Message de Pâques 2019 de Mgr de Romanet

Pâques : Message de Mgr de Romanet aux aumôniers militaires

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  • Homélie du 19 mai 2017 Messe d’ouverture du 59ème PMI

Homélie du 19 mai 2017 Messe d’ouverture du 59ème PMI

lourdes 59 pmi images« Si quelqu’un m’aime… Celui qui ne m’aime pas… Si vous m’aimiez… » Jn 14 (évangile du jour)

 

Nous sommes au dernier repas du dernier soir : par trois fois le Christ interpelle ses disciples sur l’amour qu’ils ont pour lui.  Après sa résurrection, au bord du lac de Galilée, il interroge Pierre par trois fois : « Pierre, m’aimes-tu ? » (Jn 21)

 

Terrible question que nous pouvons nous poser : Aimons-nous le Christ ? Il aime tendrement chacun de nous. Mais la réciproque est-elle vraie ? Entendons-bien cette question roulant dans nos esprits : comme Pierre, nous Le suivons sur les routes de la vie. Comme Pierre, nous croyons en sa Seigneurie.  Alors comme Pierre, nous  sommes interrogés par Jésus : m’aimes-tu ?

 

  • La foi en lui jusqu’à l’amour pour Lui.

 

Lorsque nous avons été baptisés ou parce que nous l’avons rencontré, la foi est née en nous. La foi est une connaissance même si elle est une connaissance donnée. Or nous pouvons connaître sans aimer. Nous pouvons suivre un homme parce qu’il nous inspire confiance. Ainsi dans le commandement ou dans l’expertise. Mais sans pour autant l’aimer. De la même façon, nous pouvons par la foi connaître le Christ sans élan pour lui, sans ressentir une réelle émotion pour lui. Car si l’amour ne s’arrête pas à l’émotion, il ne l’élimine pas : tendresse sympathie, douceur, attachement, désir… une multitude de sentiments et d’émotions accompagnent l’amour. En cas contraire, nous éprouvons bien un intérêt pour une personne mais sans l’aimer encore.

 

Aimer présuppose une certaine connaissance de l’autre. Mais souvent l’amour déborde rapidement cette connaissance. La connaissance de l’autre prend son temps et parfois une existence tout entière ne suffit pas à percer les secrets du cœur. Mais l’amour va plus vite et il va plus loin que la connaissance. Sur un champ de bataille, on peut donner sa vie pour un camarade sans bien le connaître. Dans le champ de la famille, on aime sans étudier l’autre sous toutes ses coutures.

 

Cette différence entre connaître et aimer renouvelle la question du Christ : « tu crois vraiment en moi, je n’en doute pas, mais m’aimes-tu vraiment ? »

 

  • Aimer l’Invisible.

 

Une grande difficulté pour aimer le Christ tient à ce que nous ne le voyons pas. Notre connaissance par la foi n’est pas une vision par les yeux. Tout se complique : connaître n’est pas aimer. Mais, en plus, dans la foi, cette connaissance ne nous donne pas de voir le Christ ! Comment pourrions-nous l’aimer si nous ne le voyons pas ?

 

Revenons à cette vérité : l’invisible n’est pas l’irréel. Ni l’inefficace. Ni l’inimaginable. L’invisible traverse nos vies et il laisse ses effets visibles. Au point que nous pourrions avancer la formule : l’invisible, c’est l’essentiel pour le cœur. Pensons à l’amour de notre épouse, invisible mais bien réel.

 

De plus, si Jésus est aujourd’hui pour nous retenu dans le filet de l’invisible, il s’était montré aux disciples qui en ont témoigné. Cette mémoire vivante s’est gardée et elle traverse les siècles. Cet Invisible divin a bouleversé des vies humaines avant la nôtre et nous pouvons nous fier à ces témoins de l’histoire sainte.

A défaut de le voir, pour aimer l’Invisible divin, nous avons à reconnaître ses signes. Car il signe son action. Il laisse des traces visibles. Et il donne de les voir et de les lire. Qui serait-il pour exiger de voir des signes si nous étions aveugles ? Qui serait-Il pour réclamer de les comprendre s’ils sont en une langue inconnue ? Mais la capacité de voir ne sert de rien si nous n’ouvrons pas les yeux. Pour reconnaître les signes de l’Invisible divin, nous avons à emprunter l’attitude du chasseur. Il avance le pas tendu par le regard,  rien ne le détourne de sa recherche de la trace laissée par le gibier. Guettons, quêtons les signes du Christ invisible.

 

  • Les signes de l’Invisible divin pour aimer le Christ.

 

Deux sortes de signes nous pressent d’aimer le Christ comme notre meilleur ami, comme notre seul Sauveur.

 

Avant tout, il y a le grand signe adressé à tous. Le signe de sa grande geste d’amour pour nous. Saint Paul n’a pas croisé le Christ dans sa marche en Galilée. Il l’a rencontré sur son chemin de Damas. Il s’écrie quand même : « Ce que je vis aujourd’hui dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu  qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi. » (Ga 2, 20) La mémoire de l’Eglise est encore fraîche. Tout le monde parle encore de ce sacrifice d’amour un sombre après-midi à Jérusalem. Les chrétiens acceptent de tout souffrir car ils l’ont vu tout subir pour eux. Et le souvenir de cet amour déchire leur cœur. A chaque fois que cette mémoire nous fait défaut, notre foi, bien réelle malgré tout, devient froide. Les premiers pères l’ont bien compris : ils nous laissent le signe de la croix et nous pressent de faire mémoire souvent et longuement de la Passion du Christ. C’est ainsi que, dès les premiers siècles, le Vendredi saint nous exposons et nous adorons la Croix après avoir entendu le récit de la Passion. C’est ainsi qu’on revisite cette contemplation avec le chemin de croix et ses quatorze stations. Pas à pas, le disciple s’immerge dans cette réalité qui le touche au cœur : il s’est livré pour moi !

 

Puis il y a les signes, au pluriel, adressés à chacun. Ces signes s’inscrivent dans notre existence et l’émaillent d’une joie singulière.

 

Cette joie est le meilleur indicateur de l’amour du Christ pour nous. Elle ne sonne pas comme les autres joies souvent détachées de toute souffrance. Celle-ci inscrit un vrai bonheur mais un bonheur issu du don de soi. Un bonheur partagé de blessures et d’inquiétudes. Un bonheur mâtiné d’angoisses. Un bonheur mélangé de tension et de sacrifice.

 

Voyez cet homme qui accepte de mourir pour son frère : comment son frère pourrait ne pas en tirer de la tristesse ? Mais en même temps, il retient le geste d’amour. Il découvre la valeur qu’il a puisque un autre accepte de mourir pour lui. C’est là un acte ultime et rare, sauf en temps de guerre. Mais notre existence nous offre des expériences semblables en lesquelles nous reconnaissons le miracle d’un Amour éternel :

 

Cette joie tenace en nous que rien ne fait tomber alors que les menaces rôdent tout autour pour nous l’arracher. D’où vient-elle ? Cet amour d’un frère capable de perdre pour nous quelque chose de lui-même. D’où vient-il ? Cette capacité à revenir à la vie alors que tout semble briser nos rêves, nos familles, nos entreprises ? D’où vient-elle ? Ces témoins de Dieu laissant tout pour suivre le Christ dans un monastère ou une mission ? D’où viennent leurs élans ?

 

Conclusion :

 

Pouvons-nous mesurer notre amour réel pour le Christ ? Existe-t-il et si oui à quel degré ? Revenons à notre cœur car c’est l’ardeur de notre cœur qui révèle l’amour que nous avons pour le Christ.

 

Et cette ardeur intérieure s’exprime immanquablement dans la ferveur. La ferveur de la foi : une foi qui ne se pose pas de question. Qui se lève plus tôt le matin pour aller prier. Qui ne renâcle pas devant les efforts. Qui libère l’intensité de la grâce. Vraiment une église sans ferveur, c’est un christianisme sans ardeur. Il brûle mais n’éclaire pas. Il brûle mais ne réchauffe pas.

 

Implorons l’amour pour le Christ.

 

Demandons cette ferveur pour nous et nos communautés.

Luc Ravel

Archevêque de Strasbourg

et Administrateur apostolique du diocèse aux Armées

 

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Saint du Jour

Nominis

23 avril 2019

Tous les saints du jour
  • Saint Georges - martyr (✝ 303)
    Au IVe siècle, tous les sujets de l'empereur Dioclétien sont instamment invités à offrir des sacrifices aux dieux de l'empire. Cet ordre est tout spécialement appliqué aux militaires, car il est le signe de leur fidélité aux ordres impériaux. A Lydda, en Palestine, un officier, originaire de Cappadoce, refuse. Il est exécuté pour refus d'obéissance. La popularité de son culte sera telle que la piété populaire ne pourra se contenter des maigres données de l'histoire. On le fait couper en morceaux, jeter dans un puits, avaler du plomb fondu, brûler dans un taureau de bronze chauffé à blanc, donner en nourriture à des oiseaux de proie. Chaque fois, saint Georges ressuscite et en profite pour multiplier les miracles. A ces fioritures morbides, s'ajoute au XIe siècle, la légende de la lutte victorieuse de saint Georges contre un dragon malveillant qui symbolise le démon. Ce dont on est sûr, c'est qu'au IVe siècle, l'empereur Constantin lui fait édifier une église à Constantinople. Cent ans après, on en compte une quarantaine en Égypte. On les voit s'élever en Gaule, à Ravenne, en Germanie. En France, 81 localités se sont placées sous sa protection et portent son nom. On ne compte pas avec précision le millier d'églises dont il est le titulaire. Il est le patron céleste de l'Angleterre et de l'Éthiopie. Il figure sur les armoiries de la Russie (écusson de la Moscovie).On a voulu nier son existence. L'absence de précisions ne font pas disparaître la mémoire de ce martyr de Palestine. Les circonstances exceptionnelles de sa mort l'on fait appeler par les chrétiens d'orient "le grand martyr". Son culte s'est très rapidement développé. Il est devenu le saint protecteur de nombreux pays, de l'Angleterre, notamment , et de la Géorgie qui porte son nom.Les croisades contribuèrent à donner au culte de saint Georges un grand éclat, notamment parmi les chevaliers français et anglais. Il était légitime que les cavaliers le choisissent comme saint protecteur. (diocèse aux armées françaises)"La vie et la passion du Saint et glorieux Grand-Martyr Georges le Tropeophore et ses compagnons: Anatole, Protoleon, Athanase et Glykerios"Mémoire de saint Georges, martyr, dont toutes les Églises, de l'Orient à l'Occident, célèbrent depuis l'antiquité le glorieux combat à Diospolis ou Lydda en Palestine.

Les lectures du jour

Messe

(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2019
  • Première lecture : « Convertissez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ » (Ac 2, 36-41)

    Lecture du livre des Actes des Apôtres

    Le jour de la Pentecôte, Pierre disait à la foule :
    « Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude :
    Dieu l’a fait Seigneur et Christ,
    ce Jésus que vous aviez crucifié. »
    Les auditeurs furent touchés au cœur ;
    ils dirent à Pierre et aux autres Apôtres :
    « Frères, que devons-nous faire ? »
    Pierre leur répondit :
    « Convertissez-vous,
    et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ
    pour le pardon de ses péchés ;
    vous recevrez alors le don du Saint-Esprit.
    Car la promesse est pour vous,
    pour vos enfants
    et pour tous ceux qui sont loin,
    aussi nombreux que le Seigneur notre Dieu les appellera. »
    Par bien d’autres paroles encore,
    Pierre les adjurait et les exhortait en disant :
    « Détournez-vous de cette génération tortueuse,
    et vous serez sauvés. »

    Alors, ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre
    furent baptisés.
    Ce jour-là, environ trois mille personnes
    se joignirent à eux.

    – Parole du Seigneur.

  • Psaume (32 (33), 4-5, 18-19, 20.22)

    Refrain psalmique : (cf. 32, 5b)

    Toute la terre, Seigneur,
    est remplie de ton amour.
    ou : Alléluia !

    Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;
    il est fidèle en tout ce qu’il fait.
    Il aime le bon droit et la justice ;
    la terre est remplie de son amour.

    Dieu veille sur ceux qui le craignent,
    qui mettent leur espoir en son amour,
    pour les délivrer de la mort,
    les garder en vie aux jours de famine.

    Nous attendons notre vie du Seigneur :
    il est pour nous un appui, un bouclier.
    Que ton amour, Seigneur, soit sur nous
    comme notre espoir est en toi !

  • Évangile : « “J’ai vu le Seigneur !”, et elle raconta ce qu’il lui avait dit » (Jn 20, 11-18)

    Acclamation : (Ps 117, 24)

    Alléluia. Alléluia.
    Voici le jour que fit le Seigneur,
    qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !
    Alléluia.

    Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

    En ce temps-là,
    Marie Madeleine se tenait près du tombeau,
    au-dehors, tout en pleurs.
    Et en pleurant,
    elle se pencha vers le tombeau.
    Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc,
    assis l’un à la tête et l’autre aux pieds,
    à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus.
    Ils lui demandent :
    « Femme, pourquoi pleures-tu ? »
    Elle leur répond :
    « On a enlevé mon Seigneur,
    et je ne sais pas où on l’a déposé. »
    Ayant dit cela, elle se retourna ;
    elle aperçoit Jésus qui se tenait là,
    mais elle ne savait pas que c’était Jésus.
    Jésus lui dit :
    « Femme, pourquoi pleures-tu ?
    Qui cherches-tu ? »
    Le prenant pour le jardinier, elle lui répond :
    « Si c’est toi qui l’as emporté,
    dis-moi où tu l’as déposé,
    et moi, j’irai le prendre. »
    Jésus lui dit alors :
    « Marie ! »
    S’étant retournée, elle lui dit en hébreu :
    « Rabbouni ! »,
    c’est-à-dire : Maître.
    Jésus reprend :
    « Ne me retiens pas,
    car je ne suis pas encore monté vers le Père.
    Va trouver mes frères pour leur dire
    que je monte vers mon Père et votre Père,
    vers mon Dieu et votre Dieu. »
    Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples :
    « J’ai vu le Seigneur ! »,
    et elle raconta ce qu’il lui avait dit.

    – Acclamons la Parole de Dieu.