Soutenez-nous !

 

Denier Toussaint 2019 extérieur

L'Eglise et l'arme nucléaire - Réflexions de Mgr Antoine de Romanet

nuclear threat

La Vie des Diocèses - émission de KTO du 24 juin 2019

  • eveque
  • Lettre de Mgr Antoine de Romanet, Évêque aux Armées (février 2020)

Lettre de Mgr Antoine de Romanet, Évêque aux Armées (février 2020)

 


Capture décran 2020 02 27 à 15.40.55

La mission des aumôniers militaires est d’être à la fois proche des hommes dans une dimension personnelle de soutien moral et spirituel, ainsi que conseil au commandement, accompagnant la réflexion, la vision et l’action au cœur d’un monde en constante mutation. Il s’agit de conjuguer le plus proche avec le plus ample, le plus immédiat avec la plus large perspective. En ce début d'année, je souhaite ici partager avec vous quelques réflexions articulant ces deux dimensions.

UN PRÉOCCUPANT RETOUR DU FAIT GUERRIER

Nous assistons actuellement à une dégradation de l’environnement international et au retour du « fait guerrier ». Les facteurs d’instabilité se multiplient : tensions économiques, ethniques et religieuses auxquelles s’ajoutent enjeux démographiques, climatiques et gestion des ressources naturelles. Certains pays remettent en cause le droit international et le multilatéralisme – ce que le pape François ne cesse de dénoncer – si bien que les relations internationales tendent à se « militariser ». De nouvelles conflictualités surgissent, comme le cyber et l’espace, tandis que des souverainetés sont ébranlées par l’apparition d’acteurs privés souvent plus puissants que des États. L’accélération exponentielle des nouvelles technologies vient bousculer les référentiels intellectuels et éthiques obligeant à repenser les moyens de protection et de défense. 

QUATRE MENACES POUR LES ARMÉES FRANÇAISES

Les armées françaises ont à faire face en 2020 à quatre types de conflits complexes et parfois simultanés. En premier lieu, celui du terrorisme : un ennemi aux valeurs radicalement différentes des nôtres qui contourne nos modèles de puissance en s’affranchissant du droit international et humanitaire. Une réalité amplifiée par l’affaiblissement des États qui conduit à des crises non seulement plus fréquentes mais aussi plus graves. S’y ajoutent des puissances désinhibées jouant la carte de la conflictualité dans les « zones grises » et pratiquant la politique du fait accompli. Enfin, le retour d’une guerre « classique » ne peut être écarté, il verrait l’affrontement de puissances « bloc à bloc » jetant toutes leurs forces dans la bataille. Alors que la fin de la « guerre froide » semblait nous en éloigner, cette menace doit être à nouveau sérieusement considérée.

CONSTRUIRE LA PAIX ET JETER DES PONTS 

Dans ce contexte de tensions internationales, le dialogue, l’écoute et l’échange fraternel sont plus que jamais essentiels. C’est le sens du rassemblement de tous les ordinaires militaires autour du pape François du 29 au 31 octobre dernier à Rome, de la réunion des évêques de France du 4 au 10 novembre à Lourdes, de la rencontre avec les aumôniers en chef de l’OTAN du 27 au 31 janvier à Berlin, qui ont contribué à signifier et entretenir notre volonté commune de bâtir ensemble un monde de fraternité et de solidarité, de justice et de paix. C’est le sens de mes déplacements chaque semaine sur le terrain comme celui de la fête de Noël passée à Bagdad afin d’entourer et de soutenir les militaires français. Ces derniers contribuent avec un courage admirable à la construction d’une paix toujours si précaire.

DES THÉATRES D’OPÉRATIONS AUX INVALIDES, DES LARMES ET UNE ESPÉRANCE

Le 25 novembre 2019, treize soldats français engagés au sein de l’opération Barkhane sont morts pour la France lors d’une action de combat dans le Liptako malien. À bord de deux hélicoptères, ils participaient à une opération d’appui aux commandos parachutistes luttant contre des groupes armés terroristes.

Sur place, deux prêtres aumôniers militaires ont immédiatement apporté leur écoute et leur soutien. À Paris, entre un temps de recueillement sous le dôme et l’hommage rendu dans la cour d’honneur des Invalides une messe a été célébrée dans la cathédrale Saint-Louis associant la peine et l’espérance de tous dans une union poignante de dignité et de cœur. Des obsèques privées, accompagnées par les aumôniers militaires, se sont ensuite déroulées dans l’intimité de chaque famille et de chaque garnison.

Ces hommes, avec neuf autres militaires français dont les noms et les visages sont gravés dans nos mémoires, ont fait en 2019 le sacrifice de leur vie, au nom d’un idéal qui transcende tout attachement. Enfants de France, ils sont tombés pour les peuples du Sahel, pour la sécurité de leurs compatriotes, pour la liberté du monde... Ce sont des héros valeureux, humbles et unis par une profonde fraternité d’armes.

Le lundi 2 décembre, à Paris, au terme des honneurs militaires, treize cercueils s’en sont allés, suivis de leurs familles, conjoints, jeunes enfants, parents, proches, d’une dignité bouleversante, renvoyant chacun au sens ultime et décisif de sa propre existence. Notre devoir, à leur suite, est bien de nous engager sans relâche dans la construction de la paix au service de la fraternité la plus forte et la plus exigeante, celle à laquelle la suite du Christ ne cesse de nous convoquer.

+ Antoine de Romanet Évêque aux Armées Françaises

Mots-clés: invalides, aumônerie militaire, militaire, Evêque aux Armées, aumonier militaire, Mgr Antoine de Romanet

Imprimer E-mail

Saint du Jour

Nominis

13 juillet 2020

Tous les saints du jour
  • Saint Henri II - Empereur germanique (✝ 1024)
    Il était le fils du duc de Bavière et, en raison de la mort prématurée de son parent Otton III, il fut couronné empereur germanique. Comme tel, il régna sur l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse, les Pays-Bas et l'Italie du Nord. Il épousa sainte Cunégonde de Luxembourg que nous fêtons le 3 mars. Elle ne pouvait avoir d'enfants. Henri refusa de la répudier, fait inouï à cette époque et dans une société où la stérilité, surtout dans la noblesse, était une cause ordinaire de répudiation.L'une de ses deux préoccupations majeures fut l'unité du Saint Empire romain germanique pour laquelle il dut beaucoup guerroyer. L'autre fut de réformer les habitudes de la Papauté, avec l'aide du roi de France, Robert le Pieux, en un siècle qui vit quatorze papes sur vingt-huit, être élus sous la seule influence des reines et des femmes.Dans le même temps, il renforça l'influence de l'Eglise sur la société, fonda l'évêché de Bamberg et, oblat bénédictin, il soutint la réforme entreprise par les moines de Cluny.Privé d'héritier, il institua le Christ comme son légataire de ses biens. A sa mort, sainte Cunégonde se retira à l'abbaye de Kaffungen qu'elle avait fondée.Mémoire de saint Henri, empereur des Romains (romain-germanique), il garda, rapporte-t-on, avec sa femme sainte Cunégonde, une continence totale, œuvra à la réforme de l'Église et à sa propagation, conduisit le futur saint Étienne, roi des Hongrois, à accueillir la foi du Christ avec presque tout son peuple, mourut à Grona et fut inhumé, selon son désir, à Bamberg en Franconie, l'an 1024.

Les lectures du jour

Messe

(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2020
  • Première lecture : « Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de ma vue vos actions mauvaises » (Is 1, 10-17)

    Lecture du livre du prophète Isaïe

    Écoutez la parole du Seigneur,
    vous qui êtes pareils aux chefs de Sodome !
    Prêtez l’oreille à l’enseignement de notre Dieu,
    vous, peuple de Gomorrhe !
        Que m’importe le nombre de vos sacrifices ?
    – dit le Seigneur.
    Les holocaustes de béliers, la graisse des veaux,
    j’en suis rassasié.
    Le sang des taureaux, des agneaux et des boucs,
    je n’y prends pas plaisir.
        Quand vous venez vous présenter devant ma face,
    qui vous demande de fouler mes parvis ?
        Cessez d’apporter de vaines offrandes ;
    j’ai horreur de votre encens.
    Les nouvelles lunes, les sabbats, les assemblées,
    je n’en peux plus de ces crimes et de ces fêtes.
        Vos nouvelles lunes et vos solennités,
    moi, je les déteste :
    elles me sont un fardeau,
    je suis fatigué de le porter.
        Quand vous étendez les mains,
    je détourne les yeux.
    Vous avez beau multiplier les prières,
    je n’écoute pas :
    vos mains sont pleines de sang.
        Lavez-vous, purifiez-vous,
    ôtez de ma vue vos actions mauvaises,
    cessez de faire le mal.
        Apprenez à faire le bien :
    recherchez le droit,
    mettez au pas l’oppresseur,
    rendez justice à l’orphelin,
    défendez la cause de la veuve.

                – Parole du Seigneur.

  • Psaume (Ps 49 (50), 8-9, 16bc-17, 21, 23)

    Refrain psalmique : (cf. Ps 49, 23cd)

    À celui qui veille sur sa conduite,
    je ferai voir le salut de Dieu.

    « Je ne t’accuse pas pour tes sacrifices ;
    tes holocaustes sont toujours devant moi.
    Je ne prendrai pas un seul taureau de ton domaine,
    pas un bélier de tes enclos.

     Qu’as-tu à réciter mes lois,
    à garder mon alliance à la bouche,
    toi qui n’aimes pas les reproches
    et rejettes loin de toi mes paroles ?

    « Voilà ce que tu fais ;
    garderai-je le silence ?
    Penses-tu que je suis comme toi ?
    Je mets cela sous tes yeux, et je t’accuse.

    « Qui offre le sacrifice d’action de grâce,
    celui-là me rend gloire :
    sur le chemin qu’il aura pris,
    je lui ferai voir le salut de Dieu. »

  • Évangile : « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive » (Mt 10, 34 – 11, 1)

    Acclamation : (Mt 5, 10)

    Alléluia. Alléluia.
    Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
    car le royaume des Cieux est à eux !
    Alléluia.

    Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
    Jésus disait à ses Apôtres :
        « Ne pensez pas que je sois venu
    apporter la paix sur la terre :
    je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive.
        Oui, je suis venu séparer
    l’homme de son père,
    la fille de sa mère,
    la belle-fille de sa belle-mère :
        on aura pour ennemis les gens de sa propre maison.
        Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi
    n’est pas digne de moi ;
    celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi
    n’est pas digne de moi ;
        celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas
    n’est pas digne de moi.
        Qui a trouvé sa vie
    la perdra ;
    qui a perdu sa vie à cause de moi
    la trouvera.
        Qui vous accueille
    m’accueille ;
    et qui m’accueille
    accueille Celui qui m’a envoyé.
        Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète
    recevra une récompense de prophète ;
    qui accueille un homme juste en sa qualité de juste
    recevra une récompense de juste.
        Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche,
    à l’un de ces petits en sa qualité de disciple,
    amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »
        Lorsque Jésus eut terminé les instructions
    qu’il donnait à ses douze disciples,
    il partit de là pour enseigner et proclamer la Parole
    dans les villes du pays.

                – Acclamons la Parole de Dieu.