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La Vie des Diocèses - émission de KTO du 24 juin 2019

  • PMI
  • Homélie du 21 mai 2017 - Messe internationale 59ème PMI

Homélie du 21 mai 2017 - Messe internationale 59ème PMI

Luc Ravel archeveque strasbourg« Dona nobis pacem »

A chaque messe avant la communion nous chantons : « Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, donne-nous la Paix. » « Agnus Dei qui tollis peccata mundi, dona nobis pacem. »

Pacem : Qu’est-ce que cette paix que nous demandons ?

Dona : Pourquoi faut-il qu’elle soit donnée ?

Nobis : Comment devons-nous la recevoir ?

  1. La Paix, la paix dont nous parlons, qu’est-elle ? Est-elle un vrai bien ?

Si on regarde l’histoire, la paix est souvent confondue avec le sommeil de la guerre. Quand la guerre n’a pas éclaté, alors nous parlons de paix. Ainsi la paix ne serait qu’une absence de guerre et la guerre le véritable acteur de l’histoire et le vrai élan de notre vie… Nous connaissons les valeurs guerrières : le courage, la force, le dévouement, l’héroïsme, le don de soi jusqu’au sang. En face, la paix apparaît molle, ennuyeuse, sans grand élan, sans capacité à rassembler le peuple et à faire grandir l’homme.

En un deuxième temps, on peut aussi voir la paix comme bonne mais bonne comme un moyen. Elle nous permet de faire tranquillement nos petites affaires. C’est la tranquillité : je ne suis pas dérangé par mes voisins et ainsi la paix est une des conditions de ma réussite matérielle. Nous savons combien les troubles de l’ordre public nous dérangent quand nous voulons développer notre bien-être. Cette paix médiocre n’est pas un grand bien pour tous et en particulier pour ceux qui souffrent au plan social. Les pauvres la considèrent souvent comme une forme calme d’injustice réelle.

Or Dieu n’offre ni cette paix molle ni cette paix contestable.

Il nous propose la paix comme le but ultime dont tout le monde profite. Au Ciel nous serons dans la grande et parfaite paix. Et sur terre, maintenant, il nous permet d’en goûter les premiers fruits.

Qu’est-ce que cette Paix de Dieu ? C’est le point de convergence de toutes nos énergies bonnes. Elle soulève chacun au meilleur de lui-même, surtout dans ses dons et ses grâces personnels. Et elle rassemble les hommes en les faisant converger vers un point commun. Ni molle car elle développe nos qualités, ni contestable car elle profite à tous, cette paix est un horizon d’amour.

  1. Ce don de la Paix. Pourquoi la paix est-elle donnée ?

Pourquoi ne pas la construire tout entière nous-mêmes ? Ne sommes-nous pas capable d’aimer par nous-mêmes et d’établir cet « horizon d’amour » ?

Certes nous aimons. Comme un enfant, comme un adulte, comme un croyant comme un incroyant. Tout le monde prétend aimer ou avoir aimé et en toutes les langues de la terre. Et ces innombrables amours, Dieu ne les méprise pas. Ils sont comme le reflet, la trace plus ou moins lisible de ce qu’Il veut nous donner. Ou plus exactement, ces amours humaines sont la matière première de ce qu’Il veut nous donner.

Pour le dire autrement, n’ayons pas peur d’aimer nos enfants, nos époux, nos parents, nos amis etc. Car sans amour dans notre cœur, Dieu ne peut nous conduire au bel amour. Mais en même temps, mesurons franchement nos insuffisances : longtemps je garderai en mémoire cet aveu d’un mari qui pleurait : je vais divorcer. J’aime ma femme mais nous n’arrivons pas à vivre ensemble. Notre amour humain peut être beau, il ne peut soulever tout ce qui nous sépare de l’autre. Nous aimons, mal souvent et faiblement toujours, sauf si cet amour est enflammé par celui donné par Dieu.

Ce bel amour tombe du Ciel mais il doit être accueilli.  Comment ? Trois conseils pour chacun de nous avant de recevoir cette paix d’amour :

Le demander et le demander souvent et fortement : donne-moi Seigneur Ton amour. Crions vers Lui parce que cet amour nous est indispensable.

Accepter d’être débordé, de ne pas tout maîtriser. Cet Amour va nous surprendre et nous conduire là où nous ne voulions pas aller.

Garder le lien avec le Christ. Ne pas vouloir aimer sans Lui mais le garder sous les yeux dans sa parole, dans son image. Seuls les compagnons du Christ vivent de ce bel Amour.

  1. Nous avons à recevoir cet amour. Nous tous ensemble en construisant la justice.

Concentrons-nous sur ce « nobis » qui désigne une communauté et pas seulement une personne.

Dans les faits nous constatons que cette paix d’amour tarde à se mettre en place. La raison, me semble-t-il, est la suivante :

Nous demandons l’amour que Dieu donne largement car c’est un bon Père. Mais nous nous ne faisons pas notre part de travail. Par ce fait, cet amour ne porte pas de fruits, il s’évapore au premier orage, il se dissipe à la première complication sociale.

Cette part à faire ensemble par les hommes, c’est l’établissement de la justice.

Sur ce point, nous avons fait beaucoup d’erreurs en voulant pratiquer la charité dans nos mouvements de solidarité et nos associations caritatives car, dans le même temps, nous n’avons pas mis nos meilleures forces à établir la justice entre nous. Nous avons rêvé d’une charité sans justice, d’un bel arbre sans sol.

Cette erreur est plus fréquente qu’on ne le pense. La justice se met en place en travaillant dans nos familles, dans nos entreprises, dans nos Cités et le politique en est le premier responsable.

Pour cette Paix magnifique : à Dieu l’amour, à l’homme la justice. A Dieu revient le don vif de l’Amour mais à l’homme revient la lente construction de la justice. Et la justice est un travail en commun car on ne peut faire la justice tout seul.

Il faut penser à l’amour mais sans oublier la justice. Nous pouvons réclamer l’amour qui rayonne mais sans mépriser la justice qui le support e.

Il peut y avoir des coups de foudre dans l’amour, il n’y en a pas dans la justice. Elle vient lentement, avec de la sueur, avec des hauts et des bas.

Certes, aimons avant que la justice ne soit pleinement établie. Mais aimons en la cherchant sans cesse. La justice est en route et la route est longue mais ne la quittons pas. L’amour qui a quitté la route de la justice s’égare et n’offre jamais la paix, la belle paix, la paix comme un torrent entre les hommes, la paix comme un fleuve entre les Nations.

Seigneur, prends pitié. Seigneur donne-nous la paix.

Luc Ravel
Archevêque de Strasbourg
et Administrateur apostolique du diocèse aux Armées

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Saint du Jour

Nominis

23 août 2019

Tous les saints du jour
  • Sainte Rose de Lima - Vierge (✝ 1617)
    Première sainte du Nouveau Monde, elle fut canonisée en 1671. Rose de Flores (*) était la dixième enfant d'une pauvre famille espagnole de Lima au Pérou. Très vite, elle manifeste pour le Christ un amour si violent qu'elle multiplie les austérités. A 4 ans et demi, elle reçoit la grâce de savoir lire sans avoir appris, l'ayant simplement demandé dans la prière. Elle en profitera pour se nourrir de la vie de sainte Catherine de Sienne qui deviendra son modèle. A 5 ans, elle se consacre à Dieu. A 20 ans, elle prend l'habit des tertiaires dominicaines. Les onze années qui lui restent à vivre, elle les passera, à demi-recluse, dans un minuscule ermitage au fond du jardin de ses parents, dans la prière et une austérité effrayante. En échange, elle reçoit des grâces mystiques étonnantes. Dans le même temps, elle se dévoue au service des indiens, des enfants abandonnés et des vieillards infirmes. Ses visions éveillent les soupçons de l'Inquisition. Elle devra subir des examens et la sûreté doctrinale de ses réponses impressionnera ses interrogateurs. A sa mort, le petit peuple de Lima se presse sur sa tombe pour en recueillir un peu de terre.(*) Née Isabel De Flores Y Del Oliva, elle était si belle que, déjà quant elle était bébé, on l'appela Rose.Elle faisait partie des Saints patrons des JMJ de Madrid en 2011. Après une enfance déjà très mortifiée, elle prit l'habit des Soeurs du Tiers-Ordre dominicain et, à demi-recluse dans le jardin de ses parents, se livra à la pénitence et à l'oraison. Avec un zèle ardent pour le salut des pécheurs et des Indiens, pour qui elle souhaitait donner sa vie, elle se soumettait volontiers à toutes sortes d'austérités et de souffrances, pour les gagner au Christ. Elle mourut le 24 août 1617.

Les lectures du jour

Messe

(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2019
  • Première lecture : « Noémi revint avec sa belle-fille, Ruth la Moabite. Elles arrivèrent à Bethléem » (Rt 1, 1.3-6.14b-16.22)

    Lecture du livre de Ruth

    À l’époque où gouvernaient les Juges,
    il y eut une famine dans le pays.
    Un homme de Bethléem de Juda
    émigra avec sa femme et ses deux fils
    pour s’établir dans la région appelée Champs-de-Moab.
        Élimélek, le mari de Noémi, mourut,
    et Noémi resta seule avec ses deux fils.
        Ceux-ci épousèrent deux Moabites ;
    l’une s’appelait Orpa (c’est-à-dire : Volte-face)
    et l’autre, Ruth (c’est-à-dire : Compagne).
    Ils demeurèrent là une dizaine d’années.
        Mahlone et Kilyone moururent à leur tour,
    et Noémi resta privée de ses deux fils et de son mari.
        Alors, avec ses belles-filles,
    elle se prépara à quitter les Champs-de-Moab
    et à retourner chez elle,
    car elle avait appris que le Seigneur avait visité son peuple
    et lui donnait du pain.
         En cours de route, Orpa embrassa sa belle-mère et la quitta,
    mais Ruth restait attachée à ses pas.
        Noémi lui dit :
    « Tu vois, ta belle-sœur est retournée
    vers son peuple et vers ses dieux.
    Retourne, toi aussi, comme ta belle-sœur. »
        Ruth lui répondit :
    « Ne me force pas à t’abandonner et à m’éloigner de toi,
    car où tu iras, j’irai ;
    où tu t’arrêteras, je m’arrêterai ;
    ton peuple sera mon peuple,
    et ton Dieu sera mon Dieu. »
        Noémi revint donc des Champs-de-Moab
    avec sa belle-fille, Ruth la Moabite.
    Elles arrivèrent à Bethléem au début de la moisson de l’orge.

                – Parole du Seigneur.

  • Psaume (Ps 145 (146), 5-6ab, 6c-7, 8-9a, 9bc-10)

    Refrain psalmique : (Ps 145, 1b)

    Chante, ô mon âme, la louange du Seigneur !
    ou : Alléluia !

    Heureux qui s’appuie sur le Dieu de Jacob,
    qui met son espoir dans le Seigneur son Dieu,
    lui qui a fait le ciel et la terre
    et la mer et tout ce qu’ils renferment !

    Il garde à jamais sa fidélité,
    il fait justice aux opprimés ;
    aux affamés, il donne le pain ;
    le Seigneur délie les enchaînés.

    Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
    le Seigneur redresse les accablés,
    le Seigneur aime les justes,
    le Seigneur protège l’étranger.

    Il soutient la veuve et l’orphelin,
    il égare les pas du méchant.
    D’âge en âge, le Seigneur régnera :
    ton Dieu, ô Sion, pour toujours !

  • Évangile : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et ton prochain comme toi-même » (Mt 22, 34-40)

    Acclamation : (Ps 24, 4b.5a)

    Alléluia. Alléluia.
    Fais-moi connaître ta route, mon Dieu ;
    dirige-moi par ta vérité.
    Alléluia.

    Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
        Les pharisiens,
    apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens,
    se réunirent,
        et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus
    pour le mettre à l’épreuve :
        « Maître, dans la Loi,
    quel est le grand commandement ? »
        Jésus lui répondit :
    « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
    de tout ton cœur,
    de toute ton âme et de tout ton esprit.

        Voilà le grand, le premier commandement.
        Et le second lui est semblable :
    Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
        De ces deux commandements dépend toute la Loi,
    ainsi que les Prophètes. »

                – Acclamons la Parole de Dieu.