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Homélie du 21 mai 2017 - Messe internationale 59ème PMI

Luc Ravel archeveque strasbourg« Dona nobis pacem »

A chaque messe avant la communion nous chantons : « Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, donne-nous la Paix. » « Agnus Dei qui tollis peccata mundi, dona nobis pacem. »

Pacem : Qu’est-ce que cette paix que nous demandons ?

Dona : Pourquoi faut-il qu’elle soit donnée ?

Nobis : Comment devons-nous la recevoir ?

  1. La Paix, la paix dont nous parlons, qu’est-elle ? Est-elle un vrai bien ?

Si on regarde l’histoire, la paix est souvent confondue avec le sommeil de la guerre. Quand la guerre n’a pas éclaté, alors nous parlons de paix. Ainsi la paix ne serait qu’une absence de guerre et la guerre le véritable acteur de l’histoire et le vrai élan de notre vie… Nous connaissons les valeurs guerrières : le courage, la force, le dévouement, l’héroïsme, le don de soi jusqu’au sang. En face, la paix apparaît molle, ennuyeuse, sans grand élan, sans capacité à rassembler le peuple et à faire grandir l’homme.

En un deuxième temps, on peut aussi voir la paix comme bonne mais bonne comme un moyen. Elle nous permet de faire tranquillement nos petites affaires. C’est la tranquillité : je ne suis pas dérangé par mes voisins et ainsi la paix est une des conditions de ma réussite matérielle. Nous savons combien les troubles de l’ordre public nous dérangent quand nous voulons développer notre bien-être. Cette paix médiocre n’est pas un grand bien pour tous et en particulier pour ceux qui souffrent au plan social. Les pauvres la considèrent souvent comme une forme calme d’injustice réelle.

Or Dieu n’offre ni cette paix molle ni cette paix contestable.

Il nous propose la paix comme le but ultime dont tout le monde profite. Au Ciel nous serons dans la grande et parfaite paix. Et sur terre, maintenant, il nous permet d’en goûter les premiers fruits.

Qu’est-ce que cette Paix de Dieu ? C’est le point de convergence de toutes nos énergies bonnes. Elle soulève chacun au meilleur de lui-même, surtout dans ses dons et ses grâces personnels. Et elle rassemble les hommes en les faisant converger vers un point commun. Ni molle car elle développe nos qualités, ni contestable car elle profite à tous, cette paix est un horizon d’amour.

  1. Ce don de la Paix. Pourquoi la paix est-elle donnée ?

Pourquoi ne pas la construire tout entière nous-mêmes ? Ne sommes-nous pas capable d’aimer par nous-mêmes et d’établir cet « horizon d’amour » ?

Certes nous aimons. Comme un enfant, comme un adulte, comme un croyant comme un incroyant. Tout le monde prétend aimer ou avoir aimé et en toutes les langues de la terre. Et ces innombrables amours, Dieu ne les méprise pas. Ils sont comme le reflet, la trace plus ou moins lisible de ce qu’Il veut nous donner. Ou plus exactement, ces amours humaines sont la matière première de ce qu’Il veut nous donner.

Pour le dire autrement, n’ayons pas peur d’aimer nos enfants, nos époux, nos parents, nos amis etc. Car sans amour dans notre cœur, Dieu ne peut nous conduire au bel amour. Mais en même temps, mesurons franchement nos insuffisances : longtemps je garderai en mémoire cet aveu d’un mari qui pleurait : je vais divorcer. J’aime ma femme mais nous n’arrivons pas à vivre ensemble. Notre amour humain peut être beau, il ne peut soulever tout ce qui nous sépare de l’autre. Nous aimons, mal souvent et faiblement toujours, sauf si cet amour est enflammé par celui donné par Dieu.

Ce bel amour tombe du Ciel mais il doit être accueilli.  Comment ? Trois conseils pour chacun de nous avant de recevoir cette paix d’amour :

Le demander et le demander souvent et fortement : donne-moi Seigneur Ton amour. Crions vers Lui parce que cet amour nous est indispensable.

Accepter d’être débordé, de ne pas tout maîtriser. Cet Amour va nous surprendre et nous conduire là où nous ne voulions pas aller.

Garder le lien avec le Christ. Ne pas vouloir aimer sans Lui mais le garder sous les yeux dans sa parole, dans son image. Seuls les compagnons du Christ vivent de ce bel Amour.

  1. Nous avons à recevoir cet amour. Nous tous ensemble en construisant la justice.

Concentrons-nous sur ce « nobis » qui désigne une communauté et pas seulement une personne.

Dans les faits nous constatons que cette paix d’amour tarde à se mettre en place. La raison, me semble-t-il, est la suivante :

Nous demandons l’amour que Dieu donne largement car c’est un bon Père. Mais nous nous ne faisons pas notre part de travail. Par ce fait, cet amour ne porte pas de fruits, il s’évapore au premier orage, il se dissipe à la première complication sociale.

Cette part à faire ensemble par les hommes, c’est l’établissement de la justice.

Sur ce point, nous avons fait beaucoup d’erreurs en voulant pratiquer la charité dans nos mouvements de solidarité et nos associations caritatives car, dans le même temps, nous n’avons pas mis nos meilleures forces à établir la justice entre nous. Nous avons rêvé d’une charité sans justice, d’un bel arbre sans sol.

Cette erreur est plus fréquente qu’on ne le pense. La justice se met en place en travaillant dans nos familles, dans nos entreprises, dans nos Cités et le politique en est le premier responsable.

Pour cette Paix magnifique : à Dieu l’amour, à l’homme la justice. A Dieu revient le don vif de l’Amour mais à l’homme revient la lente construction de la justice. Et la justice est un travail en commun car on ne peut faire la justice tout seul.

Il faut penser à l’amour mais sans oublier la justice. Nous pouvons réclamer l’amour qui rayonne mais sans mépriser la justice qui le support e.

Il peut y avoir des coups de foudre dans l’amour, il n’y en a pas dans la justice. Elle vient lentement, avec de la sueur, avec des hauts et des bas.

Certes, aimons avant que la justice ne soit pleinement établie. Mais aimons en la cherchant sans cesse. La justice est en route et la route est longue mais ne la quittons pas. L’amour qui a quitté la route de la justice s’égare et n’offre jamais la paix, la belle paix, la paix comme un torrent entre les hommes, la paix comme un fleuve entre les Nations.

Seigneur, prends pitié. Seigneur donne-nous la paix.

Luc Ravel
Archevêque de Strasbourg
et Administrateur apostolique du diocèse aux Armées

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Saint du Jour

Nominis

25 juin 2019

Tous les saints du jour
  • Saint Prosper d'Aquitaine - Théologien laïc (✝ v. 460)
    Tout ce qu'on sait de sa vie c'est qu'il naquit en Aquitaine, qu'en 428, il est à Marseille et à partir de 440, qu'il fut rédacteur à la chancellerie pontificale de saint Léon le Grand. Il écrivait très bien et pour faciliter la paix de son ménage heureux, il correspondait en vers avec sa femme: "Relève-moi si je tombe, reprends-toi quand je te signale quelque faute. Qu'il ne nous suffise point d'être un seul corps, soyons aussi une seule âme." Il écrivit une 'Histoire universelle' qui est un résumé de celles d'Eusèbe et de saint Jérôme. Il consacre toute son oeuvre à défendre saint Augustin et, pour ce faire, il composa la doctrine augustinienne de la grâce en 1002 hexamètres. Il imposa silence aux évêques des Gaules qui déblatéraient contre l'évêque d'Hippone et c'est sans doute grâce à saint Prosper qu'Augustin fut reconnu très tôt comme le grand docteur de l'Église d'Occident.Commémoraison de saint Prosper d'Aquitaine. Après une éducation littéraire et philosophique soignée, il mena avec son épouse une vie simple et modeste. Devenu moine à Marseille, il défendit avec force contre les pélagiens la doctrine de saint Augustin sur la grâce de Dieu et le don de persévérance, et servit de secrétaire au pape saint Léon le Grand. Il mourut vers 463.

Les lectures du jour

Messe

(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2019
  • Première lecture : « Qu’il n’y ait pas de querelle entre toi et moi, car nous sommes frères ! » (Gn 13, 2.5-18)

    Lecture du livre de la Genèse

    Abram était extrêmement riche
    en troupeaux, en argent et en or.
    Loth, qui accompagnait Abram,
    avait également du petit et du gros bétail,
    et son propre campement.
    Le pays ne leur permettait pas d’habiter ensemble,
    car leurs biens étaient trop considérables
    pour qu’ils puissent habiter ensemble.
    Il y eut des disputes entre les bergers d’Abram
    et ceux de Loth.
    Les Cananéens et les Perizzites habitaient aussi le pays.
    Abram dit à Loth :
    « Surtout, qu’il n’y ait pas de querelle entre toi et moi,
    entre tes bergers et les miens,
    car nous sommes frères !
    N’as-tu pas tout le pays devant toi ?
    Sépare-toi donc de moi.
    Si tu vas à gauche, j’irai à droite,
    et si tu vas à droite, j’irai à gauche. »
    Loth leva les yeux
    et il vit que toute la région du Jourdain était bien irriguée.
    Avant que le Seigneur détruisît Sodome et Gomorrhe,
    elle était comme le jardin du Seigneur,
    comme le pays d’Égypte, quand on arrive au delta du Nil.
    Loth choisit pour lui toute la région du Jourdain
    et il partit vers l’est.
    C’est ainsi qu’ils se séparèrent.
    Abram habita dans le pays de Canaan,
    et Loth habita dans les villes de la région du Jourdain ;
    il poussa ses campements jusqu’à Sodome.
    Les gens de Sodome se conduisaient mal,
    et ils péchaient gravement contre le Seigneur.

    Après le départ de Loth, le Seigneur dit à Abram :
    « Lève les yeux et regarde, de l’endroit où tu es,
    vers le nord et le midi, vers l’orient et l’occident.
    Tout le pays que tu vois, je te le donnerai,
    à toi et à ta descendance, pour toujours.
    Je rendrai nombreuse ta descendance,
    autant que la poussière de la terre :
    si l’on pouvait compter les grains de poussière,
    on pourrait compter tes descendants !
    Lève-toi ! Parcours le pays en long et en large :
    c’est à toi que je vais le donner. »
    Abram déplaça son campement
    et alla s’établir aux chênes de Mambré, près d’Hébron ;
    et là, il bâtit un autel au Seigneur.

    – Parole du Seigneur.

  • Psaume (14 (15), 2-3a, 3bc- 4ab, 4d-5)

    Refrain psalmique : (14, 1a)

    Seigneur, qui séjournera sous ta tente ?

    Celui qui se conduit parfaitement,
    qui agit avec justice
    et dit la vérité selon son cœur.
    Il met un frein à sa langue.

    Il ne fait pas de tort à son frère
    et n’outrage pas son prochain.
    À ses yeux, le réprouvé est méprisable
    mais il honore les fidèles du Seigneur.

    Il ne reprend pas sa parole.
    Il prête son argent sans intérêt,
    n’accepte rien qui nuise à l’innocent.
    Qui fait ainsi demeure inébranlable.

  • Évangile : Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux » (Mt 7, 6.12-14)

    Acclamation : (Jn 8, 12)

    Alléluia. Alléluia.
    Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
    Celui qui me suit aura la lumière de la vie.
    Alléluia.

    Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples :
    « Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré ;
    ne jetez pas vos perles aux pourceaux,
    de peur qu’ils ne les piétinent,
    puis se retournent pour vous déchirer.

    Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous,
    faites-le pour eux, vous aussi :
    voilà ce que disent la Loi et les Prophètes.

    Entrez par la porte étroite.
    Elle est grande, la porte,
    il est large, le chemin
    qui conduit à la perdition ;
    et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent.
    Mais elle est étroite, la porte,
    il est resserré, le chemin
    qui conduit à la vie ;
    et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.