite par l’Abbé Girard. Notre départ retardé m’a permis de la faire achever ; le 29, une nouvelle messe y était dite, et le 30, jour de mon départ m’arrivait ton aimable envoi. Le soir, quand je suis parti, (pour peut-être ne plus jamais revenir !) Saint Georges et Jeanne la Bienheureuse occupaient les places d’honneur à droite et à gauche de l’autel ! Avant de lui faire un dernier adieu à cette chère petite chapelle, j’ai embrassé une dernière fois mon fanion, et j’ai demandé à Jeanne d’Arc et à St Georges de me suivre dans ma nouvelle destinée, de me rendre vainqueur et sain et sauf à ma chère petite famille.

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Saint du Jour

Nominis

28 septembre 2020

Tous les saints du jour Nominis
  • Saints Laurent Ruiz et 15 compagnons - martyrs à Nagasaki au Japon (✝ v. 1635)
    A Nagasaki, 16 martyrs, les uns brûlés vifs, d'autres décapités quelques années auparavant et plusieurs autres qui moururent témoins de la foi au Christ.Saint Laurent Ruiz de Manille et quinze compagnons: Dominique Ibanez de Erquicia, Jacques Kyushei Gorobioye Tomonaga, Antoine Gonzalez, Michel de Aozaraza, Guillaume Courtet, Vincent Shiwozuka, Luc Alphonse Gorda, Jourdain (Hyacinthe Ansalone) et Thomas Hioji Rokuzayemon Nishi, prêtres dominicains, François Shoyemon, Michel Kurobioye et Matthieu Kohioye, religieux dominicains - Madeleine de Nagasaki, vierge du Tiers-Ordre de Saint-Augustin, Marine de Omura, vierge du Tiers-Ordre dominicain, Lazare de Kyoto, laïc. Après avoir semé la foi chrétienne dans les Îles Philippines, Formose et les îles du Japon, ils consommèrent leur martyre pour l'amour du Christ à Nagasaki, en vertu d'un décret du chef suprême Togugawa Yemitsu, à des jours différents, de 1633 à 1637, mais sont commémorés dans une même vénération.Voir sur le site du Vatican, Lawrence Ruiz, Dominic Ibáñez de Erquicia, James Kyushei Tomonaga, and 13 companions, Philippines, martyrs in Japan - biography (en anglais) Piazza San Pietro, 18 ottobre 1987
  • Saint Venceslas - duc de Bohême et martyr (✝ 929)
    Vratislas, duc de Bohème, laissait deux fils en mourant: Venceslas, l'héritier âgé de treize ans, et Boleslas, de deux années plus jeune. Drahomira leur mère exerça la régence, mais restait attachée à l'ancien culte comme Boleslas, alors que Venceslas était devenu chrétien. Durant les cinq années de sa régence, elle persécuta les chrétiens et Venceslas lui-même devait se cacher pour entendre la messe. A 18 ans, quand il monta sur le trône, il construisit des églises, ouvrit des monastères, rappela les prêtres exilés. Il gouvernait sagement et ses mœurs étaient pures. Il fut assassiné par son frère qui convoitait le trône et avait pris la tête du parti païen. Boleslas l'attaqua par surprise devant l'église où il se rendait à la messe. Venceslas ne tira pas son épée: "Je ne serai pas fratricide. Je te pardonne." Il avait vingt-trois ans.Saint Venceslas est le patron de la République tchèque et le 28 septembre y est fête nationale.- vidéo: visite de la Basilique Saint Venceslas.Mémoire de saint Venceslas, martyr. Duc de Bohême élevé par sa grand-mère, sainte Ludmilla, dans la sagesse divine et humaine, il se montra sévère pour lui-même, pacifique dans l'administration de son pays, plein de bonté pour les pauvres; il racheta des foules d'esclaves païens sur le marché de Prague, pour qu'ils soient baptisés; après bien des difficultés supportées pour gouverner ses sujets et les instruire de la foi chrétienne, il fut trahi par son frère Boleslas et tué par des sicaires dans l'église de Boleslava, en 935.

Les lectures du jour

Messe

(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2020 AELF
  • Première lecture : « Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris : Que le nom du Seigneur soit béni ! » (Jb 1, 6-22)

    Lecture du livre de Job

    Le jour où les fils de Dieu se rendaient à l’audience du Seigneur,
    le Satan, l’Adversaire, lui aussi, vint parmi eux.
        Le Seigneur lui dit :
    « D’où viens-tu ? »
    L’Adversaire répondit :
    « De parcourir la terre et d’y rôder. »
        Le Seigneur reprit :
    « As-tu remarqué mon serviteur Job ?
    Il n’a pas son pareil sur la terre :
    c’est un homme intègre et droit,
    qui craint Dieu et s’écarte du mal. »
        L’Adversaire riposta :
    « Est-ce pour rien que Job craint Dieu ?
        N’as-tu pas élevé une clôture pour le protéger,
    lui, sa maison et tout ce qu’il possède ?
    Tu as béni son travail,
    et ses troupeaux se multiplient dans le pays.
        Mais étends seulement la main,
    et touche à tout ce qu’il possède :
    je parie qu’il te maudira en face ! »
        Le Seigneur dit à l’Adversaire :
    « Soit ! Tu as pouvoir sur tout ce qu’il possède,
    mais tu ne porteras pas la main sur lui. »
    Et l’Adversaire se retira.

        Le jour où les fils et les filles de Job étaient en train de festoyer
    et de boire du vin dans la maison de leur frère aîné,
        un messager arriva auprès de Job et lui dit :
    « Les bœufs étaient en train de labourer
    et les ânesses étaient au pâturage non loin de là.
        Les Bédouins se sont jetés sur eux et les ont enlevés,
    et ils ont passé les serviteurs au fil de l’épée.
    Moi seul, j’ai pu m’échapper pour te l’annoncer. »
        Il parlait encore quand un autre survint et lui dit :
    « Le feu du ciel est tombé,
    il a brûlé troupeaux et serviteurs, et les a dévorés.
    Moi seul, j’ai pu m’échapper pour te l’annoncer. »
        Il parlait encore quand un troisième survint et lui dit :
    « Trois bandes de Chaldéens se sont emparées des chameaux,
    ils les ont enlevés et ils ont passé les serviteurs au fil de l’épée.
    Moi seul, j’ai pu m’échapper pour te l’annoncer. »
        Il parlait encore quand un quatrième survint et lui dit :
    « Tes fils et tes filles étaient en train de festoyer
    et de boire du vin dans la maison de leur frère aîné,
        lorsqu’un ouragan s’est levé du fond du désert
    et s’est rué contre la maison.
    Ébranlée aux quatre coins,
    elle s’est écroulée sur les jeunes gens,
    et ils sont morts.
    Moi seul, j’ai pu m’échapper pour te l’annoncer. »

        Alors Job se leva, il déchira son manteau et se rasa la tête,
    il se jeta à terre et se prosterna.
        Puis il dit :
    « Nu je suis sorti du ventre de ma mère,
    nu j’y retournerai.
    Le Seigneur a donné,
    le Seigneur a repris :
    Que le nom du Seigneur soit béni ! »

        En tout cela, Job ne commit pas de péché.
    Il n’adressa à Dieu aucune parole déplacée.

                – Parole du Seigneur.

  • Psaume (Ps 16 (17), 1, 3, 4b-5, 7)

    Refrain psalmique : (cf. Ps 16, 6)

    Toi, le Dieu qui répond :
    écoute-moi, entends ce que je dis.

    Seigneur, écoute la justice !
    Entends ma plainte, accueille ma prière :
    mes lèvres ne mentent pas.

    Tu sondes mon cœur, tu me visites la nuit,
    tu m’éprouves, sans rien trouver ;
    mes pensées n’ont pas franchi mes lèvres.

    J’ai gardé le chemin prescrit ;
    j’ai tenu mes pas sur tes traces :
    jamais mon pied n’a trébuché.

    Montre les merveilles de ta grâce,
    toi qui libères de l’agresseur
    ceux qui se réfugient sous ta droite.

  • Évangile : « Le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand » (Lc 9, 46-50)

    Acclamation : (cf. Mc 10, 45)

    Alléluia. Alléluia.
    Le Fils de l’homme est venu pour servir,
    et donner sa vie en rançon pour la multitude.
    Alléluia.

    Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

    En ce temps-là,
        une discussion survint entre les disciples
    pour savoir qui, parmi eux, était le plus grand.
        Mais Jésus, sachant quelle discussion occupait leur cœur,
    prit un enfant, le plaça à côté de lui
        et leur dit :
    « Celui qui accueille en mon nom cet enfant,
    il m’accueille, moi.
    Et celui qui m’accueille
    accueille celui qui m’a envoyé.
    En effet, le plus petit d’entre vous tous,
    c’est celui-là qui est grand. »

        Jean, l’un des Douze, dit à Jésus :
    « Maître, nous avons vu quelqu’un
    expulser des démons en ton nom ;
    nous l’en avons empêché,
    car il ne marche pas à ta suite avec nous. »
        Jésus lui répondit :
    « Ne l’en empêchez pas :
    qui n’est pas contre vous est pour vous. »

                – Acclamons la Parole de Dieu.