Propositions spirituelles pour suivre le Carême

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Un Jour, un Evêque : 21 février 2019

« Lors de mon intervention à Dauphine j'ai rencontré des jeunes ouverts, très intéressés, multipliant les questions sur le plan international comme sur le plan religieux, avec l'émerveillement de cette jeunesse qui se lève génération après génération sur l'humanité habitée par un désir de justice, de paix, de vérité, d'engagement, de loyauté, d'honneur », interview 2019 de Monseigneur Antoine de Romanet, évêque aux armées françaises, sur Radio Notre-Dame.

https://radionotredame.net/emissions/paroledeveque/21-02-2019

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  • Messe d’ouverture du PMI 2016 - Vendredi 20 mai 2016

Messe d’ouverture du PMI 2016 - Vendredi 20 mai 2016


Mgr Luc Ravel 57 pmi 15 05 2015Faire prier : une œuvre de miséricorde spirituelle à l’égard des malades.

Deux hommes souffrent atrocement. Dans la 1ère lecture, Job, abandonné de tous. Son corps est une plaie vive, il est écrasé de douleur. Dans l’évangile, le serviteur du centurion. Son maître explique à Jésus : « Mon serviteur est couché à la maison, paralysé et il souffre terriblement. » Que dire, que faire devant une telle douleur ?

A côté des œuvres de miséricorde corporelles (visite, soin, guérison), émerge une grande œuvre de miséricorde spirituelle à l’égard des personnes qui souffrent : les faire crier vers Dieu. Mais cela ne se peut si nous, compagnon de son infortune, nous n’élargissons pas notre foi.

Je voudrais dégager cet enjeu pour l’ami qui souffre et ce défi pour l’ami qui accompagne.

  1. Partons d’un constat commun au malade et à l’ami : la souffrance ronge. Elle fait maudire la vie. Aucun des deux ne doit l’ignorer.

« Périssent le jour qui m’a vu naître et la nuit qui a déclaré : « un homme vient d’être conçu ! » » Le cri terrible de Job troue notre nuit de silence. Cette nuit enveloppe souvent le fardeau de la souffrance. Par pudeur, par discrétion, par faiblesse.

Si nous sommes de ceux que la souffrance a ignorés, ce cri nous fatigue. Nous le trouvons excessif. Nous le jugeons déplacé : la vie n’est-elle pas un don magnifique ? Elle s’impose comme une chance. Elle condamne ceux qui la vomissent.

En revanche, ce cri nous rejoint profondément si la souffrance nous a déjà touchés, cassés, brisés, broyés, pétris, exposés à tous pour, au final, nous cuire dans une fournaise irréversible. Au bout de la douleur, ce four implacable, dont on sort différent à jamais, c’est celui de l’incompréhension. Pourquoi moi, pourquoi lui, pourquoi ainsi, pourquoi cela ? A la souffrance brute se rajoute la perte de sens. A la peine de la souffrance s’additionne celle de l’absurdité. Double peine en quelque sorte. Job nous oblige à regarder la souffrance nette, non pas hors impôt mais avec la fiscalité du non-sens. Le « à quoi bon vivre » alourdit la facture d’une taxe sur la souffrance ajoutée. Ajoutée à notre humanité, bien entendu.

Le chrétien subit cette expérience comme les autres. Le cumul des peines le fait plier ni plus ni moins que l’incroyant. Les mêmes maux ont le même poids pour tous. Job déclare violemment son mal-être. Son cri libère le nôtre. Il nous délivre de croire que nous sommes des « minus » parce que nous ne supportons plus la souffrance. On sait que les saints souffrent autant que nous. Mais on nous a tant dit qu’ils portent admirablement leur souffrance que nous n’osons pas affirmer qu’elle nous écrase, qu’elle nous pousse jusqu’au désaveu de la vie.

Comme le Christ crie sur la Croix, Job crie. Il n’en peut plus. Du coup, il maudit la vie. Il existe un lien évident entre la souffrance et la vie. Seuls les vivants souffrent. Les morts se reposent en paix. Par ce fait, l’exaspération de Job tend à devenir un vœu personnel voire une loi collective : « laissez-moi mourir ! Donnez-leur la mort ! » Autrement dit : abrégeons les souffrances des moribonds. Evitons les souffrances aux difformes. Proposons la mort aux vieux en fin de vie, imposons-la aux enfants en début de vie. C’est la réponse donnée par le monde au cri de Job. Encore une fois : elle n’est pas sans fondement. Nous ne pouvons pas mépriser ce qu’elle assume : la lourde souffrance est intolérable.

Mais nous ne croyons pas qu’elle soit l’unique réponse vraiment humaine, qu’elle seule assume la compassion à l’égard du prochain. Nous ne pouvons pas taire ce qu’elle oublie. Elle oublie qu’un cri, quand il se retourne vers Dieu voire contre Lui, c’est encore une prière et, peut-être, la prière du pur amour.

  1. La  miséricorde spirituelle exercée par le compagnon : retourner les questions sur Dieu à Dieu Lui-même.

Au cri de Job, il existe une autre réponse pleine de tendresse. Elle entend bien la détresse de la douleur et la tristesse du non-sens, générées par la souffrance. Elle compatit à la douleur qui broie le corps et à l’absurdité qui brise l’esprit. Mais elle écoute la suite du discours :

« Pourquoi Dieu donne-t-il la lumière à un malheureux, la vie à ceux qui sont pleins d’amertume… ? » « Pourquoi Dieu donne-t-il la vie à un homme dont la route est sans issue et qu’il enferme de toutes parts ? »

La foi ne peut se soustraire à ces questions. On peut les gommer un temps par des illusions dévotes. On peut repousser ces questions gênantes par un haussement d’épaules. En vérité, la vraie foi les regarde en face. Elle détecte en elles le mot « Dieu ». Ce mot sublime ne perd pas son sens parce qu’il est mélangé d’amertumes ou de provocations. Rien n’atténue son immensité. Tout le porte à dire l’Absolu. Ce mot frappe l’oreille de l’ami.

L’ami ne sait pas répondre à ces questions sur Dieu. Mais il entend le nom de « Dieu » et il sait que ce mot trahit une attente. Il ne s’arrête pas sur le défi ou l’amertume, le rejet ou le mépris qui transpirent ici. Il entend « Dieu » et il cherche à retourner vers Lui les questions qui sont posées sur Lui. Il accompagne son ami malade de sorte que ses questions sur Dieu se détournent en questions à Dieu : « Au lieu de m’interroger moi, simple mortel qui ne connaît pas les desseins de la providence, interroge Celui que tu nommes, qui peut tout, qui sait tout. Crie vers Lui ta question, sans retenue, sans faire de phrases. » Ce retournement de la question semble bien audacieux. Ose-t-on « engueuler » Dieu ? Se confronter violemment à Lui ? Oui, il y a une certaine audace, c’est celle de la foi.

En agissant ainsi, l’ami exerce une belle miséricorde spirituelle : il aide l’homme souffrant à se retourner vers Dieu. Quand cette question sur Dieu est retournée à Dieu, elle devient prière. Elle mûrit en prière pleine de sang, pleine de sève. Aussi encombrée soit-elle de défis, de rejets, de crises, d’injures, elle devient prière. « Pourquoi, Seigneur, m’as-tu laissé vivre ? Pourquoi me laisses-tu dans la souffrance ? » Nous pourrions inventer le mot « cri-ère », mélange du cri et de la prière. Une prière infiniment agissante car elle a sur elle le poids de la souffrance.

  1. La foi du compagnon rapproche le malade du Christ Sauveur : c’est la foi du centurion. A lui le cri vers Dieu, à nous la foi dans le Sauveur.

L’enjeu pour le malade est clair : accueillir le grand retournement de son cri en prière. Le défi pour l’ami n’est pas moins clair : approfondir sa foi dans le Sauveur.

S’il ne s’enfonce pas dans la foi, ce qu’il tente à l’égard du malade tourne mal. Sa présence et son action semblent artificielles, sans cœur, sans passion. Ses mots tombent à plat, sans force, au bord du ridicule. Ils deviennent une source d’agacement. Rien de pire que ces amis qui vous veulent du bien mais qui ne s’engagent pas eux-mêmes dans la foi. Au fond, l’ami n’entraîne le malade vers Dieu qu’avec l’énergie de sa foi personnelle dans le Christ sauveur.

Une conviction occupe son cœur : « Seigneur, tu regardes le mal et la souffrance, tu les prends dans ta main… tu entends le désir des pauvres, tu rassures leur cœur, tu les écoutes. » (Psaume 9, 14 ; 9, 17) Ce que l’homme souffrant ne sait plus, car la douleur obscurcit tout, l’homme fidèle le rumine dans son cœur. Il n’a pas à le rappeler à son frère malade. Il a simplement à s’en souvenir lui-même. A lui d’être à la hauteur du cri du malade par la hauteur de sa foi.

Ainsi agit le centurion de l’évangile : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. » Il consonne à la souffrance terrible de l’autre. Au cri du souffrant, il joint une foi si forte qu’elle fait l’admiration de Jésus.

Aidons nos amis souffrants à tourner leur regard vers Dieu et dans le même temps, renouvelons complètement notre foi dans le Christ sauveur :

Malade, vise ce Dieu que tu interpelles. Par ton cri, ta prière donne vie.

Ami, fixe le Sauveur que tu réclames. Par ta foi, Sa parole sauve ton ami malade.

+ Luc Ravel

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Saint du Jour

Nominis

18 mars 2019

Tous les saints du jour
  • Saint Cyrille de Jérusalem - évêque de Jérusalem, docteur de l'Église (✝ 387)
    Originaire des environs de Jérusalem, il devint prêtre en 345 puis évêque de Jérusalem en ce IVe siècle troublé par les querelles entre ariens et orthodoxes. Il fut, à trois reprises, chassé de son siège épiscopal par les ariens qui contestaient la pleine divinité du Christ. Il vivra en tout dix-sept années en exil. En 378, il revient enfin définitivement dans Jérusalem déchirée par les divisions. Il prêchera inlassablement pour enfanter un peuple chrétien dans la ville qui connut la Passion du Christ et sa Résurrection. Ce seront ses admirables catéchèses de la nuit pascale pour la formation des nouveaux baptisés. Il le faisait près des deux "grottes mystiques", celle du Tombeau du Christ près du calvaire, et celle du Mont des Oliviers. Elles lui ont valu d'être proclamé docteur de l'Église par Léon XIII.Illustration: Fresque d'une église orthodoxe grecque.Le 27 Juin 2007 Benoît XVI a consacré sa catéchèse à la figure de saint Cyrille de Jérusalem (né vers 315 et mort en 387), qui fut "un évêque de grande culture biblique".Cyrille fut ordonné évêque en 348 par le Métropolite de Césarée de Palestine Acacius, philo arien et qui pensait trouver en lui un allié. Bientôt il fut en conflit avec Acacius et "pas seulement dans le domaine doctrinal mais aussi juridictionnel car Cyrille défendit l'autonomie de son siège par rapport à celui de Césarée". Cela lui valut trois exils en vingt ans et ce n'est qu'en 378, après la mort de l'empereur philo arien Valens, qu'il reprit définitivement possession de son diocèse, où il ramena unité et paix parmi les fidèles. On conserve de Cyrille 24 catéchèses précédées d'une catéchèse introductive."L’œuvre de saint Cyrille constitue une catéchèse systématique et réaliste, consacrée à la renaissance du chrétien par le baptême".Au plan doctrinal, son œuvre établit un "rapport symphonique" entre les deux Testaments, plaçant le Christ au cœur de l'univers". Dans sa catéchèse morale il invite à la transformation des attitudes païennes en une vie nouvelle dans le Christ, tandis que dans sa catéchèse mystagogue il pousse les nouveaux baptisés à découvrir dans les rites...les mystères cachés"."Pour cela -a conclu Benoît XVI- une catéchèse intégrale, qui implique le corps, l'âme et l'esprit, demeure fondamentale pour les chrétiens d'aujourd'hui. Demandons au Seigneur de nous aider à acquérir un christianisme complet qui englobe toute notre vie et fasse de nous des témoins crédibles du Christ, vrai Dieu et vrai homme". Source: VIS 070627 (410)Mémoire de saint Cyrille, évêque de Jérusalem et docteur de l'Église. Il dut souffrir de la part des ariens bien des injures et fut souvent chassé de son siège. Il sut néanmoins exposer admirablement aux fidèles, par ses discours et sa catéchèse, la doctrine orthodoxe, les saintes Écritures et les mystères sacrés. Il mourut en paix, l'an 386.

Les lectures du jour

Messe

(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2019
  • Première lecture : « Nous avons péché, nous avons commis l’iniquité » (Dn 9, 4-10)

    Lecture du livre du prophète Daniel

    Je fis au Seigneur mon Dieu cette prière et cette confession :
    « Ah ! toi Seigneur, le Dieu grand et redoutable,
    qui garde alliance et fidélité
    à ceux qui l’aiment et qui observent ses commandements,
    nous avons péché,
    nous avons commis l’iniquité,
    nous avons fait le mal,
    nous avons été rebelles,
    nous nous sommes détournés
    de tes commandements et de tes ordonnances.
    Nous n’avons pas écouté tes serviteurs les prophètes,
    qui ont parlé en ton nom
    à nos rois, à nos princes, à nos pères,
    à tout le peuple du pays.
    À toi, Seigneur, la justice ;
    à nous la honte au visage,
    comme on le voit aujourd’hui pour les gens de Juda,
    pour les habitants de Jérusalem et de tout Israël,
    pour ceux qui sont près et pour ceux qui sont loin,
    dans tous les pays où tu les as chassés,
    à cause des infidélités qu’ils ont commises envers toi.
    Seigneur, à nous la honte au visage,
    à nos rois, à nos princes, à nos pères,
    parce que nous avons péché contre toi.
    Au Seigneur notre Dieu, la miséricorde et le pardon,
    car nous nous sommes révoltés contre lui,
    nous n’avons pas écouté la voix du Seigneur, notre Dieu,
    car nous n’avons pas suivi les lois
    qu’il nous proposait par ses serviteurs les prophètes. »

    – Parole du Seigneur.

  • Psaume (78 (79), 5a.8, 9, 11.13ab)

    Refrain psalmique : (cf. 102, 10a)

    Seigneur, ne nous traite pas
    selon nos péchés.

    Combien de temps, Seigneur, durera ta colère ?
    Ne retiens pas contre nous les péchés de nos ancêtres :
    que nous vienne bientôt ta tendresse,
    car nous sommes à bout de force !

    Aide-nous, Dieu notre Sauveur,
    pour la gloire de ton nom !
    Délivre-nous, efface nos fautes,
    pour la cause de ton nom !

    Que monte en ta présence la plainte du captif !
    Ton bras est fort : épargne ceux qui doivent mourir.
    Et nous, ton peuple, le troupeau que tu conduis,
    sans fin nous pourrons te rendre grâce.

  • Évangile : « Pardonnez, et vous serez pardonnés » (Lc 6, 36-38)

    Acclamation : (cf. Jn 6, 63c.68c)

    Gloire à toi, Seigneur,
    Fils du Dieu vivant !

    Tes paroles, Seigneur,  
    sont esprit et elles sont vie.
    Tu as les paroles de la vie éternelle.
    Gloire à toi, Seigneur,
    Fils du Dieu vivant !

    Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

    En ce temps-là,
    Jésus disait à ses disciples :
    « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
    Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ;
    ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés.
    Pardonnez, et vous serez pardonnés.
    Donnez, et l’on vous donnera :
    c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante,
    qui sera versée dans le pan de votre vêtement ;
    car la mesure dont vous vous servez pour les autres
    servira de mesure aussi pour vous. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.