Don pour le projet de la direction diocésaine

img project direction diocesaine

Le 61ème Pèlerinage Militaire International en images

AntoineLanglois 7204 v1

  • PMI
  • Messe d’ouverture du PMI 2016 - Vendredi 20 mai 2016

Messe d’ouverture du PMI 2016 - Vendredi 20 mai 2016


Mgr Luc Ravel 57 pmi 15 05 2015Faire prier : une œuvre de miséricorde spirituelle à l’égard des malades.

Deux hommes souffrent atrocement. Dans la 1ère lecture, Job, abandonné de tous. Son corps est une plaie vive, il est écrasé de douleur. Dans l’évangile, le serviteur du centurion. Son maître explique à Jésus : « Mon serviteur est couché à la maison, paralysé et il souffre terriblement. » Que dire, que faire devant une telle douleur ?

A côté des œuvres de miséricorde corporelles (visite, soin, guérison), émerge une grande œuvre de miséricorde spirituelle à l’égard des personnes qui souffrent : les faire crier vers Dieu. Mais cela ne se peut si nous, compagnon de son infortune, nous n’élargissons pas notre foi.

Je voudrais dégager cet enjeu pour l’ami qui souffre et ce défi pour l’ami qui accompagne.

  1. Partons d’un constat commun au malade et à l’ami : la souffrance ronge. Elle fait maudire la vie. Aucun des deux ne doit l’ignorer.

« Périssent le jour qui m’a vu naître et la nuit qui a déclaré : « un homme vient d’être conçu ! » » Le cri terrible de Job troue notre nuit de silence. Cette nuit enveloppe souvent le fardeau de la souffrance. Par pudeur, par discrétion, par faiblesse.

Si nous sommes de ceux que la souffrance a ignorés, ce cri nous fatigue. Nous le trouvons excessif. Nous le jugeons déplacé : la vie n’est-elle pas un don magnifique ? Elle s’impose comme une chance. Elle condamne ceux qui la vomissent.

En revanche, ce cri nous rejoint profondément si la souffrance nous a déjà touchés, cassés, brisés, broyés, pétris, exposés à tous pour, au final, nous cuire dans une fournaise irréversible. Au bout de la douleur, ce four implacable, dont on sort différent à jamais, c’est celui de l’incompréhension. Pourquoi moi, pourquoi lui, pourquoi ainsi, pourquoi cela ? A la souffrance brute se rajoute la perte de sens. A la peine de la souffrance s’additionne celle de l’absurdité. Double peine en quelque sorte. Job nous oblige à regarder la souffrance nette, non pas hors impôt mais avec la fiscalité du non-sens. Le « à quoi bon vivre » alourdit la facture d’une taxe sur la souffrance ajoutée. Ajoutée à notre humanité, bien entendu.

Le chrétien subit cette expérience comme les autres. Le cumul des peines le fait plier ni plus ni moins que l’incroyant. Les mêmes maux ont le même poids pour tous. Job déclare violemment son mal-être. Son cri libère le nôtre. Il nous délivre de croire que nous sommes des « minus » parce que nous ne supportons plus la souffrance. On sait que les saints souffrent autant que nous. Mais on nous a tant dit qu’ils portent admirablement leur souffrance que nous n’osons pas affirmer qu’elle nous écrase, qu’elle nous pousse jusqu’au désaveu de la vie.

Comme le Christ crie sur la Croix, Job crie. Il n’en peut plus. Du coup, il maudit la vie. Il existe un lien évident entre la souffrance et la vie. Seuls les vivants souffrent. Les morts se reposent en paix. Par ce fait, l’exaspération de Job tend à devenir un vœu personnel voire une loi collective : « laissez-moi mourir ! Donnez-leur la mort ! » Autrement dit : abrégeons les souffrances des moribonds. Evitons les souffrances aux difformes. Proposons la mort aux vieux en fin de vie, imposons-la aux enfants en début de vie. C’est la réponse donnée par le monde au cri de Job. Encore une fois : elle n’est pas sans fondement. Nous ne pouvons pas mépriser ce qu’elle assume : la lourde souffrance est intolérable.

Mais nous ne croyons pas qu’elle soit l’unique réponse vraiment humaine, qu’elle seule assume la compassion à l’égard du prochain. Nous ne pouvons pas taire ce qu’elle oublie. Elle oublie qu’un cri, quand il se retourne vers Dieu voire contre Lui, c’est encore une prière et, peut-être, la prière du pur amour.

  1. La  miséricorde spirituelle exercée par le compagnon : retourner les questions sur Dieu à Dieu Lui-même.

Au cri de Job, il existe une autre réponse pleine de tendresse. Elle entend bien la détresse de la douleur et la tristesse du non-sens, générées par la souffrance. Elle compatit à la douleur qui broie le corps et à l’absurdité qui brise l’esprit. Mais elle écoute la suite du discours :

« Pourquoi Dieu donne-t-il la lumière à un malheureux, la vie à ceux qui sont pleins d’amertume… ? » « Pourquoi Dieu donne-t-il la vie à un homme dont la route est sans issue et qu’il enferme de toutes parts ? »

La foi ne peut se soustraire à ces questions. On peut les gommer un temps par des illusions dévotes. On peut repousser ces questions gênantes par un haussement d’épaules. En vérité, la vraie foi les regarde en face. Elle détecte en elles le mot « Dieu ». Ce mot sublime ne perd pas son sens parce qu’il est mélangé d’amertumes ou de provocations. Rien n’atténue son immensité. Tout le porte à dire l’Absolu. Ce mot frappe l’oreille de l’ami.

L’ami ne sait pas répondre à ces questions sur Dieu. Mais il entend le nom de « Dieu » et il sait que ce mot trahit une attente. Il ne s’arrête pas sur le défi ou l’amertume, le rejet ou le mépris qui transpirent ici. Il entend « Dieu » et il cherche à retourner vers Lui les questions qui sont posées sur Lui. Il accompagne son ami malade de sorte que ses questions sur Dieu se détournent en questions à Dieu : « Au lieu de m’interroger moi, simple mortel qui ne connaît pas les desseins de la providence, interroge Celui que tu nommes, qui peut tout, qui sait tout. Crie vers Lui ta question, sans retenue, sans faire de phrases. » Ce retournement de la question semble bien audacieux. Ose-t-on « engueuler » Dieu ? Se confronter violemment à Lui ? Oui, il y a une certaine audace, c’est celle de la foi.

En agissant ainsi, l’ami exerce une belle miséricorde spirituelle : il aide l’homme souffrant à se retourner vers Dieu. Quand cette question sur Dieu est retournée à Dieu, elle devient prière. Elle mûrit en prière pleine de sang, pleine de sève. Aussi encombrée soit-elle de défis, de rejets, de crises, d’injures, elle devient prière. « Pourquoi, Seigneur, m’as-tu laissé vivre ? Pourquoi me laisses-tu dans la souffrance ? » Nous pourrions inventer le mot « cri-ère », mélange du cri et de la prière. Une prière infiniment agissante car elle a sur elle le poids de la souffrance.

  1. La foi du compagnon rapproche le malade du Christ Sauveur : c’est la foi du centurion. A lui le cri vers Dieu, à nous la foi dans le Sauveur.

L’enjeu pour le malade est clair : accueillir le grand retournement de son cri en prière. Le défi pour l’ami n’est pas moins clair : approfondir sa foi dans le Sauveur.

S’il ne s’enfonce pas dans la foi, ce qu’il tente à l’égard du malade tourne mal. Sa présence et son action semblent artificielles, sans cœur, sans passion. Ses mots tombent à plat, sans force, au bord du ridicule. Ils deviennent une source d’agacement. Rien de pire que ces amis qui vous veulent du bien mais qui ne s’engagent pas eux-mêmes dans la foi. Au fond, l’ami n’entraîne le malade vers Dieu qu’avec l’énergie de sa foi personnelle dans le Christ sauveur.

Une conviction occupe son cœur : « Seigneur, tu regardes le mal et la souffrance, tu les prends dans ta main… tu entends le désir des pauvres, tu rassures leur cœur, tu les écoutes. » (Psaume 9, 14 ; 9, 17) Ce que l’homme souffrant ne sait plus, car la douleur obscurcit tout, l’homme fidèle le rumine dans son cœur. Il n’a pas à le rappeler à son frère malade. Il a simplement à s’en souvenir lui-même. A lui d’être à la hauteur du cri du malade par la hauteur de sa foi.

Ainsi agit le centurion de l’évangile : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. » Il consonne à la souffrance terrible de l’autre. Au cri du souffrant, il joint une foi si forte qu’elle fait l’admiration de Jésus.

Aidons nos amis souffrants à tourner leur regard vers Dieu et dans le même temps, renouvelons complètement notre foi dans le Christ sauveur :

Malade, vise ce Dieu que tu interpelles. Par ton cri, ta prière donne vie.

Ami, fixe le Sauveur que tu réclames. Par ta foi, Sa parole sauve ton ami malade.

+ Luc Ravel

Imprimer E-mail

Saint du Jour

Nominis

22 mai 2019

Tous les saints du jour
  • Saint Émile - Martyr à Carthage (✝ v. 250)
    Saint Caste et saint Émile qui après avoir faibli devant la torture ont repris courage pour affirmer leur foi devant les juges et furent brûlés.Illustration: Émile de Carthage, peinture de Joseph Matar, pour l'église Saint Emile à Kab Elias au Liban.En Afrique, vers 250, les saints martyrs Caste et Émile, qui achevèrent leur martyre par le feu. Comme l'écrit saint Cyprien, ces deux chrétiens vaincus dans un premier combat, le Seigneur les fit triompher dans un second, afin qu'après avoir cédé aux flammes, ils deviennent ensuite plus forts que les flammes.
  • Sainte Rita (Marguerite) da Cascia - Veuve, moniale (✝ 1456)
    Le culte de sainte Rita est mieux attesté que sa vie. On peut cependant en reconstituer les grandes lignes. Née dans un petit village italien, elle fut l'enfant inespérée de la vieillesse. Toute jeune, elle veut se consacrer à Dieu contrairement au projet de ses parents. Elle se laisse marier à Fernandino, un homme violent dont elle a deux fils. Elle est une épouse et une mère sans reproche. Mais les querelles de clans sont féroces dans l'Italie du XVe siècle; Fernandino est assassiné après 18 ans de vie conjugale pendant lesquelles la douceur de Rita a peu à peu converti à la paix et à la charité le mari brutal. C'est un déchirement pour Rita, mais plus encore lorsqu'elle voit que ses deux fils, pour venger leur père, sont prêts à assassiner à leur tour. Rita supplie Dieu de les rappeler à lui plutôt que de les laisser devenir assassins. Dieu exauça sa prière. Demeurée seule, Rita s'emploie à réconcilier les clans ennemis, pardonnant aux assassins, avant d'entrer chez les Augustines de Cascia. Elle y vivra une vie mystique intense et recevra les stigmates de la Passion du Christ. A sa mort, les miracles se multiplient sur son tombeau, faisant naître un culte populaire qui se répand rapidement. Sainte Rita a reçu le titre de "sainte des causes désespérées."- Vidéo de la webTV de la CEF Illustration: statue de Sainte Rita, procession au sanctuaire de Cascia en Italie Mémoire de sainte Rita, religieuse. Mariée à un homme violent, elle supporta avec patience ses rudesses et, à force de douceur et de persuasion, le ramena à Dieu. Privée de son mari et de ses deux fils, elle entra à Cascia en Ombrie, dans un monastère de l'Ordre de Saint-Augustin, offrant à tous un exemple de sublime patience et de douceur. Elle s'endormit dans le Seigneur en 1457.

Les lectures du jour

Messe

(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2019
  • Première lecture : « On décida qu’ils monteraient à Jérusalem auprès des Apôtres et des Anciens pour discuter de cette question » (Ac 15, 1-6)

    Lecture du livre des Actes des Apôtres

    En ces jours-là,
    des gens, venus de Judée à Antioche,
    enseignaient les frères en disant :
    « Si vous n’acceptez pas la circoncision
    selon la coutume qui vient de Moïse,
    vous ne pouvez pas être sauvés. »
    Cela provoqua un affrontement ainsi qu’une vive discussion
    engagée par Paul et Barnabé contre ces gens-là.
    Alors on décida que Paul et Barnabé,
    avec quelques autres frères,
    monteraient à Jérusalem auprès des Apôtres et des Anciens
    pour discuter de cette question.
    L’Église d’Antioche facilita leur voyage.
    Ils traversèrent la Phénicie et la Samarie
    en racontant la conversion des nations,
    ce qui remplissait de joie tous les frères.
    À leur arrivée à Jérusalem,
    ils furent accueillis par l’Église, les Apôtres et les Anciens,
    et ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux.
    Alors quelques membres du groupe des pharisiens
    qui étaient devenus croyants
    intervinrent pour dire qu’il fallait circoncire les païens
    et leur ordonner d’observer la loi de Moïse.
    Les Apôtres et les Anciens se réunirent
    pour examiner cette affaire.

    – Parole du Seigneur.

  • Psaume (121 (122), 1-2, 3-4ab, 4cd-5)

    Refrain psalmique : (cf. 121, 1)

    Dans la joie, nous irons
    à la maison du Seigneur.
    ou : Alléluia !

    Quelle joie quand on m’a dit :
    « Nous irons à la maison du Seigneur ! »
    Maintenant notre marche prend fin
    devant tes portes, Jérusalem !

    Jérusalem, te voici dans tes murs :
    ville où tout ensemble ne fait qu’un !
    C’est là que montent les tribus,
    les tribus du Seigneur.

    C’est là qu’Israël doit rendre grâce
    au nom du Seigneur.
    C’est là le siège du droit,
    le siège de la maison de David.

  • Évangile : « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit » (Jn 15, 1-8)

    Acclamation : (Jn 15, 4a.5b)

    Alléluia. Alléluia.
    Demeurez en moi, comme moi en vous,
    dit le Seigneur ;
    celui qui demeure en moi porte beaucoup de fruit.
    Alléluia.

    Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

    En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
    « Moi, je suis la vraie vigne,
    et mon Père est le vigneron.
    Tout sarment qui est en moi,
    mais qui ne porte pas de fruit,
    mon Père l’enlève ;
    tout sarment qui porte du fruit,
    il le purifie en le taillant,
    pour qu’il en porte davantage.
    Mais vous, déjà vous voici purifiés
    grâce à la parole que je vous ai dite.
    Demeurez en moi, comme moi en vous.
    De même que le sarment
    ne peut pas porter de fruit par lui-même
    s’il ne demeure pas sur la vigne,
    de même vous non plus,
    si vous ne demeurez pas en moi.

    Moi, je suis la vigne,
    et vous, les sarments.
    Celui qui demeure en moi
    et en qui je demeure,
    celui-là porte beaucoup de fruit,
    car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
    Si quelqu’un ne demeure pas en moi,
    il est, comme le sarment, jeté dehors,
    et il se dessèche.
    Les sarments secs, on les ramasse,
    on les jette au feu, et ils brûlent.
    Si vous demeurez en moi,
    et que mes paroles demeurent en vous,
    demandez tout ce que vous voulez,
    et cela se réalisera pour vous.
    Ce qui fait la gloire de mon Père,
    c’est que vous portiez beaucoup de fruit
    et que vous soyez pour moi des disciples. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.