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Centenaire 14-18 : fait religieux et foi chrétienne dans la Grande Guerre

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  • Messe d’ouverture du PMI 2016 - Vendredi 20 mai 2016

Messe d’ouverture du PMI 2016 - Vendredi 20 mai 2016


Mgr Luc Ravel 57 pmi 15 05 2015Faire prier : une œuvre de miséricorde spirituelle à l’égard des malades.

Deux hommes souffrent atrocement. Dans la 1ère lecture, Job, abandonné de tous. Son corps est une plaie vive, il est écrasé de douleur. Dans l’évangile, le serviteur du centurion. Son maître explique à Jésus : « Mon serviteur est couché à la maison, paralysé et il souffre terriblement. » Que dire, que faire devant une telle douleur ?

A côté des œuvres de miséricorde corporelles (visite, soin, guérison), émerge une grande œuvre de miséricorde spirituelle à l’égard des personnes qui souffrent : les faire crier vers Dieu. Mais cela ne se peut si nous, compagnon de son infortune, nous n’élargissons pas notre foi.

Je voudrais dégager cet enjeu pour l’ami qui souffre et ce défi pour l’ami qui accompagne.

  1. Partons d’un constat commun au malade et à l’ami : la souffrance ronge. Elle fait maudire la vie. Aucun des deux ne doit l’ignorer.

« Périssent le jour qui m’a vu naître et la nuit qui a déclaré : « un homme vient d’être conçu ! » » Le cri terrible de Job troue notre nuit de silence. Cette nuit enveloppe souvent le fardeau de la souffrance. Par pudeur, par discrétion, par faiblesse.

Si nous sommes de ceux que la souffrance a ignorés, ce cri nous fatigue. Nous le trouvons excessif. Nous le jugeons déplacé : la vie n’est-elle pas un don magnifique ? Elle s’impose comme une chance. Elle condamne ceux qui la vomissent.

En revanche, ce cri nous rejoint profondément si la souffrance nous a déjà touchés, cassés, brisés, broyés, pétris, exposés à tous pour, au final, nous cuire dans une fournaise irréversible. Au bout de la douleur, ce four implacable, dont on sort différent à jamais, c’est celui de l’incompréhension. Pourquoi moi, pourquoi lui, pourquoi ainsi, pourquoi cela ? A la souffrance brute se rajoute la perte de sens. A la peine de la souffrance s’additionne celle de l’absurdité. Double peine en quelque sorte. Job nous oblige à regarder la souffrance nette, non pas hors impôt mais avec la fiscalité du non-sens. Le « à quoi bon vivre » alourdit la facture d’une taxe sur la souffrance ajoutée. Ajoutée à notre humanité, bien entendu.

Le chrétien subit cette expérience comme les autres. Le cumul des peines le fait plier ni plus ni moins que l’incroyant. Les mêmes maux ont le même poids pour tous. Job déclare violemment son mal-être. Son cri libère le nôtre. Il nous délivre de croire que nous sommes des « minus » parce que nous ne supportons plus la souffrance. On sait que les saints souffrent autant que nous. Mais on nous a tant dit qu’ils portent admirablement leur souffrance que nous n’osons pas affirmer qu’elle nous écrase, qu’elle nous pousse jusqu’au désaveu de la vie.

Comme le Christ crie sur la Croix, Job crie. Il n’en peut plus. Du coup, il maudit la vie. Il existe un lien évident entre la souffrance et la vie. Seuls les vivants souffrent. Les morts se reposent en paix. Par ce fait, l’exaspération de Job tend à devenir un vœu personnel voire une loi collective : « laissez-moi mourir ! Donnez-leur la mort ! » Autrement dit : abrégeons les souffrances des moribonds. Evitons les souffrances aux difformes. Proposons la mort aux vieux en fin de vie, imposons-la aux enfants en début de vie. C’est la réponse donnée par le monde au cri de Job. Encore une fois : elle n’est pas sans fondement. Nous ne pouvons pas mépriser ce qu’elle assume : la lourde souffrance est intolérable.

Mais nous ne croyons pas qu’elle soit l’unique réponse vraiment humaine, qu’elle seule assume la compassion à l’égard du prochain. Nous ne pouvons pas taire ce qu’elle oublie. Elle oublie qu’un cri, quand il se retourne vers Dieu voire contre Lui, c’est encore une prière et, peut-être, la prière du pur amour.

  1. La  miséricorde spirituelle exercée par le compagnon : retourner les questions sur Dieu à Dieu Lui-même.

Au cri de Job, il existe une autre réponse pleine de tendresse. Elle entend bien la détresse de la douleur et la tristesse du non-sens, générées par la souffrance. Elle compatit à la douleur qui broie le corps et à l’absurdité qui brise l’esprit. Mais elle écoute la suite du discours :

« Pourquoi Dieu donne-t-il la lumière à un malheureux, la vie à ceux qui sont pleins d’amertume… ? » « Pourquoi Dieu donne-t-il la vie à un homme dont la route est sans issue et qu’il enferme de toutes parts ? »

La foi ne peut se soustraire à ces questions. On peut les gommer un temps par des illusions dévotes. On peut repousser ces questions gênantes par un haussement d’épaules. En vérité, la vraie foi les regarde en face. Elle détecte en elles le mot « Dieu ». Ce mot sublime ne perd pas son sens parce qu’il est mélangé d’amertumes ou de provocations. Rien n’atténue son immensité. Tout le porte à dire l’Absolu. Ce mot frappe l’oreille de l’ami.

L’ami ne sait pas répondre à ces questions sur Dieu. Mais il entend le nom de « Dieu » et il sait que ce mot trahit une attente. Il ne s’arrête pas sur le défi ou l’amertume, le rejet ou le mépris qui transpirent ici. Il entend « Dieu » et il cherche à retourner vers Lui les questions qui sont posées sur Lui. Il accompagne son ami malade de sorte que ses questions sur Dieu se détournent en questions à Dieu : « Au lieu de m’interroger moi, simple mortel qui ne connaît pas les desseins de la providence, interroge Celui que tu nommes, qui peut tout, qui sait tout. Crie vers Lui ta question, sans retenue, sans faire de phrases. » Ce retournement de la question semble bien audacieux. Ose-t-on « engueuler » Dieu ? Se confronter violemment à Lui ? Oui, il y a une certaine audace, c’est celle de la foi.

En agissant ainsi, l’ami exerce une belle miséricorde spirituelle : il aide l’homme souffrant à se retourner vers Dieu. Quand cette question sur Dieu est retournée à Dieu, elle devient prière. Elle mûrit en prière pleine de sang, pleine de sève. Aussi encombrée soit-elle de défis, de rejets, de crises, d’injures, elle devient prière. « Pourquoi, Seigneur, m’as-tu laissé vivre ? Pourquoi me laisses-tu dans la souffrance ? » Nous pourrions inventer le mot « cri-ère », mélange du cri et de la prière. Une prière infiniment agissante car elle a sur elle le poids de la souffrance.

  1. La foi du compagnon rapproche le malade du Christ Sauveur : c’est la foi du centurion. A lui le cri vers Dieu, à nous la foi dans le Sauveur.

L’enjeu pour le malade est clair : accueillir le grand retournement de son cri en prière. Le défi pour l’ami n’est pas moins clair : approfondir sa foi dans le Sauveur.

S’il ne s’enfonce pas dans la foi, ce qu’il tente à l’égard du malade tourne mal. Sa présence et son action semblent artificielles, sans cœur, sans passion. Ses mots tombent à plat, sans force, au bord du ridicule. Ils deviennent une source d’agacement. Rien de pire que ces amis qui vous veulent du bien mais qui ne s’engagent pas eux-mêmes dans la foi. Au fond, l’ami n’entraîne le malade vers Dieu qu’avec l’énergie de sa foi personnelle dans le Christ sauveur.

Une conviction occupe son cœur : « Seigneur, tu regardes le mal et la souffrance, tu les prends dans ta main… tu entends le désir des pauvres, tu rassures leur cœur, tu les écoutes. » (Psaume 9, 14 ; 9, 17) Ce que l’homme souffrant ne sait plus, car la douleur obscurcit tout, l’homme fidèle le rumine dans son cœur. Il n’a pas à le rappeler à son frère malade. Il a simplement à s’en souvenir lui-même. A lui d’être à la hauteur du cri du malade par la hauteur de sa foi.

Ainsi agit le centurion de l’évangile : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. » Il consonne à la souffrance terrible de l’autre. Au cri du souffrant, il joint une foi si forte qu’elle fait l’admiration de Jésus.

Aidons nos amis souffrants à tourner leur regard vers Dieu et dans le même temps, renouvelons complètement notre foi dans le Christ sauveur :

Malade, vise ce Dieu que tu interpelles. Par ton cri, ta prière donne vie.

Ami, fixe le Sauveur que tu réclames. Par ta foi, Sa parole sauve ton ami malade.

+ Luc Ravel

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Saint du Jour

Nominis

Tous les saints du jour
  • Saint Bérenger - Moine de Saint-Papoul (✝ 1093)
    Il était un bénédictin de l'abbaye de Saint-Papoul dans l'Aude. Il pratiqua toutes les vertus monastiques. Tellement qu'il fut ainsi conduit à la sainteté.Bérenger naquit à Toulouse vers 1005 de parents appartenant à la noblesse. Précocement vertueux, il prit l'habit dès l’adolescence à l'abbaye de Saint-Papoul.Il y mena la vie d'ascète que suppose la stricte observance de la règle de Saint Benoît.Modèle pour ces congénères, il fut nommé maître des novices puis aumônier.Ses reliques furent conservées à l'abbaye et suscitèrent de nombreux miracles.(d'après 'le Pays Cathare')- Abbaye de Saint-Papoul, Aude, Pays cathare- Site de l'abbaye, histoire - Vidéo: Village et abbaye de Saint-Papoul"Au XIe siècle, l’abbaye, régie par la Règle de saint Benoît, connaît une période prospère grâce au moine Bérenger. Modèle de vertus, des miracles se seraient accomplis de son vivant et sur sa tombe entraînant un pèlerinage." (commune de Saint-Papoul)Au monastère de Saint-Papoul, en 1093, saint Bérenger, moine.
  • Saint Philippe Neri - Fondateur de l'Oratoire (✝ 1595)
    Florentin de naissance, il passa les trois-quart de sa vie à Rome et y devint si populaire et d'une sainteté si universellement reconnue qu'il deviendra, après saint Pierre, un second patron de la Ville Éternelle. Il présente cette étonnante combinaison d'une piété nourrie des Pères du Désert, avec un ministère actif, spécialement auprès de la jeunesse. Chez lui, la bonne humeur, voire l'hilarité, s'allie à l'évangélisme le plus limpide. S'étant laissé élever à la prêtrise, il y gagna les plus fervents de ses jeunes convertis. La communauté qu'ils formèrent autour de lui, tire son nom: 'l'Oratoire', des soirées de très pieuses mais très libres et très joyeuses méditations dont il était l'animateur. Ce saint étonnant qui allie à la culture la plus raffinée une sainteté évangélique et une bonne humeur qui ne se refuse pas à la mystification, enchantera ses compatriotes contemporains puis ravit en France, au siècle suivant, ceux qui fonderont à leur tour l'Oratoire de France: le futur cardinal de Bérulle et le Père de Condren. Et si même un sceptique aussi inguérissable que Goethe a pu se sentir un dévot de saint Philippe sans en arriver à partager la foi, il est tout aussi typique qu'un grand universitaire d'Oxford, J.H. Newman, converti lui pour de bon, n'ait pas cru pouvoir se mettre à une autre école que celle de saint Philippe Néri. Pour son action auprès des jeunes et sa gaieté contagieuse il fut, avec saint François de Sales, l'un des saints préférés de saint Jean Bosco. Illustration: Oratoire Saint Philippe Néri – Hyères - Vidéo sur la webTV de la CEF - Cinquième centenaire de saint Philippe Neri 26 mai 2015.- 'le plus mystique, le plus réformateur mais aussi le plus espiègle des saints: Philippe Néri. En témoigne l'anecdote sur son enseignement!' Jour du Seigneur.Mémoire de saint Philippe Néri, prêtre. Originaire de Florence, il vint à Rome où il devint curé de Saint-Jean des Florentins. Pour sauver du mal la jeunesse, il fonda l’Oratoire, où les leçons spirituelles succédaient aux chants et aux œuvres de charité et il s’illustra par son amour du prochain, sa simplicité évangélique et son cœur plein de joie, dans un zèle extrême et un fervent service de Dieu. Il mourut à Rome en 1595.

Les lectures du jour

Messe

(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2018
  • Première lecture : « La supplication du juste agit avec beaucoup de force » (Jc 5, 13-20)

    Lecture de la lettre de saint Jacques

    Bien-aimés,
        l’un de vous se porte mal ?
    Qu’il prie.
    Un autre va bien ?
    Qu’il chante le Seigneur.
        L’un de vous est malade ?
    Qu’il appelle les Anciens en fonction dans l’Église :
    ils prieront sur lui,
    après lui avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur.
        Cette prière inspirée par la foi sauvera le malade :
    le Seigneur le relèvera
    et, s’il a commis des péchés,
    il recevra le pardon.
        Confessez donc vos péchés les uns aux autres,
    et priez les uns pour les autres afin d’être guéris.
    La supplication du juste agit avec beaucoup de force.
        Le prophète Élie n’était qu’un homme pareil à nous ;
    pourtant, lorsqu’il a prié avec insistance
    pour qu’il ne pleuve pas,
    il n’est pas tombé de pluie sur la terre
    pendant trois ans et demi ;
        puis il a prié de nouveau,
    et le ciel a donné la pluie,
    et la terre a fait germer son fruit.
        Mes frères, si l’un de vous s’égare loin de la vérité
    et qu’un autre l’y ramène,
        alors, sachez-le :
    celui qui ramène un pécheur du chemin où il s’égarait
    sauvera sa vie de la mort
    et couvrira une multitude de péchés.

                – Parole du Seigneur.

  • Psaume (Ps 140 (141), 1-2, 3.8)

    Refrain psalmique : (Ps 140, 2a)

    Que ma prière devant toi
    s’élève comme un encens.

    Seigneur, je t’appelle : accours vers moi !
    Écoute mon appel quand je crie vers toi !
    Que ma prière devant toi s’élève comme un encens,
    et mes mains, comme l’offrande du soir.

    Mets une garde à mes lèvres, Seigneur,
    veille au seuil de ma bouche.
    Je regarde vers toi, Seigneur, mon Maître ;
    tu es mon refuge : épargne ma vie !

  • Évangile : « Celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas » (Mc 10, 13-16)

    Acclamation : (cf. Mt 11, 25)

    Alléluia. Alléluia.
    Tu es béni, Père,
    Seigneur du ciel et de la terre,
    tu as révélé aux tout-petits
    les mystères du Royaume !
    Alléluia.

    Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

    En ce temps-là,
        des gens présentaient à Jésus des enfants
    pour qu’il pose la main sur eux ;
    mais les disciples les écartèrent vivement.
        Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit :
    « Laissez les enfants venir à moi,
    ne les empêchez pas,
    car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.
        Amen, je vous le dis :
    celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu
    à la manière d’un enfant
    n’y entrera pas. »
        Il les embrassait
    et les bénissait en leur imposant les mains.

                – Acclamons la Parole de Dieu.