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L'Eglise et l'arme nucléaire - Réflexions de Mgr Antoine de Romanet

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La Vie des Diocèses - émission de KTO du 24 juin 2019

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  • Homélie de l’ordination de Damien Haas et Pierre-Marie Crespin

Homélie de l’ordination de Damien Haas et Pierre-Marie Crespin

le pretre soldatCathédrale des Invalides 10 juin 2017

Le Prêtre-soldat

Le prêtre-soldat. On parle aussi des « moines-soldats », conjuguant l’élan du moine vers Dieu et celui du soldat vers le Feu. Conjuguant en une seule mission l’ardeur du militaire et la ferveur du religieux. Conjuguant la vie dans le camp de Dieu et la marche sur le champ de bataille. En lui se superposent l’absolu du moine, retiré au désert, et l’absolu du soldat, envoyé au front.

Le 31 janvier 1915, on annonce au père Léon Cabaret qu’une des lettres qu’il a envoyée à son évêque a été publiée dans la revue diocésaine. Il écrit : « Cela me laisse froid. Je me contente de constater qu’autour de moi on ne se défie point. La confiance naît d’elle-même : soldats et officiers ne me marquent que de la sympathie … Je ne connais rien de plus noble que le métier de prêtre-soldat : l’idée de religion et celle de patrie sont sœurs. Elles supposent le sacrifice, le dévouement à la cause du bien et du bon. Elles sont la négation de l’égoïsme, synthétiseur de la fraternité réelle et non de la fraternité théorique. Il me semble que, de cette guerre terrible, nous sortirons tous meilleurs. A vivre ainsi, confondus de tous rangs, de toute situation sociale, on apprend à se mieux connaître et à s’estimer, autrement que par des conventions établies.

 

En particulier le prêtre y gagnera beaucoup parce qu’il aura l’occasion de gagner à la cause religieuse bien des braves gens qui se sont sentis réconfortés, à certaines heures critiques, par le secours matériel et moral que le prêtre peut apporter. »

  1. Le prêtre-soldat au cœur de la guerre pour sauver. Toute notre histoire le prouve : à chaque génération, quand la guerre revient au galop frapper les peuples, comme la marée le front de mer, des hommes de Dieu se lancent au milieu d’elle. On les accusera de cautionner des actes mauvais, ceux de conquérir ou de tuer. Mais en réalité, ils sont là par ordre de Dieu : c’est que là où sont les hommes, Dieu est. Et si Dieu est, comment refuser à ses serviteurs d’y être pour l’incarner ? Dieu éviterait-il soigneusement de se mêler à la violence ? Dieu ne viendrait-il que pour les bons et les bien-portants ? Quand j’entends des bons catholiques s’étonner que des prêtres marchent sous les drapeaux, je m’étonne de leur étonnement : en quel Dieu croient-ils ? Probablement en un Dieu politiquement correct qui ne fréquente que les milieux bien-pensants où l’on fait du bien aux pauvres en restant dans son oasis de fraîcheur… 

Ces prêtres-soldats n’entrent pas dans la bataille pour la cautionner ou la juger, ni même pour la valoriser ou la condamner : Notre Seigneur, quand il s’est fait homme parmi les hommes pécheurs, n’a pas rendu crédible le péché. On ne cautionne pas quelque chose en s’y intégrant. A l’image de notre Seigneur Jésus, le moine-soldat sait qu’on ne sauve que de l’intérieur, qu’en étant de la même « race », de la même équipe, de la même solidarité. On ne transforme spirituellement les hommes qu’en étant l’un d’eux.

  1. Les deux tenues du prêtre-soldat. La photo choisie pour le faire-part d’ordination illustre bien cette délicate et délicieuse combinaison du sacerdoce et du sac à dos. En tête d’une masse indistincte d’hommes droits, aux mêmes manteaux lourds, aux mêmes mains jointes, crispées sur leur casque d’acier, un homme de blancheur, les mains élevées. Le drapé de l’aube cache mal les godillots de cuirs, lestés de glaise. D’un côté, par ses pieds et sa tenue de soldat, il touche la terre : il est avec les autres, tout près d’eux, avec sa tenue camouflée, sans trahir quoique ce soit de leur condition de guerre. De l’autre, par sa tête et son aube, il tutoie le ciel. Il est pour les autres, tout près de Dieu, participant de sa blancheur immaculée, sans trahir quoique ce soit de la condition divine.

Charles Péguy évoquait la proue du navire : elle fend les flots et entraîne dans son sillage le paquebot d’humanité. Sa largeur même le freinerait si la fine pointe de l’étrave ne lui découpait l’océan par avance. Le prêtre-soldat ne tourne le dos à ses hommes que pour faire face à Dieu : le premier et pour les autres, il trace la route vers le Ciel. Tout dans sa façon de vivre et de célébrer évoque la verticalité : là où l’homme s’élargit vers le large ou s’appauvrit vers le bas, lui il relève et il élève.

  1. Sa solitude est réelle mais complexe. C’est une vraie fausse solitude que vit le prêtre. Il est seul. Et une âme d’ermite est bien nécessaire au prêtre-soldat. Cette solitude, tout prêtre l’éprouve quand il prend le chemin de l’autel : là, il s’extrait du peuple, il part en ses plaines que seul le prêtre arpente. Il vit à plein cette drôle de « solitude du chef » puisqu’il est configuré au Christ-tête. Mais cette solitude est une première impression qui ne pèse que s’il oublie le peuple auquel il est attaché par son sacerdoce. C’est la solitude de celui qui marche en tête, seul parce qu’il n’a personne devant lui mais, en réalité, totalement intégré dans une belle et bonne communauté qui le suit à la trace. Si cette impression de solitude l’étouffe, qu’il se retourne de temps en temps. C’est à dire qu’il reprenne conscience du peuple confié, comme attaché à lui, « à ses basques », sans lequel il se refuse à entrer au ciel. Seul il se sent, mais en même temps il veut et il lui faut ne pas monter seul là où Dieu l’aspire.

De toute façon, un prêtre n’a plus le choix. A partir de son ordination sacerdotale, il ne peut plus rentrer seul dans la maison du Père. S’il se présente seul, le cœur tranquille et les mains pures, il entendra saint Pierre, un peu étonné, lui demander : « mais où sont les autres ? ». Décontenancé, il répondra : « ils n’ont pas suivi, peut-être se sont-ils perdus dans les contours du chemin, je ne me suis pas retourné, je pensais qu’ils me suivaient… » Alors saint Pierre, certainement un peu gêné, lui glissera, en refermant la porte devant lui : « retourne, mon fils, retrouver ceux que tu as laissés aux croisées des routes. Pars dans les creux des chemins, les sentes des forêts, les pentes des montagnes. Je ne peux pas te laisser entrer sans eux. » Quand on devient prêtre, on ne peut plus entrer seul au Ciel. On ne peut plus se préoccuper uniquement de son salut personnel : notre oraison silencieuse englobe toujours le visage d’un frère. On ne prie quasiment plus pour soi : il y a en nous un mouvement incontrôlé à se retourner vers le frère. Il y a en nous cette irrépressible dilatation de notre cœur.

  1. Pour le prêtre-soldat, la violence de la guerre se surajoute à la complexité du péché. Tout prêtre vit cette relation entre le Ciel et la terre, ce chemin qu’il ouvre pour sa troupe, dans la complexité du péché. Quel qu’effort que l’on fournisse, le grain de sable de la jalousie, le poison de l’orgueil, la déviance de la domination complexifient cette ascension. En lui d’abord, autour de lui ensuite, en l’autre enfin, le brouillard du péché trouble la vue du prêtre. Sa froideur glace les cœurs et sa blessure diminue la vie. Tout prêtre doit être ce pont, cette proue, cet ascenseur vers Dieu avec la complexité du péché.

Mais le prêtre-soldat vit cette relation déjà compliquée entre la terre et le Ciel  dans un climat d’extrême violence. Le dimanche 19 septembre 1915, le père Léon Cabaret célèbre à l’extérieur, l’autel placé près d’un talus. « L’office, par un soleil radieux, commence sans incident. » Mais « les boches ont la sotte idée de diriger leur tir dans notre direction. » Les obus pleuvent tout autour d’eux sans qu’il interrompe sa messe.

« Les assistants sont blancs comme des suaires ; je sens fort bien que ma frayeur est aussi grande que la leur. Je faiblis sur mes jambes. Dans mes mains, je tiens la sainte Hostie qui tremble comme une feuille dans la tempête. Jamais, en communiant, je ne m’étais senti si près de ma fin. La messe est finie. J’ai mesuré la distance qui nous séparait du trou creusé par la dernière marmite : environ cinquante mètres. » La connexion établie par le prêtre entre la Terre et le Ciel se trouve enserrée dans les griffes de la brutalité extrême. Car la guerre offre les visages les plus sombres de la sauvagerie humaine. Ce que le péché rongeait en temps de paix et de tranquillité, se trouve être agressé puissamment en temps de guerre. Tout est y est amplifié du drame humain. Et le prêtre-soldat doit le prendre en compte.

On parle dans l’Ancien Testament du « Dieu des armées » : l’expression nous dérange aujourd’hui. S’il s’agit d’un Dieu qui cause les guerres pour étendre son règne, notre gêne est normale. Mais le Dieu des armées, c’est celui des soldats et des prêtres-soldats. C’est Celui dont la force d’amour ne se laisse éteindre et étreindre par aucune autre puissance. Par aucune violence. C’est le Dieu dont témoigne le prêtre-soldat : celui d’un amour plus fort que la mort. D’une joie plus forte que les pleurs.

+ Luc Ravel

Archevêque de Strasbourg.

Mots-clés: diocese, ordination

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Saint du Jour

Nominis

27 septembre 2020

Tous les saints du jour Nominis
  • Saint Vincent de Paul - Fondateur de la congrégation de la Mission et des Filles de la Charité (✝ 1660)
    Monsieur Vincent n'oubliera jamais que, quand il était petit, il gardait les porcs dans la campagne landaise. Il en rougissait à l'époque et s'il voulut devenir prêtre, ce fut surtout pour échapper à sa condition paysanne. Plus tard, non seulement il l'assumera, mais il en fera l'un des éléments de sa convivialité avec les pauvres et les humiliés. A 19 ans, c'est chose faite, il monte à Paris parce qu'il ne trouve pas d'établissement qui lui convienne. Le petit pâtre devient curé de Clichy un village des environs de Paris, aumônier de la reine Margot, précepteur dans la grande famille des Gondi. Entre temps, il rencontre Bérulle qui lui fait découvrir ce qu'est la grâce sacerdotale et les devoirs qui s'y rattachent. Il appellera cette rencontre "ma conversion". Il renonce à ses bénéfices, couche sur la paille et ne pense plus qu'à Dieu. Dès lors son poste de précepteur des Gondi lui pèse. Il postule pour une paroisse rurale à Châtillon-les-Dombes et c'est là qu'il retrouve la grande misère spirituelle et physique des campagnes françaises. Sa vocation de champion de la charité s'affermit. Rappelé auprès des Gondi, il accepte et enrichit son expérience comme aumônier des galères dont Monsieur de Gondi est le général. Ami et confident de saint François de Sales, il trouve en lui l'homme de douceur dont Monsieur Vincent a besoin, car son tempérament est celui d'un homme de feu.  Pour les oubliés de la société (malades, galériens, réfugiés, illettrés, enfants trouvés) il fonde successivement les Confréries de Charité, la Congrégation de la Mission (Lazaristes) et avec sainte Louise de Marillac, la Compagnie des Filles de la Charité. Plus que l'importance de ses fondations, c'est son humilité, sa douceur qui frappe désormais ses contemporains. Auprès de lui chacun se sent des envies de devenir saint. Il meurt, assis près du feu, en murmurant le secret de sa vie: "Confiance! Jésus!". - Le Pape François rend hommage à saint Vincent de Paul dans un message adressé aux membres de l'Association internationale des Charités, à l'occasion des 400 ans des premières Confréries de Charité, le 15 mars 2017. (Le Pape encourage une 'culture de la miséricorde' à la suite de saint Vincent de Paul)- Saint Vincent de Paul (1581 - 1660) est un géant de la charité. Sa vie est une synthèse de la prière et de l'action. Elle se résume en un triptyque:+ Une riche spiritualité propre à approfondir notre foi.+ Une vie toute donnée à Dieu et aux pauvres.+ Un amour profond pour le sacerdoce et la mission. Car "l'Amour est inventif jusqu'à l'infini!"(Diocèse d'Aire et Dax - saints et martyrs landais - l'Église dans les Landes)- Saint Vincent de Paul (1581-1660) Monsieur Vincent, géant de la charité, nous échappera toujours et ne se laissera pas appréhender facilement. Mais il nous dit avec son air malicieux de gascon: «le temps change tout». Alors, que nous dit-il, 350 ans après et toujours vivant? Figures de sainteté - site de l'Eglise catholique en France- "A Saintes précisément, il établit aussi la Congrégation de la Mission. De nombreuses lettres qu'il adressa au supérieur de la maison sont conservées : à Louis Thibault, Claude Dufour, Pierre Watebled et surtout Louis Rivet. Elles témoignent du soin extrême que Monsieur Vincent apporte au déroulement des missions dans nos régions charentaises." (diocèse de La Rochelle Saintes - Saint Vincent de Paul)- En 1885, le pape Léon XIII le déclare «patron de toutes les œuvres charitables»... Saint Vincent de Paul (1581-1660)... (diocèse de Paris)-...saint Vincent de Paul devient pour quelques mois curé de Châtillon sur Chalaronne. C'est là qu'il fonde les dames de la Charité, dont le règlement a été conservé dans la chambre qu'il occupait... (Diocèse de Belley-Ars - 2000 ans de vie chrétienne)- Vidéo: le berceau de Saint Vincent de Paul, reportage réalisé par Le Jour du Seigneur dans un village qui porte son nom près de Dax. - A lire: Monsieur Vincent «La vie à sauver», prix 2011 de la Bande Dessinée Chrétienne d'Angoulême.Un internaute brésilien nous suggère de rendre Saint Vincent de Paul patron du football, ce sport étant un maillon important de la socialisation, de la paix et de l'inclusion. Mémoire de saint Vincent de Paul, prêtre. Rempli d'esprit sacerdotal et entièrement donné aux pauvres à Paris, il reconnaissait sur le visage de n'importe quel malheureux la face de son Seigneur ; pour retrouver la forme de l'Église primitive, éduquer le clergé à la sainteté et soulager les pauvres, il fonda la Congrégation de la Mission et, avec l'aide de sainte Louise de Marillac, la Congrégation des Filles de la Charité. Il mourut, épuisé, à Paris en 1660.

Les lectures du jour

Messe

(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2020 AELF
  • Première lecture : « Si le méchant se détourne de sa méchanceté, il sauvera sa vie » (Ez 18, 25-28)

    Lecture du livre du prophète Ézékiel

    Ainsi parle le Seigneur :
        « Vous dites :
    ‘La conduite du Seigneur n’est pas la bonne’.
    Écoutez donc, fils d’Israël :
    est-ce ma conduite qui n’est pas la bonne ?
    N’est-ce pas plutôt la vôtre ?
        Si le juste se détourne de sa justice,
    commet le mal, et meurt dans cet état,
    c’est à cause de son mal qu’il mourra.
        Si le méchant se détourne de sa méchanceté
    pour pratiquer le droit et la justice,
    il sauvera sa vie.
        Il a ouvert les yeux
    et s’est détourné de ses crimes.
    C’est certain, il vivra, il ne mourra pas. »

        – Parole du Seigneur.

  • Psaume (Ps 24 (25), 4-5ab, 6-7, 8-9)

    Refrain psalmique : (Ps 24, 6a)

    Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse.

    Seigneur, enseigne-moi tes voies,
    fais-moi connaître ta route.
    Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
    car tu es le Dieu qui me sauve.

    Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse,
    ton amour qui est de toujours.
    Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse ;
    dans ton amour, ne m’oublie pas.

    Il est droit, il est bon, le Seigneur,
    lui qui montre aux pécheurs le chemin.
    Sa justice dirige les humbles,
    il enseigne aux humbles son chemin.

  • Deuxième lecture : « Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus » (Ph 2, 1-11)

    Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens

    Frères,
        s’il est vrai que, dans le Christ, on se réconforte les uns les autres,
    si l’on s’encourage avec amour,
    si l’on est en communion dans l’Esprit,
    si l’on a de la tendresse et de la compassion,
        alors, pour que ma joie soit complète,
    ayez les mêmes dispositions,
    le même amour,
    les mêmes sentiments ;
    recherchez l’unité.
        Ne soyez jamais intrigants ni vaniteux,
    mais ayez assez d’humilité
    pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes.
        Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de ses propres intérêts ;
    pensez aussi à ceux des autres.

        Ayez en vous les dispositions
    qui sont dans le Christ Jésus :
        ayant la condition de Dieu,
    il ne retint pas jalousement
    le rang qui l’égalait à Dieu.

        Mais il s’est anéanti,
    prenant la condition de serviteur,
    devenant semblable aux hommes.

    Reconnu homme à son aspect,
        il s’est abaissé,
    devenant obéissant jusqu’à la mort,
    et la mort de la croix.

        C’est pourquoi Dieu l’a exalté :
    il l’a doté du Nom
    qui est au-dessus de tout nom,

        afin qu’au nom de Jésus
    tout genou fléchisse
    au ciel, sur terre et aux enfers,

        et que toute langue proclame :
    « Jésus Christ est Seigneur »
    à la gloire de Dieu le Père.

        – Parole du Seigneur.

    Ou bien, lecture brève :

     

    OU LECTURE BREVE