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Centenaire 14-18 : fait religieux et foi chrétienne dans la Grande Guerre

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  • Messe de l’initiation chrétienne - samedi 21 mai 2016

Messe de l’initiation chrétienne - samedi 21 mai 2016

mgr ravel baptemes confirmations 2015La gloire de mon Père

Cette belle parabole de la vigne insiste sur le rapport entre les sarments et le cep, entre les disciples et Jésus. Cette relation d’intégration est au cœur de tout sacrement. Elle implique en fait deux liens. Mais ces deux liens restent sans évidence et sans force s’il n’y a pas la présence du Vigneron. Voyons cela.

1. Entre le Christ et ses disciples, il y a d’abord un lien d’insertion.

Le premier lien est un lien physique réalisé par le baptême, consolidé par la confirmation, épanoui par l’Eucharistie. Le baptême nous insère dans le Christ. Qu’il soit nécessaire de créer cette insertion va de soi selon la certitude de foi : tant que la branche n’est pas physiquement greffée sur le tronc, elle ne vit que de sa vie, elle ne vit pas de celle du cep. Pour la foi, ce lien s’impose comme une évidence.

Mais, l’humanisme athée et la mentalité moderne en contestent la nécessité. Au fond, toute la pensée contemporaine s’organise autour d’une protestation contre la nécessité de ce lien. Elle projette une question virulente : pourquoi vivre de la vie d’un autre, pourquoi porter du fruit désincarné ? Ne serais-je pas suffisamment responsable, autonome pour dépendre d’un autre, fût-il Dieu ? Pourquoi ne pas porter les fruits visibles de son humanité ?

« Que l’homme se libère de Dieu ! Qu’il prenne son envol ! Qu’il cesse de travailler pour un autre ! Qu’il s’installe à son compte ! Loin de nous, ces chrétiens qui, occupés à sauver le monde, négligent les bases de leur humanité, les formes concrètes de la solidarité ! Qu’ils ne se déchargent pas sur Dieu, s’Il existe, des résultats qu’on attend d’eux, qui existent ! »

Ainsi parle le monde et nous devons l’entendre.

Cette contestation du monde est très actuelle : la preuve en est qu’on hésite à faire baptiser ses enfants au motif qu’ils choisiront plus tard. On oublie qu’ils peuvent porter du fruit divin, avant même l’âge de raison. Que répondre ?

2. Entre le Christ et ses disciples, il y a aussi un lien de vitalité.

L’insertion ne suffit pas. Pour qu’il y ait intégration réelle, il faut aussi que la sève passe du cep au sarment. En cas contraire, le sarment ne porte pas de fruit, il sèche, meurt, on le coupe. Au lien physique d’insertion, par le baptême, s’ajoute le lien de vitalité, une liaison de sève, une connexion d’influx, une circulation de sang. Par les canaux ouverts, passe la grâce.

Le premier lien se voit facilement : la branche est-elle en continuité corporelle avec le cep ? A-t-il été baptisé ? Le second se voit plus difficilement, à la longue, quand vient le printemps. Il ne se discerne qu’à la montée de sève quand elle pousse la fleur hors de l’écorce, la feuille et le fruit hors de la fleur.

Là encore, l’image est évidente pour l’homme de foi. Mais, là comme avant, le monde moderne emboîte le pas aux électeurs du seul mérite. Il ne s’en laisse pas compter :  

« A quoi bon la grâce ? L’homme est Dieu par lui-même. Tout autre dieu l’efface. La liberté mûrit au soleil de l’effort grâce la culture. Attendre de la grâce un surcroît d’énergie paralyse en face d’un monde qui requiert une volonté de puissance. Souplesse, force, prudence, voilà les grandes forces au service de la justice ! La grâce offre l’ivresse des pauvres, l’addiction aux faibles. L’appel à la grâce cautionne le ridicule, la passivité et surtout l’humilité, ce garde-fou des esclaves. »

Ainsi parle le monde et nous devons l’entendre.

Ne nous croyons pas éloignés de cette contestation de la sève, de la grâce. Tant de fois nous en avons douté parce qu’elle nous a semblé faire défaut : échec, maladie, mort forment une citadelle résistante à la grâce. Qui s’appuie réellement sur la grâce pour établir un monde nouveau ici et maintenant ?

3. Derrière le rapport entre le Christ et ses disciples, il y a la gloire du Père.

Le seul rapport entre le Christ et ses disciples soulève donc ces deux contestations. Il ne peut y répondre seul. Il oublie l’élément décisif sans lequel le discours du Christ tourne à vide. Grâce à cet élément, nous pouvons répondre de façon raisonnée aux deux questions soulevées par le monde sur le lien de l’être et le lien de la grâce. Ce chaînon manquant, c’est le Père ! On ne peut vivre un sacrement sans penser à Lui.

En décrivant sa vie et celle des disciples, Jésus parle sans cesse du Père. Le Père plante, émonde, nettoie, brûle, commande. Le Père aime. La vigne tout entière, cep et sarments, ne s’explique que par le vigneron.

« A l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : Je suis la vraie vigne et mon Père est la vigneron. Tout sarment qui est en moi mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui donne du fruit, mon Père le nettoie, pour qu’il en donne davantage. La gloire de mon Père c’est que vous donniez beaucoup de fruit. Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. J’ai gardé fidèlement les commandements de mon Père et je demeure dans son amour. »

Seul le Père justifie cette greffe et cette sève. Pourquoi ?

On pense d’abord à la vigilance du Vigneron. Le Père s’occupe de chacun de nous. Il est le Père de tous : chaque homme sur cette terre et au ciel peut l’appeler Père. Père toujours fidèle, Il ne néglige aucune vie, aucune journée de cette vie, aucun moment de cette journée de cette vie. Tout cela est vrai. Mais, avec cela, nous ne sommes pas plus avancés pour autant : le Père ne s’occupe pas davantage de nous, baptisés, que des autres non-baptisés. Il ne s’intéresse pas moins aux autres, aux petites fleurs sauvages. Qu’on se le dise : nous ne sommes pas greffés sur le Christ pour avoir des faveurs refusées aux autres, quelques avantages ou quelques primes supplémentaires.

La vraie raison est la suivante : le Vigneron nous appelle à une vie complètement nouvelle. Il ne nous donne pas les sacrements pour faire mieux ce que d’autres font bien. La sève divine n’est pas un additif à notre vie habituelle. Elle nous métamorphose totalement de l’intérieur pour faire du divin sur terre.

Dans le silence de lentes germinations, les sacrements travaillent. Grâce à eux, tout en nous se met en place autrement : Dieu dispose en nous de nos forces, de nos membres, de nos facultés pour les réorganiser selon un autre ordre. L’homme baptisé s’éveille à lui-même configuré autrement afin de porter du fruit selon le cœur du Père. Le père élabore en nous un ordre nouveau en phase avec l’Eternité, avec ce qui est de l’autre côté du temps.

Sans l’Eternité, rien de vaut vraiment : rien ne dissipe durablement cette impression d’ennui qui germe et passe dans toute conscience éveillée. Quand l’esprit s’éveille, quand l’homme charnel devient homme spirituel, tout lui paraît volatil, transitoire, évanescent, avec la question terrible : « à quoi bon faire ceci ou cela puisque ceci ou cela passe ? » Le temps se saisit de tout et l’homme devenu spirituel perçoit sa trace tragique en toutes choses. Le temps met sa marque de mort sur toute vie. Il efface les chefs-d’œuvre les plus sublimes.

Le logiciel du Père, qui façonne l’homme autrement, se nomme Espérance (elle fait du ciel notre demeure, c’est le Logis-Ciel). Elle seule nous met en correspondance ici-bas avec l’Eternité. « Maintenant et à jamais », disons-nous, « maintenant et pour les siècles des siècles ». Elle est une capacité d’agir pour l’Eternité depuis le temps. Inversement, elle donne à l’Eternité de s’infiltrer dans le temps. Elle nous fait vivre de l’Eternel maintenant. C’est l’antenne parabolique permettant de recevoir l’Eternité en direct. Une sorte de porte ouverte dans l’espace-temps par laquelle se glisse ce qui n’est ni du temps ni de l’espace.

A cette lumière du Père qui nous configure par l’Espérance, nous pouvons répondre aux grandes interpellations du monde. Mettons notre espoir dans l’Espérance. Espérons l’Espérance.

+ Luc Ravel

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Saint du Jour

Nominis

14 novembre 2018

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  • Saint Laurent de Dublin - Abbé de Glendalough, et archevêque de Dublin (✝ 1180)
    Saint Laurent O'Toole appartenait à cette famille royale qui donna tant de rois à l'Irlande. Elu pour devenir évêque, il fut un modèle de sainteté. En 1179, nous le trouvons au concile général du Latran où le Pape Alexandre III le créa son légat pour toute l'Irlande. Venu en Angleterre pour être médiateur entre le roi Henri II et le roi d'Irlande, il devint otage et ne put rentrer dans son pays. Il partit donc pour la France. Accueilli par les chanoines de Saint-Victor à Eu en Normandie, il rendit son âme à Dieu dans la paix et la pauvreté totale."...il tomba malade à Eu au cours de l'automne 1180. Il fut recueilli par les chanoines de l'abbaye de Eu où il mourut en odeur de sainteté. Les miracles se multipliant sur son tombeau, l'archevêque fut canonisé par le pape en 1225..." (Ville d'Eu - patrimoine, chapelle, abbatiale où se trouve le gisant de saint Laurent O'Toole, un des plus anciens de la région)Lorcan Ua Tuathail ou Lawrence O'Toole (1128-1180) - diocèse de Pembroke, Ontario (en anglais) où une paroisse est sous son patronage.À Eu en Normandie, l'an 1180, le trépas de saint Laurent O'Toole, évêque de Dublin. Dans les circonstances difficiles de son temps, il défendit avec énergie la discipline de l'Église et s'appliqua à rétablir la concorde entre les princes. En allant au-devant du roi Henri II d'Angleterre, il obtint lui-même les joies de la paix éternelle.

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